Che, 2e partie : Guerilla

film sorti en 2008 From Wikipedia, the free encyclopedia

Che, 2e partie : Guerilla (Che: Part 2 - Guerilla) est un film franco-américano-espagnol réalisé par Steven Soderbergh et sorti en 2008.

Titre original Che: Part 2 - Guerilla
Réalisation Steven Soderbergh
Scénario Peter Buchman
Benjamin A. van der Veen
Acteurs principaux Benicio del Toro
Faits en bref Titre original, Réalisation ...
Che, 2e partie : Guerilla
Description de cette image, également commentée ci-après
Le célèbre portrait Guerrillero Heroico du Che, pris en 1960 par Alberto Korda
Titre original Che: Part 2 - Guerilla
Réalisation Steven Soderbergh
Scénario Peter Buchman
Benjamin A. van der Veen
Acteurs principaux Benicio del Toro
Sociétés de production Estudios Picasso
Morena Films
Telecinco
Laura Bickford Productions
Section Eight
Wild Bunch
Pays de production Drapeau de la France France
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Espagne Espagne
Genre Drame biographique
Durée 135 minutes
Sortie 2008

Série Che

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

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C'est la deuxième partie du diptyque Che, débuté avec Che, 1re partie : L'Argentin, sur Che Guevara. Les deux parties sont tournées en simultané. Alors que la première partie se concentre sur la révolution cubaine (1955 à 1958), la seconde se focalise sur la guérilla de Ñancahuazú en Bolivie en 1966.

Le film reçoit des critiques partagées mais plutôt positives. Benicio del Toro, qui interprète le rôle-titre, a obtenu le prix d'interprétation masculine lors du festival de Cannes 2008, où le film est présenté en intégralité, soit 4h15. Sorti en une seule fois dans certains pays, le film n'est pas un succès commercial.

Synopsis

À la suite de la révolution cubaine, Che Guevara est en pleine gloire. En mars 1965, il annonce se rendre à Camagüey, pour contrôler la production de canne à sucre. Mais quelques jours plus tard il disparait. Même Aleida, qui est devenue son épouse, dit ignorer où il se trouve. Le à Cuba, face aux interrogations du peuple, Fidel Castro décide de lire en public une lettre du « Che ». Ce dernier y annonce qu'il prend "congés" de la révolution, qu'il renonce à sa citoyenneté cubaine, à ses fonctions ou encore à son grade de commandant. Il assure tout de même son soutien éternel au parti et à Cuba.

Un an plus tard, en novembre 1966, Guevara laisse Aleida et leurs enfants et se rend à La Paz en Bolivie. Grâce à des faux-papiers fournis par Fidel, il est grimé et se fait passer pour Ramon, un vieux représentant de l'Organisation des États américains (OEA) originaire d'Uruguay. Il se rend ensuite dans les montagnes pour rejoindre ses hommes et de nouvelles recrues, toujours en se présentant comme Ramon. Il participe alors activement à la guérilla de Ñancahuazú.

26e jour en Bolivie. Malgré son statut d'étranger, la solidarité règne parmi les hommes de Guevara, qui retrouvent certains camarades cubains. La vie au camp est rythmée par un entrainement intensif et la réception d'armes. Ils font appel au parti communiste bolivien, dirigé par Mario Monje (en). Celui-ci refuse cependant de soutenir la lutte armée de Guevara. Pire, le premier secrétaire du parti tente de dissuader des guérilleros boliviens de s'associer à « l'étranger » Guevara. Janvier 1967, Fidel s'entretient avec Régis Debray. Fidel lui demande de trouver un terrain en Bolivie où le Che et ses hommes pourraient s'entraîner en paix. Au camp, Monje annonce au Che qu'il va quitter le parti. Le Che envoie par ailleurs Tania en mission secrète pour séduire Barrientos, le président bolivien qui a pris le pouvoir depuis le coup d'État de 1964.

