Chasse au sanglier
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La chasse au sanglier est pratiquée dans toute l'Eurasie depuis plusieurs millénaires que ce soit comme moyen de subsistance, comme entraînement martial par les seigneurs médiévaux qui mettaient à l’épreuve leur courage face à la bête noire, ou comme chasse sportive et de loisir pour l'époque moderne.
Mais depuis la fin du XXe siècle, l'image de l'animal a changé. Avec l'évolution des sociétés humaines et des écosystèmes, un grand nombre de pays ont vu les populations de sanglier explosées sur leurs territoires. L'animal est devenu une « nuisance », provoquant de nombreux dégâts sur les cultures, la biodiversité, l'élevage... Lâché, volontairement ou par accident, sur des continents où l'espèce était absente, il est devenu une espèce exotique envahissante sans aucun prédateur naturel. Bien que sa chasse reste un loisir, elle est aussi devenue une des méthodes de gestion employées pour maîtriser et limiter les dégâts. L'animal représente aussi un risque pour les populations humaines. Il est ainsi responsable de la mort de plusieurs personnes tous les ans.

Le sanglier d'Eurasie (Sus scrofa) est présent en Europe, en Asie, ainsi qu'en Afrique du Nord. L'espèce a de nombreuses sous-espèces[1]. Il a aussi été introduit sur d'autres continents (Amérique, Océanie).
En Europe de l'Ouest, les plus gros Sus scrofa scrofa atteignent 100 à 150 kg[2]. Exceptionnellement, des animaux plus lourds, pouvant atteindre et dépasser les 200 kg, sont parfois tirés[3]. En Europe de l'Est, mais aussi en Turquie, Syrie et Irak, le Sus scrofa attila peut atteindre 300 à 350 kg[2].
Le sanglier est chassé à la fois pour sa viande et pour limiter les dégâts causés aux cultures et aux forêts.
Au XXIe siècle, l'animal est devenu une « nuisance ». Les friches dues à la déprise agricole et les zones péri-urbaines offrent de plus en plus de zones refuges pour l'espèce[4]. Celle-ci est prolifique, la laie pouvant avoir trois portées en deux ans ; ainsi les populations de l’espèce continuent d'augmenter malgré les prélèvements réalisés d'année en année. En outre, le nombre de chasseurs à tendance à diminuer dans plusieurs pays, diminuant ainsi la pression de la chasse[4]. L'animal n'hésite plus à entrer dans les villes, à retourner les jardins, à fouiller les poubelles, représentant un risque pour les citadins[5]. Les animaux qui se sentent menacés, n'hésitent pas à attaquer habitants et chiens domestiques. Ce risque augmente quand certains des habitants nourrissent eux-mêmes les animaux, attirant encore plus les animaux en zone urbaine[6],[7],[8]. Il arrive que ces attaques sur les humains finissent par la mort de la personne. Ainsi, une étude sur la période 2010 à 2019 a comptabilisé 172 morts dues aux sangliers, réparties dans 29 pays[9].
Sus scrofa est classée parmi les « 100 espèces exotiques envahissantes les plus invasives au monde » par l'IUCN[10].
Historique
Antiquité

Dans l'Antiquité, le sanglier est aussi bien chassé par l'aristocratie pour le loisir mais aussi par les simples citoyens comme moyen de subsistance[11].
Xénophon, historien et chef militaire, décrit une chasse au sanglier dans son livre De la Chasse (390 av. J.-C.). L'animal est chassé avec des chiens, des filets et les chasseurs sont armés de javelots et d'épieux. Un chien est lâché pour remonter la piste. Une fois l'animal localisé, les filets sont installés et tendus pour encercler l'animal. Une fois les filets prêts, les chasseurs lâchent les chiens à l'intérieur et s'approchent avec les épieux. Le but est de pousser le sanglier à fuir pour qu'il se prenne dans un des filets. S'il refuse et charge le chasseur, il est alors tué à l'épieu. Cette chasse est dangereuse. Ainsi Xénophon précise : « Il périt beaucoup de chiens dans cette sorte de chasse, et les chasseurs eux-mêmes courent des dangers. »[12]
Bien que le sanglier était craint, c'était aussi un symbole de virilité et un trophée de chasse recherché[13]. Plusieurs chasses au sanglier sont ainsi présente dans la mythologie gréco-romaine.
