Château de Rabaud
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| Château de Rabaud | |
Vue du Nord-Est avec les échauguettes restaurées. | |
| Type | maison forte |
|---|---|
| Début construction | XVIe siècle |
| Destination actuelle | Habitation privée |
| Protection | |
| Coordonnées | 45° 32′ 07″ nord, 1° 30′ 52″ est |
| Pays | |
| Région historique | Limousin |
| Région administrative | Nouvelle-Aquitaine |
| Département | Corrèze |
| Commune | Masseret |
| modifier |
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Le château de Rabaud est une maison forte rurale, carrée, avec ses échauguettes et sa tour principale, bâtie aux abords de Masseret en Corrèze.
Ce type de maison forte proliféra un peu partout dans le Royaume de France, du Moyen Âge jusqu’au début de la Renaissance, à proximité des bourgs, distincte du castra (une forteresse bâtie sur le site d’oppidum naturel de Masseret, veillait sur les environs jusqu’au XVIIIe siècle, et une motte féodale médiévale est encore visible près de l’aire d’autoroute Porte de la Corrèze, à quelques centaines de mètres du manoir)[1]. Pour cette raison, Rabaud est qualifiée de repaire, « repayrium », qualificatif régional des maisons fortifiées, comme en Périgord. En effet, le repaire de Rabaud s'inscrit dans une période favorable aux constructions de châteaux et de manoirs en Limousin. Un article rédigé il y a plus de 20 ans dans le numéro 159 de la revue des VMF (vieilles maisons françaises), explique que « depuis la fin de la guerre de Cent Ans jusqu'aux guerres de religion, le Limousin connut cent ans de paix. Les aristocrates tirèrent parti de ces temps pacifiques pour bâtir : on trouve en Corrèze toute une série de châteaux et manoirs construits dans la seconde moitié du XVe siècle, quelques-uns dans la première moitié du XVIe siècle »[2]. Ces constructions présentent des tours d'escalier sur la façade principale à partir d'un ouvrage en forme de quadrilatère, et des échauguettes. De ce point de vue, Rabaud a été considéré comme caractéristique de l'architecture limousine. Raison pour laquelle cet édifice et ses dépendances ont été inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, en 1990[3]. Manière aussi de les protéger de la construction de l'autoroute A 20, qui sans cette protection, passerait aujourd'hui à 20 ou 30 mètres du manoir.
Des exemples de constructions analogues peuvent être rencontrés en Corrèze. Notons le château d'Auyères sur la commune de Goulles, dans la Xaintrie, et, dans une moindre mesure, le château de Lachaud à Meilhards.

Charles Plumerel dans sa monographie de Masseret, signale qu'au XVe siècle, la ville de Masseret possédait quatre portes, Rabaud, Gaytord ou Guitard, Valois, Fréchebise[4]. Champeval dans son ouvrage Le Bas Limousin, évoque le nom du faubourg de Rabaud. Suivant cet auteur, Rabaud a appartenu d'abord aux Laplace, puis aux Saint Aulaire, qui vendent à Julien Courteys, marié à Jeanne de Joyet. Rabaud passe à Bertrand Courteys, seigneur de La Jarrige (1696), à Maleix, bourgeois en 1745, aux Corbier, seigneurs de la Frénie (1764). Mis en adjudication à la bougie en 1854 en conséquence d'un procès, Rabaud est adjugé à Mme de Saulnier, parente des Corbier. Sa contenance à cette époque est de 112 hectares. Il appartint ensuite à Mlle d'Almay de La Garennie qui le tenait de sa mère née Corbier[5].
En 1944, M. Baillot d'Estivaux, neveu de Mlle d'Almay en devint propriétaire. Ce dernier, membre de la société archéologique et historique du Limousin, écrivit beaucoup sur le Limousin. Notons par exemple son ouvrage Masseret, son histoire, sa châtellenie, ses communaux, sa paroisse[6] et en particulier l'étude exhaustive de la charte de 1430 de Masseré (avec un "é") que ce chercheur a faite et que Bournazel reprend dans son ouvrage, Le Pays d'Uzerche[7].
La charte de 1430, négociée vers la fin de la guerre de cent ans, est la codification d'anciennes coutumes et usages à Masseret. Elle a été analysée par Franck Baillot d'Estivaux à partir de la copie de l'acte authentique dressé en 1524 par Barthélémy de Beaume, notaire à Lubersac, document qui a été conservé. Par exemple, au terme de la charte, chaque habitant doit le guet, mais le jour seulement ; celui de nuit, à faire en la tour du château (aujourd'hui disparu), incombe au vicomte de Limoges, chargé d'y pourvoir par son capitaine.
Selon Baillot d'Estivaux, Rabaud abritait déjà un rendez-vous de chasse au XIIIe siècle, ce qu'un détail d'architecture, décelé par un architecte des bâtiments de France pour la Corrèze, semble confirmer.
Baillot d'Estivaux signale une chapelle jusqu'en 1710, près le portail de sortie, sans autre précision.
Rabaud était en effet une maison catholique, ainsi qu'en témoigne une croix sculptée sur le conduit de cheminée, visible dans le grenier. Sur ce pieux chapitre, la présence de Jeanne de Joyet, au XVIIe siècle, épouse de Julien Courteys, fait écho à Monsieur Prosper Roume de Joyet, originaire de Masseret, fabricant d'ornements d'église dans le quartier Saint Sulpice à Paris qui, au début du siècle dernier, fut à l'origine du pèlerinage de Notre Dame des Miracles. Reconnaissant envers la Vierge des Miracles de Saint-Maur-des-Fossés pèlerinage de Notre-Dame des Miracles (Saint-Maur-des-Fossés), il obtient en 1912 de l'évêque de Tulle, cette nouvelle dévotion. En se promenant dans Masseret, des statuettes en plâtre de Notre Dame des Miracles, copies de la somptueuse statue que M. Roume de Joyet offrit à l'église de Masseret, sont visibles. Cette église, monument historique, comporte une châsse de sainte Valérie, du XIIIe siècle, elle-même classée depuis la fin du XIXe siècle[8].
