Prionailurus bengalensis
espèce de mammifères
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Chat du Bengale, Chat-léopard du Bengale
Répartition géographique
- Présent
- Absence probable (existant)
- Absence probable
- Éteint
- Présence incertaine
Statut CITES
- Felis bengalensis (Kerr, 1792) (Protonyme)
- Felis undata (A. G. Demarest, 1816)
- Felis minuta (Temminck, 1825)
- Felis nepalensis (Horsfield & Vigors, 1829)
- Felis nipalensis (B. H. Hodgson, 1832)
- Felis chinensis (J. E. Gray, 1837)
- Leopardus ellioti (J. E. Gray, 1842)
- Leopardus horsfieldii (J. E. Gray, 1842)
- Leopardus reevesii (J. E. Gray, 1843)
- Chaus servalinus (J. E. Gray, 1843)
- Felis pardochrous (B. H. Hodgson, 1844)
- Felis (Prionailurus) pardachrous (Severtzov, 1858)
- Felis undata (von Radde, 1861)
- Felis jerdoni (E. Blyth, 1863)
- Viverriceps ellioti (J. E. Gray, 1867)
- Felis jerdonii (J. E. Gray, 1867)
- Felis pardochroa (J. E. Gray, 1867)
- Felis servalina (J. E. Gray, 1867)
- Felis tenasserimensis (J. E. Gray, 1867)
- Felis wagati (J. E. Gray, 1867)
- Felis herschelii (J. E. Gray, 1869)
- Felis microtis (A. Milne-Edwards in A. David, 1871)
- Felis scripta (A. Milne-Edwards in A. David, 1871)
- Felis decolorata (A. Milne-Edwards, 1872)
- Felis microtis (A. Milne-Edwards, 1872)
- Felis euptilura (D. G. Elliot, 1872)
- Felis ingrami (Bonhote, 1903)
- Felis ricketti (Bonhote, 1903)
- Felis bengalensis raddei (Trouessart, 1904)
- Felis anastasiae (Satunin, 1905)
- Prionailurus scriptus (Matschie, 1908)
- Prionailurus bengalensis (Pocock, 1917)
- Felis manchurica (Mori, 1922)
- Felis sinensis (Shih, 1930)
- Felis bengalensis chinensis (Kuroda, 1935)
- Prionailurus bengalensis trevelyani (Pocock, 1939)
- Felis (Prionailurus) bengalensis bengalensis (H. E. Anthony, 1941)
- Prionailurus bengalensis alleni (Sody, 1949)
- Felis (Prionailurus) bengalensis euptilura (Stroganov, 1962)
- Mayailurus iriomotensis (Imaizumi, 1967)
- Felis iriomotensis (Corbet & J. Edwards Hill, 1980)
- Felis bengalensis hainana (Xu Longhui & Liu Zhenhe in Xu Longui et al., 1983)
- Prionailurus bengalensis bengalensis (Wozencraft, 2005)
- Prionailurus bengalensis chinensis (Wozencraft, 2005)
- Prionailurus bengalensis euptilurus (Wozencraft, 2005)
- Prionailurus bengalensis horsfieldii (Wozencraft, 2005)
- Prionailurus iriomotensis (Wozencraft, 2005)
- Prionailurus bengalensis scripta (A. T. Smith & Xie Yan, 2008)
- Prionailurus bengalensis horsfieldi (D. E. Wilson & Mittermeier, 2009)
- Prionailurus bengalensis iriomotensis (D. E. Wilson & Mittermeier, 2009)
Le Chat-léopard du Bengale (Prionailurus bengalensis), également désigné sous le nom de Chat-léopard continental, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des félins. Il est originaire d'Asie continentale et présent en Asie du Sud, du Sud-Est et de l'Est. Depuis 2002, il est classé en Préoccupation mineure sur la Liste rouge de l'UICN, car il est largement distribué bien que menacé par la perte d'habitat et la chasse dans certaines parties de son aire de répartition[1]
Historiquement, le chat-léopard d'Asie continentale était considéré comme la même espèce que le Chat-léopard de la Sonde. Depuis 2017, ce dernier est reconnu comme une espèce distincte, sous le nom taxonomique de Prionailurus javanensis[2].
Les sous-espèces du chat-léopard diffèrent largement par la couleur de leur pelage, la longueur de leur queue, la forme de leur crâne et la taille de leurs carnassières[3]. Les preuves archéologiques indiquent que le chat-léopard fut la première espèce de chat domestiquée en Chine au Néolithique, il y a environ 5 000 ans, dans les provinces du Shaanxi et du Henan[4].