Che Guevara en Bolivie en 1967

67e jour, Guevara tente de recruter des paysans et d'obtenir des vivres. Les guérilleros tentent d'apporter leur aide à la population en soignant des enfants et en promettant notamment de créer des écoles. Ils ne sont pas toujours bien accueillis et sont parfois pris pour des trafiquants de cocaïne. Le 100e jour, La nourriture vient par ailleurs à manquer au camp. Guevara fait régner la discipline pour résoudre les conflits entre ses partisans cubains et boliviens au niveau des partages des vivres. 113e jour, Tania retrouve une partie des hommes au camp et informe que le parti bolivien s'immisce dans les décisions. De plus, des soldats désertent et les conflits entre Cubains et Boliviens sur la nourriture s'intensifient. Certains déserteurs, capturés, conduisent l'armée bolivienne au camp de base des révolutionnaires. Ce dernier renferme d'importantes réserves de nourriture, des fournitures indispensables et des renseignements identifiant une grande partie du groupe comme étant cubaine. À la grande déception de Che, Tania, son contact au sein de la révolution, a mal géré les préparatifs et révélé leur identité.

141e jour, le Che et ses hommes tendent une embuscade à des soldas boliviens. Ils capturent des soldats boliviens qui refusent de rejoindre la révolution, mais les libèrent rapidement pour qu'ils puissent retourner dans leurs villages. 159e jour, le président bolivien René Barrientos Ortuño fait appel aux États-Unis. Des conseillers de la CIA arrivent en Bolivie pour superviser les opérations anti-insurrectionnelles et former l'armée bolivienne. De leur côté, les guérilleros tentent de combattre les rumeurs répandues par l'armée bolivienne auprès des paysans locaux. Alors que le moral des troupes est en berne, Guevara demande à Régis Debray d'aller chercher du soutien, des médicaments et de l'argent en Europe et à Cuba, d'alerter des intellectuels et hommes influents comme Jean-Paul Sartre et Bertrand Russell. Il se rend ensuite au chevet de Tania, mal en point, avant de tenter une percée vers le sud de la Bolivie. De leur côtés, les soldats boliviens s'entrainent activement auprès des forces spéciales américaines.

Le 169e jour, Régis Debray et Ciro Bustos sont capturés à Muyupampa par l'armée bolivienne. À Camiri, ils sont interrogés et torturés par les Boliviens ainsi qu'Alejandro Ramírez (basé sur Félix Rodríguez), agent cubano-américain de la CIA. Celui est également auprès du président Barrientos, qui nie devant la presse la présence de Guevara en Bolivie. Le 219e jour, après un raid aérien bolivien sur leur camp, les guérilleros et le Che sont contraints de se terrer davantage dans les hauteurs. À ce moment-là, Che a divisé ses forces : ses meilleurs combattants l'accompagnent dans une colonne, tandis qu'un autre groupe transporte le reste du personnel, dont Tania, ainsi que la majeure partie des provisions restantes. Les guérilleros souffrent de beaucoup de pertes et de peu de soutien.

Guevara est de plus en plus malade et, au 280e jour, son asthme aigu l'empêche quasiment de respirer. Malgré sa santé et le manque de nourriture et de médicaments, il continue de mener et motiver ses troupes. Ils doivent rejoindre l'autre colonne de révolutionnaires. Le 302e jour, l'armée bolivienne  menée par le capitaine Mario Vargas  anéantit cette autre colonne, grâce à un informateur local ayant révélé les mouvements des rebelles. Tania est tuée ainsi que Juan Acuña Ñunez et plusieurs autres, dans une embuscade alors qu'ils tentaient de traverser le Vado del Yeso.

École de La Higuera où Guevara sera exécuté

Au 324e jour, le Che et ses hommes font une halte à Alto Seco pour se réapprovisionner et tentent de rallier les paysans locaux à leur cause. Au 328e jour, ils arrivent à La Higuera, le village est désert mais des troupes boliviennes sont aux allentours. Les guérilleros sont effectivement pris en embuscade par l'armée bolivienne. Plusieurs rebelles sont tués et ils battent en retraite vers le Río Grande. Au 340e jour, Guevara est encerclé par l'armée bolivienne, de plus en plus nombreuse, dans le ravin de Yuro, près de La Higuera. L'armée est par ailleurs épaulée par des Rangers américains. Blessé, le Che est capturé et questionné. Il échange quelques instants avec son garde, Eduardo. Le lendemain, 341e jour, un hélicoptère atterrit avec notamment Joaquín Zenteno Anaya et l'agent de la CIA Alejandro Ramírez. Celui l'interroge, sans succès, et lui annonce qu'il a jadis fusillé son oncle. Ramírez prend des photos aux côté du Che, menotté. Par téléphone, le haut commandement bolivien ordonne ensuite l'exécution de Guevara (en utilisant le code « Ordre 600 »). Il est abattu par Mario Terán, le . Son corps est ensuite attaché aux patins d'atterrissage d'un hélicoptère et évacué par les airs vers Vallegrande.