La laie de Crommyon, décrite comme une « tueuse d'hommes », est tuée par le héros Thésée en Corinthie. Artémis, déesse de la chasse, envoie le sanglier de Calydon pour punir Œnée, roi de Calydon. Le roi demande a un groupe de héros de chasser l'animal. Après avoir tué hommes et bêtes sur son passage, le sanglier est achevé par Méléagre. L'un des douze travaux d'Hercule est d'affronter le sanglier d'Érymanthe.
Dans le chant XIX de l'Odyssée d'Homère, la vieille nourrice d'Ulysse le reconnaît grâce à une cicatrice qu'il a obtenu lors d'une chasse au sanglier. Cette chasse est alors racontée[14].
- La laie de Crommyon.
- Chasse au sanglier de Calydon.
- Chasse au sanglier de Calydon.
- Hercule ramenant le sanglier d'Érymanthe.
Moyen Âge et Renaissance
Au Moyen Âge, la chasse est réservée à l'aristocratie. Le grand gibier, comme le sanglier, est principalement chassé lors de chasse à courre[11].
Dans l'Europe médiévale, la chasse au sanglier est principalement pratiquée par les nobles pour perfectionner leurs compétences martiales. La tradition voulait que le noble mette pied à terre une fois le sanglier acculé et le tue à l'épieu[15]. Ce type de chasse est décrite par Gaston Phœbus, seigneur de Béarn et Comte de Foix, dans son livre La Chasse[16]. Les chasseurs portaient aussi des épées de chasse, des épées à lame courte qui permettaient de donner le coup de grâce[17]. Cette chasse était populaire à la fin du Moyen-Âge car « on attribuait une valeur d'épreuve suprême d'adresse et de courage à l'entreprise de tuer un sanglier à pied »[17].
- Scène de chasse du XIVe siècle.
- Scène de chasse, vers 1460.
- Scène de chasse du XVIe siècle.
- Philippe IV chassant le sanglier par Diego Vélasquez, vers 1635.
La Renaissance voit une réduction drastique des forêts au profit de l'agriculture, diminuant ainsi certaines populations de sangliers. Les sangliers étaient de plus en plus chassés pour leurs dégâts aux cultures par les seigneurs, qui, au lieu d'utiliser armes blanches et armes de jet, disposent désormais d'armes à feu leur permettant de les tuer beaucoup plus rapidement et efficacement. La diminution du nombre de sangliers a entraîné la création de réserves de chasse[18].
Les troubles civils qui suivent la fin de la Révolution française mettent fin aux privilèges féodaux et la chasse est libéralisée, entraînant une diminution des populations de sangliers[18].
En Asie

En Inde, le sanglier était chassé par les raja et maharaja accompagné d'une meute de chiens[19] et sa chasse est une thématique reprise dans l'art comme les peintures. La viande du sanglier était ainsi présente sur les tables royales contrairement à celle du porc domestique, animal considéré comme impur et dont la viande était réservée aux plus basses castes. Celle du sanglier pouvait aussi servir de sacrifice lors de rites religieux contrairement à celle du porc qui est interdite[19].

Au Japon, le sanglier est un gibier très apprécié et sa viande est considérée comme très goûteuse[20]. Son importance dans l'alimentation était telle qu'il fut exempté de l'interdiction de consommation de viande décrétée par l'empereur Tenmu en 675[21]. Le Nihon shoki décrit la chasse d'un sanglier par l'empereur Yūryaku au Ve siècle. Selon la version, l'empereur se faisant chargé par l'animal, le tua d'un seul coup. Selon une autre, il ne fit que le blesser d'une flèche et dû se réfugier dans un arbre[22],[23].
Techniques de chasse
À l'époque contemporaine, avec l'évolution de la société humaine (rejet de la chasse), l'évolution de l'agriculture (déprise agricole), la réhabilitation des écosystèmes et le réchauffement climatique, le sanglier voit ses populations explosées dans de nombreux pays où il est chassé selon diverses techniques, traditionnelle ou non.
