Christine Groult

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Naissance
Nationalité
Française
Formation
Groupe de recherches musicales (GRM), Radio France
Conservatoire expérimental de Pantin (Michel Decoust)
Sorbonne (musicologie et linguistique)
Activité
Compositrice
Christine Groult
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Biographie
Naissance
Nationalité
Française
Formation
Groupe de recherches musicales (GRM), Radio France
Conservatoire expérimental de Pantin (Michel Decoust)
Sorbonne (musicologie et linguistique)
Activité
Compositrice
Autres informations
Site web

Christine Groult, née en 1950 à Caen, est une compositrice française de musique électroacoustique et acousmatique[1]. Son œuvre, qui compte une cinquantaine de pièces destinées au concert, à la radio, à la danse, au théâtre, au cinéma et à des installations, est traversée par un intérêt constant pour le potentiel poétique des sons et la recherche de nouvelles dramaturgies[2].

Christine Groult s'intéresse très tôt à la musique contemporaine, notamment à la musique concrète, par le biais de la radio. Enfant, elle se sert déjà d'un magnétophone pour réaliser ses propres enregistrements de terrain. Après de premiers cours de chant au Conservatoire à rayonnement régional de Caen, elle commence sa formation musicale au début des années 1970 au Groupe de recherches musicales (GRM) de Radio France, alors dirigé par Pierre Schaeffer. Elle étudie parallèlement au conservatoire expérimental de Pantin sous la direction de Michel Decoust, ainsi que la musicologie et la linguistique à la Sorbonne[3].

Carrière

À l'IRCAM et au conservatoire de Chalon-sur-Saône (1976–1990)

De 1976 à 1986, Christine Groult est assistante au département de pédagogie de l'IRCAM sous la direction de Pierre Boulez et de Michel Decoust[4]. De 1985 à 1990, elle est responsable du studio de musique électroacoustique du conservatoire de Chalon-sur-Saône, où sa pratique compositionnelle prend véritablement son essor[5]. En 1989, elle obtient son Certificat d'aptitude aux fonctions de professeur de composition musicale électroacoustique[6].

Au conservatoire de Pantin (1990–2015)

De 1990 à 2015, Christine Groult est titulaire de la classe de composition électroacoustique du conservatoire à rayonnement départemental (CRD) de Pantin, dont elle est aussi coordinatrice du département « Création musicale »[4]. Ce studio, fondé en 1972 par Fernand Vandenbogaerde dans le cadre du conservatoire expérimental de Pantin créé par Michel Decoust, jouit d'une notoriété internationale qui attire des étudiants de toute la France et de l'étranger[7]. En 1995, elle participe avec Christian Zanési, Régis Renouard Larivière et Jean-Yves Bosseur à la rédaction de la revue Ars Sonora, en collaboration avec le Centre de documentation de la musique contemporaine[8].

En 2024, les Journées nationales de la musique électroacoustique organisées par l'AECME lui rendent hommage à l'occasion de ses vingt-cinq années d'enseignement au CRD de Pantin[9].

Music in situ (depuis 2002)

En 2002, Christine Groult fonde avec Pietro Cremonini, architecte, Geneviève Dahan Seltzer, sociologue, et Mia Mankovsky, juriste, l'association Music in situ, dont la mission est de concevoir des scénographies musicales qui unissent la musique et le lieu. Sa musique sur support l'a amenée à investir des espaces très variés pour y réaliser des spectacles sonores. Elle déclare : « Le contact avec l'histoire et la mémoire active un lien à l'inconscient et permet de toucher à une réalité d'un autre ordre, plus subtil »[4].

Depuis 2015

Depuis la fin de sa fonction de professeure en 2015, Christine Groult se consacre entièrement à la composition concrète et acousmatique, à la création de scénographies musicales in situ, et poursuit sa recherche sur l'improvisation, le live et la collaboration avec des instrumentistes expérimentaux[5]. Elle développe une préoccupation croissante pour l'écologie sonore et les milieux naturels — forêts, zones humides, estuaires — qui nourrissent ses œuvres récentes. Le Logelloù, centre de création musicale du Trégor (Côtes-d'Armor), l'accueille en résidence à plusieurs reprises et lui commande les œuvres Eaux mêlées et Buguélès[10]. Elle intervient dans des colloques scientifiques et artistiques, notamment en 2025 à l'université Jean-Monnet de Saint-Étienne lors d'un colloque sur l'écologie sonore et la musique électroacoustique[11].