Dénominations
- Nom scientifique valide : Peionailurus bengalensis (Kerr, 1792)[5] ;
- Nom typique en français : Chat-léopard continental ;
- Noms vulgaires : Chat-léopard du Bengale, Chat-léopard de Chine, Chat du Bengale, Chat de Chine ;
- Noms vernaculaires : Chat-léopard, Chat.
L'épithète spécifique bengalensis fait référence à la région d'où provient l'animal ayant servi à la description originale, le Bengale[6].
Taxonomie

Histoire
Initialement décrite et placée dans le genre felis par le naturaliste britannique Robert Kerr en 1792, sous le nom de Felis bengalensis pour un spécimen provenant du Bengale, en Inde[6], cette entités spécifique a été transférée dans le genre Prionailurus par Reginald Innes Pocock en 1917[7].
Mais entre temps, au cours des décennies suivant la découverte de l’espèce nominale, d’autres spécimens ont été décrits et nommés, notamment :
- Felis nipalensis (Horsfield & Vigors, 1829) du Népal ;
- Felis chinensis (Gray, 1837) de la province du Canton, Chine ;
- Leopardus ellioti (Gray, 1842) de la région de Bombay ;
- Felis horsfieldi (Gray, 1842) du Bhoutan ;
- Felis wagati (Gray, 1867) et Felis tenasserimensis (Gray, 1867) de Tenasserim ;
- Felis euptilura (Elliot, 1871) d’après deux peaux provenant de Sibérie, dont une illustrée par Gustav Radde et l’autre conservée au Regent's Park Zoo[8]. La forme euptilura a été conservée comme correcte selon le Code international de nomenclature zoologique[9].
- Felis microtis (Milne-Edwards, 1872) de la région de Pékin et l’île de Tsushima[10] ;
- Felis manchurica (Mori, 1922) du voisinage de Mukden (Mandchourie), peau gris clair tachetée[11] ;
En 1939, Reginald Innes Pocock transféra ces populations dans le genre Prionailurus après étude de nombreuses peaux et crânes conservés au Natural History Museum, London[12]. Il différencia alors :
- la sous-espèce méridionale P. b. bengalensis des latitudes chaudes autour de la Baie du Bengale ;
- la sous-espèce septentrionale P. b. horsfieldi de l’Himalaya, au pelage d’hiver plus dense.
Il décrivit également Prionailurus bengalensis trevelyani pour des spécimens de Gilgit et Karachi à poils plus longs, plus clairs et plus grisâtres que ceux de l’Himalaya, supposant qu’ils habitent des milieux plus rocheux et moins boisés que bengalensis et horsfieldi.
D’autres sous-espèces ont été décrites plus tard :
- P. b. alleni (Sody, 1949) de l’île de Hainan[13]
- P. b. iriomotensis (Imaizumi, 1967), le Chat d’Iriomote, originaire de l’île du même nom[14]. Initialement reconnue comme une espèce distincte par Imaizumi en 1967 en raison de ses caractéristiques morphologiques différentes[14],[15],[16]. Cependant, les études cytogénétiques et génétiques, de l’ADN mitochondrial, ont rejeté la distinction au niveau de l'espèce malgré un isolement prolongé de la population continentale et cette population est considérée comme la sous-espèce Prionailurus bengalensis iriomotensis[17],[15]. Certains considèrent également ce taxon comme incertae sedis[16].
Des analyses moléculaires plus récentes sur 39 échantillons de chat léopard ont identifié trois clades : une lignée septentrionale et deux lignées méridionales. La lignée septentrionale comprend les populations de l’île de Tsushima, Corée, Extrême-Orient russe, Taïwan et l’île d’Iriomote. Les lignées méridionales montrent des différences génétiques importantes et une diversité génétique plus élevée pour la lignée 1 du Sud-Est asiatique[18].
Il est à noter qu'une étude phylogéographique récente propose de réviser le nombre de sous-espèces à la baisse en ne conservant que deux sous-espèces continentales (Prionailurus bengalensis iriomotensis et Prionailurus bengalensis euptilurus) et deux insulaires (Prionailurus bengalensis javanensis et Prionailurus bengalensis sumatranus)[15]. D'autres[19] ont proposé de considérer les deux sous-espèces insulaires (Prionailurus bengalensis javanensis et Prionailurus bengalensis sumatranus) comme appartenant à l'espèce Prionailurus javanensis (Prionailurus javanensis javanensis et Prionailurus javanensis sumatranus).
