Chutes de Kettle
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Autres noms |
Kettle Falls |
|---|
| Pays | |
|---|---|
| Localisation | |
| Coordonnées |
| Cours d'eau | |
|---|---|
| Bassin versant |
Les chutes de Kettle (anglais : Kettle Falls, langues salish : Shonitkwu pour « eaux bruyantes » ou Schwenetekoo pour « eaux au son continu » ou Ilthkoy-ape pour "toile de paniers tissés serrés", la principale méthode de pêche utilisée par les populations autochtones)[1] sont un ancien et important site de pêche amérindien au saumon sur le cours supérieur du fleuve Columbia, dans l'actuel l'État de Washington aux États-Unis, près de la frontière canadienne.
Le nom "kettle" était utilisé par les trappeurs franco-canadiens, et notamment Gabriel Franchère, en raison des nombreux tourbillons visibles au milieu des rapides. Chaque année, de juin à octobre, environ 2000 pêcheurs de plus de 14 communautés autochtones se réunissaient près des chutes. Les poissons étaient attrapés à l'aide de harpons, mais aussi de paniers en noisetier qui étaient accrochés au bout d'une perche[1].
Les principales observations nous proviennent des écrits de l'explorateur David Thompson qui navigua sur le fleuve Columbia en juin 1811[2],[3]. D'autres relevés et remarques (à propos des techniques de pêches des Autochtones) furent notés dans son journal par l'explorateur Charles Wilkes qui résida à proximité des chutes en 1841[1].
Les chutes se composaient d'une série de rapides et de cascades où le fleuve traversait des roches quartzites déposées par les inondations préhistoriques de Missoula sur un substrat de basalte du groupe basaltique du Columbia.
Le cours d'eau chutait de près de quinze mètres et le bruit des chutes pouvait se faire entendre à plusieurs kilomètres. Les chutes de Kettle ont été submergées en 1940 par les eaux du lac Franklin D. Roosevelt, un lac de barrage provoqué par le barrage de Grand Coulee. A l'époque, on loua la construction du barrage hydro-électrique qui contribuait à l'effort de guerre et soutenait l'économie nord-américaine. Woodie Guthrie enregistra une chanson pour célébrer ce projet titanesque qui servait les intérêts de l'armée (via la production d'aluminium pour les avions) mais aussi des ouvriers. Il chantait : "Now in Washington and Oregon you can hear the factories hum, Making chrome and making manganese and light aluminum, And there roars the flying fortress now to fight for Uncle Sam, Spawned upon the King Columbia by the big Grand Coulee Dam." Les défenseurs de ce projet titanesque arguèrent également que les communautés autochtones pourraient bénéficier du confort moderne octroyé par l'électricité, sauf qu'avec la disparition des saumons, les populations autochtones perdirent leur moyen de subsistance[4].
Les communautés autochtones organisèrent une Cérémonie des Larmes[5] pour dire au-revoir aux saumons, mais aussi aux sites sacrés, célèbres pour leurs pétroglyphes, qui furent inondés. Elle dura 3 jours et plus de 1000 représentants de diverses tribus (Coleville, Flathead, Blackfeet, Tulalip, Kalispel, Spokane, Yakama...) y participèrent[6],[1].