Château de Beaumont (Gers)

château à Beaumont (Gers) From Wikipedia, the free encyclopedia

Le château de Beaumont-sur-l'Osse est un château / manoir de style maison forte médiévale / château gascon / Renaissance du XIIIe siècle de Beaumont dans le Gers en Gascogne, en région Occitanie[1],[2],[3],[4]. Propriété de l'animatrice de média mélomane Ève Ruggieri, le château est protégé au titre des monuments historiques (classement en 1989, inscriptions en 1982 et 2008)[5].

Période ou styleRenaissance
Début constructionXIIIe siècle
Faits en bref Période ou style, Type ...
Château de Beaumont-sur-l'Osse
Image illustrative de l’article Château de Beaumont (Gers)
Période ou style Renaissance
Type Château / manoir
Architecte Pierre II Souffron
Début construction XIIIe siècle
Fin construction XXIIIe siècle
Propriétaire initial Famille de Pardaillan de Gondrin
Destination initiale Château gascon
Propriétaire actuel Ève Ruggieri
Destination actuelle Privé
Protection Logo monument historique Classé MH (1989)
Logo monument historique Inscrit MH (1982, 2008)
Coordonnées 43° 56′ 53″ nord, 0° 17′ 05″ est
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Armagnac (province) / Gascogne
Région Occitanie
Département Gers
Commune Beaumont (Gers)
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Beaumont-sur-l'Osse
Géolocalisation sur la carte : région Occitanie
(Voir situation sur carte : région Occitanie)
Château de Beaumont-sur-l'Osse
Géolocalisation sur la carte : Gers
(Voir situation sur carte : Gers)
Château de Beaumont-sur-l'Osse
Site web festival-beaumont.fr
Fermer

Histoire

Madame de Montespan vers 1675, maîtresse favorite du roi Louis XIV entre 1667 et 1683.

Ce château, du duché d'Aquitaine, dont la plus ancienne mention connue date de 1266, est construit à Beaumont-sur-l'Osse (village d'environ 100 habitants), face au village fortifié du XIIIe siècle de Larressingle (classé parmi Les Plus Beaux Villages de France). Il domine la vallée de l'Osse, en plein cœur de l'Armagnac, de la Gascogne, du Gers, et du vignoble d'Armagnac (liste des communes de l'aire d'appellation armagnac).

Ce château est constitué d'un logis seigneurial d'une quarantaine de pièces, construit sur trois périodes Renaissance, XVIIe siècle et XVIIIe siècle, d'un parc dans une cour intérieure circulaire fermée par un mur d’enceinte circulaire en arcades du XVIIIe siècle, avec une vue panoramique sur les vallons du Gers à perte de vue, d'un jardin à la française, de douves, et de dépendances de ferme...

Il a appartenu à la famille de Pardaillan de Gondrin.

En 1606, le château est remanié par l'architecte Pierre II Souffron, avec entre autres la construction de l'actuelle bâtisse de style Renaissance.

Au XVIIe siècle, le marquis de Montespan, Louis Henri de Pardaillan de Gondrin, fait rénover et agrandir la demeure, durant son exil de la Cour de France du Château de Versailles, par le roi soleil Louis XIV, alors que son épouse Madame de Montespan, devient maîtresse favorite du roi entre 1667 et 1683, jusqu’à sa disgrâce au profit de Madame de Maintenon.

Au XVIIIe siècle, une aile est ajoutée au château, et la muraille qui clôture le parc est percée d’arcades pour permettre d'admirer les vallons alentour.

Alors qu'ils vivent à Paris, les parents concertistes de l'animatrice de média Ève Ruggieri achètent aux enchères ce château tombé en ruine, et le restaurent petit à petit, pièce par pièce, durant de nombreux séjours de vacances de leur vie. Ève Ruggieri, passionnée par l'histoire de France, le patrimoine et les arts, y passe les vacances de son enfance, s'y marie, rachète le château en 1973, poursuit le long travail de restauration de ses parents, et aspire à lui redonner tout son lustre et faste d'antan.