Esthétique

Si les moyens électroacoustiques sont au cœur de la démarche compositionnelle de Christine Groult, la qualité expressive des sons choisis et l'émotion qui s'en dégage demeurent cruciales pour elle : « ce qui l'intéresse avant tout, c'est le potentiel poétique des sons et la recherche de nouvelles dramaturgies »[4]. Le musicologue Jean-Yves Bosseur souligne chez elle un « évitement du caractère représentatif caractéristique et un accès comme immédiat à l'abstraction qui définit la musique »[12]. Ses œuvres les plus récentes témoignent d'un dialogue entre sons concrets issus d'environnements naturels et matériaux produits en studio, dans une attention particulière aux milieux fragiles — estuaires, vasières, forêts — et à leur biodiversité en péril[13].

Œuvres

Musiques de concert

  • Promenade d'enfance (1990) — sons de flûte enregistrés par Patrick Roudan (11'35)
  • L'heure alors s'incline… (1991) — hommage à Luigi Nono ; commande de la DRAC Bourgogne (18'40)
  • Thème d'Ubu (1992) — version concert d'une musique de scène pour Ubu enchaîné d'Alfred Jarry (5'53)
  • Passagers imminents (1993) (5'30)
  • Suite en mouvements (1995) — pièces pédagogiques pour violoncelles et bande ; commande de la DRAC Île-de-France
  • Dévoilement (1997) — version concert d'une fiction chorégraphique de Dominique Dupuy (9'28)
  • Images de nature et mobilité (1997–1998) — pièce pédagogique, co-création avec Mirtha Pozzi ; pour percussions, support et dispositif en direct ; commande de l'État
  • Si l'oiseau par hasard… (1998) — commande de l'INA-GRM ; flûte : Karen Fenn, violon : Élisabeth Robert (17'05)
  • Le temps du ciel : entropie (2000) — commande des « Promenades musicales en Pays d'Auge », DRAC Basse-Normandie (14')
  • Les frontières de l'autre (2001) — commande de l'État et des « Promenades musicales en Pays d'Auge » (12'55)
  • La condition captive (2003) — commande de l'État et du festival « Caen soirs d'été » (12'38)
  • Canal instantané (2004) — commande de la DRAC Île-de-France (7'57)
  • Pierres cantabiles (2004) — commande de la communauté de communes du Pays du Cheylard (Ardèche)
  • Vertiges (2005) — commande de la communauté de communes du Pays du Cheylard
  • Étincelles (2005) — commande de l'Institut Curie pour l'inauguration de « Un jardin pour la vie, une jonquille pour Curie », esplanade du Panthéon (15')
  • Sourire de l'ange (2006) — sentier d'art in situ, Pays du Cheylard
  • Si je les écoutais… (2008) — commande de l'État ; créée à Radio France dans le cadre de la saison Multiphonies 2007–2008, 50 ans du GRM (15')
  • Marche, quitte et va (2008) — co-création avec Beatriz Ferreyra ; commande de la communauté de communes du Pays du Cheylard
  • Rébellion (2010) — pour le peintre Jana Kluge ; création mondiale le 10 septembre 2010, Córdoba (Argentine)
  • Le bolide d'Ohain (2011) — pour le 65e anniversaire d'Annette Vande Gorne ; création mondiale le 9 mai 2011, Bruxelles
  • Nahash et Duo (2011–2014) — avec Beatriz Ferreyra ; commande de l'INA-GRM ; créé à La Gaîté Lyrique (2011), à la Dynamo (2013) et au 104 (2014)
  • Canal Multiple (2012) — avec Marco Marini ; création le 21 septembre 2012, parvis du théâtre Au Fil de l'Eau, Pantin
  • Échappée belle (2012) — pour le 80e anniversaire de François Bayle ; création mondiale le 27 octobre 2012, festival « L'Espace du Son », Bruxelles
  • Nahash I et Nahash II (2015)
  • À la pointe de chaque instant (2016) — commande du festival Turbulences sonores, Montpellier (10')
  • Mi ritrovai per una selva oscura (2018) — commande de l'État ; création dans le cadre de la saison Multiphonies 2017–2018 à la Maison de la Radio, Studio 104, 2 juin 2018 ; interprétation à l'acousmonium : Jonathan Prager[5]
  • À chaque fois qu'une étoile explose… (2018) — commande de France Musique pour l'émission Création mondiale d'Anne Montaron ; diffusion du 21 au 25 janvier 2019
  • Eaux mêlées (2021) — commande du Logelloù (Trégor, Côtes-d'Armor) ; création en septembre 2021 sur le site du Yaudet, estuaire du Léguer ; avec enregistrements de Noëlle Deffontaines (danseuse), Benjamin Dousteyssier (saxophone), Lê Quan Ninh (percussion) et sons de Marc Namblard (29'58)[14]
  • Les eaux s'accordent, coda (2024) — commande d'Athénor – CNCM de Saint-Nazaire ; symphonie électroacoustique collective avec Sarah Clénet, Camille Lacroix, Anne-Laure Lejosne et Aude Rabillon ; création mondiale le 18 mai 2024, Halle Sud, Saint-Nazaire ; première belge le 19 octobre 2024, festival L'Espace du Son, Bruxelles (20'17)[15]
  • Catégories sensibles (2025)[16]

