Chrysomya rufifacies
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| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Arthropoda |
| Classe | Insecta |
| Ordre | Diptera |
| Famille | Calliphoridae |
| Genre | Chrysomya |
Chrysomya rufifacies est une espèce d'insectes diptères de la famille des Calliphoridae (les « mouches à viande »). Elle appartient au genre Chrysomya, communément appelé par les anglophones « Old World screwworm » (« Vers-à-vis de l'Ancien Monde ») par opposition au genre Cochliomyia ou « New World screwworm » endémique des Amériques.
Le genre Chrysomia comprend d'autres espèces telles que Chrysomya putoria et Chrysomya bezziana, qui sont des agents de myiases.
C. rufifacies préfère les températures très chaudes et a un cycle de vie relativement court. Elle est largement distribuée géographiquement et préfère coloniser les grosses carcasses plutôt que les petites.
L'espèce a généralement un aspect métallique verdâtre.
Elle est d'une importance essentielle dans le domaine de l'entomologie médico-légale en raison de son utilisation pour établir ou modifier les intervalles post mortem. Elle a un impact au plan médical, économique et médico-légal.
Imago
Chrysomya rufifacies peut être facilement identifiée en examinant une couleur bleu-vert métallique brillante, une dilatation génale pâle et une vestiture du spiracle thoracique antérieur de couleur pâle. L'adulte mature mesure environ 6-12 mm de longueur[1].
L'utilisation d'un microscope permet d'identifier les soies sur le méron de la mouche, une plus grande ampulla avec des soies dressées rigides, les premier et deuxième tergites abdominaux noirs et une marge postérieure noire des troisième et quatrième tergites abdominaux. Ces traits sont caractéristiques du genre Chrysomya. C. rufifacies se différencie de C. megacephala par la couleur de son spiracle thoracique antérieur qui est pâle ou blanc, tandis que celui de C. megacephala est brun foncé ou orange foncé. En outre, C. rufifacies présente trois bandes thoraciques pronotales ou pronotum faibles qui sont difficilement visibles[1].
Juvéniles
Les larves de C. rufifacies sont très facilement identifiables par leurs excroissances pointues et charnues qui sont présentes sur tout le corps. La larve mature, une couleur jaunâtre, mesure environ 14 mm de longueur. Le péritrème du spiracle postérieur est très large avec un espace étroit qui contient des bords fourchus ; les fentes sont courtes et larges, remplissant presque l'assiette[2].
Cycle de vie
La connaissance du cycle de vie de C. rufifacies est cruciale pour déterminer l'intervalle post mortem en entomologie médico-criminelle. Des données précises sur le développement et la succession de l'espèce peuvent grandement faciliter les enquêtes judiciaires. C. rufifacies est particulièrement important dans ces déterminations en raison de son temps de développement hautement prévisible et de son faible degré de variation dans le développement larvaire. Le cycle de vie de C. rufifacies est caractérisé par un développement holométabolique, composé d'œufs, de larves, de pupes et d'imagos. Le cycle de vie complet prend de 190 à 598 heures selon la température[3].
La femelle pond en moyenne 210 œufs pour un maximum enregistré de 368 œufs à proximité de cadavres frais le plus souvent pendant la journée. Après la ponte, la larve de premier stade de l'insecte émerge de l'œuf au bout de 26 heures environ à une température de 29 °C. Au total, trois stades larvaires sont impliqués dans le cycle de vie de l'espèce, et l'ensemble du stade de développement larvaire prend 2,5 -jours à une température de 29 °C. Les larves sont capables de réguler leur température corporelle en se déplaçant vers une position différente dans la masse d'asticots pour maintenir une température de développement optimale. La température optimale pour les larves de C. rufifacies est de 35,1 °C. Le temps de développement de l'espèce dépend fortement de la température et du nombre de degrés-jours accumulés en raison du caractère poïkilotherme des insectes. Toute variabilité des temps de développement peut également être due à différentes conditions d'élevage telles que l'humidité variable, les milieux de développement et la densité larvaire[4].
Un stade prénymphal est souvent présent et caractérisé par la dispersion et la migration des larves loin de la source de nourriture à la recherche d'un site de nymphose. La longueur du corps de la larve diminue alors en préparation de la nymphose. Si les larves sont empêchées de se déplacer et ne sont pas autorisées à se disperser pendant le stade prénymphal, un retard de nymphose de 24 heures sera observé. Ainsi, dans les enquêtes médico-criminelles, si un cadavre est enveloppé et provoque une restriction de la migration des asticots, des temps de développement modifiés doivent être pris en compte[3]. Le stade prénymphal prend 1,5 jours et le stade nymphal prend trois jours à une température de 29 °C. La nymphose se produit généralement près de la surface du sol ou près de la chair en décomposition, et la peau des larves durcit pour former une enveloppe extérieure brun foncé ou puparium . Les imagos émergent après la nymphose et s'accouplent trois à sept jours ensuite en été, neuf ou dix jours après l'émergence à l'automne. Les adultes sont capables de vivre de 23 à 30 jours et la ponte a lieu environ cinq jours après l'accouplement[4].
Distribution
C. rufifacies se rencontre dans une grande variété d'habitats humains.
Cette mouche est originaire d'Australie et a récemment connu une expansion considérable dans sa distribution. Sa large distribution est due à la dispersion naturelle et au transport par avion, bateau ou automobile. Elle occupe une plage d'altitude allant du niveau de la mer à 1 250 m, 1 400 m voire 2 100 m[4]. La première apparition de l'espèce aux États-Unis continentaux a eu lieu dans les années 1980. L'espèce est maintenant établie dans le Sud de la Californie, en Arizona, au Texas, en Louisiane et en Floride. On s'attend à ce qu'elle finisse par occuper la majeure partie des États-Unis dans un proche avenir[5]. En raison sa dispersion rapide, l'espèce est devenue la mouche dominante sur les cadavres humains dans le Nord et le centre de la Floride, tandis que C. megacephala continue d'être dominante dans le Sud de la Floride[6].
Systématique
Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Chrysomya rufifacies (Macquart, 1844)[7].
L'espèce a été initialement classée dans le genre Lucilia sous le protonyme Lucilia rufifacies Macquart, 1844[7].
Chrysomya rufifacies a pour synonymes[7]:
- Achoetandrus rufifacies (Macquart, 1843)
- Chrysomya cordieri (Séguy, 1925)
- Chrysomyia rufifacies (Macquart, 1843)
- Lucilia orientalis (Macquart, 1844)
- Lucilia pavonina (Schiner, 1868)
- Lucilia rufifacies (Macquart, 1844)
- Somomyia barbata (Bigot, 1877)
Chrysomya rufifacies a été décrite pour la première fois par l'entomologiste français Pierre Justin Marie Macquart.
Son épithète spécifique est dérivée des mots latins rufus « rougeâtre » et faciès « visage »[8].
Certains taxonomistes pensent que C. rufifacies est conspécifique avec Chrysomya albiceps en raison de similitudes biologiques, écologiques, distributionnelles et morphologiques. Les larves des deux espèces sont très difficiles à distinguer et seule une différence mineure existe entre les imagos. Une soie prostigmatique serait présente chez C. albiceps et absente chez C. rufifacies, mais elle n'est pas présente chez tous les spécimens de C. albicepes ou elle est très réduite, ce caractère n'est donc pas fiable. Le statut de C. rufifacies n'est pas complètement clair et sa relation avec C. albiceps n'a pas été entièrement déterminée[4].