Battue
En Europe, le sanglier est chassé avant tout en battue avec des chiens courants et abattus au fusil ou à la carabine de chasse. Mais, le mode de traque-affût qui assure une meilleure sécurité, se développe depuis quelques années[24].
Vénerie

La chasse à courre du sanglier se pratique à cheval et sans fusil. Ce sont les chiens qui poursuivent l'animal jusqu'à l’« hallali » et le piqueur le tue avec une arme blanche. Ce type de chasse demande beaucoup d'endurance et le sanglier réussit à s'échapper trois fois sur quatre[25].
En vénerie, les trompes de chasse sont utilisées non seulement pour signaler les différentes circonstances de la chasse en cours mais aussi pour annoncer le type d'animal levé ou rendre les honneurs à la fin de celle-ci. Les sonneries sont appelées « fanfares ». Le sanglier a sa propre fanfare[26].
Piégeage
Plusieurs techniques de piégeage existent.
Au Japon, la capture par collet est une technique traditionnelle qui permet de capturer un seul animal[27]. Une cage piège est facile à déplacer et permet de capturer un animal vivant ou plusieurs petits, mais sa capacité reste limitée[28].
Pour neutraliser des groupes d'animaux plus importants, plusieurs autres pièges ont été développés[28] :
- l'enclos traditionnel : une fois les animaux entrés, il suffit de fermer la porte ;
- le piège à chute (Drop Trap) : circulaire, le piège grillagé est suspendu au-dessus de la zone appâtée avant de tomber pour piéger les animaux ;
- le piège filet (Net Trap) : moins volumineux que les précédents, il fonctionne sur le même système que le piège à chute, mais le grillage est remplacé par un filet.
Chiens de chasse
Les races
Diverses races de chiens ont été sélectionnées pour la chasse au grand gibier. La plupart sont des races de chiens courants classées dans le groupe 6 de la Fédération cynologique internationale (FCI). Le grand gibier peut parcourir de grande distance, à grande vitesse, des chiens endurants seront alors recherchés. Pour le sanglier, son choix dépendra de plusieurs facteurs : selon le milieu (ouvert ou fermé), zone de plaine ou de montagne, chasse en petite ou grande meute, mais aussi des préférences du chasseur lui-même[29]. Ainsi chaque pays ou région auront « leur race spécialisée ».
En Europe de l'Ouest, parmi les chiens de grande ou moyenne taille se trouvent le Bruno du Jura[29], le Griffon Nivernais[29], le Billy[30], le Bleu de Gascogne[29], le Foxhound anglais[31], le Griffon Fauve de Bretagne[32], le Grand griffon Vendéen[33], le Poitevin[34] ou le Porcelaine[29]. Des chiens plus petits, comme les terriers, n'hésitent pas à s'attaquer à du gros gibier et arrivent parfaitement à suivre, ainsi le Basset Artésien-Normand, malgré sa taille, est un chien agile qui excelle aussi bien sur le petit gibier que sur chevreuil et sanglier[35]. Parmi les autres races se trouvent le Beagle[36], le Fox-Terrier[37], le Jagdterrier[38] ou le Teckel à poil dur[39]. Certaines races plus petites sont également plus hargneuses et n'hésitent pas à s'attaquer de très près au sanglier, comme le Fox-Terrier qui peut alors être victime de blessures assez graves[40].

Le Chien d’ours de Carélie, spécialisé dans la chasse à l'ours et l'élan, est parfaitement apte à chasser le sanglier. Il est utilisé pour ce type de chasse dans certains pays d'Europe de l'Est comme la Pologne. Chien persévérant, il tient l'animal au ferme en sachant garder ses distances et sera moins prompt aux blessures que d'autres races plus hargneuses[41],[42].
Aux États-Unis, le Blue Lacy (en), un chien de travail originaire du Texas, est spécialisé dans la chasse aux cochons sauvages[43]. Le chien léopard catahoula est un chien de chasse polyvalent originaire de Louisiane[44]. Il est endurant et était spécialisé pour retrouver et rabattre le bétail échappé et les cochons sauvages[45]. Parmi les terriers, le Jagdterrier et le Patterdale Terrier (en) sont utilisés en meute[44]. Des chiens forts pour capturer et immobiliser les cochons sont aussi employés comme le Pit Bull, le Bouledogue américain et le Dogue argentin[44].
