Chat à tête plate
espèce de mammifère
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Prionailurus planiceps
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EN C1+2a(i) : En danger
Répartition géographique
Statut CITES
- Felis planiceps (Vigors & Horsfield, 1827) (Protonyme)[1]
- Felis cavifrons (H. R. Schinz, 1844) [1]
- Viverriceps planiceps (J. E. Gray, 1867) [1]
- Felis strepsilura (Jentink, 1892) [1]
- Ailurin planiceps (Lyon, 1908) [1]
- Ictailurus planiceps (Pocock, 1932) [1]
- Prionailurus planiceps Wozencraft, 1993 [1]
Le Chat à tête plate[2] (Prionailurus planiceps) est une espèce de mammifère carnivore de la famille des félins. Ce « chat-léopard » (du genre Prionailurus) possède un corps allongé, mesurant de 41 à 50 cm de long, avec une queue assez courte de 13 à 15 cm, et pèse entre 1,5 et 2,5 kg. Il se caractérise surtout par son pelage court, d'un brun roussâtre, et plus particulièrement par sa tête allongée et ses oreilles arrondies, lui donnant une face d’allure aplatie.
Il est originaire de la péninsule Malaise et de Bornéo, et habite les zones humides telles que les forêts marécageuses d'eau douce, de tourbe et les zones humides de plaine près des rivières et des zones côtières. Il se nourrit principalement de poissons, de grenouilles et de crustacés.
L'espèce est menacée par la destruction de son habitat due à l'urbanisation, à l'agriculture et aux plantations de palmiers à huile. Elle est classée sur la Liste rouge de l'UICN comme espèce « en danger » depuis 2008[3].
Taxonomie
Le nom scientifique Felis planiceps a été proposé par Nicholas Aylward Vigors et Thomas Horsfield en 1827, qui ont décrit pour la première fois la peau d'un spécimen de chat à tête plate collecté à Sumatra[4].
Prionailurus a été proposé par Nikolaï Severtsov en 1858 comme nom de genre pour les félins sauvages tachetés originaires d'Asie. Il proposa alors le nom générique Ictailurus pour le chat à tête plate[5].
En 1951, Ellerman et Morrison-Scott ont regroupé le chat à tête plate avec le Chat viverrin (P. viverrinus), supposant sa présence dans le Siam, la région de Patani, les États malais, Sumatra et Bornéo[6]. Il a été rattaché au genre Prionailurus par Ingrid Weigel en 1961, qui a comparé les motifs de pelage des chats sauvages et domestiques[7]. Une étude de 1997 sur l’ADN mitochondrial l'avait placé dans le genre Ictailurus[8]. Aujourd'hui, il est toujours considéré comme une espèce de Prionailurus[9],[10].
Phylogénie
L'analyse phylogénétique de l'ADN nucléaire a révélé que la radiation évolutive des Félidés a commencé en Asie au Miocène, il y a environ 14,45 à 8,38 millions d'années[11],[12]. L'analyse de l'ADN mitochondrial indique une radiation vers 16,76 à 6,46 millions d'années[13].
Les deux modèles s'accordent sur le fait que le Chat rubigineux (P. rubiginosus) a été le premier chat de la lignée Prionailurus à diverger génétiquement, suivi par le chat à tête plate, puis le chat pêcheur[11],[13]. On estime qu'il a divergé du Chat-léopard du Bengale (P. bengalensis) entre 4,31 et 1,74 million d'années[11].
Le cladogramme suivant montre leurs relations phylogénétiques :
| Felidae |
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Description

Le chat à tête plate est brun roussâtre sur le dessus de la tête et d'un brun sombre chiné sur le corps, avec un ventre blanc tacheté. Sa face est de couleur plus claire que le corps, et son museau ainsi que son menton sont blancs. Deux bandes blanches saillantes courent de chaque côté du nez entre les yeux. Il possède des oreilles arrondies et ses yeux sont rapprochés, ce qui lui confère une meilleure vision stéréoscopique. Les dents, associées à des mâchoires musclées, facilitent la capture et le maintien de proies glissantes. Les pattes sont assez courtes, et les fourreaux de ses griffes rétractiles sont réduits, de sorte qu'environ deux tiers des griffes restent saillants[14]. Le crâne aplati s'étend le long du nez jusqu'à l'extrémité du museau. La tête est allongée et cylindrique, et les dents sont exceptionnellement longues[4].
Les prémolaires supérieures antérieures sont plus grandes et plus pointues que chez les autres chats. Les membranes interdigitales de ses pattes l'aident à obtenir une meilleure traction dans les milieux boueux et l'eau[15].
Il mesure entre 41 et 50 cm (tête-corps) pour une queue courte de 13 à 15 cm[14]. Son poids varie de 1,5 à 2,5 kg[16].
Répartition et habitat

L'aire de répartition du chat à tête plate est limitée aux forêts tropicales de plaine de l'extrême sud de la Thaïlande, de la Malaisie péninsulaire, de Sumatra et de Bornéo. Il habite principalement des habitats d'eau douce près des zones côtières et de plaine. Plus de 70 % des données ont été collectées à moins de 3 km de l'eau[17].
Sur la péninsule Malaise, il a été enregistré dans la réserve forestière de Pasoh en 2013 à moins de 1,5 km de plantations de palmiers à huile, ce qui suggère une plus grande tolérance aux changements environnementaux qu'on ne le pensait auparavant[18].
En Thaïlande, le chat à tête plate était considéré comme éteint, car non observé depuis 1995, jusqu'à ce qu'il soit enregistré à plusieurs reprises en 2024 et 2025 lors d'une étude par pièges photographiques dans le sanctuaire de faune de Princess Sirindhorn[19].
Écologie et comportement
Il est difficile d'étudier ce félin qui vit dans une végétation dense en zones humides. Les photos de pièges photographiques sont rares[20]. Il est principalement nocturne ou crépusculaire.
Son régime alimentaire se compose essentiellement de poissons. On a observé ces félins laver des objets, à la manière du raton laveur. Lorsqu'ils capturent un poisson, ils immergent totalement la tête et transportent généralement la proie à au moins 2 m de distance pour éviter qu'elle ne s'échappe dans l'eau[21]. Ils chassent également des grenouilles, des crustacés, des rats et des poulets[15].
Leur période de gestation dure environ 56 jours. En captivité, des individus ont vécu jusqu'à 14 ans[14].
Interactions avec l’Homme

Menaces et conservation
Le chat à tête plate est principalement menacé par la destruction des zones humides et des forêts de plaine[15]. Cette dégradation est causée par la conversion des habitats naturels en zones urbaines, plantations de palmiers à huile et zones d'aquaculture. La surpêche et le piégeage accidentel constituent également des menaces sérieuses[3].
L'espèce est inscrite à l'Annexe I de la CITES. Elle est intégralement protégée par les législations nationales dans tous les pays de son aire de répartition[3].
En captivité
Le zoo de Songkhla détenait trois individus en 2017, tous nés dans l'établissement en 2009 de parents captifs[22].