Château de Mornex
Château de Haute-Savoie
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Le château de Mornex (également Mornay) est un ancien château, probablement construit vers le XIIe siècle, situé sur le territoire de la commune de Monnetier-Mornex, dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Entre les XIVe et XVe siècles, il était le siège d'une châtellenie.
| Château de Mornex | |||
| Période ou style | Médiéval | ||
|---|---|---|---|
| Type | Château fort | ||
| Début construction | XIIe siècle | ||
| Propriétaire initial | Maison de Genève | ||
| Destination actuelle | Ruiné | ||
| Coordonnées | 46° 09′ 56″ nord, 6° 13′ 58″ est[Note 1] | ||
| Pays | |||
| Anciennes provinces du duché de Savoie | Faucigny | ||
| Région | Auvergne-Rhône-Alpes | ||
| Département | Haute-Savoie | ||
| Commune | Monnetier-Mornex | ||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie
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Localisation
Le château de Mornex est installé sur le hameau de Mornex, dans la commune de Monnetier-Mornex. Il est ainsi situé dans la partie septentrionale du Salève, plus précisément sur le versant sud-est du Petit Salève[1], sur les contreforts du mont Gosse, à une altitude de 628 mètres[2].
Installé sur la rive gauche de l'Arve[2], il contrôle la route nord du comté de Genève menant vers La Roche[3]. Il faisait face au château de Monthoux, situé sur l'autre rive, et dépendant des sires de Faucigny.
Historique
La première mention du château remonte au lors de sa vente par le seigneur de Gex, Guillaume, au comte de Genève ,Amédée II, pour le prix de 25 000 sols de Genève[4],[5].
Le château est mentionné dans une transaction au sujet des droits réciproques entre le comte de Genève, Amédée II, et le prieur de Saint-Victor, Guillaume, en [6].
En , une signature de convention se déroule au château, entre Amédée II, comte de Genevois, et Hugues, seigneur de Faucigny, fils du Dauphin de Viennois, Humbert Ier, à propos de la construction de château de Gaillard[7],[8],[9]. Ce même comte désigne son fils Guillaume comme son successeur et précise que ces autres fils, Amédée et Hugues, hériteront des châteaux « Varey, Mornex, Rumilly-sous-Cornillon, et Cornillon, pour le vidomnat des Bornes, pour les droits sur le marché de La Roche, et pour les terres et rentes qu'il possède en Vaud, le tout sous la condition qu'ils ne pourront aliéner ces châteaux et droits qu'en faveur des héritiers du comte »[10],[11].
La famille de Compey, bien que se qualifiant de « seigneurs de Mornex et Monnetier » et possédant quelques terres dans la châtellenie, ne semble pas posséder le château[12].
En 1401, le comté de Genève est acheté par le comte Amédée VIII de Savoie. Mornex et son mandement ne font pas partie des biens acquis par le comte de Savoie. Ils reviennent aux héritiers de la maison de Genève. Mathilde de Savoie hérite en 1409 des droits de sa tante, Blanche de Genève, faisant d'elle la dernière héritière de cette maison. Le comte de Savoie opère pour récupérer les derniers droits de cette famille et propose leur rachat[13],[14],[15]. Le tuteur de Mathilde, alors mineure et orpheline, son oncle Louis de Savoie-Achaïe, accepte le rachat[14]. Le contrat entre l'héritière et le duc est signé le [13],[15],[14].
Le château semble détruit entre 1589-1590, lors de l'invasion bernoise du nord du duché de Savoie[12].
Le château passe dans la famille de famille de Genève-Lullin, à la suite de son achat par la fille de François-Prosper de Lullin à Claude de Marolles, le [12]. Cette branche de la maison de Genève en reste propriétaire jusqu'en 1675[12]. Dans son testament du , la dernière héritière des Genève-Lullin, Marie, lègue l'ensemble de ses droits et possessions, notamment les châteaux du Crédoz, de La Roche, de Monnetier et de Mornex, à la duchesse de Savoie, Christine de France[12],[16],[17]. Ces fiefs sont par la suite inféodés et érigés en marquisat, par le duc Victor-Amédée II, le , au président Thomas Graneri/Granery (Acte du [16]), comte de Mercenasque, ministre et surintendant général des finances de Savoie[12],[18],[19].
La famille (de) Graneri/Granery a fait construire une maison sur le domaine, qu'elle semble posséder encore en 1792[12], à la veille de l'invasion du duché de Savoie par les troupes révolutionnaires françaises. Il passe ensuite en 1794 au chirurgien Corrajod, puis à Henri-A. Gosse en 1802[12].
