Christian Maurice Engelhardt
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Christian Maurice Engelhardt (ou Christian Moritz, Chrétien Maurice), né le à Strasbourg et mort le dans la même ville, est un historien français, grand voyageur, également cartographe et illustrateur.
Issu d'une famille de protestants luthériens de la paroisse du Temple Neuf à Strasbourg, fils de négociant, il est le frère cadet de Daniel Frédéric Engelhardt (1772-1826), officier d'état-major, sous-préfet, peintre et critique d'art[1],[2].
Le , il épouse à Strasbourg Charlotte Schweighaeuser, fille de l'helléniste Jean Schweighaeuser et sœur de l'archéologue Jean Geoffroy Schweighaeuser. Elle-même latiniste et archéologue, grande randonneuse, c'est une femme de lettres connue sous le nom de Charlotte Engelhardt, auteure de poèmes et de contes, en alsacien et en allemand. Le couple n'eut pas d'enfants[3].
Comme son frère Daniel Frédéric, Christian Maurice fait sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm. En 1789 il entreprend des études à la Faculté de philosophie de Strasbourg, puis, après son diplôme, il entre à la Ville de Strasbourg, où il effectue toute sa carrière, qu'il achève en 1837 comme chef de bureau de la police[2].
En parallèle, sa participation à la campagne des Grisons menée par Macdonald lui ont donné l'occasion de découvrir les paysages alpestres qui inspireront ses écrits. Marqué par une certaine forme de romantisme propre à son époque, il se passionne pour la nature, effectuant de nombreuses randonnées dans les Vosges[4] et dans les Alpes[5].
Il voyage, noue des contacts avec des chercheurs français et allemands, collabore à plusieurs périodiques (Courrier de Strasbourg, Annales européennes, Morgenblatt, L'Alsa). À partir de 1807, il consacre deux années à la traduction du Code civil en allemand[2].
Intéressé par le patrimoine et par l'art, notamment médiéval, il consacre une publication, remarquée par l'archiviste Louis Spach, à une partie de l'Hortus deliciarum de Herrade de Landsberg[6]. Il a en effet réalisé des calques des miniatures, qui s'avéreront précieux pour la reconstitution lorsque ce document unique sera détruit pendant le bombardement de la bibliothèque municipale de Strasbourg en 1870[7]. Par l'intermédiaire de son beau-frère Jean Geoffroy Schweighaeuser, il a pu voir le flabellum de Hohenbourg, éventail liturgique en parchemin enluminé qui présente de nombreuses similitudes avec les enluminures de l'Hortus[8].
- Miniatures du Hortus deliciarum reproduites par Engelhardt.