Scénographies musicales

Les scénographies musicales de Christine Groult sont des compositions conçues pour des espaces extérieurs ou des lieux patrimoniaux, diffusées en multiphonie in situ.

  • Le chant de la Tour Eiffel (1995) — installation sonore permanente au premier étage du pilier nord de la Tour Eiffel, réalisation collective LIGYS
  • Pierres cantabiles (2004) — sentier d'art, Pays du Cheylard
  • Variation d'une rive à l'autre (2004) — promenade le long du canal de l'Ourcq (Paris – Pantin – Bobigny)
  • Étincelles (2005) — esplanade du Panthéon ; production Institut Curie
  • Vertiges (2005) — Pays du Cheylard
  • Garonne instantanée (2005) — Festival des jardins, Bordeaux
  • Sourire de l'ange (2006) — Pays du Cheylard
  • Le refuge (2007) — Pays du Cheylard
  • Marche, quitte et va (2008) — Pays du Cheylard
  • Canal Multiple (2012) — avec Marco Marini, scénographie multiphonique en 12 pistes, Pantin
  • Cargo fantôme (2013) — Magasins généraux de la CCIP, Pantin[12]

Musiques de scène et de ballet

  • Un rêve excellent (1987) — mise en scène Michèle Venard, Maison de la Culture de Bourges
  • De Sade, Juliette (1989) — mise en scène Michèle Venard, théâtre de l'Atalante, Paris
  • Féline (1989) — chorégraphie Claude Brumachon, Opéra de Paris / Centre Georges-Pompidou
  • Ubu enchaîné (1992) — d'Alfred Jarry, mise en scène Michèle Venard, Saint-Cyr-l'École
  • Lame de fond (1992) — chorégraphie Claude Brumachon, Festival International Danse Aix
  • Le pressentiment des alligators devant l'escalier (1994) — chorégraphie Christiane Blaise, Festival La Bâtie, Genève
  • Opus 67-97 (1997) — chorégraphie Dominique Dupuy, Théâtre Jean-Vilar de Vitry-sur-Seine[12]

Musiques pour le documentaire et le film

  • La recherche instrumentale à l'IRCAM (1985) — documentaire co-réalisé avec Robert Cahen, FR3
  • Rodin – Fragments (1990) — de Robert Cahen et Roland Schaer, coproduction La Sept – Musée d'Orsay
  • Vélasquez (1992) — de Didier Baussy, La Sept
  • Giacometti (1992) — de Michaël Gomnitz, coproduction Pandore – Centre Georges-Pompidou – La Sept
  • Voyage d'hiver (1993) — de Robert Cahen, La Sept
  • Éty mot (1995) — générique de série, réal. Stéphane Druais, La Cinquième / INA
  • Sistemazione comoda (1996) — installation vidéo de Donatella Vici, Biennale di Roma
  • Le temps du ciel (1999) — documentaires de Stéphane Druais pour la série « Le Temps, vite », Centre Georges-Pompidou / La Cinquième
  • La flèche du temps (1999) — deux films de Stéphane Druais, Centre Georges-Pompidou / La Cinquième
  • Abrapalabra (2010) — vidéo de Jana Kluge
  • Edifice (2015) — installation vidéo/musique de Véronique Mouysset[12]

Discographie

Notes et références

Voir aussi

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