Christian Rouaud

réalisateur et écrivain français From Wikipedia, the free encyclopedia

Christian Rouaud est un réalisateur et écrivain français.

Nom de naissance Christian Rouaud
Naissance (77 ans)
Paris 14e, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Faits en bref Nom de naissance, Naissance ...
Christian Rouaud
Description de l'image Photo Carole Bethuel 14.jpg.
Nom de naissance Christian Rouaud
Naissance (77 ans)
Paris 14e, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Réalisateur
Scénariste
Films notables Les Lip, l'imagination au pouvoir
Tous au Larzac
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Biographie

Christian Rouaud est né à Paris le [1], d'un père cheminot[2] et d'une mère au foyer, et passe son enfance en banlieue, à Vitry-sur-Seine[3] et Choisy-le-Roi. En fin de troisième il entre à l’École normale d'instituteurs d'Auteuil, puis fait des études de lettres à la Sorbonne et à la faculté de Vincennes, qui vient d'ouvrir dans la foulée de mai 68 et où il suit les cours de cinéma de Jean Douchet[2] et Jacques Rivette.

Il obtient le CAPCEG lettres-anglais en 1969, puis le CAPES de lettres en 1971. Il enseigne le français dans la banlieue parisienne à Chennevières, puis au collège Roland-Garros de Villeneuve-Saint-Georges[4]. Dès ses premiers cours, il apporte une caméra super-8 en classe et fait réaliser des films par ses élèves[5]. À l'arrivée de la vidéo, il met en place avec plusieurs collègues un journal télévisé du collège, diffusé le midi après la cantine.

Il a deux enfants, Fabrice Rouaud, né en 1971, devenu monteur, et Cécilia Rouaud, née en 1976, devenue réalisatrice et scénariste.

En 1978, il bénéficie ainsi que sa collègue Dany Perrier d'un congé pour participer à un projet soutenu par le Fonds d'intervention culturelle et l'Ina : à Hérisson (Allier), il réalise des « veillées-télé »[6], dans le cadre des Rencontres théâtrales d'Hérisson créées par Jean-Louis Hourdin, Jean-Paul Wenzel et Olivier Perrier.

Il est admis en 1982 au stage des Techniques modernes d'éducation (option audiovisuelle) de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, où il s'initie pendant un an à la réalisation documentaire[7].

En 1983, il publie un roman La Saldéprof, qui marque ses adieux au métier de professeur.

La même année, il intègre le Centre régional de documentation pédagogique de l'académie de Créteil, au Perreux, où il s'occupe de la formation à l'audiovisuel des enseignants du second degré. Parallèlement, il réalise des films pour le système éducatif et des émissions de télévision scolaire (séries Géoscope, Dédalus, Galilée) diffusées sur FR3 puis La Cinquième, à l'initiative du Centre national de documentation pédagogique (CNDP)[8].

Il participe à différents projets sociaux et culturels, dont la préfiguration d'un circuit interne de télévision à la prison de Fresnes[7] et la création de l'association APTE, (Audiovisuel Pour Tous dans l'Education), qu'il préside pendant 5 ans[9] et qui édite alors une revue trimestrielle à destination des professeurs d'audiovisuel. L'association est affiliée à l'Association européenne pour l'éducation aux médias audiovisuels, (AEEMA), dont Christian Rouaud est membre fondateur[10].

Il effectue en 1984 un voyage d'étude à Manchester sur l'utilisation de la vidéo pour les jeunes en difficulté.

Il tourne en 1985 un premier court métrage personnel, Plus poète que moi[11].

Nouveau voyage d'étude la même année, cette fois à New York et en Louisiane, sur le thème « L'audiovisuel dans l'enseignement, les techniques nouvelles de communication aux USA ».

En 1987, il participe à la conception du projet « École câblée », expérimentation dans la ville nouvelle de Marne-la-Vallée de différents types d'émissions susceptibles d'alimenter un canal local école/formation sur le câble[12].