Le Japon possède six races autochtones de chiens et quatre d'entre-elles sont utilisées pour la chasse au gros gibier : Hokkaïdo, Kai, Kishu et Shikoku[46].
Risques pour les chiens

Dans ce type de chasse, les chiens font face à deux risques : le risque sanitaire (maladie) et le risque d'accident (blessures à la suite d'une attaque). La mort d'un chien n'est pas rare face à un sanglier.
Le principal risque sanitaire est la maladie d'Aujeszky. Les suidés étant les principaux porteurs de celle-ci, le chien peut contracter la maladie en mordant le sanglier. Aucun traitement n'existe pour la soigner, et le canidé meurt dans les 24 à 48 heures en souffrant énormément. Elle est non transmissible à l'homme. En Europe, il existe un vaccin homologué et commercialisé pour les porcs mais aucun pour les chiens[47],[48],[49]. Pour cette raison, il ne faut pas donner aux chiens de la viande de sanglier crue ou mal cuite.
Un sanglier acculé au ferme n'hésitera pas à attaquer les chiens pour se défendre et chercher à fuir. Les blessures les plus courantes sont « des plaies de l’abdomen ou des perforations de la cage thoracique »[50]. Des protections existent pour les chiens : des armures et gilets de protection existent depuis au moins le XVIe siècle[51],[52]. Même en dehors de la période de chasse, un sanglier peut attaquer et tuer un chien s'il se sent menacé[53],[54].
Sécurité et accidentologie

La chasse est une activité se pratiquant avec une arme à feu. Des règles de sécurité sont à suivre mais le risque zéro n'existe pas[55]. Les accidents surviennent surtout lors des battues et les victimes sont avant tout des chasseurs[55]. En France, la Fédération Nationale des Chasseurs indique que « 69 % des accidents en action de chasse au grand gibier concernent le sanglier »[56]. Toujours en France, les statistiques indiquent, sur les 20 dernières années, une baisse des accidents mortels (de 54 %) et en moyenne, sur tout les types d'accidents, les non-chasseurs ne représentent que 12 % des victimes[57].
La première cause d'accidents est le non respect de l'angle de tir dans les 30°[57]. En battue, il est interdit de tirer dans les 30 premiers degrés par rapport à la ligne des postés[58]. La manipulation de l'arme est la deuxième cause d'accidents. Le ricochet de balle reste un risque imprévisible[57].
Par pays

- répartition naturelle
- zone d'introduction
Afrique du nord
Algérie
En 1992 éclate la guerre civile et à la fin de celle-ci, le gouvernement interdit la chasse pendant près de 20 ans. Cette longue période permit aux populations de sanglier de se développer. Présent dans le nord du pays, il colonise le sud et pose de plus en plus de problèmes au niveau de l'agriculture. Dans le pays, la chasse est avant tout un sport-loisir et le nombre de chasseurs est en diminution. La chasse elle-même est très réglementée. Étant un pays musulman, la viande est rarement consommée et aucun réseau de distribution commerciale existe. Elle est généralement donnée à des zoos pour nourrir des carnivores[59].
Maroc
Le Maroc a développé de son côté la chasse touristique. Le sanglier est le seul grand gibier qui peut y être chassé. Sa chasse se pratique en battue et l'usage des carabines y est interdit[60]. Le chasseur n'a droit qu'a un seul sanglier par sortie. Le pays est aussi confronté à la prolifération de l'espèce[61].
Tunisie
En Tunisie, les populations de sangliers sont aussi en augmentation[62]. Le pays a développé la chasse touristique pour le sanglier[63].
Amérique
Amérique du Sud
En Amérique du Sud, le sanglier aurait été introduit pour la première fois en Argentine et en Uruguay durant le XXe siècle à des fins d'élevage[64].
