Chirac en prison
chanson des Wampas, sortie en 2006
From Wikipedia, the free encyclopedia
Chirac en prison est une chanson du groupe de rock français Les Wampas sortie en . Elle provoque une polémique en raison du sujet qu'elle évoque, le souhait de voir Jacques Chirac, alors président de la République, purger une peine de prison en raison des diverses affaires politico-financières dans lesquelles il est impliqué.
| Sortie | |
|---|---|
| Enregistré | |
| Genre | Punk |
| Auteur | Les Wampas |
| Label | Atmosphériques |
Singles de Les Wampas
Parution
Chirac en prison sort en single le , édité par le label Atmosphériques[1]. Il est extrait de l'album Rock 'n' Roll Part 9 paru subséquemment le [1].
Il s'inscrit dans une série de chansons engagées politiquement en vue de l'élection présidentielle de , telles que Marine de Diam's et Elle est facho de Renaud[2].
Paroles
Les paroles de Chirac en prison évoquent un jeune homme dont l'amie n'a qu'une idée fixe : celle de voir Jacques Chirac, alors président de la République française, en prison.
Dans un couplet de la chanson, Didier Wampas, leader du groupe, chante :
« C'est une obsession, elle ne pense qu'à ça, elle n'en dort plus la nuit [...]
La seule chose qui lui ferait plaisir, ce serait de voir Chirac en prison. »
Cependant, Jacques Chirac, dont le nom est mentionné dans diverses affaires politico-financières, parmi lesquelles l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris et l'affaire des HLM de Paris, bénéficie de l'immunité pénale durant son mandat présidentiel et ne peut être traduit devant la justice française ni éventuellement condamné à une peine de prison avant la fin de son deuxième et dernier mandat en .
Jacques Chirac est condamné en à deux ans d'emprisonnement mais cette peine étant assortie d'un sursis, l'ancien président n'est pas incarcéré jusqu'à sa mort en .
Le chanteur note avec ironie qu'il avait voté pour lui à l'élection présidentielle de , contre Jean-Marie Le Pen[1].
Polémique
Pour Patrick Ollier, député de l'UMP (le parti présidentiel), le texte représente une offense envers le président de la République : « [...] les Wampas en profitent pour porter des accusations qui confinent à l'insulte contre un homme, le Président de la république [...] ce délit est passible d'emprisonnement et d'une amende. »[3]. Pourtant, Didier Wampas refuse d'en faire une chanson anti-Chirac : « Ce n'est pas vraiment une chanson contre Chirac [...] Je voulais juste voir jusqu'où peut aller la liberté d'expression[4]. » Il explique en avoir eu l'idée après avoir vu un spectacle sur la censure dans le théâtre à l'époque de Molière et de Louis XIV, se demandant si cette censure était toujours d'actualité[5],[6]. Il entend alors profiter de l'exposition médiatique de la chanson Manu Chao en , médiatisation que le groupe avait jusqu'alors peu connue depuis sa formation dans les années 1980[7].
Didier Wampas affirme qu'il a préféré ne pas faire une chanson qui dénoncerait Chirac au premier degré, mais d'en faire une chanson d'amour racontant l'histoire d'un couple dont la femme a l'obsession de voir Chirac en prison, afin de vérifier que ce soit bien la simple présence des mots « Chirac en prison » qui empêche sa diffusion à la radio[8]. De fait, les paroles sont peu subversives[9]. De même, l'arrangement musical a été particulièrement soigné par le groupe pour s'assurer qu'une prétendue faiblesse musicale ne puisse pas servir de prétexte à ne pas la diffuser[4].
À sa sortie, la chanson crée une polémique en France, car seules deux stations de radio (Oüi FM, suivie par Le Mouv') acceptent de la diffuser, les autres pratiquant une forme d'autocensure[10]. De leurs côtés, les chaînes de télévision préviennent qu'il ne servirait à rien d'en faire un clip, puisqu'aucune chaîne n'accepterait de le retransmettre [11]. Des spots publicitaires pour le single sont tout de même diffusés par plusieurs chaînes, avec le nom de « Chirac » censuré par un rectangle noir à l'écran et par un bip dans la bande sonore[12],[13].
Le , Les Wampas chantent la chanson sur le plateau de Vendredi pétantes sur Canal+ ; selon Didier Wampas, une interview était ensuite prévue mais a été annulée au dernier moment en raison de la présence parmi les invités de Bernard Debré, proche du président Chirac[14],[5]. Lors du passage du groupe dans l'émission Top of the Pops sur France 2 le , ils sont forcés d'interpréter une autre chanson[15], Rimini[16]. Invités dans le Concert sauvage de Louise Attaque sur France 4, le groupe ne peut chanter Chirac en prison que grâce à l'insistance de leur hôte auprès de la chaîne[15].
De son côté, l'émission satirique Les Guignols de l'info aide à la promotion de la chanson en en réalisant un clip, diffusé le , mettant en scène leurs marionnettes en latex, notamment celle de Jacques Chirac, qui est embarqué dans un camion de police[10] avant d'être placé derrière les barreaux en uniforme rayé de prisonnier[17].
Didier Wampas écrit[18] :
« Beaucoup nous disaient : « Vous vous tirez une balle dans le pied avec "Chirac en prison" ! » Dans un sens, oui, on s'est tiré une balle dans le pied parce qu'on n'est plus passés en radio après, et tout ça, mais à long terme, sur la carrière, je pense que ça a été positif. Dans la tête des gens, ça montrait qu'on s'en foutait, qu'on n'en faisait qu'à notre tête, qu'on restait punks. »