Château de Fervaques
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Le château de Fervaques aussi appelé domaine de Fervaques ou château le Kinnor est une demeure située sur les anciennes communes française de Fervaques et Cheffreville-Tonnencourt, dans le département du Calvados, en région Normandie. Construit essentiellement aux XVIe et XVIIe siècles, il a été remanié à plusieurs reprises, notamment les intérieurs au XIXe siècle.
L'édifice est partiellement classé au titre des monuments historiques.
Le château est situé au bord de la Touques sur sa rive gauche, à l'ouest de l'ancienne commune de Fervaques au sein de la commune nouvelle de Livarot-Pays-d'Auge, dans le département français du Calvados. On accède à la poterne du château, au bout d'une grande allée plantée de hauts arbres et le franchissement du fleuve sur un pont dormant.
Historique
Au Moyen Âge, Fervaques n'est qu'un fief qui relève de la baronnie d'Auquainville. Aux XIIe et XIIIe siècles les terres sont la possession de la famille de Brucourt, et au début du XVe siècle elles sont entre les mains des Hautemer. Au XVIe siècle, Jean de Hautemer épouse Anne de La Baume-Montrevel avec qui il a un fils, né en 1538, Guillaume de Hautemer, plus connu sous le nom de maréchal de Fervaques[1].
C'est à ce dernier que l'on doit la construction du château actuel à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe[2]. Il est édifié, près du vieux manoir gothique de ses ancêtres dont le logis est en partie conservé[3], par François Gabriel, maître maçon ancêtre de la lignée des Gabriel. L'élégance de l'ensemble conservé confère au domaine un rôle de « témoignage d'un art de bâtir en Normandie, aux prémices de l'âge classique »[4]. C'est probablement en 1590, qu'Henri IV séjourna au château, lorsqu'il vint assiéger Lisieux[1], lors de la 8e guerre de Religion.
La fortune de Guillaume de Hautemer, compagnon d'Henri IV, qui devient maréchal de France et duc de Grancey[5], est due à son mariage[Lequel ?], ses fonctions et aussi du produit de pillages ; elle lui permet de faire appel pour la construction à un architecte déjà réputé, construction menée à bien de 1595 à 1602[6]. François Gabriel a déjà œuvré en particulier au château de Carrouges[7].
À la mort de Guillaume, en 1613, le château passe à l'une de ses trois filles, Louise de Hautemer, issue de son premier mariage avec Renée L'Evesque de Marconay (1558), et échut à la famille de Prie à la suite du mariage en 1593, de Louise de Hautemer avec Aymar II de Prie, marquis de Toucy. Leur fils, Louis de Prie, marquis de Toucy, mourut en 1633, laissant Fervaques à sa fille, Charlotte de Prie, mariée en 1639 avec Noël de Bullion, seigneur de Bonnelles, Esclimont, marquis de Gallardon, fils de Claude de Bullion, surintendant des Finances. Charlotte de Prie mourut en 1700, laissant Fervaques, entre autres terres, à son fils, Charles Denis de Bullion, marquis de Gallardon, seigneur de Bonnelles, Esclimont. Charles Denis de Bullion laisse Fervaques à son fils, Auguste Léon de Bullion, marquis de Bonnelles, lieutenant-général au gouvernement de Guyenne et chevalier de Malte, mort sans postérité en 1769. Fervaques passe alors à sa nièce, Jacqueline Hortense de Bullion, mariée avec le duc de Montmorency-Laval, Guy-André-Pierre de Montmorency-Laval[8]. En 1785, ces derniers sont la marraine et le parrain de la cloche de l'église Saint-Germain de Fervaques[9].
Après la mort de la duchesse de Montmorency Laval, en 1795, son domaine de Fervaques est vendu par ses enfants en 1802, avec une grande partie des terres, à Delphine de Sabran, veuve du marquis de Custine[5], sur les conseils de Chateaubriand dont elle était très proche et qui y séjourna plus tard à plusieurs reprises[10]. En 1831, le fils de la marquise de Sabran vend le château de Fervaques au marquis de Portes, qui fait ouvrir sa cour en laissant subsister seulement deux côtés de son enceinte. À sa mort, en 1852, le marquis de Portes transmet le domaine à sa fille, la comtesse de Montgommery. Cette dernière décède en 1921 et le château de Fervaques est alors vendu à M. Michel Dassonville, industriel de Nord (1883-1935) et son épouse, née Henriette Clémence Flipo (1885-1959)[11].
Dans la nuit du au , le château est victime d'un cambriolage et 15 000 francs d'argenterie y sont dérobés[12].
Après la guerre, le château est converti à des usages collectifs : dans les années 1960, il est aménagé en centre aéré pour enfants "Aérium" ; depuis 1982, il est détenu par l'association Kinnor, qui en a fait un centre d'accueil pour handicapés et non handicapés[13],[14].
Description
Il subsiste de l'édifice primitif, près du vaste château de la fin du XVIe et du XVIIIe siècle, une tour carrée, une « porterie » avec pont-levis couronnée de mâchicoulis et un logis de la fin du XVe siècle ou du début du XVIe siècle[15].
La partie de la construction la plus ancienne possède une alternance de pierres et de briques[3]. Le colombier est daté également de cette phase ancienne même s'il est conservé seulement de manière partielle[6].
Le bâtiment est composé de deux pavillons encadrant un logis qui abritait autrefois une longue galerie, outre l'aile médiévale préservée. Ce logis présente une façade en bossages[16]. Une autre aile qui abritait la boulangerie destinée aux troupes, est disparue. Gabriel s'est inspiré du logis médiéval conservé pour sa bâtisse constituée également de pierres et de briques[6]. L'architecte s'accorde des libertés avec son modèle dans le décor et en particulier les lucarnes[17].
Le château a été modifié : les meneaux disparaissent au XVIIIe siècle et l'entrée est modifiée, de même la bâtisse a perdu un grand escalier[7].
Le château médiéval aurait été en communication au moyen d'un souterrain avec le château d'Auquainville[18].
