Château du Lac

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Propriétaire
privé
Patrimonialité
Château du Lac
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Le château du Lac est un château situé au Monestier dans le département français du Puy-de-Dôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Création

Mentionnée dès le XIIIe siècle, la maison forte fut fortifiée au XVe siècle. Elle subit des dommages lors des guerres de Religion au XVIe siècle, avant d’être restaurée et agrandie au XVIIe siècle. Le XVIIIe siècle vit l’aménagement du parc avec terrasses et enclos, ainsi que l’ajout de décors intérieurs tels que boiseries, cheminées et chambres à alcôves. Sous la Restauration, un décor peint remarquable fut réalisé dans le salon et une chambre du premier étage[1].

La première mention formelle de la propriété est consignée dans un document daté du vendredi "post cantate" de l'an 1261. Il s'agit d'un aveu de Béraud Palmartz, chevalier, qui reconnaît tenir en fief lige de l'Évêque de Clermont la "Domus et villa del Lac" (maison et domaine du Lac), ainsi que d'autres possessions dans les paroisses d'Ambert et de Saint-Ferréol.

Il convient de noter qu'à cette date, le possesseur ne porte pas encore le nom du lieu. La transition onomastique s'opère peu après. En , un certain Etienne du Lac, chevalier, est mentionné, suggérant que le propriétaire a pris le nom de sa maison forte, une tradition qui sera maintenue par ses successeurs.

Un document de 1315 (retrouvé dans un acte de 1316) précise la nature du fief. Béraud du Lac, damoiseau, y reconnaît tenir de Pierre Maurice, seigneur de Roche-Savine, "sa maison appelée communément le four du Lac". Cet acte détaille l'ensemble des cens, rentes et dépendances, incluant de nombreux mas (Monsimon, Archirangues, Viallis, etc.), un étang, un moulin et des droits de forestage, dessinant les contours d'un fief d'importance locale. La fortification de la maison forte est consolidée au milieu du XVe siècle, entre 1450 et 1463, période durant laquelle la ville d'Ambert elle-même se dote de remparts.

Situé sur un axe de communication stratégique, le "Grand chemin" reliant Clermont à Ambert, historiquement, il jouait un rôle de surveillance de l'accès à Ambert depuis le col des Fourches. Le "Grand chemin" passait devant son portail avant d'être détourné il y a environ un siècle par le propriétaire Joseph Tarit.

Les Guerres de Religion

Le XVIe siècle constitue une période sombre et violente pour le Château du Lac directement liée à l'adhésion de ses seigneurs à la Réforme. Le fief est alors la propriété de la famille Faure. Antoine Faure est mentionné comme seigneur du Lac en 1560. Son fils, Jean Faure, est qualifié de "seul noble réformé de la région" et de "protestant notoire".

Engagé aux côtés du chef huguenot, le capitaine Merle, Jean Faure participe au siège et au pillage d'Issoire, puis à celui d'Ambert en . En représailles, le , jour de Pâques, l'armée catholique de Saint-Hérem, forte de 2000 hommes, assiège le château. La défense est assurée par une garnison de seulement 22 hommes. Les assaillants installent leur artillerie sur un mamelon à l'ouest et bombardent la forteresse de midi à six heures, démolissant une partie des murailles et des tours. Malgré une résistance énergique de la garnison face aux assauts, le dernier retranchement est finalement débordé, contraignant les défenseurs à abandonner le château durant la nuit.

Les conséquences de cet événement sont la mise à sac et la ruine de la bâtisse. La famille Faure émigre en Suisse. Le domaine est acquis le par Jean Bedias, marchand bourgeois d'Olliergues, avant de passer par alliance à la famille du Floquet.

Reconstruction

Cette nouvelle période voit la transformation du Lac en demeure familiale.

Trois familles s'y succèdent. La famille du Floquet entreprend la reconstruction du château au XVIIe siècle. Vers 1700, le fief passe à la famille Madur du Lac, une ancienne famille ambertoise, qui le conservera durant cinq générations jusqu'en 1852. Enfin, le , la propriété est acquise par Julien Tarit-la-Roye.

Description

Le château se présente comme une maison forte évolutive, marquée par des éléments défensifs et des aménagements résidentiels successifs. Il conserve un ensemble décoratif intérieur de différentes époques, ainsi qu’un parc structuré typique du XVIIIe siècle[1].

Il dispose d'éléments architecturaux notables:

Peintures murales

En 1828, Joan Ruat réalise un décor peint inspiré du foulard Le départ des Alliés (1818), orné des armoiries des Vimal-Madur et d’Ambert, conservé dans le salon et une chambre du château[2].

Peintures du salon des alliés

Contexte de l'oeuvre: Les peintures dépeignent le départ des armées d'occupation étrangères après la chute du Premier Empire. À la suite de la seconde abdication de Napoléon Ier, le deuxième Traité de Paris, signé en , a imposé à la France des conditions sévères. Celles-ci incluaient le paiement d'une indemnité de guerre de 700 millions de francs et une occupation militaire du territoire par les armées alliées pour une durée de cinq ans. Près d'un million de soldats étrangers ont occupé 60 départements, soit les trois quarts du territoire français. La population française a perçu ces soldats comme une armée ennemie en pays conquis. Le terme "Cosaques" était utilisé de manière générique et péjorative pour désigner l'ensemble des troupes d'occupation (Autrichiens, Bavarois, Wurtembergeois, etc.), indépendamment de leur nationalité réelle. Le Congrès d'Aix-la-Chapelle, en date du , a mis un terme anticipé à l'occupation, conduisant à l'évacuation des dernières armées étrangères.

Auteur: Les peintures sont signées "pinxit Jean RVAT" et datées de 1828. L'identité de l'artiste, Jean Rvat (ou possiblement Ruat), demeure incertaine. Il pourrait s'agir d'un peintre itinérant, d'un artiste auvergnat ou d'un ancien soldat des armées d'occupation.

Source d'Inspiration: Les œuvres murales sont une copie d'un foulard en tissu intitulé "le départ des Alliés". L'original a été imprimé en 1818 par la manufacture Hartmann, située à Munster. Le dessin est l'œuvre d'Antoine-Henri Lebert, qui l'a réalisé en 1818 à Colmar lors de la retraite effective des troupes alliées. Le médaillon central reproduit sur le foulard (et par conséquent sur les murs) est une copie d'une œuvre de l'artiste Horace Vernet.

Chambre de barbe bleue

Dans une chambre, on trouve une représentation naïve et colorée du conte de "Barbe Bleue".

Éléments défensifs

Le château conserve deux archères, des meurtrières et des vestiges de mâchicoulis. Des fragments de boulets ont été retrouvés dans les anciens fossés.

Protection

Le château, ses terrasses et son jardin, sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du [1].

Dans la culture

Références

Voir aussi

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