Dans une scène de flashback, en 1956, Ernesto Guevara se trouve à bord du Granma. Il contemple l'océan, alors que la révolution cubaine est sur le point d'éclater. Il aperçoit les frères Castro seuls à la proue du navire. Fidel discute et Raúl prend des notes. Guevara tend une orange pelée à l'un de ses camarades et reporte son regard sur les deux frères.

Fiche technique

Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques IMDb et Allociné, présentes dans la section « Liens externes ».

Distribution

Production

Développement

Alors que la première partie était basé sur Souvenirs de la guerre révolutionnaire, ce second film est adapté du Journal de Bolivie, autre œuvre littéraire d'Ernesto Guevara.

Attribution des rôles

L'acteur principal Benicio del Toro à la première du film au Festival Internacional de Cine Cartagena 2009.

Steven Soderbergh et Benicio del Toro s'étaient déjà croisé en 2001 dans Traffic pour lequel ils avaient reçu respectivement les Oscars du meilleur réalisateur et du meilleur acteur dans un second rôle.

Matt Damon apparaît brièvement dans cette deuxième partie. Il tient le rôle M. Schwartz, un prêtre allemand représentant les intérêts américains en Bolivie. Matt Damon est déjà apparu dans d'autres films du réalisateur : Ocean's Eleven (2001), Ocean's Twelve (2004), Ocean's Thirteen (2007), The Informant! (2009), Contagion (2011), Paranoīa (2018) et No Sudden Move (2021).

Tournage

Le diptyque est tourné en simultané. Cette deuxième partie est tournée principalement en Espagne (Huelva, Los Navalucillos, ...) et quelques scènes à La Paz en Bolivie[4].

Steven Soderbergh a voulu dès le début du projet tourner le film entièrement avec la lumière naturelle. Il a utilisé pour cela la caméra RED, un tout nouveau prototype de caméra numérique haute performance. Grâce à sa légèreté (4,5 kg), la caméra a pu être très facilement maniée et a offert de grande liberté à l'équipe. Alors que la première partie est filmée en CinemaScope (soit un ratio de 2,35:1), la 2e partie est tournée en panoramique (1,85:1). Soderbergh explique ce choix car il voulait que la première partie montre une grande victoire, plus épique, avec une image plus large, alors qu'il souhaitait que la deuxième partie ait un aspect plus documentaire, moins raffiné, etc[5].

Le passage du Che au Congo est absent dans la chronologie du film biographique. En effet, le budget était déjà très limité pour la production des deux films et ne permettait pas de traiter la révolution que Guevara a tenté de mener au Congo belge, avant d'aller en Bolivie. Steven Soderbergh a cependant déclaré qu'en cas de succès du diptyque (« au moins 100 millions de dollars de recettes »), il pourrait réaliser un troisième volet[5].

Sortie et accueil

Dates de sortie

L'équipe du film au festival de Cannes 2008

Lorsque Benicio del Toro a obtenu le prix d'interprétation masculine à Cannes, il a salué la mémoire de Che Guevara et l'a fait applaudir par le public[réf. nécessaire].

Critique

Aux États-Unis

Sur le site d'agrégation de critiques Rotten Tomatoes, la seconde partie obtient 80% d'avis favorables, pour 51 critiques. Le consensus suivant résumé les avis collectés : « La deuxième partie du biopic de Soderbergh est un portrait sombre, hypnotique et parfois frustrant d'un guerrier sur le déclin, avec une performance centrale formidable de Del Toro[6]. » Le site Metacritic, qui utilise une moyenne pondérée, note le diptyque dans sa globalité. Il obtient la note de 64100 pour 24 critiques[7].

Scott Foundas de LA Weekly proclame que le diptyque Che est « rien de moins que le film de l'année »[8]. Dans sa critique pour Village Voice, J. Hoberman écrit « À son apogée, Che est à la fois un film d'action et un débat permanent. Chaque nouveau plan de caméra vise à introduire une idée précise – sur Che ou sa situation – et chaque séquence de combat chorégraphiée est une sorte d'algorithme où la caméra tente de saisir l'événement qui se déroule. » Il ajoute que le film est « incontestablement le film de l'année[9]. »

Certains avis sont moins dithyrambiques. Dans USA Today, Claudia Puig (en) pense que le film « mérite d'être vu pour son souci du détail visuel et son ambition cinématographique, mais en tant que portrait psychologique d'une figure historique fascinante, il est étrangement fade et peu révélateur[10] ». Anthony Lane de The New Yorkerregrette quant à lui que « Malgré le dynamisme narratif du film, « Che » conserve des allures d'exercice d'étude – d'un sujet brillamment exploré. Comment expliquer autrement l'indifférence totale du spectateur au point culminant de chaque film ?[11]. » Roger Ebert note le film 3,5 sur 4 et souligne la durée du film (sorti en intégralité dans certains ^pays) : « Vous vous demandez peut-être si le film n’est pas trop long. Je pense qu’il y a une bonne raison à sa longueur. L’expérience de Guevara à Cuba et surtout en Bolivie n’était pas une suite d’événements et d’anecdotes, mais une épreuve d’endurance que l’on pourrait presque qualifier de folie[12]. »

En France

Sur Allociné, qui recense 18 critiques presse, la première partie obtient une moyenne de 3,25[13]. Du côté des avis positifs, Isabelle Regnier du Monde écrit notamment « Rien dans sa filmographie ne laissait soupçonner chez Soderbergh une telle propension au lyrisme. Guérilla est sans doute à ce jour son meilleur film [...] Malgré un récit très dense, l'action ne tarde pas à se figer dans une sorte de surplace. » Certains journalistes préfèrent cette second partie à la première : pour Nicolas Karlinsky du magazine Brazil « ce deuxième volet rachète tout le projet. » Eugenio Renzi des Cahiers du Cinéma préfère lui aussi ce second film : « si on nous forçait, des deux volets on choisirait Guerilla, qui dépasse L'Argentin en complexité et en inspiration »[13].

À l'inverse, Jean-Claude Raspiengeas de La Croix pense que « La deuxième partie de Che s'enlise dans les longueurs qui, certes, collent à l'itinéraire du personnage, sauvée par l'interprétation de Benicio Del Toro. » Léo Soesanto des Inrockuptibles préfère ce second film « plus cohérent que son prédécesseur » mais regrette que cela « ne relève pas l'entreprise générale : la neutralité (...) dépassionne le mythe mais chute dans l'effacement. » Xavier Leherpeur du Nouvel Obs y voit un « un spectacle aussi asthénique que rébarbatif » Dans Le Journal du dimanche, Carlos Gomez pense que le réalisateur « s'est lancé dans une entreprise qui l'a en partie dépassé ». Francois Forestier de TéléCinéObs trouve cette seconde partie « lassante »[13].

Box-office

Dans certains pays, comme les États-Unis, le film n'est pas sorti en deux parties. Cette version a récolté 1 778 287 USD de recettes mondiales dont 1 497 109 USD sur le sol américain[14]. En France, le film ne totalise que 172 914 entrées, bien moins que les 547 445 du premier volet[15].

Davantage d’informations Pays ou région, Box-office ...
Pays ou région Box-office Date d'arrêt du box-office Nombre de semaines
Drapeau de la France France (2e partie) 172 914 entrées[16] 4
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Canada Canada (version intégrale)
1 497 109 $ (version intégrale 257 minutes)[14] [17] 23
Alt=Image de la Terre Mondial (2e partie) 8 638 163 $[18] - -
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Notes et références

Annexes

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