Château de Lavardin
château fort français
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Le château de Lavardin est un ancien château fort, dont l'origine remonte au XIe siècle, de nos jours ruiné, dont les vestiges se dressent sur la commune française de Lavardin dans le département du Loir-et-Cher, en région Centre-Val de Loire.
| Château de Lavardin | ||
| Période ou style | Médiéval | |
|---|---|---|
| Type | Palais-Forteresse | |
| Début construction | XIe siècle | |
| Fin construction | XVe siècle | |
| Propriétaire initial | Seigneurs de Lavardin | |
| Propriétaire actuel | commune de Lavardin | |
| Protection | ||
| Coordonnées | 47° 44′ 28″ nord, 0° 53′ 01″ est | |
| Pays | ||
| Région Centre | Centre | |
| Loir-et-Cher | Loir-et-Cher | |
| Lavardin | Lavardin | |
| Géolocalisation sur la carte : Loir-et-Cher
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Construit à partir du début du XIe siècle par les premiers seigneurs de Lavardin, le château fut vendu aux comtes de Vendôme vers 1130, dont il devint la principale forteresse à partir de la fin du XIIe siècle. Complètement remanié à la fin du XIVe et au cours du XVe siècle[1], il fut enlevé aux Ligueurs en 1590, puis démantelé l'année suivante sur ordre d'Henri IV, duc de Vendôme et roi de France.
Localisation
Les vestiges du château sont situés entre Vendôme et Montoire, et s’étagent sur un promontoire rocheux qui longe le Loir sur sa rive gauche, au-dessus du village de Lavardin, dans le département français de Loir-et-Cher.
Historique

Les traces d'occupations du site semble remonter au Néolithique, avec notamment la présence d'un tumulus protohistorique à l'ouest du château, sur le plateau[2]. Mais les premières traces matérielles sur le promontoire du château en lui-même remonte au haut Moyen Âge, par la présence d'un cimetière mérovingien ou carolingien, dont on a retrouvé plusieurs fosses taillées dans le rocher[3],[4].
Des premiers seigneurs de Lavardin aux comtes de Vendôme (XIe siècle-XIVe siècle)
Le château est cité dans les textes, pour la première fois vers 1055, après avoir probablement été bâti, vers 1030, sur ordre de Geoffroy Martel, comte de Vendôme. Vers 1025-1030, un certain Salomon de Lavardin apparaît dans les textes, forestier du comte de Vendôme, il s'approprie la seigneurie vers 1040[3]. Salomon de Lavardin, fonde vers 1030 le prieuré Saint-Gildéric, en contrebas du château.
Lorsque Geoffroy Martel rend le comté à son neveu Foulques l'Oison, celui-ci est moins puissant et moins important que son oncle, cela va favoriser l'émancipation des seigneurs de Lavardin face au pouvoir comtal, gagnant ainsi en autonomie vers les années 1060-1070. Cette affirmation d'autonomie se caractérise par la construction d'un domicilium de pierre, probablement élevé par les successeurs de Salomon, Hervé de Beaugency son beau-fils (appelé par la suite de Lavardin) ou Salomon II son petit-fils. Cette émancipation s'exprime également par de nombreuses luttes vicinales entre les seigneurs de Lavardin et de Montoire entre la fin du XIe siècle et le début du XIIe siècle[5],[3],[6]. C'est pendant une bataille entre Hamelin de Montoire et Aimeric de Lavardin (fils de Salomon II), dans la plaine de Villavard, que se fonde la légende à l'origine du pèlerinage de la Vierge Noire de Villavard[7].
Vers 1130, ce même Aymeric vend la seigneurie et le château à Mathilde de Châteaudun comtesse de Vendôme, et Richilde, sa fille et héritière épousa, vers 1140, le comte Jean Ier de Vendôme permettant de conforter cette transaction[3]. Cela fit du fief de Lavardin, le plus considérable du comté. Il fut alors confié en apanage aux fils des comtes de Vendôme. Le donjon et le reste du château sont entièrement remaniés par, le premier de ces apanagistes, Bouchard de Lavardin futur Bouchard IV de Vendôme pendant la seconde moitié du XIIe siècle, donnant l'organisation de l'espace castral telle qu'il fut conservé par la suite. Ces grandes transformation firent du château, la principale forteresse du comté de Vendôme[8].
