Château de Donjeux
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| Destination initiale |
Edifice fortifié |
|---|---|
| Destination actuelle |
Habitation privée |
| Style |
Style classique |
| Architecte |
Jean-Michel Chevotet |
| Construction |
1749-1755 |
| Rénovation |
2000, incendie |
| Commanditaire |
Charles-Jean-Henri de Gestas, marquis de Lespéroux |
| Hauteur |
24 mètres Toit : 30 mètres |
| Propriétaire | Charles-Jean-Henri de Gestas, marquis de Lespéroux (1755-1810). Jean-Baptiste Raulot, maire de Wassy (1810 jusqu'à sa mort). Famille Viney, descendante de Raulot |
| Patrimonialité | |
| Site web |
| Pays |
France |
|---|---|
| Division administrative |
Grand Est |
| Commune |
Donjeux |
| Coordonnées |
|---|
Le château de Donjeux est un château situé dans la commune de Donjeux, à 13 km de Joinville dans le département de Haute-Marne, en région Grand Est (France).
Juché sur un éperon rocheux à 280 mètres de haut, le château de Donjeux veille sur la vallée du Rognon. Berceau des sires de Joinville et des plusieurs autres grandes familles du pays Haut-Marnais, ses racines remontent au XIe siècle. Le château de style classique actuel est venu remplacer, au XVIIIe siècle, un édifice fortifié. La construction du nouveau bâti s'accompagne de l'aménagement d'un grand jardin à la française sur les pentes du promontoire. Le domaine était conçu pour fonctionner en quasi autarcie, en harmonie avec son environnement. Vendu en 1810, le domaine de Donjeux est aujourd'hui la propriété de la famille Viney. Celle-ci a restauré l’aile Ouest du château détruite par un incendie survenu en 2000. Ces restaurations ont été récompensées en 2022 par le prix « coup de cœur du jury » du trophée Dassault-Le Figaro en lien avec la Demeure Historique[1].
Situé dans la commune de Donjeux, en Haute-Marne, le château de Donjeux veille du haut de son éperon rocher sur la vallée du Rognon.
Histoire
Epoque moderne et contemporaine
La partie dextre du blason de Donjeux reprend les armes de Charles-Jean-Henri de Gestas, marquis de Lespéroux, qui fit construire l'actuel château. La construction s'étend de 1749-1755 : « Charles-Jean-Henri choisit près de Donjeux, pour y élever un nouveau château, un site agreste dominant la vallée du Rognon, non loin de son confluent avec la Marne, et occupé par les ruines d'un ancien manoir bâti par les Joinville, qui tenaient le fief de la maison de Lorraine. A côté se trouvait la ferme Saint-Louis de Boucheraumont, construction misérable qui gardait le souvenir d'un ordre religieux disparu. C'étaient, en effet, les ruines modestes de la maison mère de l'ordre religieux de Boucheraumont, ou des frères de la Pénitence de Saint-François, fondé en 1299 par Guy de Joinville, et dont la maison mère s'élevait en cet endroit ».
« Charles-Jean-Henri avait épousé sa cousine germaine, Marie-Marguerite de Wignacourt, dont les armes apparaissent en partie senestre du blason. Elle était fille unique de Conrad-Robert de Wignacourt, comte de Morimont et de Marie de Choisy, dame de Thiéblemont. Cette union réunissait sur la tête de Charles-Jean-Henri les biens considérables de deux branches de la famille de Choisy : les terres de Donjeux, Domremy, Sancourt, Doulaincourt, Boucheraumont ».
David-Georges-Thomas-Charles de Gestas se défait du domaine en . « Il y avait deux amateurs : Jean-Baptiste Raulot, maire de Wassy, et un de ses cousins, M. de Chanlair, dont un descendant habite encore aujourd'hui Wassy. Ce fut au premier que par contrat du , en l'étude de maître Jean Hanin, notaire à Joinville, le domaine de Donjeux fut vendu moyennant 398 000 francs. L'acquéreur était un avocat distingué qui, à ses fonctions municipales, joignait celles de lieutenant des chasses du duc d'Orléans. L'acte de vente du château de Donjeux est un document intéressant à plus d'un titre : il décrit avec précision le château et le domaine avec ses dépendances agricoles et industrielles, fixant ainsi son état, après la Révolution. D'autre part, il contient des clauses de prix intéressantes, montrant le vendeur, dont la fortune était très obérée, soucieux d'assurer à ses trois enfants une modeste rente. Enfin, il permet de réfuter l'opinion de Jolibois qui, dans l'un de ses ouvrages, semble avancer que M. Raulot a acquis Donjeux pour une bouchée de pain ».
