Le Château de la Saudraie était un château français situé à Astillé, dans le département de la Mayenne et la région des Pays de la Loire. C'est désormais le nom d'un lieu-dit: la Grande et la Petite-Saudraie, et d'un bois[1]. Il est situé à 2 kilomètres à l' Est du bourg.
On monte au logis par un degré de quatre marches et une porte surmontée d'un fronton encadrant deux écussons mutilés. L'aile en retour à l'Edt a été ajoutée après coup, et un portail formait autrefois l'entrée de la cour entre le logis principal et un pavillon au côté Ouest[1]. L'Abbé Angot indique beaucoup de tuffeau dans cette construction, où l'on ne remarque guère qu'une cheminée sculptée d'une frise renaissance avec deux médaillons pour deux bustes[2]. L'écusson du milieu est de Lancrau[1].
Chapelle
La chapelle était dans le jardin du fermier en face l'aile de l'Est[1].
Bois
Le bois de la Saudraie, réduit maintenant à un taillis de deux hectares, fut un des abris des Chouans de Jambe-d'Argent. Victor Hugo, dans Quatrevingt-treize, y place le début de son roman, la rencontre du grenadier et de la pauvre «brigande», blottie dans le fourré avec sa nichée de marmots[1].
La famille de Lancrau est de vieille noblesse, originaire de la terre de Lancrau à Chantocé, mais qu'on trouve dès le commencement du XVesiècle au Verger de Montigné (Montigné-le-Brillant), au Bois-Ragot de Cossé-le-Vivien, à la Saudraie surtout qui resta pendant plus d'un siècle sa résidence principale, et qui par l'alliance avec les Bréon s'est installée en Mayenne[5]. Les armes[5] qu'elle déclare en 1667 et qu'elle porte toujours sont: d'argent au chevron de sable, accompagné de 3 roses de gueules boutonnées d'or, 2 et 1.
Les Valleaux
La famille Valleaux ou de Valleaux est une famille noble qui possède dès le XIVesiècle les seigneuries de Chéripeau, du Pin, de Vetz, de la Beusserie (Chemazé), alliée aux Quatrebarbes, aux Le Porc, et fondue dans les familles de Poncé et des Vaux. Elle portait: d'or à 3 bandes de gueules. Les Valleaux de la Saudraie, issus probablement d'une branche cadette, vinrent du Bois-Robin en Marcillé-Robert, Jean Valleaux ayant épousé à Laval en 1665 Françoise Ouvrard, fille du seigneur de la Saudraie, Ambroise-Balthazar, époux: 1° de Renée-Louise Delaunay, 1707; et 2° de Marguerite Duchemin, 1710, revendiquait en 1731 les droits honorifiques dans l'église d'Astillé, contre Françoise Mauléon, veuve de Joseph Ouvrard; il fut inhumé dans l'église d'Astillé en 1743[5].
Balthazar de Valleaux[6] fut nommé commandant général de la Garde nationale de Laval en 1790. Il subit plusieurs fois la prison avec ses trois filles, Jeanne, Olive et Céleste, soupçonnées de favoriser Jambe-d'Argent[5]. Il fut délivré la première fois en 1792 par l'influence de René Enjubault de la Roche, son parent, et en 1794 à la demande du sieur Noury, son neveu. Les demoiselles Jeanne, Olive et Céleste de Valleaux, sont en prison au mois de , et en sortent pour assister leur mère à l'agonie. Balthazar de Valleaux et sa femme sont soupçonnés d'avoir fourni des fonds aux insurgés «pour la fabrication des armes» et emprisonnés, [5]. Olive, Jeanne et Céleste, qui demeuraient à la Saudraie et à la Cornillerie, sont dénoncées de nouveau par Jean Moreau, agent national d'Astillé, le , comme ayant gangrené une partie de la commune en faisant des rassemblements dans leur chapelle[5]. Balthazar de Valleaux, âgé de 58 ans, est relâché par la Commission philanthropique, le , mais ses filles sont maintenues en prison pour connivence avec les Chouans. Céleste, leur nièce, est relâchée le .[5]
Balthazar de Valleaux[7], âgé de 15 ans, fut arrêté en la maison de la Cornillerie, parce qu'on le trouva vêtu comme les Chouans[8],[5]. Relâché et mis sous la surveillance du citoyen Drugeot[9], il s'enrôla néanmoins dans les Chouans. On le dénonce, le 6 brumaire an VIII, pour des perquisitions faites à la tête de 5 hommes, et le 11 du même mois, avec Fleur-d'Épine, pour l'enlèvement d'un cheval de l'agent national. Il se fit tuer lors des Guerres napoléoniennes pendant la Guerre d'indépendance espagnole[5].