En 1188, durant la guerre que se livraient Henri II d'Angleterre et Philippe Auguste, Richard Cœur de Lion, après avoir pris les châteaux de Trôo et de Montoire vint mettre le siège du château de Lavardin. Mais il échoua à prendre le château[8]. Cet échec prouve que les travaux étaient suffisamment avancés pour résister au siège d’un futur souverain.
Au début du XIIIe siècle, le donjon est renforcé par une grosse tour semi-circulaire sur sa face ouest, et une chemise en défendant les autres faces[9]. Le commanditaire de ses travaux n'est pas connu avec certitude, mais il s'agit peut-être de Jean IV de Vendôme[10]
A partir du début du XIVe siècle le château est confié à la garde d'un capitaine-châtelain, qui guère le lieu en l'absence du comte[3].
Le comte Bouchard VII, décède au château en décembre 1371, après y avoir fait son testament le 15 novembre 1371[11].
Les Bourbon : les transformations du comte de Vendôme (fin XIVe siècle-XVe siècle)
Le donjon a été réaménagé et embelli par les comtes de Vendôme, entre la fin du XIVe et le milieu du XVe siècle , en une tour-palais.
Vers 1380, Jean VII de Bourbon-Vendôme, comte de Vendôme lance la reconstruction du château. On lui doit probablement la reconstruction de la tour du capitaine, de la salle basse du donjon, dans laquelle il fit percer une porte d'entrée surmonter de ses armoiries, et lança un projet de voûtement qui ne fut probablement jamais achevé[12].
L'essentiel de ces travaux est attribué à Louis Ier de Bourbon-Vendôme, comte de Vendôme de 1393-1446[13].Celui-ci par cette reconstruction faisait une remise en état de son château, faisant du donjon de Lavardin une grande construction princière, montrant sa puissance, en imitant ses grands cousins les ducs de Berry, d'Anjou et d'Orléans[14].
Louis Ier de Bourbon-Vendôme par ce donjon s’inspirent des grandes constructions princières ou royales de son temps que fut notamment le donjon de Vincennes[15]. Le donjon fut probablement restructuré pour ce qui est des fenêtres, voûtes, cheminées et de l’escalier entre 1400-1415, la bataille d’Azincourt mettant probablement un terme aux travaux par la capture du comte et de sa longue captivité à la Tour de Londres[16]. Les cheminées semble d'un style proche de celle de la grande salle du château de Chinon[17],[18]. Un constat similaire peut-être appliquer aux fenêtres à demi-croisées, proches stylistiquement, de celles de la tour de l'horloge de Chinon[19]
Une visite royale: la venue de Charles VII
Le comte Jean VIII accueille en mars 1448 le roi Charles VII[20] et Agnès Sorel. Ce comte a terminé la restauration du château. Depuis Lavardin, le roi gère la reconquête du Mans - qui tombe le - et y signe une trêve « la trêve de Lavardin » avec les Anglais. S'ensuivent des fêtes dans tout le château et dans toute la ville (la population de Lavardin était à l'époque bien plus importante qu'aujourd’hui). Une légende raconte que ce serait à Lavardin que le roi Charles VII aurait offert à Agnès Sorel les premiers diamants de France (ce qui est impossible puisque la dame de beauté les aurait reçus quelques années plus tard).
La disgrâce de Jean VIII de Bourbon-Vendôme
Le comte de Vendôme disgracié par Louis XI fait du château de Lavardin sa dernière demeure, s'y reirant de 1462 à sa mort en 1477. Une légende raconte que ce dernier y serait mort d’une lettre empoisonnée envoyée par Louis XI.
Du XVIe siècle à nos jours
En 1516 la peste ravage Vendôme par conséquent les moines de la collégiale Saint-Georges se retirent au village de Rocé qui à son tour sera touché par la maladie. À la suite de cela ils se retireront à Lavardin ; protégés par le château la peste ne les atteignit pas en cet endroit
En 1581, plus de 300 habitants seraient victimes d'une épidémie de peste, nous ne savons pas si la population du château fut touchée[21].
Siège du château par le prince de Conti en 1590
En cette fin du XVIe siècle le château se retrouve dans les conflits entre protestants et ligueurs.