Au Brésil, des sangliers traversent la frontière et pénètrent dans le Rio Grande do Sul vers 1989, et l'évasion et le lâcher volontaire de plusieurs éleveurs brésiliens à la fin des années 1990 – en réponse à une décision de l'IBAMA interdisant l'importation et l'élevage de sangliers en 1998 – entraînent la formation de nombreuses populations sauvages qui colonisent progressivement le territoire brésilien[65],[66].
Pour lutter contre l'espèce invasive, la chasse du sanglier est autorisée, avec ou sans chiens. Seul le piégeage d'animaux vivants est autorisé dans les aires protégées[67].
Canada
Au Canada, des sangliers d'Europe ont été importés dans un but d'élevage dans les années 1980 et 1990. Depuis, des animaux se sont échappés et certains ont été relâchés volontairement, et se sont hybridés avec des cochons domestiques. Une population d'animaux sauvages se développe depuis et pose divers problèmes et dégâts. Dans plusieurs provinces, l'implantation de nouveaux élevages est devenu interdite et les règles de sécurité pour les existants ont été renforcées[68],[69],[70].
La chasse sportive de ces animaux est pour l'instant déconseillée et interdite. Les animaux chassés ainsi se dispersent et deviennent plus difficile à capturer ; ce type de chasse est aussi considéré comme inefficace pour contrôler ces populations[68].
En 2014, la Colombie-Britannique autorise la chasse des cochons sauvages, « n'importe où et n'importe quand », par des chasseurs détenteurs d'un permis en règle[71].
États-Unis

À l'origine, le sanglier n'est pas présent en Amérique. Des cochons domestiques, importés au XVIe siècle, se sont échappés d'élevages. Ils ont fini par se reproduire avec des sangliers importés pour la chasse sportive au début du XXe siècle[72].
Aux États-Unis, ses cochons sauvages hybrides sont appelés feral swine ou hogs. C'est vite devenu une espèce envahissante. En 2024, les animaux sont présents dans 35 États pour une population estimée à 6 millions d'individus et toujours en augmentation[73]. Ils causeraient près de 2,5 milliards de dollars de dégâts annuel, principalement sur les cultures de maïs et d'arachides, mais impactent aussi l'élevage et les forêts[73].
Les méthodes de gestion de ces populations varient selon les États[74]. Dans les États où l'animal est classé invasif, il peut être chassé toute l'année, nuit et jour, sur les propriétés privées[75].
Asie
Chine
En Chine, le gouvernement interdit la chasse au sanglier en 2000 dans le but de protéger la biodiversité locale. Le braconnage d'un animal est puni par trois ans d'emprisonnement. Mais comme de nombreux pays, la Chine doit faire face à de nombreux problèmes liés à l'augmentation des populations de ces animaux. En 2021, une personne est tuée dans la province du Sichuan. En 2023, la chasse est à nouveau autorisée. Toutes les méthodes sont autorisées sauf l'usage d'armes à feu et le poison. La Région autonome du Ningxia va jusqu'à offrir des primes par animal tué[76].
Inde
La chasse est interdite en Inde depuis le passage du Wild Life (Protection) Act (en) en 1972. Mais depuis le début du XXIe siècle, le sanglier indien (Sus scrofa cristatus) qui s'est développé, provoque de nombreux dégâts et conflits. L’État du Kerala a fait plusieurs demandes au gouvernement indien pour que l'animal soit classé « nuisible » pour permettre le tir par des personnes agréées des animaux présents dans les cultures[77],[78],[79]. Le Kerala a obtenu ces autorisations à plusieurs reprises et a pu ainsi abattre les animaux qui posaient problème[80],[81].
Japon
Au Japon, le sanglier, appelé inoshishi[82], est représenté par la sous-espèce Sus scrofa leucomystax. Il est présent partout, sauf sur l'île d'Hokkaidō. Sa chasse est très appréciée chez les japonais[20].
Depuis le début du XXIe siècle, le pays doit faire face a une augmentation des populations de suidés alors que le nombre de chasseurs diminuent[82]. Les animaux posent de plus en plus de soucis : dégâts aux cultures, dégâts aux infrastructures, collisions avec des véhicules, et ils pénètrent de plus en plus en zone urbaine. Des attaques sur des personnes arrivent régulièrement. Entre 2016 et 2018, il y a eu 141 blessés et 1 mort à cause des sangliers. Au niveau sanitaire, l'animal est porteur de l'encéphalite japonaise[82].