Les seigneurs
Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations contenues dans cette section proviennent du Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne[5].
Liste des seigneurs
Girard de Lancrau, du chef d'Isabeau Touchard qu'il épousa en 1452, veuve de Jean de la Chesnaie, ou d'une première femme. Girard de Lancrau, mari de Mathurine de Brie.
Yvonnet de Lancrau, fils puîné, marié le à Catherine Cheminard.
Antoine de Lancrau,, marié en 1479 avec Catherine du Ridouet. Catherine du Ridouet était sœur de Guillaume du Ridouet, seigneur de Sancé.
Mathurin de Lancrau, marié en 1504 à Ambroise Bouttey ou Boutier, 1540. Ambroise Boutier était fille de Jacques Boutier, sieur du Tertre en Montbizot, et de Madeleine Le Clerc.
André de Lancrau, épouse en 1532 Françoise de Possart, de la Sionnière, achète des moines de l'Abbaye Saint-Serge d'Angers 13 setiers de seigle de rente sur la Touche d'Astillé, 1562, et le lieu de la Cholière, du prieur de Sainte-Catherine, 1576. La femme d'André de Lancrau est dite fille de Philippe de Portzal (au lieu de Possard?), seigneur de la Porée en Anjou, et de Françoise Hullin.
Jean de Lancrau,, dès 1572, époux: 1° de Françoise de la Boissière, ; 2° de Marie Le Poitevin, qui teste en sa faveur en 1575: 3° de Catherine du Châtelet. Il était le neveu et non le frère de Pierre de Lancrau, évêque de Lombez qui leva pour lui une compagnie de gendarmes; il mourut en Anjou, à la Haute-Porée, le ou 1616. Françoise de la Boissière était veuve de Maurice Fouquereau, et Catherine du Châtelet, veuve de Jacques Le Voyer.
Jean de Lancrau,, mari de Perrine Le Voyer, habitait au Clos-Dureau en Foudon, † .
Jacques de Lancrau, mari: 1° de Claude de la Salle; 2° de Renée de Meaulne, vendit sa terre de l'Aunay en Brain-sur-l'Authion où il demeurait, 1647, puis la Saudraie, et se retira à la Haute-Bergère, paroisse des Essarts. Renée de Meaulne, veuve de Jacques de Lancrau, épousa Gabriel de Carion, seigneur de l'Eperonnière.
Pierre Ouvrard, acquéreur, vint habiter la Saudraie, où naissent de Jeanne Charil, sa femme, dix-sept enfants, 1647-1672.
André Ouvrard, né en 1657, époux de Marie Delaunay, veuve, 1727.
Jean Ouvrard, frère du précédent, mari de Françoise Goyau, mort à Ruillé en Anjou, 1734.
Ambroise de Valleaux qui y demeure, épouse Marie-Anne Noury, 1775.
Jean de Valleaux, petit-fils de Jean de Valleaux et de Françoise Ouvrard, sœur des deux précédents, marié en 1735 à Renée Le Clerc, fille du sieur du Flécheray et de Renée Foureau, † 1786.
Vendue par Marie-Renée de Valleaux, femme de N. de Précomtal, à Balthazard de Robien, 1824.
↑Il fit la Guerre de Sept Ans, fut capitaine d'infanterie au Régiment de Condé, chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, épousa en 1775 Marie-Anne-Louise Noury, fille de Louis-Charles Noury, sieur de la Beillardière, et de Marie-Anne de la Porte, de Voutré.