En 2016, en tant que grande amatrice mélomane de musique classique et d'art lyrique, (premier prix de piano du conservatoire de musique de Nice), autant qu'ancienne présentatrice de l'émission Musiques au cœur, et organisatrice de nombreux festivals, Ève Ruggieri organise son premier festival gersois d'été « Un été en Gascogne avec Ève Ruggieri », composé de deux soirées d'été des 29 et , de récital d'art lyrique avec récits par la maîtresse des lieux, dans la grande galerie du château, des histoires de Carmen (nouvelle) de Prosper Mérimée et Carmen (opéra) de Georges Bizet, puis de la vie romanesque de Maria Malibran, une des premières divas de l'opéra, accompagnés en musique par la mezzo-soprano Marie Kalinine[6], le ténor Philippe Do[7] et la pianiste Yoshiko Moriai[8], visite du château et des jardins à la française à la lumière de 1000 chandelles, et cocktail dînatoire préparé par le chef étoilé Fabrice Biasolo.

Description

Au détour d'une voie départementale qui serpente au creux d'un val entre champs, bosquets et vignobles, une petite route s'élance en direction d'un clocher, qui domine quelques maisons en pierre. L'entrée de la propriété, discrète, se révèle dans le dernier virage qui précède le village. Un chemin empierré conduit au château, insoupçonnable depuis la route, à l'abri des arbres et en position dominante, bordé par des arcades percées dans une haute muraille circulaire qui surplombe des douves. La demeure se dévoile alors, au sein d'un parc de quelque 23 ha composé de champs, de prairies, d'un jardin à la française classé au titre des monuments historiques, et planté d'arbres d'essences variées. À l'écart, en contrebas, une piscine se dissimule derrière une double haie, dans laquelle un passage secret a été percé, hommage aux labyrinthes végétaux aménagés dans les jardins à l'époque de Louis XIV. Un chemin discret qui longe les douves au sud dessert l'arrière de l'édifice et ses terres ainsi que les dépendances. Passé le pont dormant, une cour en herbe ombragée par la frondaison d'arbres majeurs, dont un majestueux tilleul qui embaume au printemps, forme un vaste espace, accessible depuis les différents bâtiments qui l'encadrent, suivant un plan en U. Un puits de 1622, en eau, trône en son sein et un chemin gravillonné permet une circulation aisée ainsi qu’un accès aux différentes ailes qui composent l'édifice. Des panoramas se déclinent à travers les arcades tels des tableaux, avec vue sur les vallons gersois, le clocher du village et le jardin à l'italienne, composé de bassins successifs en paliers, qui s'étire à l'est.

Le corps de logis

Construit en lieu et place d'un castrum daté de 1266, l'actuel corps de logis a bénéficié de multiples travaux, débutés en 1606 à l'initiative de l’antique famille de Bezolles, sous la direction du célèbre architecte Pierre II Souffron, ainsi qu'en témoigne sa signature sur la clef de voûte du vestibule. À la fin du XVIIe siècle, le château, refuge de Louis Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan, suite à son exil de la cour de Louis XIV, a fait l'objet d'une nouvelle série de rénovations et d'agrandissements. L'actuelle occupante a consacré une grande partie de sa vie à restituer à la propriété, laissée à l'abandon jusque dans les années 1970, sa splendeur d'autrefois. Le logis principal prend place dans deux corps de bâtiment élevés de trois niveaux, édifiés en équerre et axés sur un pavillon d'angle demi-hors-œuvre ; un grand escalier commande la distribution des pièces de vie, réparties aux premier et second étages. Construite dans un appareil couvert d'un enduit patiné, la façade est rythmée en nombre par de hautes fenêtres surmontées à chaque niveau d'un bandeau filant ou d'une corniche et ordonnancées de façon régulière.