La chasse a lieu entre le et le [83]. Deux techniques sont employées : le tir et le piégeage[82]. Les chasseurs utilisant le piégeage sont de plus en plus nombreux tandis que les chasseurs avec armes sont en diminution[27]. Parmi les différents types de pièges utilisés, le collet est utilisé traditionnellement pour capturer un animal adulte. En zone agricole, des filets et des cages-pièges sont employés pour capturer un maximum d'animaux[27]. Après la chasse, les chasseurs peuvent vendre, échanger ou offrir la viande du sanglier. Cela leur permet de créer des relations avec le reste de la population et d'atténuer les risques de conflit (notamment l'image généralement négative qu'ont les chasseurs)[84].
Le nombre d'animaux tués annuellement était estimé à 40 000 dans les années 1950 et 1960 ; en 2016, il est de 610 000[82].
Europe
En Europe, de nombreux pays pratiquent la chasse au grand gibier qui est devenue une activité sportive et de loisir.
Malgré la présence de chasseurs, divers pays sont tout de même confrontés au problème de surpopulation des sangliers et de leur présence en zone urbaine[85]. Chacun s'adapte et cherche à réguler les populations des animaux que ce soit par le tir ou le piégeage[86],[87],[88]. De plus le nombre de chasseurs à tendance à baisser dans plusieurs pays comme la France, l'Espagne ou la Suisse[89],[90],[91].
Seule la situation du Royaume-Uni sort du lot. En effet, l'espèce Sus scrofa a été extirpée du pays pendant le Moyen Âge ; il n'y a donc aucune chasse concernant celle-ci au XXe siècle. Les premiers animaux sont aperçus pendant les années 1990 mais leur origine est inconnue (bien qu'il soit supposé qu'ils se sont échappés ou ont été volontairement relâchés d'élevage). Le retour de ces animaux a eu un accueil mitigé, certains appréciant le retour d'une espèce qui était présente à l'origine, d'autres sont inquiets des dégâts qu'elle pourrait poser dans un pays où il n'y a aucun prédateur naturel[92].
Turquie
La Turquie a développé la chasse touristique pour le sanglier[93]. Elle se pratique d'octobre à février en battue, et de mai à octobre pour l'approche[94]. L'été, à la saison sèche, les animaux entrent dans les villes à la recherche de nourriture, ce qui cause des soucis avec les activités humaines[95],[96]. Les animaux peuvent être dangereux, certains dépassant les 200 kg[97].
Océanie
Comme aux Amériques, ce n'est pas le sanglier qui est présent en Océanie mais des populations de cochons domestiques retournées à l'état sauvage. Importés en Australie par les Européens lors de la colonisation du continent à la fin du XVIIIe siècle, des animaux se sont échappés, ou ont été volontairement relâchés. Des imports de cochons d'origine asiatique ont également été notés, en particulier de Sus celebensis[98]. En outre, des sangliers européens sont lâchés pour une activité de chasse sportive. Ces divers croisements ont donné naissance à une population marronne d'animaux plus petits que des cochons domestiques et aux couleurs diverses (marron, pie, noir). Ils sont classés comme espèce exotique envahissante et font énormément de dégâts tous les ans. En 2021, les dégâts économiques sont évalués à plus de 100 millions de $AU. Pour l'Australie, c'est la peste animale la plus problématique après le lapin[99]. En 2025, la moitié du territoire du pays (la partie Est) est touché par ce problème. À part l'homme, les seuls prédateurs s'attaquant aux cochons sont les dingos et les grands rapaces. Les États australiens confrontés à la difficulté de gérer la densité de ces populations préconisent aux propriétaires des territoires touchés d'utiliser tous les moyens pouvant endiguer la prolifération. Ainsi, en plus du simple tir, sont autorisés l'appâtage et l’empoisonnement, l'abattage depuis un hélicoptère, le piégeage et la pose de clôtures électriques[100].

