Château de Marsillargues

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Nom localChâteau de Guillaume de Nogaret
Période ou styleMédiéval
ArchitecteGuillaume de Nogaret
Début constructionXIIIe siècle
Château de Marsillargues
Image illustrative de l’article Château de Marsillargues
Nom local Château de Guillaume de Nogaret
Période ou style Médiéval
Architecte Guillaume de Nogaret
Début construction XIIIe siècle
Fin construction XIVe siècle
Propriétaire actuel Propriété de la commune
Protection Logo monument historique Classé MH (1995)
Coordonnées 43° 39′ 56″ nord, 4° 10′ 41″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Hérault
Commune Marsillargues
Géolocalisation sur la carte : Hérault
(Voir situation sur carte : Hérault)
Château de Marsillargues
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Marsillargues

Le château de Marsillargues[1] ou château Guillaume de Nogaret est un édifice situé sur la commune de Marsillargues, dans le département français de l'Hérault et la région Occitanie.

Aux origines du château (XIIIe – XIVe siècle)

Jusqu’à la fin du XIIIe siècle, Marsillargues relevait de la puissante baronnie de Lunel. À la mort de Roselin II, dernier seigneur de cette lignée, deux prétendants se disputèrent l’héritage. Craignant une guerre privée, le roi Philippe IV le Bel décida d’intervenir : il retira la baronnie aux belligérants et rattacha Marsillargues au domaine royal. Quelques années plus tard, en juillet 1304, le souverain voulut récompenser son conseiller et légiste, Guillaume de Nogaret, pour sa fidélité et ses services. Celui-ci reçut la seigneurie de Marsillargues, ainsi que de nombreuses terres dans la Vaunage et jusque vers Aigues-Mortes, Générac, Beauvoisin, Calvisson et Vergèze[2].

C’est à cette époque, en 1305, que Nogaret fit édifier le premier château de Marsillargues, ensemble féodal composé d’un donjon flanqué d’une tourelle carrée, de vastes cuisines et de salles souterraines[3]. Ces vestiges médiévaux, bien que remaniés, demeurent encore perceptibles aujourd’hui[4],[2].

Renaissance et transformations (XVIe – XVIIe siècle)

Vers 1560, Jean de Louet de Calvisson entreprit une ambitieuse reconstruction sur l’emplacement du château de Nogaret. L’aile nord fut alors entièrement rebâtie. La façade, d’une grande modernité, se distingue par son étage surélevé, compris entre un soubassement taluté et un étage-attique aveugle coiffé d’un toit plat. Elle est rythmée par des ouvertures et des trumeaux surmontés de frontons alternativement curvilignes et triangulaires. Si la rigueur de la mise en œuvre frappe par son unité, la façade présente néanmoins une irrégularité marquée[2].

La richesse décorative témoigne du goût prononcé pour le détail : trumeaux ornés de cartouches, volutes, bucranes, mascarons, guirlandes de fruits, trophées d’armes. Les emblèmes royaux – porc-épic de Louis XII, salamandre de François Ier, croissant de Diane de Poitiers – rappellent le loyalisme de la famille de Louet envers la dynastie régnante et permettent de dater la façade autour de 1560. Considérée comme l’une des plus belles réalisations méridionales de la Renaissance, elle est rapprochée par les historiens de celle du château ducal d’Uzès, peut-être l’œuvre d’un même maître encore non identifié[2].

En 1622, lors des troubles des guerres de Religion, le château, alors décrit comme un « carré fermé » doté de fortes murailles et de bastions d’angle, subit un siège qui entraîna de lourdes destructions. Il fut relevé par le baron de Calvisson et, en 1676, restauré par les architectes nîmois Gabriel Dardalhien et Jean Cubizol, avec des sculptures de Philippe Mauric[5].

En 1679, Jean-Louis II de Louet de Murat de Nogaret, marquis de Calvisson, lieutenant général du roi en Languedoc et président des États, entreprit d’importants travaux[6]. L’aile nord fut en partie reconstruite, dotée d’un grand escalier suspendu et d’un portail monumental en demi-lune. La même année, l’aile sud fut édifiée, confiée à l’ingénieur royal Ponce Alexis de La Feuille, sieur de Merville, assisté des architectes Gabriel Dardaillon et Jacques Cubizol, et ornée par Philippe Mauric. Abritant les écuries, elle reprenait la monumentalité de la façade nord, mais dans un style plus guerrier, chargé d’emblèmes de Louis XIV, en accord avec les goûts de la décennie 1670[2].

Embellissements classiques (XVIIIe siècle)

Au XVIIIe siècle, le château connut une nouvelle phase d’embellissement. À la demande d’Anne-Joseph de Louet, les gypseries des salles d’apparat furent refaites, et en 1752 une grotte décorative fut aménagée[6]. En 1767, la construction d’une orangerie acheva de fermer la cour d’honneur, ouvrant sur un vaste parc ponctué de bassins circulaires et d’allées tracées en étoile ou en angles droits. L’orangerie, réhabilitée de nos jours en bibliothèque municipale, témoigne de ce goût pour l’ordonnancement et la mise en scène du paysage.

Sur un autre registre, la présence de la famille Louet se retrouve encore dans le patrimoine régional : en 1759, Anne-Joseph parraina la cloche de l’église de Congénies. Il s’agirait de la seule cloche subsistante en Languedoc portant ce patronyme, ce qui lui confère un intérêt historique particulier[2].

Déclin et catastrophes (XIXe – XXe siècle)

Au fil du XIXe siècle, le château perdit progressivement sa fonction seigneuriale. Mais le drame survint dans la nuit du 19 au  : un incendie ravagea l’aile nord, détruisant la galerie Louis XVI, la bibliothèque et l’escalier d’honneur. Seule la façade Renaissance, miraculeusement épargnée, demeura debout[7].

En 1948, la famille de Saizieu céda le château à la municipalité de Marsillargues[4]. Le monument fut classé monument historique en 1952 et fit l’objet de travaux de consolidation. Dans les années 1960, certaines salles furent provisoirement utilisées comme classes durant la construction du collège, et un festival de théâtre contribua à financer les restaurations[7].

Le château présentait alors un aspect contrasté : la façade Renaissance subsistait, mais nombre de salles étaient vétustes ou reconverties en locaux pratiques. L’orangerie, notamment, servit de remise aux véhicules municipaux, abritant le camion des pompiers et le corbillard[7].

En 1935, Marie, dite Mariquette, et Élie Rouvière, employés de la famille de Saizieu, s’étaient installés dans le château. Après le rachat par la municipalité, ils en devinrent les gardiens, chargés de l’entretien et de l’ouverture quotidienne des grilles. La vaste cour et les jardins, envahis par la végétation, servirent alors de terrain de jeu aux enfants du village. Parmi eux figuraient Jacques Rouvière, leur petit-fils, ainsi que René Bouscharain, fils de l’ancienne cuisinière de la famille de Saizieu[7].

Dans ce cadre à la fois monumental et dégradé, le château de Marsillargues ne fut plus seulement un témoin du passé seigneurial, mais aussi un lieu de vie ordinaire, intégré au quotidien de la communauté locale.

Le château de Marsillargues est classé au titre des monuments historiques par arrêté du [1],[8].

Il abrite aujourd’hui le musée des Arts et Traditions populaires Paul Pastre ainsi que la bibliothèque intercommunale. Sa cour accueille régulièrement des événements culturels et festifs, permettant aux habitants, aux voisins et aux visiteurs de profiter d’un cadre patrimonial remarquable intégré à la vie locale.

Personnalités liées

Sources et références

Voir aussi

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