Christiane Eda-Pierre

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Décès
Sépulture
Cimetière de Saint-Maurice Étusson
Nom de naissance
Eda-Pierre, Christiane, Paule, Josèphe, Gabrielle
Christiane Eda-Pierre
Christiane Eda-Pierre en 1968.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière de Saint-Maurice Étusson
Nom de naissance
Eda-Pierre, Christiane, Paule, Josèphe, Gabrielle
Nationalité
Formation
Activités
Père
William Eda-Pierre
Mère
Alice Nardal
Conjoint
Pierre Lacaze
Autres informations
A travaillé pour
Tessiture
Labels
Maître
Élève
Distinctions

Christiane Eda-Pierre, née le à Fort-de-France (Martinique) et morte le dans les Deux-Sèvres, est une soprano française, l'une des toutes premières cantatrices noires de carrure internationale en France métropolitaine et dans le monde aux côtés de Barbara Hendricks, Marian Anderson, Grace Bumbry, Jessye Norman, Shirley Verrett et Leontyne Price. Son répertoire lyrique va de la musique baroque à la musique contemporaine.

Jeunesse et formation

Christiane Eda-Pierre naît le à Fort-de-France, rue Gallieni, dans un milieu d'artistes, elle est la fille d'Alice Nardal, une des professeurs de musique qui enseigne au lycée Victor-Schœlcher (Fort-de-France) et au collège Perrinon et de William Eda-Pierre, un journaliste au Courrier des Antilles, sa tante Paulette Nardal, est une femme de lettres et journaliste martiniquaise, une militante de la cause noire, elle est une des inspiratrices du courant littéraire de la négritude et la première femme noire à étudier à la Sorbonne, fondatrice de la revue La Revue du Monde Noir, son grand-père est un pianiste et un flûtiste accompli, sa grand-mère est elle-même organiste. Très jeune, Christiane Eda-Pierre apprend le piano avec sa mère. Après ses études secondaires chez les chanoinesses de Saint Augustin, elle part pour Paris où pendant deux ans, elle étudie le piano à l'École normale de musique de Paris, mais en suivant les cours de Charles Panzéra, elle passe du piano au chant lyrique, et elle entre au Conservatoire national supérieur de musique de Paris où elle suit des cours auprès du baryton Louis Noguéra pour le chant, auprès de la comédienne Gabrielle Fontan pour la diction. En 1957, elle sort du conservatoire avec le premier prix de chant, le premier prix d'opéra et le premier prix d'opéra comique[1],[2],[3],[4].

Carrière musicale

Christiane Eda-Pierre fait ses débuts à Nice en 1958, dans le rôle de Leïla dans Les Pêcheurs de perles aux côtés du baryton Gabriel Bacquier[5]. L'année suivante, elle paraît au Festival d'Aix-en-Provence, dans le rôle de Papagena dans La Flûte enchantée, puis elle entre en 1960 dans la troupe de la Réunion des Théâtres Lyriques Nationaux (Opéra de Paris et Opéra Comique). Elle en fera partie jusqu’en 1972. D'abord à l'Opéra-Comique en 1960, elle y chante Olympia, Lakmé, Rosine, Violetta, etc., puis à l'Opéra de Paris en 1962, où elle s'impose en Lucia, Gilda, etc. À partir de 1966, elle entreprend une carrière internationale, chantant à Londres, Wexford, Lisbonne, Vienne, Salzbourg, Chicago, New York, etc. Elle chante sous la direction de grands chefs d'orchestre tels que George Solti, Colin Davis, Neville Mariner, Seiji Ozawa ou Karl Bohm, Charles Munch, Lorin Maazel, Daniel Barenboim, André Cluytens, Ricardo Muti, Pierre Boulez et aux côtés de Placido Domingo, José Van Dam, Luciano Pavarotti, Alfredo Kraus[6],[7],[8],[9],[10].

Elle défend un vaste répertoire, allant de la musique baroque aux œuvres contemporaines, mais demeure une interprète de Mozart, son compositeur de prédilection[11], notamment le rôle de Constanze dans L'Enlèvement au sérail, qu'elle chantera avec Karl Böhm à l'opéra Garnier en 1976[12], puis qu'elle chante dans le monde entier, mais également Donna Anna, Donna Elvira, Vittelia, Elettra. Aussi très appréciée dans les œuvres de Jean-Philippe Rameau, telles Les Indes galantes, Zoroastre, Les Boréades, Dardanus. Elle est aussi une magnifique Antonia dans Les Contes d'Hoffmann, lors de la production de cet opéra à Paris en 1977, dans la mise en scène de Patrice Chéreau[13]. Elle consacre aussi une activité importante au concert et à la radio, chantant des œuvres peu jouées, tels Le Siège de Corinthe, La Jolie Fille de Perth, Benvenuto Cellini, Béatrice et Bénédict, chante également Il pirata (Londres, 1972) et I puritani (Marseille, 1974). Elle participe à la création de Saint François d'Assise d'Olivier Messiaen, en 1983 dirigée par Seiji Osawa[14],[15].

Professeur au Conservatoire national supérieur de Paris de 1977 à 1997, puis à la Schola Cantorum de Paris, elle a formé plusieurs artistes de renommée internationale, parmi lesquels Nora Gubisch, Sylvie Valayre et Magali Léger[14].

Styliste accomplie, elle a eu une des plus importantes carrières internationales parmi les chanteuses françaises de son époque, et fut une des premières cantatrices noires de renom dans le monde avec Marian Anderson, Leontyne Price ou Jessye Norman[6],[13],[16],[17] et fera la promotion des Noirs dans l'ensemble des activités artistiques[18].

Elle est présidente d'honneur de l'Académie de l'Opéra Comique depuis sa création.

Vie personnelle

Le , Christiane Eda-Pierre épouse Pierre Lacaze, un maître d'armes et historien de l'escrime décédé en 2006. Le couple donne naissance à un enfant[19],[20],[21].

Le , Christiane Eda-Pierre meurt chez elle dans sa résidence de Saint-Maurice-la-Fougereuse (commune de Saint Maurice Étusson), ou à Faye-l'Abbesse (selon les sources), dans les Deux-Sèvres dans le Centre-Ouest de la France à l'âge de 88 ans[22],[4],[23],[24].

Sa disparition suscite de nombreux hommages, dont celui de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, qui aimait à la décrire comme une « reine française de l'art lyrique »[22],[25]. Ses funérailles ont eu lieu le vendredi en l'église de Saint Maurice Etusson[26]. Elle repose au cimetière de cette commune[27].

Son unique biographie a été écrite par Catherine MARCELINE, avocate et autrice martiniquaise, et publiée en mars 2019.

Le documentaire Mademoiselle Eda-Pierre, en scène, réalisé en 2022 par Frédéric Bouquet-Grilli, lui rend hommage[28].

Distinctions

Discographie sélective

Notes et références

Annexes

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