Trophées et viande
Trophées
Le sanglier porte des défenses (mâchoire basse) et des grès (mâchoire haute). Les défenses poussent durant toute la vie de l'animal. Un sanglier avec des défenses bien développées est un sanglier dit « bien armé »[101]. Si ses défenses se recourbent vers l'arrière, il est « miré »[94]. La taille des défenses n'est pas liée au poids de l'animal[102].
Pour retirer les défenses de la mâchoires inférieure, il faut découper la mâchoire suffisamment en arrière. En effet, la partie visible des défenses ne représente que le tiers de la longueur réelle de celles-ci[103]. Une fois retirés, défenses et grès doivent être vidés, nettoyés et mis à sécher. Une fois sec, ils sont remplis de résine synthétique ou de cire pour éviter de se fendre. L'ensemble est alors monté sur un écusson (mais sans utiliser de vis)[103].
Comme pour les trophées de cervidés, il existe un système de cotation pour le sanglier. Le nombre de points obtenu varie en fonction de la longueur, de la largeur et de la circonférence des défenses[102].
Viande de sanglier et risques sanitaires

Le sanglier peut être porteur de plusieurs maladies : maladie d’Aujeszky, peste porcine, tuberculose bovine, brucellose et trichinose (ou trichinellose)[104]. Les trois dernières sont transmissibles à l'homme.
Pour éviter toute contamination, il est nécessaire de manipuler et de découper l'animal en utilisant des gants. Avant toute consommation, il est préférable de congeler la viande durant un minimum de 3 semaines[105]. La congélation permettra non seulement d'attendrir la viande mais aussi d'éliminer une partie des bactéries. Elle peut être conserver entre 8 et 10 mois au congélateur. La congélation seule ne permet pas de supprimer tous les risques de transmission[106]. Lors de la cuisson de la viande, celle-ci doit être cuite à cœur (viande grise) ; elle ne doit surtout pas être consommée crue ou saignante[107]. Le carpaccio, la fumaison et la salaison sont donc à éviter si aucune analyse de la trichine n'a été réalisée par un laboratoire[105],[108].
La viande de sanglier est une viande maigre. Une préparation nécessitant une cuisson longue permet de finir de détruire les bactéries[109], pour cela le civet de sanglier est particulièrement apprécié.
Tout comme la viande du cochon domestique, celle du sanglier peut être préparée sous forme de pâtés, rillettes, saucisses et saucissons[110].
Chasse au sanglier dans la culture
Arts
La chasse est un thème courant dans les arts depuis plusieurs millénaires[111]. La chasse au sanglier y est représenté au même titre que celle du cerf ou de tout autre animal. Dans la peinture, les tableaux avec sanglier ou loup sont plus contrastés, ces animaux étant « des bêtes noires par opposition aux bêtes rouges que sont le cerf et le chevreuil »[112].
- Chasse au sanglier par Abraham Hondius (1675, musée Fabre).
- La chasse au sanglier par Pierre Paul Rubens (1615, musée des Beaux-Arts de Marseille).
- La chasse au sanglier, tapisserie de la série Les Chasses de Maximilien (vers 1530, musée du Louvre).
- Statue en bronze de la Casa del Citarista à Pompéi.
- Chasse au sanglier de Friedrich Wilhelm Wolff (1861).
Bande dessinée
Bien que le sanglier ne fût pas chassé par les Gaulois, dans leur série Astérix, les auteurs Uderzo et Goscinny ont fait de la chasse au sanglier le passe-temps préféré de leurs héros Astérix et Obélix. Chacune de leurs histoires se termine sur un banquet réunissant tout le village devant des sangliers rôtis[113].
Cinéma
Le film d'horreur Razorback, réalisé par Russell Mulcahy et sorti en 1984, met en scène la chasse d'un sanglier géant tueur dans l'outback australien[114].
En 2023 sort la comédie franco-belge Chasse gardée, réalisée par Antonin Fourlon et Frédéric Forestier[115]. Celle-ci met en scène l'affrontement de néoruraux et de chasseurs de sangliers avec de nombreux clichés[116],[117],[118].