Château de Saint-Lô
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démoli ou détruit |
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Le château de Saint-Lô est un ancien château fort, dont il ne subsiste aucun vestige en élévation, qui se dressait à Saint-Lô, aujourd'hui dans le département de la Manche, en région Normandie.
Historique
Selon une tradition, c'est Charlemagne qui, en 800, aurait fait construire sur le rocher de Saint-Lô une forteresse chargée de défendre les marches de son royaume contre les envahisseurs, ce qui n'allait pas empêcher les Vikings de s'en rendre maîtres[1],[note 1].
Ces derniers, en 889-890[3], remontent la Vire et assiègent Saint-Lô où ils détruisent la forteresse carolingienne, désignée par le chroniqueur Réginon comme castellum, et castrum dans les annales de Saint-Vast[4]. Réginon raconte que les habitants de Saint-Lô ainsi que l'évêque de Coutances Liste (Lista) se sont réfugiés dans le château de la ville[5].
C'est Robert Ier, évêque de Coutances de 1025 à 1048 qui aurait relevé au début du XIe siècle le château épiscopal et la chapelle Sainte-Marie-du-Château après sa destruction par les Vikings[6]. Les évêques de Coutances étaient barons de Saint-Lô et ils garderont la suzeraineté sur la ville jusqu'aux guerres de Religion[7].
Ce premier château se présente encore sous la forme d'une vaste enceinte linéaire de fossés et de palis, avec des bastions aux endroits les plus vulnérables[8]. Par la suite, vers 1090, Henri Ier Beauclerc, alors comte du Cotentin, édifie une citadelle[9]. En 1141, à la suite de la succession d'Henri Ier, Geoffroy Plantagenêt, comte d'Anjou, l'enlève au partisans d'Étienne de Blois[10]. Le , Jean sans Terre y séjourne. Lors de la reconquête du duché de Normandie, la place se rend sans résistance, en 1203, à Philippe Auguste[11].
Au début de la guerre de Cent Ans, Édouard III d'Angleterre, après avoir pris et incendié Valognes, pillé Carentan, Torigni, pille Saint-Lô[12]. En 1356, lors de la chevauchée de Lancastre, la place tenu par le sire d'Erquery, M. Herpin, capitaine de Saint-Lô, qui avait sous ses ordres, deux chevaliers, vingt-sept écuyers et dix-sept archers à cheval, ne sera pas investie. Le duc de Lancastre, Henri de Grosmont passe, le , jour de la Saint-Jean-Baptiste, devant la place forte de Saint-Lô et se dirigea vers Torigni où il séjourne le lendemain[13].
En 1377, la place sert de quartier général au sire Bureau de La Rivière, premier chambellan du roi Charles V dans le cadre de la reprise des places fortes du Cotentin aux mains du roi de Navarre[13]. Le , les deux capitaines français de la ville, Jean Tesson et Guillaume Carbonnel, rendent le château au duc de Gloucester qui nomme pour capitaine Reginald West, fonction qu'il occupera jusqu'en . Les Anglais conserveront la place jusqu'en date à laquelle les troupes du connétable de Richemont, lors de la campagne de Normandie, reprennent la ville. Le gouverneur Anglais était alors Guillaume Poitou avec une garnison de deux cents hommes[13].
À la fin du conflit franco-anglais, la garnison se compose de vingt hommes d'armes et soixante archers[14].
L'évêque de Coutances Geoffroy Herbert, qui occupa le siège épiscopal de 1479 à 1510, aimait y résider[6],[note 2].
Le château déjà détruit au XVIIIe siècle[15] sera presque définitivement arasé au XIXe siècle[16].