Le château est doublement inscrit au titre des monuments historiques par les arrêtés des (façades et toitures du château et des communs) et (Jardin, grille, cour d'honneur, allée)[2]. Il appartient encore aujourd'hui aux descendants de l'acquéreur.
Incendie et travaux
Le château de Donjeux a failli disparaître. Après les dégâts causés dans le jardin et le parc par la tempête de , un incendie ravage l’aile ouest en [3].
"Le toit était en réparation lorsque le feu s’est déclaré. La charpente et l’ensemble de la toiture sont réduits en cendres. Un spectacle navrant. Nous avons bien failli abandonner, mais ensemble, nous avons trouvé le courage de retrousser nos manches. Cinq années de travaux, de 2000 à 2005, ont été nécessaires pour réparer les dégâts", raconte l’un des 31 copropriétaires du château de Donjeux au sein de l'indivision Viney. En 2008, la toiture sud du pavillon central est refaite. À partir de 2010, plusieurs fenêtres ont été changées, une à une. En 2016, les boiseries et les planchers de la salle à manger sont restaurés. "Ce travail de réfection et d'entretien, cela ne s'arrête jamais. C’est sans fin ", affirme Bertrand Viney, dirigeant du groupement forestier du château chargé de la gestion des bois[3].
Parc et jardin
Trois grilles richement ornées de pots à feu et de corbeilles de fruits ouvrent sur ce rare jardin à la française en creux, établi sur un axe de symétrie perpendiculaire à celui du château.
Comme au potager du Roi, les hauts murs protègent du vent et piègent la chaleur qui sera restituée la nuit aux bourgeons fragiles. Rampes et escaliers d’accès encadrent deux remises voûtées. Cette œuvre exceptionnelle est due au crayon de Jean-Michel Chevotet (1698-1772). Celui-ci a dessiné le parc aux perspectives majestueuses. Les jardins à la française, qui entourent les bâtiments, ont dû s'adapter au site. Ils font la part belle aux terrasses et surtout à un grand et beau jardin potager clos de murs et fermé par des grilles de fer. Il offre une perspective Est-Ouest perpendiculaire à l'avenue menant à la cour d'honneur. Son charme réside dans le jeu des différents niveaux de terrasses reliés par des rampes en pierre de taille qui enserrent deux pavillons. Des vases de pierre et de fonte coiffent ces murs de terrasses et en soulignent le dessin.
Un chantier de restauration (murs, grilles, voûtes etc.) est en cours. Ce chantier est financé par les propriétaires avec le concours de mécènes : DRAC, Fondation du Patrimoine, French Heritage Society.
Depuis l'incendie de 2000, les jardins sont la priorité "Depuis cette année, nous avons banni les produits phytosanitaires pour le désherbage des allées et des carrés, indique Dominique Viney, un des grands artisans des travaux des jardins. Un travail qui nécessite davantage de manutention. Un jardinier et le gardien du lieu travaillent donc avec nous."
Toujours dans un souci écologique, la famille a aussi décidé d’adapter les plantations aux évolutions climatiques. "Après les orangers, nous tentons de planter des lilas d’Indes. Des arbustes fleuris. Il s’agit de voir si ces plantes qui résistent mieux à la chaleur peuvent s’adapter à notre région".
L’approvisionnement en eau est l’un des gros soucis du château. Avant, les glacières situées au pied de l’éperon, vers le Rognon, étaient alimentées par l’eau de la rivière : elle débordait l’hiver et gelait dans les prés. "Cette glace servait alors pour la conservation des viandes et des pâtisseries", raconte Françoise Viney.
Désormais, la source pour le château est située à 1 km dans le bois. Elle alimente toujours les citernes pour la maison, mais elle ne peut plus alimenter le bassin du jardin. Ce dernier est donc à sec. "Il faut faire des réserves et opter pour des plantes moins gourmandes en eau."[3]
Fréquentation
Visite libre et gratuite du parc et des jardins du au de 10h à 17h30.
Il ouvre notamment ses portes pour les journées du patrimoine. Les dernières furent les journées européennes du patrimoine du 20 au [4].
Prix et restitution
Vendu en 1810, le domaine de Donjeux est aujourd'hui la propriété de la famille Viney. Celle-ci a restauré l’aile Ouest du château détruite par un incendie survenu en 2000. Ces restaurations ont été récompensées en 2022 par le prix « coup de cœur du jury » du trophée Dassault Histoire et Patrimoine. Une enveloppe de 40 000 euros pour récompenser le programme de restitution de l’édifice.
La nouvelle tranche de travaux lancée par la mission Stéphane Bern a pour objectif de redonner aux jardins du Château de Donjeux la destination qui était celle imaginée par leur concepteur afin de transmettre ce précieux témoignage de l’architecture des jardins du XVIIIème siècle qui n’a pas connu de modifications depuis sa création[5].
