Cheikou Cissé
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Cheikou Cissé (Chorboze, 1890 - Cayenne, ) est un tirailleur sénégalais, né au Soudan Français actuel (Mali en 1918) et mort à Cayenne (Guyane), il a été condamné à une peine de déportation en 1918. Cissé a été le dernier bagnard de Nouvelle-Calédonie, les autres ayant été transférés en Guyane française.
Biographie
En , Cheikou Cissé est recruté et incorporé au 4e régiment de tirailleurs sénégalais[1]. Il participe à la Première Guerre mondiale : après avoir rejoint le front en Europe, il est trois fois blessé au Maroc et aux Dardanelles[1]. En , il est rapatrié au Sénégal[1]. Les autorités le contraignent à y rester, malgré ses demandes de rejoindre sa famille au Soudan français (actuel Mali). Le , il est arrêté à Dakar pour « complot contre la sûreté de l'État » et « excitation à la guerre civile »[1]. Il est traduit devant le 1er conseil de guerre permanent du Sénégal, séant à Dakar[2]. Le , celui-ci le condamne à la déportation « simple »[3],[4] à perpétuité[1] et à la dégradation militaire[2] pour « avoir participé à un complot ayant pour but d'exciter à la guerre civile »[2] et « s'être rendu complice d'un vol de 19 fusils appartenant à l'État, vol commis à l'aide d'effraction extérieure »[2]. Il passe quatre ans à la prison de Dakar[1],[3] puis deux ans à celle de Barberousse à Alger[1],[3]. Il est ensuite transféré « par erreur »[1],[5] à l'île du Diable en Guyane[1]. Il y reste vingt-deux mois[3]. Fin , il est transféré au bagne de Nouvelle-Calédonie[1]. Cinq recours en grâce sont rejetés : le premier le , par décision du président de la République, Alexandre Millerand[2] ; les quatre autres — les , , et — par décisions ministérielles[2]. Lorsque la loi du désaffecte définitivement la Nouvelle-Calédonie comme lieu de déportation, il est le seul « déporté politique » à y être détenu[5]. Il est alors transféré en Guyane[5]. N'ayant pas bénéficié de l'amnistie de , il ne bénéficie pas davantage de celle de [6].
Cheikou Cissé devient alors l'objet d'une campagne visant à sa libération, organisée par la gauche, les associations anticolonialistes, le Secours rouge international[7] et le député André Marty (membre du Comité central du Parti communiste français). Le ministre de la Guerre Paul Painlevé, membre de la Ligue des droits de l'homme, rejette par une lettre du la requête en grâce formulée par André Marty[réf. nécessaire]. En , à Moscou, le Secours rouge international (SRI) nomme par acclamation comme présidents d'honneurs Cheikou Cissé, Gorki et Heywood[1].
Le , le SRI expédie, depuis Paris, un colis à l'attention de Cheikou Cissé[8]. Le , le colis revient au SRI avec la mention « Décédé »[8]. Le journal Le Cri des nègres annonce alors la mort de Cissé en titrant : « Cheikou Cissé est mort »[1],[N 1]. Le , L'Humanité lui consacre un article[9] rappelant son parcours et s'interrogeant sur son décès. Par une lettre datée du , le député Lucien Monjauvis s'enquiert du sort de Cheikou Cissé auprès du directeur de l'administration pénitentiaire à Cayenne[10]. Par une lettre datée du datée du , celui-ci lui répond que « Cheikou-Cissé, autorisé à résider à Cayenne par décision du gouverneur en date du , s'y trouve encore actuellement. Il jouit d'une bonne santé et se tient bien. »[10]. Il serait mort le , selon les Archives nationales d'outre-mer[4].