Le premier étage

Deux portes d'entrée assurent l'accès au logis principal par un spectaculaire escalier droit en pierre. Surmontée d'un fronton à ailerons percé d'un oculus et ornementé d'une guirlande, la porte d'entrée principale, au sud, a conservé ses vantaux d'origine en chêne et à caissons. Un hall, baigné de lumière naturelle, commande une cuisine, une salle à manger, un salon, trois chambres à coucher et une salle de bains dans l'aile du XVIIIe siècle ainsi qu'une bibliothèque et deux salles de bains dans l'aile mitoyenne, qui reste à réhabiliter. Depuis l'entrée, une double porte vitrée ouvre sur un grand vestibule, qui distribue la cuisine et la salle à manger attenante. Ouverte sur le parc à l'ouest et les jardins à la française au nord, cette dernière pièce, aux couleurs chatoyantes, est ornée d'une cheminée en marbre, surmontée d'un trumeau orné de fleurs en fer forgé. Deux murs habillés de hautes boiseries et le sol en terre cuite apportent à l'espace une ambiance aux accents provençaux. À l'opposé du vestibule, dans le salon d'apparat, les fines moulures pratiquées dans le manteau de la cheminée en marbre rendent hommage à la fonction militaire du duc d'Antin. Les tapisseries murales renforcent le raffinement apporté au reste du décor dans la pièce. Dans la continuité du salon, un corridor distribue deux chambres à coucher. La première est couverte au sol d'un parquet incrusté de cabochons et dispose d’un cabinet de toilette. La seconde, au sol revêtu d'un parquet Versailles, est agrémentée de gypseries restaurées par un maître artisan. Ouverte sur une terrasse panoramique, elle mérite son nom de « chambre de la Reine ». Une salle de bains attenante se tient derrière des doubles portes, au sud. Dans l'aile est, une bibliothèque à l'atmosphère feutrée et élégante est ornée d'une cheminée monumentale, de terre cuite au sol et de peintures polychromes au plafond – ses poutres apparentes sont recouvertes d'un décor d'époque aux armoiries de la famille, redécouvert au hasard de travaux de restauration.

Le deuxième étage

Depuis le palier, passé une double et imposante porte surmontée d'un fronton en pierre, se dévoile une salle aux dimensions hors normes : une galerie longue de 30 m, aux teintes claires et au parquet en pin blond, ponctuée de bibliothèques en bois réalisées sur mesure. Les dix hautes et larges fenêtres de l'espace, traversant nord-sud, assurent sa luminosité. Dans son prolongement, via une porte secrète, un autre univers se révèle : une chambre à coucher peinte en blanc, avec volume de rangement, qui domine la propriété. De là, un escalier dérobé conduit à une salle de bains. Enfin, le niveau compte également, dans l'aile en retour d'équerre, un appartement comprenant une grande chambre attenante à une salle de bains et une chambre d’accompagnement.

Le troisième étage

Surmonté d'un charpente apparente et desservi par un escalier en bois, il se compose d'un vaste espace dont la destination est à imaginer. Éclairé par les lucarnes percées au point culminant de la tour, il domine la cour et offre une vue, au loin, jusqu'à l'horizon. De là, les combles des deux corps de bâtiment sont accessibles.

Les dépendances, dont le théâtre, l'orangerie et la cuisine

Les espaces autrefois réservés aux communs et les salles annexes du corps principal se situent en partie au rez-de-chaussée de la cour d'honneur. Un théâtre à restaurer a par ailleurs été créé au XVIIe siècle sur la commande du duc d'Antin, fils du marquis de Montespan. Il est situé dans l'angle nord-ouest de l'édifice, dissimulé derrière de hautes portes couvertes d'une fine fresque. Les trois coups auraient retenti ici pour la troupe de Molière. Autre pièce remarquable du château : l'ancienne cuisine des gardes, voûtée et parfaitement préservée, constitue une véritable machine à remonter le temps avec sa cheminée monumentale, son sol dallé de pierre, son potager et son four à pain, qui communique avec une boulangerie. Les autres dépendances occupent l'aile sud, élevée de deux niveaux, qui abrite des ateliers, un bûcher, des greniers et plusieurs salles, déployées aux deux niveaux supérieurs de la construction médiévale, que dessert un escalier de pierre en vis logé dans une tour ronde hors d’œuvre donnant sur la cour.