Il est membre de 1988 à 1990 du comité de programmation de l'émission Géoscope diffusée par le CNDP sur FR3[13].

En 1991, il se met en congé de mobilité de l'éducation nationale et est accueilli pendant un an par Les Films d'ici[2], où il apprend le métier de directeur de production, notamment sur la série Le Nord fantastique, réalisée par Patrick Benquet, Marc Lobet et Jacques Dubuisson[14]. Il est assistant d'Yves Jeanneau sur la première édition du festival Sunny side of the doc[15] à Marseille.

Christian Rouaud démissionne en 1992 de l’éducation nationale pour se consacrer entièrement à l'image et, selon son expression, « devenir saltimbanque », c'est-à-dire intermittent du spectacle, situation dont il vivra difficilement la précarité[3]. Il réalise son premier documentaire pour la télévision, Retour au quartier Nord[16], où il retrouve quelques anciens élèves du collège Roland-Garros, quinze ans après les avoir quittés[3]. En 1994, il tourne Bagad[17], autour de la musique bretonne, qui deviendra l'un de ses thèmes de prédilection. Il rencontre à cette occasion André Le Meut, qui sera le personnage de plusieurs de ses films.

Préoccupé par la question du rapport aux personnes filmées dans le documentaire[3],[18], il réalise en 1996 Le Sujet, un court métrage de fiction multiprimé dans les festivals, avec Liliane Rovère et Éric Elmosnino dans les rôles principaux[2],[19],[20]. Il participe sur La Cinquième à la série documentaire Allô la Terre en réalisant cinq épisodes entre 1994 et 1998 : L'écriture[21], La vision[22], Le fleuve[23], L'île[24], La cornemuse[25].

De 1997 à 2000, il est membre de la commission d'aide au documentaire du Centre-Val de Loire (APCVL)[26].

En 2002, après Histoire de paysans[27], documentaire sur le tournage de la série Le Champ dolent d'Hervé Baslé, il réalise Paysan et Rebelle, un portrait de Bernard Lambert[2], premier volet d'une trilogie sur les grands mouvements de révolte des années 1970, qui se poursuit avec Les Lip, l'imagination au pouvoir[28],[29],[30], nommé aux César 2008, puis Tous au Larzac[7], en sélection officielle à Cannes en 2011 et César du documentaire 2012[31]. Au festival de Cannes, les acteurs du film et le réalisateur rejoignent les célèbres marches derrière une banderole affirmant « Gaz de schiste, ni au Larzac, ni ailleurs », à la surprise des policiers présents sur place[32].

Entre 2002 et 2006, Christian Rouaud réalise pour la télévision des films sur des sujets très variés : le handicap (La bonne longueur pour les jambes[33]), la musique populaire (Bretaña[34]), l'architecture de Le Corbusier (Dans la Maison radieuse[35]), les algues vertes et la pollution de l'eau en Bretagne (L'eau, la terre et le paysan[36]), et à nouveau le rapport filmeur-filmé (L'homme dévisagé[2],[37]).

Il est membre en 2006-2007 de la Commission d'aide au documentaire de la région Basse-Normandie[38].

En 2009, il enseigne à la faculté de Lettres de Nantes (formation au documentaire dans le cadre de la licence de cinéma). Il siège au comité de lecture de la Commission d'aide au cinéma du Val-de-Marne et à la Commission d'aide au documentaire d'architecture au ministère de la Culture.

Il réalise en 2013 Avec Dédé[39],[40], le dernier film consacré au sonneur et chanteur breton André Le Meut.

En 2015, il conçoit et encadre l'atelier Documentaire de la Femis (élèves de 2e année)[41]. Il préside l'année suivante le jury des Étoiles de la Scam, constitué d'Amalia Escriva, Anne Gintzburger, Thierry de Lestrade et Pauline Horovitz.

Son dernier film, Le plaisir du désordre[42], réalisé en 2017, fait entrer le spectateur dans l'univers créatif de deux comédiens belges, Yves Hunstadt et Eve Bonfanti, en suivant pendant deux ans l'écriture de leur spectacle Détours et autres digressions.

Il est l'un des dix réalisateurs de la première vague de LaCinetek, plateforme VOD créée par Pascale Ferran, Cédric Klapisch et Laurent Cantet). Elle est spécialisée dans le cinéma d'auteur et de patrimoine et son catalogue est sélectionné par des cinéastes. Dans ca cadre Christian Rouaud a conçu des bonus pour La règle du jeu de Jean Renoir, Charles mort ou vif d'Alain Tanner, Prima della rivoluzione de Bernardo Bertolucci et Sous le plus grand chapiteau du monde de Cecil B. DeMille[43].

Christian Rouaud accompagne volontiers ses films en salle lorsqu'il est invité à rencontrer les spectateurs. De1994 à 2024, il a ainsi assuré plus de 700 débats dans toute la France, autour de douze de ses films[44].

Points de vue sur sa démarche documentaire

Le souci de la transmission

« Courts ou longs métrages, […] les réalisations de Christian Rouaud laissent toujours transparaître cette […] envie de transmettre ce qui lui semble important pour la mémoire collective, ou de partager des convictions, même en message secondaire, voire en transparence. […] De l'Éducation nationale, Christian Rouaud bascule vers l'Éducation populaire et ses valeurs moins hiérarchiques :

“Le cinéma me permettait de m'exprimer de façon différente. J'étais plutôt timide, mais avec une caméra à l'épaule, je n'avais plus peur de rien, je pouvais aller n'importe où.”

Histoire sociale, politique, culture populaire, le partage d'un savoir collectif est toujours en filigrane des histoires qu'il raconte. Qu'ils concernent les laboratoires de mouvements sociaux, d'apprentissage du vivre ensemble ou de pensées novatrices, chacun de ses documentaires draine son lot de questionnements, les modèles singuliers qu'il présente venant parfois bousculer ceux des manuels scolaires[45]. »

Le plaisir du cadre

« Christian Rouaud a commencé dans le métier comme cadreur. Le cinéma, pour lui, c’était le plaisir de capter l’image, d’inscrire le réel dans un rectangle, de choisir ce qui allait y figurer et ce qui en serait exclu. Cadrer, c’est choisir, c’est organiser la réalité, c’est jouer avec l’instant, c’est produire du sens. Caméra à l’épaule (et Dieu sait si elles sont lourdes à l’époque), il peut filmer des heures sans fatigue, fasciné par ce qui se joue sous son regard, par ce qu’il arrive à saisir, comme si on pouvait arrêter le temps pour contempler, écouter, accompagner, mettre en mémoire pour toujours l’instant qui passe[46]. »

Il a cadré tous ses documentaires jusqu'en 2005, date à laquelle, affaibli par un cancer, il ne peut plus porter la caméra à l’épaule. Il rencontre à ce moment Alexis Kavyrchine, au tout début de sa carrière de chef opérateur[47], et qui deviendra son œil et ses jambes.

La contrainte du réel et la liberté de la dramaturgie

Christian Rouaud traite le plus souvent ses thèmes documentaires « sous l'angle de la fiction, il “met en scène le réel”, avec une recherche esthétique qui tient compte de la cinégénie de ses sujets, qu'ils soient personnages humains ou paysages. La simple narration factuelle, brute, nue et chronologique, intéresse peu celui qui souhaite surprendre, faire rire et faire pleurer et, tout simplement, satisfaire le spectateur, […] tout en lui donnant matière à réflexion.