En , Henri IV (duc de Vendôme par son père) échoue à reprendre Paris. Il se porte alors vers la province, avec une armée diminuée (beaucoup de ses commandant sont renvoyés dans leur gouvernement) pour reprendre les villes acquises à la Ligue. Le roi veut rejoindre la Loire. Sur la route, il reprit divers places fortes puis se porta sur Vendôme, capitale de son duché. Le château et la ville sont repris le [22]. À la suite de cela le château de Lavardin, qui est aussi aux mains des ligueurs, se rend dès le lendemain de la prise de Vendôme, suivi de trois ou quatre autres châteaux, dont celui de Montoire. Mais l'année suivante, dès que Henri IV fut occupé au siège de Paris les ligueurs reprirent le château, avec à leur tête le capitaine Du Vigneau[23]. Alors François de Bourbon, prince de Conti, premier prince du sang, vint mettre le siège devant le château de Savigny-sur-Braye, qu'il reprit rapidement, puis se porta sur Lavardin. Il était secondé par plusieurs capitaines : Gilles de Souvré marquis de Courtanvaux, du comte de La Rochepot Antoine de Silly, et des sieurs du Fargis et de Pouilly. L'artillerie fut installée, et une brèche fut faite, probablement dans la grosse tour flanquant le donjon à l'ouest [24]. Mais cette brèche n'étant pas suffisante, et par manque de munition, le siège continua. Le sire du Fargis, gouverneur du Mans fut blessé alors qu'il faisait une reconnaissance au pied d'une tour, il mourut des suites de ses blessures au Mans. [Du] Vigneau et les siens se défendirent fort bien, mais après trois semaines de siège ils capitulèrent alors qu'un nouvel assaut allait être mené contre le château. La capitulation est signée le , par Souvré, Louis de Bueil de Racan, maréchal de camp du prince de Conti (père du poète), La Rochepot et le prince de Conti au nom du roi. Le zèle des ligeurs à défendre le château explique les conditions honorable dans lesquels ils purent se rendre, avec leurs chevaux, armes et bagages, la mèche allumée, le tambour sur l'épaule[25]. C'est à la suite de cette prise que le château est démantelé et que les pierres servirent aux habitants pour leurs constructions.
Le domaine fut vendu et oublié pendant des siècles.
Au XIXe siècle, Napoléon III envisage de faire reconstruire le château par Eugène Viollet le Duc. Selon une légende, l'empereur se trouvait dans une position hésitante entre la restauration du château de Pierrefonds, en Picardie et celui-ci. L'impératrice Eugénie lui aurait suggéré de faire un tirage au sort, dont le nom de Pierrefonds découle. En effet, afin de répondre à sa préférence, elle aurait inscrit ce nom sur les deux documents.
Le château est classé une première fois au titre des monuments historiques sur la liste de 1862[réf. nécessaire] puis son propriétaire le fera déclasser au début du XXe siècle.[réf. nécessaire]. Les vestiges du château font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par arrêté du [26].
Description
Le château est bâti sur un long éperon en triangle aigu sur le bord du plateau qui longe Le Loir, formé par le vallon d'un affluent de la rivière. Au point le plus élevé, on a creusé un fossé joignant les deux ravins[27]. À l'ouest derrière le fossé, subsistent également des défenses avancées et une butte, vue comme un tumulus du Néolithique, qui fut peut-être réutilisé dans les défenses du château[2].
Le promontoire portant le château forme trois paliers distinct, qui portent respectivement les communs, les logis, et le donjon[28].
Le premier château, celui de Salomon de Lavardin, au début du XIe siècle, paraît avoir été constitué d’une tour de bois sur motte, protégeant un logis seigneurial établi au sommet du promontoire. La forteresse des comtes de Vendôme (XIIe – XVe siècles), échelonnée en escalier vers la pointe sur 170 m de long[27], se composait de trois ou quatre enceintes entourant un donjon quadrangulaire à contreforts du XIIe remanié au XIVe siècle[27], le tout bâti sur trois paliers rocheux retaillés au Moyen Âge pour en accroître la verticalité. Au pied du château, entre le promontoire et le Loir, une dernière enceinte protégeait le prieuré Saint-Martin (Saint-Gildéric), fondé vers 1040 par le premier seigneur en titre de Lavardin, Salomon, dans un « bayle » extérieur (basse-cour).
Premier palier
C'est le palier dévolu aux communs, qui sert de basse-cour.
De la première enceinte (XVe siècle) subsiste un pan de muraille en contrebas du châtelet. Celle-ci était une fausse braie.
De la seconde demeure une grande porte ou châtelet d’entrée ajoutée au XIVe siècle sur le flanc sud[27], dont on remarque les mâchicoulis de tradition bretonne et les embrasures pour le canon (vers 1400). Cette porte donnait accès au premier palier du promontoire affecté aux activités de la garnison et des serviteurs. Face à cette porte se trouvait un escalier accédant au second palier dont les premières marches sont visibles et notamment l’entrée des galeries et d’un grand cellier souterrain. Au nord du palier une cuisine troglodytique.Un four à pain est attesté dans la basse-cour[29].