Le rez-de-chaussée

Il est constitué de pièces restées fidèles à leur destination d'origine et à l'atmosphère de leur époque. Ouvertes par de hautes doubles portes vitrées surmontées d'impostes, elles donnent sur une magnifique terrasse en herbe, bordée de part et d’autre de rosiers ainsi que d'hortensias blancs, qui surplombe le jardin français.

Le premier étage

Surmontant la maison de gardien, il se compose de trois grandes salles gratifiées d'éléments remarquables, tels que des murs à pans de bois, des baies à meneaux et une cheminée monumentale en pierre. Mitoyennes et communiquant avec les espaces de nuit des appartements nobles, accessibles par ailleurs par un escalier à vis, elles offrent un potentiel important pour agrandir la capacité d'accueil du château, via des ensembles de pièces ou des appartements supplémentaires, à créer selon le besoin.

Le second étage

Suivant le même principe qu'au premier étage, les espaces à aménager et à isoler se déploient sous toiture, avec une hauteur exceptionnelle sous faîtage. Ils s'ouvrent en enfilade de l'autre côté d'un mur qui délimite une salle de bains.

Les deux logements indépendants

Ils sont situés dans deux ailes distinctes du château. Le premier, la « maison de gardien », a une surface d'environ 115 m2. Le second, la « maison d'amis », contigu à l'orangerie, prend place dans l'aile nord, du XVIIIe siècle ; d'une superficie de quelque 95 m2, dominé par un plafond composé de hautes volutes, il nécessite des travaux de finition. Les deux logements constituent des appartements indépendants où loger possiblement une famille, des amis et/ou d'autres hôtes de passage.

La maison de gardien

Elle est accessible depuis la cour par une petite porte, qui débouche sur un salon, équipé d'une grande cheminée. La cuisine, à l'aménagement sommaire, communique avec une cour fermée et un garage, implanté à l'arrière de l'édifice. Deux pièces, dont une à usage de chambre à coucher, se partagent le reste du logement, qui nécessite des travaux pour gagner en confort.

La maison d'amis

Dominés par de hauts plafonds voûtés, un salon, une cuisine à aménager, qui ouvre sur l'orangeraie, une chambre à coucher, une salle d'eau rudimentaire attenante et des toilettes se partagent l'espace. Le logement peut être agrandi facilement via deux portes, qui communiquent avec une vaste pièce implantée dans le prolongement du hall du théâtre.

La cour d'honneur, les jardins, le parc et la piscine

En 1719, à l'initiative du duc d'Antin, la muraille qui clôture la cour d'honneur est modifiée pour atténuer l'aspect défensif du site : le mur d'enceinte est dérasé sur plus de la moitié de sa hauteur et percé de huit grandes baies libres, couvertes d'un arc en anse de panier, de chaque côté d'un portail monumental surmonté d'un fronton aux ailerons à volutes. Dans la perspective du pont dormant, qui enjambe de profondes et larges douves, a été aménagé un jardin à l'italienne qui s'étend en espaliers à l'est. Un jardin à la française, inscrit au titre des monuments historiques, se déploie au nord, en contrebas d'une terrasse finement soulignée de balustres en pierre, d'époque Louis XIV. Légèrement à l'écart, une piscine de 15 x 6 m, bordée de haies, est à l'abri des regards. Les terres du domaine s'étendent sur quelque 23 ha, d'un seul tenant.

Lieu de tournage

Une équipe de l'émission Secrets d'Histoire a tourné plusieurs séquences au château dans le cadre d'un numéro consacré à Madame de Montespan, intitulé Mme de Montespan : le grand amour du Roi-Soleil, diffusé le sur France 3[9].

Bibliographie

Notes et références

Voir aussi

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI