Château des Célestins (Limay)

From Wikipedia, the free encyclopedia

Période ou stylenéo-classique
Début constructionXVIIIe siècle
ProtectionLogo monument historique Inscrit MH (1970)
Château des Célestins (Limay)
Image illustrative de l’article Château des Célestins (Limay)
Le château des Célestins en 1904
Période ou style néo-classique
Début construction XVIIIe siècle
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1970)
Coordonnées 49° 00′ 00″ nord, 1° 44′ 05″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Région Ile de France
Département Yvelines
Localité Limay
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château des Célestins (Limay)
Géolocalisation sur la carte : Yvelines
(Voir situation sur carte : Yvelines)
Château des Célestins (Limay)

Le château des Célestins est un édifice de style néo-classique situé à Limay dans le département des Yvelines en région Île-de-France. Il a été construit sur la base du monastère de la Sainte Trinité (ordre des Célestins) qui a été supprimé en 1778. Le château est inscrit partiellement au titre de Monument historique par arrêté du .

L'histoire de ce château est liée au monastère de la Sainte Trinité qui préexistait avant lui, un établissement fondé par le roi Charles V à la fin du XIVe siècle pour y installer une communauté de moines Célestins. Le monastère a connu une grande prospérité entre la fin du Moyen Âge et l'avènement de l'Époque moderne.

Le château est inscrit au titre de Monument historique et son histoire a fait l'objet de quelques publications.

Le monastère de la Sainte Trinité (1376-1778)

Les origines du château actuel remontent à la fin du XIVe siècle, lorsque le roi de France Charles V décide de fonder un monastère à Limay pour y établir une communauté de moines de l’ordre des Célestins. Cette fondation est justifiée par une double motivation spirituelle : d’une part établir une communauté de contemplatifs qui prieront perpétuellement pour le salut du Royaume de France[2], et d’autre part pour offrir un lieu d’inhumation au chevalier Jean Martel, son ancien chambellan, qui avait participé à la bataille de Poitiers en 1356[3].

Le monastère est édifié là ou se trouve déjà la chapelle Sainte Christine et la charte de fondation est publiée par le roi le . Le monastère est placé directement sous le vocable de la Sainte Trinité. Cette décision est explicitement manifestée dans la lettrine de la charte dans laquelle figure le roi en train de donner solennellement la charte à quatre moines au-dessus desquels on peut apercevoir les trois personnes de la Trinité. Pour soutenir le développement du nouveau monastère, le roi accorde aux moines la perception d’une rente s’élevant à 300 livres parisis[4].

A côté des motivations purement spirituelles, le roi espère aussi restaurer l’agriculture à Limay dans une région très affectée par la guerre. Les revenus des moines (rentes, récoltes, etc) leur permettent de subsister durablement. D'autant plus que le roi avait acquis préalablement plusieurs terrains dans les environs du monastère pour le compte des Célestins. Une partie significative du domaine des moines est alors consacré à la culture de la vigne, dont le produit sert pour leur consommation et celles de leurs visiteurs ainsi que pour la célébration de l'Eucharistie[5].

Vitrail de Pierre Gaudin réalisé en 1955 dans l'église Saint Aubin à Limay. L'artiste représente les premiers moines Célestins construisant leur propre monastère.

Le monastère traverse, non sans peine, les déboires de la Guerre de Cent Ans pour continuer de prospérer après le Moyen Âge. La bonne réputation locale des Célestins de Limay semble se maintenir jusqu'au XVIIIe siècle au cours duquel le monastère connait son inexorable déclin. Une anecdote de 1592 rapporte que les Célestins refusent de participer à la procession des ecclésiastiques organisée à l'occasion du passage du roi Henri IV à Mantes. La raison de ce refus étant que l'idéal érémitique des Célestins ne leur permet pas de sortir de leur domaine. D'autant plus que les moines vivent sous la règle de saint Benoît. Les Célestins semblent également impressionner les locaux par leur grande piété qu'ils manifestent lorsqu'ils se rendent à Issou pour travailleur leur vignoble, faisant de surcroit entendre leurs chants par les habitants venus les admirer[6].

En commence une grande enquête sur les communautés religieuses dans tout le royaume de France : c'est la Commission des réguliers qui durera jusqu'en 1780. Le roi Louis XV réunit à cet effet une équipe constituée d'hommes d'états et d'ecclésiastiques pour évaluer le fonctionnement des établissements monastiques. L'objectif de cette enquête est de proposer des solutions aux communautés dont les membres se sont éloignés de l'observance originelle de leur règle, éventuellement de les supprimer si aucune solution n'a été trouvée. À ce moment-là c'est Louis XVI qui a repris la supervision de cette commission commencée par son prédécesseur[7].

En 1778, l’archevêque de Rouen rencontre la communauté alors réunie en chapitre, pour proposer une réforme de leur règle. A cette proposition les moines se seraient opposés en avouant préférer la suppression de leur communauté plutôt que d'être obligé de changer son fonctionnement. Cette opposition des moines à toute réforme oblige alors la Commission à acter la suppression définitive du monastère. Les derniers Célestins quittent donc leur monastère le . Les objets liturgiques de la communauté sont transportés aux dames Ursulines de Mantes[8].

Le château des Célestins à l'époque contemporaine (de 1791 à nos jours)

Après le départ des Célestins le monastère des Célestins, avec ses bâtiments annexes et son domaine agricole, est mis en vente en 1791, pendant la Révolution. Ce vaste domaine entourés de murs qui s'étale sur une surface de 29 arpents est alors acheté par Louis François Alexandre Lemoine, devenu plus tard maire de Limay entre 1805 et 1807. Lemoine est l'initiateur des nouveaux aménagements visant à transformer cet ancien monastère en un château de style néoclassique, après sa mort le château est de nouveau mis en vente[9].

Le 30 aout 1811 il est acheté par plusieurs nouveaux propriétaires ne résidants pas à Limay. Cependant l'instabilité de la gestion du domaine le fait alors tomber dans une certaine décrépitude. En 1820, une rouennaise fortunée, Mme Lecordier de Petagny, achète le château et ses dépendances et entreprends plus tard de rénover le château jusqu'à sa mort en 1864. Les travaux de Mme Lecordier de Petagny sont complétés par Maitre Lefort jusqu'à ce qu'il décède à son tour en 1883, sa femme continue d'habiter les lieux jusqu'à ce que Paul Lefébure, son petit fils, en hérite en 1912. C'est ce dernier qui achève complétement les aménagements du château, lui conférant ainsi l'aspect qu'il arbore aujourd'hui. Plus tard en 1954 c'est son fils André Lefébure qui devint le nouveau propriétaire du château[10] jusqu'à sa mort en 1973[11], trois ans auparavant le château a été inscrit Monument historique[12].

Le château est ensuite habité par Mme Lefébure et son fils unique marié et père de quatre enfants jusqu'en 2011, date à laquelle le château acquiert le statut de « résidence privée collective » après la vente du château par Mme Lefébure. Il n’est donc pas ouvert à la visite. Le parc de la prairie des Célestins est aujourd'hui sujet à de nouveaux aménagements visant à créer un espace de promenade écologique dans les alentours de l'édifice. L'objectif de ce projet de la ville de Limay étant de proposer un cadre agréable pour les locaux dans un espace embellit par un verger et des vignes[13].

Architecture

La configuration actuelle du château se présente comme un bâtiment central accosté d'une orangerie et d'une terrasse donnant une vue imprenable sur Limay et Mantes la jolie. Le logis principal est constitué d'un rez-de-chaussée ainsi que de deux étages, L'orangerie qui jouxte le logis arbore une décoration travaillée constituée de bas reliefs au-dessus des fenêtres[13].

Bibliographie

Références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI