La Règle du jeu
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Nora Gregor
Marcel Dalio
Jean Renoir
Julien Carette
Paulette Dubost
| Réalisation | Jean Renoir |
|---|---|
| Scénario | Jean Renoir, Carl Koch |
| Acteurs principaux |
Roland Toutain Nora Gregor Marcel Dalio Jean Renoir Julien Carette Paulette Dubost |
| Sociétés de production | Nouvelle Édition française (N.E.F.) |
| Pays de production |
|
| Genre | Comédie dramatique |
| Durée | 110 minutes (depuis 1958) |
| Sortie | 1939 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
La Règle du jeu est un film français écrit et réalisé par Jean Renoir, sorti en 1939.
Ce « drame gai » ou « fantaisie dramatique[note 1] », pour reprendre l'expression du réalisateur, a pour ambition d'être une peinture de mœurs de l'aristocratie et de la grande bourgeoisie ainsi que des domestiques qui les servent, à la fin des années 1930. Jean Renoir porte sur le fonctionnement de cette société un regard hautement critique mais aussi résolument humaniste.
Le film est désormais très largement considéré par les professionnels du cinéma non seulement comme l'un des meilleurs films de Renoir mais encore comme l'un des plus grands jamais réalisés[1],[2]. La Règle du jeu est un des films les plus commentés de l'histoire du cinéma. Il a influencé un nombre très important de scénaristes, de réalisateurs[note 2]. Selon François Truffaut, La Règle du jeu constitue « le credo des cinéphiles, le film des films »[3]. Pour le New York Times, c'est « l'un des films les plus parfaits » de l'histoire de cinéma[4].
Une nuit, l'aviateur André Jurieux atterrit à l'aéroport du Bourget. Il vient de battre le record de traversée de l'Atlantique. Il est accueilli par une foule en liesse, à travers laquelle son ami Octave arrive à se frayer un chemin. Octave apprend au héros du jour que la femme pour laquelle il avait entrepris son raid n'a pu venir. À la journaliste de radio qui lui tend son micro, l'aviateur laisse éclater son amertume en la qualifiant de « déloyale ».
Un effet de montage nous amène à cette femme : c'est la jolie Christine de La Chesnaye, d'origine autrichienne. Dans son luxueux appartement, elle écoute l'émission radiophonique consacrée à l'exploit mais éteint rapidement l'appareil. Christine est mariée depuis trois ans au marquis Robert de La Chesnaye. Sa femme de chambre, Lisette, a épousé il y a deux ans Édouard Schumacher. C'est le garde-chasse du domaine de La Colinière, luxueuse résidence de campagne que possède le couple en Sologne. Une discussion entre Christine et le marquis nous apprend qu'il connaît la relation ambiguë de son épouse avec André. Mais le mari semble pardonner à sa femme et rejette la faute sur l'aviateur, qu'il juge trop naïf. Tout semble rentrer dans l'ordre. Robert s'absente un instant afin de téléphoner. Il désire rencontrer sa maîtresse, Geneviève de Marras, pour mettre un terme à leur relation. Dès le lendemain, Robert et Geneviève se retrouvent. Le marquis n'arrive pas à rompre. Trop faible, il se rend aux arguments de Geneviève et l'invite à un week-end de chasse.
Une séquence montre André conduisant à toute vitesse sur une petite route, à la frayeur d'Octave son passager. Ils échappent de peu à un accident. Dans l'intérêt d'André, Octave décide de parler à Christine, son amie d'enfance. Habilement, il la persuade d'inviter André à la chasse. Il convainc aussi Robert, qui le qualifie toutefois de « dangereux poète ».
À La Colinière, Schumacher patrouille dans les bois. Il surprend Marceau, un braconnier, qui a pris un lapin dans un collet. Ils croisent le marquis. Agacé par la prolifération des lapins, Robert de La Chesnaye sympathise immédiatement avec Marceau, auquel il procure un emploi de domestique. Dès son arrivée au château, Marceau courtise Lisette, qui ne se montre pas insensible à ses avances.
Les invités à la chasse appartiennent à l'aristocratie et à la grande bourgeoisie. Christine accueille Jurieux en leur présence. Sauvegardant les apparences, elle met en avant leur amitié. Le marquis décide d'organiser une fête costumée en l'honneur de l'aviateur.
La chasse débute. Les participants abattent un grand nombre de gibier. Puis le marquis entraîne Geneviève à l'écart pour lui annoncer son intention de rompre. Celle-ci lui réclame un baiser d'adieu. Au moyen d'une petite lunette, Christine surprend fortuitement ce baiser. Elle se méprend sur sa signification et désire se venger de son mari.
Au château, Schumacher se lance à la poursuite de Marceau et tente de le tuer à coups de pistolet après l'avoir surpris en train de fricoter avec sa femme. Christine décide de tromper son époux avec Saint-Aubin, un aristocrate. Mais Jurieux les surprend et rosse Saint-Aubin. Seule avec André, Christine lui avoue son amour mais l'aviateur n'a pas la réaction attendue : il ne veut pas partir tout de suite, soucieux de convenances et désireux d'avertir le marquis.
La poursuite entre Marceau et Schumacher fait surgir André et Christine devant le marquis. Les deux hommes se battent violemment. Une balle tirée par Schumacher les interrompt et ils finissent par se réconcilier. Octave constate qu'il n'est qu'un parasite et un raté. Christine lui déclare ne plus être certaine de ses sentiments pour André. Schumacher et Marceau sont renvoyés du château et se réconcilient.
Dans une petite serre, Christine déclare son amour à Octave. Ils décident de s'enfuir ensemble. Dissimulés dans l'obscurité, Schumacher et Marceau observent la scène. Ils prennent Christine pour Lisette car elle porte une pèlerine offerte à sa femme par le garde-chasse.
Octave rentre au château pour prendre les affaires de Christine. Il croise Lisette, qui le persuade d'abandonner son projet. Octave envoie André à sa place. Lorsque l'aviateur s'apprête à rejoindre la serre, il est abattu d'un coup de fusil par Schumacher, qui l'a confondu avec Octave. Prévenus par Marceau, le marquis et Lisette se précipitent. Octave et Marceau décident de quitter le château.
Alertés par le bruit, les invités s'attroupent devant le perron. Le marquis leur explique que Schumacher, ayant cru voir un braconnier, a tiré en toute légitimité. Officiellement, il s'agit donc d'un accident. Mais personne n'est dupe...
Fiche technique
- Titre : La Règle du jeu
- Titres primitifs : Les Caprices de Marianne, Fair play, La Chasse en Sologne
- Titre anglais : The Rules of the Game
- Réalisation : Jean Renoir
- Scénario et dialogue : Jean Renoir, avec la collaboration de Carl Koch
- Assistants réalisateur : Henri Cartier-Bresson, Carl Koch, et André Zwobada
- Photographie : Jean Bachelet
- Cadreur : Jacques Lemare
- Assistants opérateur : Jean-Paul Alphen et Alain Renoir
- Montage : Marguerite Renoir assistée de Marthe Huguet
- Décors : Eugène Lourié assisté de Max Douy
- Son : Joseph de Bretagne
- Arrangements musicaux : Roger Désormière et Joseph Kosma
- Orchestre sous la direction de Roger Désormière
- Musique : Mozart (Danse allemande) ; Monsigny (Le Déserteur) ; Louis Byrec (pseudo de Louis-Antoine Dubost[5]), Léon Garnier et Eugène Rimbault (Nous avons levé le pied[6]) ; Lucien Delormel, Léon Garnier et Louis-César Desormes (En revenant de la revue, le refrain) ; Johann Strauss (La Chauve Souris) ; Camille Saint-Saëns (La Danse macabre) ; Frédéric Chopin (Valse Minute) ; Vincent Scotto (À Barbizon)
- Costumes : Maison Chanel
- Maquillage : Paul Ralph
- Coiffure : Suzy Berton
- Scripte : Dido Freire
- Conseiller technique pour la chasse : Tony Corteggiani
- Photographe de plateau : Sam Lévin
- Régisseur : Raymond Pillon
- Production : Claude Renoir aîné
- Administrateur : Camille François
- Société de production : La Nouvelle Édition française (N.E.F.)
- Attaché de presse : Georges Cravenne
- Distribution : N.E.F (1939), Gaumont en (1949), Les Grands Films classiques depuis 1958
- Tournage : du 15 février à mi-juin 1939, dans les studios de Joinville et de Billancourt[7]
- Enregistrement sur Western-Electric
- Pays de production :
France - Format : Noir et blanc - 35 mm - 1,37:1 - Mono
- Genre : comédie dramatique (un « drame gai », selon l'expression du réalisateur)
- Durée : 98 minutes lors de la sortie / 106 minutes depuis 1958
- Dates de sortie :
- France :
- (première aux cinémas Aubert-Palace et Colisée à Paris)
- (sortie nationale)
- États-Unis :
- France :
- Affiche : Jacques Bonneaud (France)
Distribution
- Marcel Dalio : Marquis Robert de La Chesnaye
- Nora Gregor : Christine de La Chesnaye
- Julien Carette : Marceau, le braconnier
- Roland Toutain : André Jurieux
- Paulette Dubost : Lisette, la camériste
- Mila Parély : Geneviève de Marras
- Jean Renoir : Octave
- Gaston Modot : Édouard Schumacher, le garde-chasse
- Pierre Magnier : le général
- Edy Debray : Corneille, le majordome
- Pierre Nay : Monsieur de Saint-Aubin
- Francœur : Monsieur de La Bruyère
- Claire Gérard : Madame de La Bruyère
- Odette Talazac : Charlotte de La Plante
- Anne Mayen[note 3] : Jackie, nièce de Christine
- Léon Larive : le cuisinier
- Géo Forster : l'invité efféminé
- Tony Corteggiani : Berthelin
- Nicolas Amato : Cava
- Jacques Beauvais : Adolphe
- Jenny Hélia : Germaine
- Bob Mathieu : le chauffeur de Monsieur
- Gitta Hardy : Mitzi
- Henri Cartier-Bresson : William, le domestique anglais
- Lise Élina : la journaliste à l'aérodrome
- André Zwobada : l'ingénieur de chez Caudron
- Maurice Marceau : le premier garde
- Camille François[8] : la voix du speaker
- Marguerite de Morlaye : une invitée
- Marcel Melrac
Ouverture
Le film s'ouvre sur une citation du Mariage de Figaro[9] de Beaumarchais :
Cœurs sensibles, cœurs fidèles,
Qui blâmez l'amour léger,
Cessez vos plaintes cruelles :
Est-ce un crime de changer ?
Si l'Amour porte des ailes,
N'est-ce pas pour voltiger ?
N'est-ce pas pour voltiger ?
N'est-ce pas pour voltiger ?