- Détails d'éléments du premier palier
- Reste de la fausse braie en contre-bas à gauche du châtelet d'entrée.
- Vue du châtelet au premier plan, entrée principale du château donnant accès au premier palier.
Second palier
Le second palier correspond à la troisième enceinte dirigée par une tour épousant la forme du rocher, sur ce palier étaient aménagés plusieurs logis. Ce palier était réservé aux hôtes de marque, voire le comte Jean VIII lui-même à la fin du XVe siècle.
À l'est du palier, on trouve le logis (XIIe, XIVe – XVe siècles) qui est attribué au capitaine-châtelain, il occupe l'extrémité du palier, dominant la basse-cour. Il était composé de deux salles superposées ornées de cheminées, elles même accessible grâce à un corp de garde dans lequel débouchait la rampe/escalier reliant le premier et le second palier. Il est flanqué au nord d'une tour rectangulaire , au fond de laquelle se situait un dépotoir [30].
Au nord du palier se situe ce qui pourrait être la crypte (ou chapelle-basse) de la chapelle castrale (XVe siècle) ; au centre, un grand logis d'apparat bâti dans les dernières années du XVe siècle, à partir d’un logis plus ancien (XIIe siècle). Les éléments majeurs de ces logis étaient la chapelle située au nord, orientée Est-Ouest celle-ci était directement reliée à la grande salle du bâtiment la aula, puis un grand escalier tournant qui enserre cette salle au sud desservait les appartements, latrines, etc. Les restes remarquables de ces logis se trouvent dans l’escalier tournant : il en reste de remarquables voûtes aux armes des Bourbon-Vendôme, une niche de lampe à huile ornée de trois masques.
Une salle de garde (fin XVe siècle), dont la voûte repose sur un pilier, est installée sous cet escalier afin de contrôler le passage dans les galeries souterraines. En effet les second et troisième paliers du promontoire sont creusés d'un réseau de galeries et d'escaliers souterrains permettant de circuler dans le château et d'atteindre le donjon et son fossé (au moins XIVe – XVe siècles).
- Détails d'éléments du second palier
- Pan de mur (face extérieure) de la tour du capitaine-châtelain.
- La crypte ou chapelle-basse.
- Escalier d'honneur des logis.
- clef de voûte de l'escalier d'honneur des logis
- salle des gardes au pilier
Troisième palier
Sur le dernier palier, protégé par une forte chemise[31] (vers 1200-XVe siècle), percée d'embrasures à canon (XVe siècle), s'élève un imposant donjon rectangulaire (barlong) édifié au XIIe siècle. Cette construction est en partie fondée sur les murs du logis, ou domicilium, élevé par le seigneur de Lavardin, probablement dans les années 1070-1080, donc attribuable à Hervé de Beaugency (appelé de Lavardin à la suite de son accession à la baronnie). Renforcé de trois fortes tours entre la fin du XIIe siècle et les années 1200,
Du haut de ses 26 mètres, le donjon domine le village et la vallée, et il surplombe le Loir de plus de 40 mètres.
Au-dessus de la porte, on remarque les armes de Jean VII de Bourbon-Vendôme, comte de Vendôme de 1372 à 1393. Plus haut, on peut encore voir les restes de la porte donnant accès au premier étage du donjon depuis le sommet de la chemise. De l'intérieur, la vue d'ensemble est impressionnante. On note, au rez-de-chaussée, l’appareil très allongé du premier logis seigneurial, dans les étages une cheminée aux armes de Charles VII portées par deux anges (vers 1420), une fenêtre polylobée (XIVe siècle). On admire surtout les vestiges de l'escalier, installé vers 1400 dans une tour pleine cantonnant l’angle du donjon depuis la fin du XIIe siècle, et les voûtes du second étage (vers 1400-1415).
Sur les retombées des voûtes, on observe les armoiries de Louis II d'Anjou (1384-1417) et de la comtesse de Vendôme, Alix de Bretagne (décédée en 1377). Dans la tour cantonnant le donjon au sud-ouest est aménagé un étroit cachot, uniquement accessible par un puits (XVe siècle ?).
- Détails d'éléments du troisième palier
- Vue générale du troisième palier, portant le donjon protégé par sa chemise, dont deux énormes morceaux à contreforts subsistent.
- Vue intérieur du donjon.
- Escalier en vis du donjon.