“Mon objectif, dit-il, n'est pas essentiellement de chercher de nouvelles formes mais de donner d'abord du plaisir au public, c’est la base du cinéma. Même si je suis tenu à un réel rapport à la vérité car ce que je raconte peut être contesté par les protagonistes contemporains, mon cinéma dit ‘je’, porte un point de vue personnel et n'est pas une simple relation neutre des événements. Je ne crois pas à la neutralité ! L'objectivité est un mensonge, dès qu'on écrit, on dit ‘je’. ”

Les archives subissent le même traitement de dramatisation. Elles sont fréquentes (dans la trilogie sur les grands conflits sociaux, bien sûr […], mais aussi dans L'homme dévisagé ou Histoire de paysans) mais sont incluses pour intensifier l'effet dramatique plutôt qu’en caution historique, avec une liberté totalement assumée et revendiquée[48]. »

Des portraits

« Quand j'aime quelqu'un, je veux le faire connaître. J'ai envie de partager mes admirations et mes engouements. Je ne saurais pas filmer quelqu'un que je n'aime pas[49]. »

Christian Rouaud a découvert peu à peu, au fil de ses réalisations, que quel que soit le sujet traité, il ne faisait jamais que des portraits, que ce qui l'intéressait avant tout c'étaient les personnages et que le moteur principal de ses choix était l'admiration[50].

« Parce que le réalisateur sait susciter l'empathie, il est impossible de ne pas aimer les personnalités – réelles ou fictives – racontées par Christian Rouaud. Aussi différentes les unes des autres, nullement idéalisées par le réalisateur pourtant subjectif, ce sont des caractères particulièrement attachants, souvent atypiques, qui aident à changer de regard sur le monde (Le sujet, L'homme dévisagé, La bonne longueur pour les jambes) quand ils ne changent pas eux-mêmes le monde par les actions qu'ils entreprennent […, ainsi dans] le film sur la Maison Radieuse de Le Corbusier[49] », ou la dénonciation des algues vertes dans L'eau, la terre et le paysan.

« Il y a encore André Le Meut, dont Christian Rouaud ne cesse d’approfondir le portrait depuis vingt ans[51] [… à travers quatre films], son comportement et sa façon de parler, entre maladresse et distraction touchantes, évoquent l'univers de Jacques Tati[52] », jusqu'à ce qu'il prenne sa bombarde et émeuve le spectateur par sa musique.

« S'approchant au plus près de l'intimité de ses sujets, Christian Rouaud évite pourtant l'écueil du voyeurisme complaisant. En montrant avec pudeur comment on peut admettre et vivre avec ses convictions, ses différences. À travers ses personnages charismatiques à l'énergie communicative, le réalisateur souligne les capacités humaines d'adaptation […], la force du collectif, la possibilité, malgré les difficultés, de construire ou de réinventer sa propre vie. Le regard du spectateur devient alors celui du réalisateur, bienveillant, tendre, admiratif jusqu'à la fascination, parfois[52]. »

Le rapport aux personnes filmées

« Il y a un hiatus entre le désir de filmer quelqu'un et l'acceptation de celui-ci d'être filmé[53]. »

« Le couple réalisateur/sujet est central pour Christian Rouaud. Son rapport avec ses personnages est source de questionnements récurrents sur l'influence du réalisateur et l'ambiguïté de sa démarche : “Filmer quelqu'un, c'est toujours d'une certaine façon un acte de séduction, un apprivoisement, au sens du Petit Prince. Ensuite, le problème est de ne pas trahir. On ne donne pas la parole aux gens, on la leur prend pour construire le discours du film. Quel droit a-t-on de s'approprier ainsi leur image, leur histoire, leur intimité ? Dans quel état les laisse-t-on une fois le film fini ? […] On les filme des heures et on garde si peu au montage ! Vont-ils se reconnaître dans ces choix-là ? Et même s'ils s'y reconnaissent, ont-ils vraiment envie qu'on montre cette face d'eux-mêmes ? Et puis on arrête le temps, on fige un moment, on grave dans le marbre une période de leur vie qu'ils n'auront pas forcément plaisir à revoir. C'est une violence d'être confronté à son image, d'entendre sa propre voix, de se découvrir dans le regard d'un autre, aussi amical soit-il. […] Du coup, je montre systématiquement le montage aux protagonistes avant mixage, ce qui suppose d'accepter certaines modifications parfois, si le dialogue ne suffit pas à convaincre de mes choix.”[54] »

Christian Rouaud a décrit ce questionnement du rapport filmeur/filmé en 1996, dans un court-métrage de fiction, Le Sujet, et l'a interrogé dans un documentaire, L'homme dévisagé (2005), qui raconte la rencontre entre Érick Vauthier, un pompier gravement brûlé lors d'une intervention, et Bernard Le Bars, le photographe qui accompagne la lente reconstruction de son visage.

Une façon de se demander, selon le cinéaste, « “jusqu'où on peut aller, quelle est la limite du malsain, de l'ambiguïté, où s'arrête la beauté et où commence l'horreur. […] Il n'y a pas de réponse à ces questions. La seule façon, pour moi, de m'en sortir, c'est de rester ami avec les gens que j'ai filmés.” Cette proximité, cette écoute attentive de l'autre et cette recherche d'éthique transpirent de la pellicule[54]. »

Réaliser en équipe

Christian Rouaud a bénéficié de la fidélité de son premier assistant, Florent Verdet[55], découvert sur le tournage de Quel chantier ! en 1997, et qui sera son alter ego sur presque tous ses films à partir de 2002, puis son producteur chez Entre2prises avant de devenir lui-même réalisateur.

S’ajoutent les ingénieurs du son Jean-Paul Guirado, Claude Val[56] et Martin Sadoux[57].

Enfin le monteur Fabrice Rouaud, son fils, a assemblé huit de ses films, depuis Les sonneurs de la Royale en 1999 jusqu'au Plaisir du désordre en 2017. Il fait bénéficier le montage documentaire de son expérience de la fiction, en apportant rigueur, sens du rythme et efficacité narrative dans une matière qui au départ ressemble souvent à un grand fouillis[2],[58].

Un Breton de Paris

« La Bretagne semble un fil rouge dans la production de Christian Rouaud[59]. »

Cela est peut-être dû au fait que ses parents, originaires de Loire-Atlantique et venus en banlieue après guerre, l’emmenaient au pardon des Bretons aux arènes de Lutèce le jour de la Saint-Yves, comme le rappelle André Le Meut dans un entretien figurant sur le DVD vidéo du film Avec Dédé[60].

Autre hypothèse : le revival folk des années 1970, mené par Glenmor, Gilles Servat et surtout Alan Stivell, associant à sa harpe celtique la guitare électrique de Dan Ar Braz et donnant à la musique traditionnelle bretonne une modernité qui inspira toute une génération de jeunes musiciens (Tri Yann, Sonerien Du, Gwendal, etc.). À cette époque, Christian Rouaud se rend tous les ans au Festival interceltique de Lorient où se tient le championnat des bagadoù, au son des cornemuses et des bombardes. Ce mouvement culturel, symbolisé par l’engouement pour le fest-noz, se mêle aux luttes emblématiques de l'époque (grève du Joint français à Saint-Brieuc, projet de centrale nucléaire de Plogoff), où le drapeau breton, le Gwen ha du, côtoie le drapeau rouge dans les manifestations, et retrouve ainsi une légitimité politique après s’être fourvoyé dans la collaboration en 1940-1944.

Christian Rouaud réalise en 1994 Bagad où il suit pendant un an le bagad de Lokoal-Mendon (Morbihan) dans sa préparation du championnat de Lorient. Il y découvre André Le Meut, qui apparaitra ensuite dans trois films : Bretaña, en 2003, avec le sonneur galicien Carlos Núñez ; Son ur yez, la musique de la langue, en langue bretonne, en 2010 ; et enfin Avec Dédé, où Christian Rouaud filme son ami dans sa vie quotidienne et lors de ses concerts.

Dans La cornemuse, en 1998, il emmène le cornemuseux du Morvan Raphaël Thiéry et le sonneur breton Patrick Molard au Piping Center de Glasgow, rencontrer de jeunes Écossais qui y apprennent le great Highland bagpipe. En 1999, il réalise Les sonneurs de la Royale, sur le bagad de Lann-Bihoué, puis inclut dans La bonne longueur pour les jambes une séquence où ce bagad de la marine française défile sur les Champs-Élysées lors du 14 juillet. On peut entendre au générique de fin de L'eau, la terre et le paysan, qui se déroule dans la région de Saint-Brieuc, « Bloavezh Mat » par le bagad Roñsed Mor de Lokoal-Mendon.

En outre, Bernard Lambert, son Paysan et rebelle, est éleveur en Loire-Atlantique, et la Maison radieuse de Le Corbusier se trouve à Rezé, dans la banlieue de Nantes. Enfin, lorsqu'il tourne L'île, pour la série Allô la Terre, c'est à Ouessant qu'il s'installe pendant une semaine, où il filme notamment Yann-Fañch Kemener, le célèbre chanteur de gwerz.

Les bandes-sons de ses autres films sont également très imprégnées de musique celtique : ainsi Tous au Larzac commence sur un air de Patrick Molard, « Deliou », se poursuit par des extraits de la Kevrenn Alré et du bagad Roñsed Mor, et se termine par le Scottish Gas Pipe Band. Enfin, il confie la partition originale de son dernier film Le plaisir du désordre à Pascal Le Pennec, qui vit et travaille dans les Côtes-d'Armor.

Habitué des festivals documentaires de Douarnenez[61] et de Mellionnec[2], où ses films ont été régulièrement sélectionnés et primés, il est membre de l'association ARBRE (Auteur.ices Réalisateur.ices en BREtagne[62]).

Filmographie

Réalisateur

Réalisateur[1] :

  • 1984 : Comedia (13 min)
  • 1984 : Le printemps de Bondy (18 min)
  • 1985 : Plus poète que moi (13 min)
  • 1986 : Les lycéens brûlent les planches (16 min)
  • 1987 : C'est mon avenir qui est en jeu (18 min)
  • 1987 : Rencontre (8 min)
  • 1988 : Marne-la-Vallée, un nouvel art de ville (série Géoscope, 17 min)
  • 1988 : Autour de Don Juan (26 min)
  • 1989 : Une saison en maternelle, 4 épisodes ("Adeline", 20 min ; "Jérémy", 20 min ; "Gaétan", 30 min ; "Thomas mange tout seul", 5 min)
  • 1990 : Mairie, services compris (série Géoscope, 18 min)
  • 1991 : Allez les petits ! (30 min)
  • 1992 : Retour au quartier nord (52 min)
  • 1994 : Bagad (64 min)
  • 1995 : La naissance de l'écriture (série Allô la Terre, 5 x 13 min)[63]
  • 1995 : La vision et les nouvelles images (série Allô la Terre, 4 x 13 min)[64]
  • 1995 : Le Sujet (fiction, 38 min)
  • 1996 : Le fleuve (série Allô la Terre, 4 x 13 min)[65]
  • 1996 : Les trains arrivent à l'heure (série Dédalus, 3 min 30 s)[66]
  • 1996 : La protection de la forêt (Guetteur de feu) (série Dédalus, 3 min 30 s)[67]
  • 1996 : Les Clowns sans frontières au théâtre Dejazet (série Dédalus, 3 min 30 s)[68]
  • 1996 : Les monuments de la République à Paris (Vive la République) (série Dédalus, 3 min 30 s)[69]
  • 1996 : Une histoire de fer (Les établissements Nestlé à Noisiel) (série Dédalus, 3 min 30 s)[70]
  • 1996 : La voix des îles (série Dédalus, 3 min 30 s)
  • 1996 : Des villes entre elles (série Dédalus, 3 min 30 s)
  • 1996 : Grands bruits (série Dédalus, 3 min 30 s)
  • 1997 : L'île (série Allô la Terre, 4 x 13 min)[71]
  • 1997 : Quel chantier !Didier, machiniste (série Galilée, 13 min – 6 min)[72]
  • 1998 : La cornemuse (série Allô la Terre, 4 x 13 min)
  • 1998 : Si tu ne m'avais déjà trouvéLa valse des boîtes en carton (série Galilée, 4 min – 13 min)[73]
  • 1999 : Les sonneurs de la Royale (26 min)
  • 2002 : Paysan et rebelle, un portrait de Bernard Lambert (84 min)
  • 2002 : Histoire de paysans (63 min)
  • 2002 : La bonne longueur pour les jambes (59 min)
  • 2003 : Bretaña (62 min)
  • 2004 : Dans la Maison Radieuse (71 min)
  • 2005 : L'homme dévisagé (52 min)
  • 2006 : L'Eau, la Terre et le Paysan
  • 2007 : Les Lip, l'imagination au pouvoir (118 min)
  • 2009 : Edvige et Benoît (4 min 50 s)
  • 2010 : Son ur yezh (25 min)
  • 2011 : Tous au Larzac (120 min)
  • 2013 : Avec Dédé (79 min)
  • 2017 : Le plaisir du désordre (104 min)

Assistant-réalisateur

Directeur de production

  • 1993 : Le fantôme du château de Jacques Dubuisson, La petite sœur de Patrick Benquet, Le retour du printemps de Jacques Dubuisson, Le foulard à pois bleus de Marc Lobet, Un homme encombrant de Jacques Dubuisson, Le pendu de Lille de Marc Lobet, La nuit du croquemitaine de Patrick Benquet, Le pot aux roses de Marc Lobet (série Le Nord fantastique, huit fictions de 26 min)
  • 1993 : Le bruit des livres, documentaire de Françoise Romand (26 min)
  • 1994 : The Tempest Tossed, documentaire de Maziar Bahari (52 min)

Cadreur

  • 1978 : Veillées télé à Hérisson (6 x 20 min)
  • 1984 : Télé Tilleuls, émissions de vidéo locale câblée à Créteil réalisées par Michel Erlich
  • 1984 : Les métiers de la fonction communale, documentaire de Bruno Lombard
  • 1985 : Parole d'écrivain : rencontre avec Annie Ernaux, documentaire de René Rodriguez
  • 1985 : Les nouvelles technologies industrielles, de la seconde au BTS, documentaire de Bruno Lombard
  • 1986 : Lisons vite, documentaire de Claude Joulet
  • 1986 : La Cinémathèque et le musée du Cinéma, documentaire de Michel Erlich
  • 1987 : Claude au lycée, Lévêque au musée, documentaire de Maurice Benayoun
  • 1987 : Sol LeWitt, documentaire de Maurice Benayoun

Publications

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jeannine Marroncle, Jeunes couples de maintenant, Paris, Éditions ouvrières, coll. « Couples et Société », , 182 p. (ISBN 978-2-7082-2228-1, lire en ligne [PDF] numilog.fr p.1-18), « Cinéma du couple, de Christian Rouaud (alias Charles Mauroux) », p. 15-41
  • Christian Rouaud, La Saldéprof, Paris, Syros, coll. « Syros-romans », , 265 p. (ISBN 978-2901968795, lire en ligne [gallica.bnf.fr p. 1-39])
  • Yohann Chanoir (dir.) et Céline Piot (dir.), Figures paysannes en France. Mythes, regards et sociétés, Nérac, Éditions d'Albret, , 334 p. (ISBN 978-2913055414), « Des Lip au Larzac, un cinéma en résistance, entretien de Christian Rouaud avec Philippe Stellati », p. 265-302 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Annexes

Liens externes

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