Sous-espèces
Taxons passés
Parmi les 38 sous-espèces qui ont été décrites par le passé[15], le nom s’est réduit à douze[20],[15],[21],[22],[16] puis onze lorsque la sous-espèce Prionailurus bengalensis iriomotensis fut considérée comme une espèce à part entière[23],[19], avant la réévaluation par l’UICN en 2017 :
|
Sous-espèces actuelles
| Nom binominal, vernaculaires et auteur | Description | Répartition | Synonymes (anciennes sous-espèces) selon ITIS (2025-10-11)[44] |
|---|---|---|---|
| P. b. bengalensis (Kerr, 1792) |
Félin de petite taille au corps svelte et aux pattes proportionnellement longues. Le pelage est court, de couleur jaune riche à brun-fauve. Les taches sont noires ou brun foncé, pleines, se transformant en deux larges bandes sur les épaules. Le ventre et le museau sont d'un blanc pur tacheté. La queue est longue, annelée avec l'extrémité noire.
Poids : 0,5 à 3,8 kg. |
Asie du Sud et du Sud-Est : s'étend du Pakistan jusqu'en Chine, incluant l'Inde, le Myanmar, la Thaïlande, le Vietnam et la Malaisie péninsulaire. |
P. b. alleni (Hainan) P. b. chinensis (Chine continentale) P. b. horsfieldii (Himalaya) P. b. trevelyani (Pakistan/Cachemire) |
| P. b. euptilura (Elliot, 1871) |
Sous-espèce la plus grande et la plus robuste. Le pelage d'hiver est long, très dense, de couleur gris-jaune pâle à brun-gris avec une nuance rousse. Les taches sont plus diffuses, brun rougeâtre et de forme allongée sur les flancs. La queue est épaisse et particulièrement touffue. Le pelage d'été est plus sombre et court.
Poids : 3,1 à 7,1 kg. |
Extrême-Orient : Mandchourie (Chine), Est de la Russie, péninsule de Corée, ainsi que les îles japonaises de Tsushima et Iriomote. |
P. b. iriomotensis (Île d'Iriomote) P. iriomotensis |
Phylogénie
Les analyses phylogénétiques basées sur les séquences d’ADN indiquent que le chat léopard fait partie de la sous-famille des Felinae, et qu’il est le plus proche parent du chat viverrin (Prionailurus viverrinus) et du chat à tête plate (Prionailurus planiceps). Ces trois espèces appartiennent au genre Prionailurus et forment ensemble un clade asiatique distinct au sein des félidés[45].
Les analyses moléculaires suggèrent que la diversification du genre Prionailurus a eu lieu au Miocène supérieur, il y a environ 5,5 à 8,5 millions d’années[46].
Un cladogramme simplifié issu de ces analyses illustre la position du chat léopard (Prionailurus bengalensis) au sein des Felidae.
Le cladogramme suivant illustre leurs relations phylogénétiques d’après l’analyse de l’ADN nucléaire[47],[48] :
| Pantherinae |
| |||||||||||||||||||||||||||
| Felinae |
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Description


Diagnose
La partie supérieure du corps de ce félin est de couleur brun jaunâtre pâle avec trois rangées de courtes bandes noires le long du dos et une bande noire perpendiculaire derrière chaque épaule[6].
Description détaillée
Ce félin très élégant[6] est à peu près de la taille d’un chat domestique, bien que ses dimensions varient considérablement selon la latitude[24],[16]. Il présente un faible dimorphisme sexuel[16] mais les mâles peuvent être plus massifs que les femelles[24],[16],[32]. Son poids varie d'environ 2[49] à 7[24] kilogrammes pour un corps pouvant mesurer jusqu'à 81 centimètres chez les spécimens les plus septentrionaux.
La tête est petite avec de grands yeux[24]. Les oreilles sont grandes[6] et arrondies[24]. Les membres postérieurs sont un peu plus longs que les membres antérieurs[24]. La queue est longue et fournie[6].
La tête, la mâchoire supérieure, les côtés du cou, le dos et les flancs sont d'une couleur brun jaune pâle[6]. Si la couleur de fond de la robe est généralement brune, elle peut varier du gris (notamment chez la sous-espèce septentrionale en hiver) au roux vif[24]. La tête et la face sont rayées de noir vers le bas[6]. Une ligne blanche est présente entre chaque œil et le nez. Une autre est placée sous chaque œil. Les moustaches sont blanches[6]. Les oreilles sont de couleur sombre avec une tache blanche[24] au milieu de chacune d'entre elles à l'extérieur[6].
