Château de Montredon
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| Château de Montredon | ||||
Carte postale du château, vue de la tour Sud-Est. | ||||
| Période ou style | Médiéval | |||
|---|---|---|---|---|
| Type | Château fort | |||
| Début construction | Xe siècle | |||
| Fin construction | XIVe siècle | |||
| Propriétaire initial | Vicomte de Lautrec | |||
| Destination initiale | Siège de la barronie de Montredon | |||
| Propriétaire actuel | Privé | |||
| Destination actuelle | Ruiné | |||
| Coordonnées | 43° 44′ 00″ nord, 2° 18′ 28″ est | |||
| Pays | ||||
| Ancienne province | ||||
| Région | Occitanie | |||
| Département | Tarn | |||
| Commune | Montredon-Labessonnié | |||
| Géolocalisation sur la carte : Tarn
Géolocalisation sur la carte : région Occitanie
Géolocalisation sur la carte : France
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Le château de Montredon est un ancien château fort et forteresse militaire situé à Montredon-Labessonnié, dans le Tarn (France). Aujourd'hui ruiné depuis la Révolution Française, c'était une forteresse à but défensif, siège de la seigneurie puis baronnie de Montredon dès le Xe siècle.
Le château de Montredon se situe, comme son nom l'indique, sur le Mont-Redon (Mons Ritundis : Mont-arrondi) et se trouvant à 560 mètre d'altitude, il formait un point de relais entre la plaine de l'albigeois et les monts de Lacaune[1].
Historique
Antiquité
Il semblerait que ce point haut fût occupé bien avant la construction du château, une vue imprenable depuis celui-ci et de nombreux vestiges archéologiques seraient l'une des raisons de son occupation par les Rutènes et lui conférerait le statut d'oppidum. Ce mont était assez facile à fortifier et il permettait de contrôler les routes commerciales du montredonnais, il a aussi pu servir de lieu de refuge et centre de défense militaire dès l'Antiquité, construit grâce à des remblais faits de pierres ou de bois, ou bien par des levées de terre qui surélevaient l'oppidum. Avec l'arrivée des Romains, le Mont-Redon va devenir un pagus dépendant d'Albi dans la province romaine d'Aquitaine, on connaît très mal son organisation et administration dû au manque d'archives, le nom de Montredon ressurgit au Xe siècle[1].
Moyen-Âge
Au début du Xe siècle, le château de Montredon appartient aux comtes de Toulouse et c'est en 950 que le château passe par inféodation aux vicomtes de Lautrec. Dès leur acquisition, les vicomtes de Lautrec font rebatir le château de Montredon sur les bases romaines et sur les anciennes constructions, il deviendra l'une de leur résidence principale. Le château de Montredon fût reconstruit uniquement, et pour toute son histoire, à but défensif et militaire, presque en tant qu'outil de persuasion parfois, qui était occupé par une garnison militaire et par la cour seigneuriale[1].
La baronnie de Montredon va se diviser en plusieurs fiefs, tous sous le contrôle théorique du château de Montredon, des fiefs tel que : le château de Castelfranc, le château de Berlan ou encore le château de La Grifoul. Ces fiefs prendront de plus en plus d'indépendances vis-à-vis du vicomte de Lautrec et chacun va connaître une destinée différente de celle du château de Montredon. Le premier vicomte de Lautrec qui possède la barronie de Montredon est Izarn Ier. Ses descendants sont nombreux et la fonction de vicomte est héréditaire, les vicomtes listés à la suite sont ceux qui ont joué un rôle dans l'histoire du château de Montredon[1].
Au XIIème siècle, le vicomte Sicard III de Lautrec est souvent nommé comme médiateur des conflits locaux, par exemple, il est nommé en 1144 arbitre dans un conflit qui oppose les seigneurs de la Salvetat et les seigneurs de Lavaur ou encore en 1157 entre Raymond Trencavel et Raymond V de Toulouse. Ensuite, Sicard V est également important pour les affaires de la région. Durant l'assemblée de Lombers en 1165, il prend place au côté des Trencavel et de Constance de France et condamne les hérétiques albigeois. C'est également sous sa directive que les seigneurs du montredonnais prendront partie pour Roger II de Trencavel face à Raymond V de Toulouse en 1181.
La même année, le château de Montredon passe sous le contrôle de la famille de Trencavel et ce jusqu'en 1209, année de la confiscation des biens de cette famille[2].
La croisade contre les albigeois est assez violente et rapide dans le montredonnais. Dès 1209, la baronnie de Montredon revient au chef de croisés, Simon de Montfort, qui aurait d'ailleurs séjourné au château. Par la suite, Amaury de Montfort conserve la baronnie jusqu'en 1224, année où le roi Louis VII devient propriétaire de Montredon pour 2 ans. Les trois fleurs de lys d'or sur les armes de Montredon témoignent de cette héritage royal. Le catharisme laisse lui-aussi un fort impact dans le Montredonnais, avec deux prédicateurs qui continuent à parcourir la région au milieu du XIIIe siècle : Guillaume de La Borderié et Amblard Vassal (dans les années 1250 environ). Des documents de l'Inquisition mentionnent ces deux parfaits cathares, qui rencontrent des montredonnais dans des maisons de parfaits à Salclas, La Grifoul ou encore tout près de Montredon[1].
Époque Moderne
En 1572, la baronnie devient une co-seigneurie entre les Cardaillac-Bioule et les Castelpers-Panat-Lévis, qui la conserve jusqu'en 1631. Après différentes alliances, le domaine passe à la famille de Villeneuve. La forteresse survit à la Révolution française, pour finalement tomber en désuétude au XIXe siècle[3]. Au début du XXe siècle, les ruines du château sont encore dégagées et nombreuses, comme en témoignent les cartes postales de l'époque. Néanmoins, ces vestiges sont aujourd'hui plus rares, et ensevelis sous la végétation.
Architecture
Le château de Montredon était une puissante forteresse construite selon un plan simple, en quadrilatère. S'étendant sur près de 2000 m2, il était flanqué par quatre tours rondes, reliées par de larges courtines. Ces murs encadraient une large cour intérieure de 640 m2. La bâtisse était aussi dotée d'un grand fossé (encore visible) et d'un pont-levis[4]. Au centre de la cour s'élevait un puissant donjon carré qui permettait de contrôler l'accès à la cour centrale[1].
Héraldique

Son blasonnement est : D'or à la tour crénelée de quatre pièces, posée devant une muraille crénelée de six pièces, le tout d'azur maçonné de sable, ouvert du même, au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or[1].