Trois rangées de courtes stries noires courent le long du dos en direction de la queue[6]. Une ligne noire est placée derrière chaque épaule et pointe vers le bas. Le menton et la gorge sont blancs et entourés d'un demi-cercle noir[6] qui forme comme un collier brisé[24]. La poitrine, le ventre et l'intérieur des membres sont blancs[6] avec des taches noires[24]. Les membres, les pattes et la croupe sont marqués de taches noires rondes[6]. Le corps présente des taches noires qui peuvent être pleines ou former des rosettes diffuses selon les individus[24]. Les coussinets sont brun foncé[24]. La queue est de couleur brune et annelée de noir[6] avec l'extrémité noire[24].
Il est à noter que ces caractéristiques sont susceptibles de varier en fonction des sous-espèces[24],[16] : Il est à noter que ces caractéristiques sont susceptibles de varier de manière importante en fonction des deux sous-espèces continentales reconnues[24],[16] : le Chat-léopard du Bengale (P. b. bengalensis), qui occupe la partie sud de l'aire de répartition, est un félin de petite taille (maximum 3,8 kg) au pelage court et fin dont la robe jaune vif à brun-fauve présente des taches noires bien marquées et pleines, tandis que le Chat-léopard de Sibérie (P. b. euptilura), présent dans les régions septentrionales et sur les îles de Tsushima et Iriomote, est nettement plus grand et robuste (pouvant atteindre 7,1 kg) avec un pelage d'hiver très dense de couleur gris-jaunâtre ainsi que des taches plus diffuses, de teinte rousse et de forme allongée sur les flancs[43].
Répartition géographique
Répartition par pays
La répartition géographique de ce petit félin est située en Asie[24] du Sud-Est[15],[16] et d'Extrême-Orient[16]. Il se rencontre en Afghanistan[28], au Bangladesh[28],[21], en Birmanie[15],[28], au Bhoutan[28], au Cambodge[28], en Chine[15],[28], en Corée du Nord[28], en Corée du Sud[28],[22], en Inde[15],[28],[20], au Japon (uniquement sur les îles de Tsushima et Iriomote)[31],[15],[32], au Laos[15],[28],[50], en Mongolie[15], au Népal[15],[28], au Pakistan[28],[51], à Singapour[28],[52], à Taïwan[15],[28],[49], en Thaïlande[15],[28],[53], en Russie (Extrême-Orient)[28],[35] et au Viêt Nam[15],[28].
Son aire de répartition s'étend de l'est de l'Afghanistan, du nord du Pakistan et d'une grande partie du sous-continent indien et de l'Asie du Sud-Est continentale jusqu'à l'Extrême-Orient russe. Il vit dans les forêts tropicales sempervirentes, les forêts subtropicales de feuillus et de conifères des contreforts de l'Himalaya à des altitudes supérieures à 1 000 m [54]. Il est capable de tolérer les paysages modifiés par l'homme avec un couvert végétal et habite des zones agricoles comme les plantations de canne à sucre[54],[55]. En Afghanistan, sa présence a été signalée dans les années 1970 dans la vallée de Kunar ainsi que dans le district de Dara-I-Pech[56]. Il est rare dans les zones arides du Pakistan[57]. Au Népal, des individus ont été observés à des altitudes record pour l'espèce, notamment à 3 254 m dans le parc national de Makalu-Barun[58] et jusqu'à 4 474 m dans la zone de conservation du Kangchenjunga en 2012[59]. Dans le parc national de Phu Khiao en Thaïlande, les territoires des mâles étudiés s'étendaient de 2,2 km2 à 28,9 km2, contre 4,4 km2 à 37,1 km2 pour les femelles[60] Dans l'Extrême-Orient russe, il privilégie les vallées fluviales et les forêts de ravin, mais évite les zones où la couche de neige dépasse 10 cm[61]. Sur l'archipel du Japon, l'espèce est restreinte aux îles d'Tsushima et d'Iriomote [62].
Habitat
Ce félin se rencontre dans plusieurs types d’habitats avec une préférence pour les milieux boisés[24]. Ces habitats s'étendent de la forêt tropicale humide[53] à la forêt tempérée de feuillus et, plus rarement, aux forêts de conifères ou aux prairies de succession[16]. Il affectionne particulièrement les zones ripariennes et les mangroves[32].
Il s'est également adapté aux milieux anthropisés[24],[49] comme les plantations de canne à sucre[36] ou les plantations d'hévéas, à condition qu'un fragment de forêt subsiste à proximité. Il peut occasionnellement s'approcher des habitations humaines[49]. Son amplitude altitudinale est remarquable, s'observant du niveau de la mer jusqu’à plus de 4 000 mètres dans l'Himalaya[20].
Écologie et comportement
Comportement

Le chat-léopard du Bengale est un animal principalement nocturne[24],[63],[49] avec une activité crépusculaire[49],[53],[32] mais il peut parfois être observé de jour[24].
C'est un excellent nageur et un grimpeur agile capable de monter jusqu'à 20 mètres de haut[24]. Comme la plupart des félins, il mène une vie solitaire en dehors des périodes de reproduction[24],[32]. Son tempérament est généralement territorial, les mâles occupant des domaines vitaux plus vastes que ceux des femelles[53],[32]. La superficie de ces territoires varie de 1,5 à 12,4 km2[49]. En Thaïlande, les domaines des mâles font en moyenne 3,5 km2 et chevauchent ceux, moins étendus, d'une ou plusieurs femelles[64].
Il se repose habituellement dans des arbres creux ou des cavités naturelles sous les racines de grands arbres[24]. Pour ne laisser que peu de traces de son passage, il lui arrive de déposer ses déjections directement dans l'eau des rivières[24].
Régime alimentaire
Le chat-léopard du Bengale est un chasseur opportuniste. Bien qu'il se nourrisse principalement de petites proies vivantes, il peut consommer des charognes en période de disette[24] et s'en prendre occasionnellement à la volaille domestique dans les zones rurales[63].
Son régime est dominé par les rongeurs[24],[35],[22],[40],[50], principalement de la famille des Muridae[63],[51], tels que les souris[21],[53] et les rats[21],[53]. Parmi les espèces identifiées figurent Micromys minimus[32], Mus musculus[36],[51], Rattus rattus[51],[32], ainsi que des mulots comme Apodemus speciosus ou Apodemus argenteus[32]. On estime qu'un individu peut consommer jusqu'à 2 000 souris par an[65].
Il diversifie ses prises avec d'autres petits mammifères, notamment des lagomorphes (pikas[63], Lepus peguensis[53]), des insectivores (musaraignes du genre Crocidura ou Suncus murinus[36], taupes du genre Mogera[22]) et de petites chauves-souris. Plus rarement, il s'attaque à de jeunes ongulés comme le saro ou le goral[63]. La présence de matériel génétique de grands cervidés comme le sambar dans ses excréments suggère une consommation de jeunes individus ou de charognes[51].
Les oiseaux constituent une part non négligeable de son bol alimentaire[24],[63],[35], incluant des espèces comme Amaurornis phoenicurus[32] ou le Coq bankiva (Gallus gallus). Il consomme également des poissons[35], des amphibiens (grenouilles du genre Nanorana[51]), des reptiles (lézards, serpents[65]) et des insectes (criquets, cigales)[21],[22].
Sur l'île d'Iriomote, où les petits mammifères sont rares, le chat-léopard compense ce manque par une consommation accrue de reptiles et d'amphibiens[66].
Reproduction

Dans les régions septentrionales de son aire, les naissances surviennent généralement en mai après une gestation de 60 à 70 jours[24],[33]. Une portée compte un à quatre petits (le plus souvent deux ou trois). Les jeunes ouvrent les yeux vers l'âge de dix jours et commencent à ingérer de la nourriture solide vers 23 jours. Bien que rare chez les félins, le mâle peut parfois être observé participant à l'élevage des jeunes en captivité[24].
Maladies et pathogènes
Le chat-léopard du Bengale peut être infecté par le virus de l'immunodéficience féline (FIV) et par le virus de la leucémie féline (FeLV), principalement au contact de chats domestiques[31]. Il est également sujet à divers parasites internes et externes (tiques) communs aux petits prédateurs asiatiques.
Relations avec l’Homme

L’espèce aurait été domestiqué en Asie, notamment en Chine il y a plus de 5000 ans, le chat d’Iriomote serai en fait une population issue d’individus introduits par l’Homme sur l’île, d’où l’invalidité actuelle de cette population en tant qu’entités spécifique[19]. Cette domestication sera sans suite puisqu'aujourd'hui les chats domestiques en Chine, comme tous les chats domestiques, sont des descendants de Felis lybica.
Le Chat-léopard du Bengale est à l'origine de la création, par hybridation volontaire avec le chat domestique en 1963[67], du Bengal[68]. Cette hybridation avait par ailleurs déjà été observée au 18e siècle à la suite du transport par bateau d'un chat du Bengale en Angleterre[6].