Description
Selon l'archéologue suisse, Louis Blondel, on peut encore observer les traces de l'ancienne enceinte, avec au nord un fossé, empêchant l'approche du promontoire sur lequel était édifié le château[12]. Dans la partie sud, on peut également voir le dessin « de murs formant une braie ou barbacane », associé à un fossé[12]. Côté Petit-Salève, il n'y a pas de fossé, les pentes jouant le rôle de défense naturelle[12].
L'observation générale permet de donner le plan suivant : « un quadrilatère irrégulier de 85 mètres environ de longueur sur une largeur moyenne de 36 à 40 mètres »[12].
Châtellenie de Mornex
Organisation
Le château d’Arlod est le siège d'une châtellenie, dit aussi mandement (mandamentum)[20],[21]. Il s’agit plus particulièrement d’une châtellenie comtale, relevant directement du comte de Genève[22].
Le mandement de Mornex comprend les « sauteries du Sappey, de Mornex proprement dit, et de Mossier »[23].
Au XVIIe siècle, les armes du mandement de Mornex se blasonnaient ainsi : croix de saint André d’or en champ d’azur[24].
Châtelains
Dans le comté de Genève, le châtelain, nommé par le comte, possède de nombreux pouvoirs[21],[25]. Avec l’intégration au comté de Savoie, à partir de 1401, celui-ci devient un « [officier], nommé pour une durée définie, révocable et amovible »[26],[27]. Il est chargé de la gestion de la châtellenie ou mandement, il perçoit les revenus fiscaux du domaine, et il s'occupe de l'entretien du château[28]. Le châtelain est parfois aidé par un receveur des comptes, qui rédige « au net [...] le rapport annuellement rendu par le châtelain ou son lieutenant »[29].
- Administration genevoise
- Administration savoyarde
- 1411-1412 : châtelain non mentionné ;
- 1416-1417 : châtelain non mentionné ;
- - : Amédée (Amed) Macet ;
- - : Henri de la Fléchère, châtelain-receveur ;
- - : Antoine Bolomier ;
- - : Antoine Hote, châtelain-receveur ;
- - : Alexandre de Montluel ;
- - : Antoine Hote ;
- -1466 : Alexandre de Montluel, châtelain-receveur ;
- - : Aymon, seigneur de Gryrie (?) ;
- - : de Chissé (Chissy), seigneur de Sennoz ;
- - (probablement ) : Angel(l)on de Chissé ;
- - : Jean de Genève, seigneur de Lullin et également châtelain de Rumilly-sous-Cornillon (1483-1515) et Sallanches (1484-1505) ;
- - (également receveur pour la période de au ) : François de Menthon ;
- - : Humbert de Thoyre (de Thoire) ;
- - : Humbert de Thoyre (de Thoire) est secrétaire ;
- - : Humbert de Thoyre (de Thoire) et Pierre Callige ;
- Administration de l'apanage de Genevois (1502-1659)[32]
- -1517 : Noble Humbert de Thoyre (de Thoire) ;
- 1515-1517 : Noble Jean Gringallet ;
- 1521-1528 : Noble Jean Gringallet ;
- 1530-1534 : Noble Pierre de Lestanche ;
- 1532-1533 : Noble Georges de Genève ;
De 1536 à 1567, la partie nord du duché est occupée par les bernois. Après 1567, les châtelains ne gardent plus qu'un rôle judiciaire, la fonction militaire étant dévolue à des fonctionnaires qui portent le titre de capitaine, commandant ou encore gouverneur de la fortification.
- 1535-1544 : Noble Georges de Genève ;
- 1544-1547 : Noble Nicolas Chamot ;
- 1547-1550 : Maître[Note 2] Pierre Donnier ;
- 1550-1553 : Noble Nicolas Chamot, qui subroge la charge à noble Nicolas Saultier ;
- 1552-1555 : Maître Pierre Donnier ;
- 1556-1559 : Maître Pierre Donnier ;
- 1559-1565 : Noble Jacques de Lestanche ;
- 1565-1568 : S. Etienne Decrouz
- 1565-1566 : Maître ou noble Pierre Vincent, châtelain pour le fait de justice ;
- 1566-1567 : Maître François Gringallet, châtelain pour le fait de justice ;
- 1567-1571 : Maître Jacques Corajod ;
- 1567 : Maître Jacques Corajod, châtelain pour le fait de justice ;
- 1577-1586 : Maître Pierre Pernod ;
- 1586-1592 : Maître Étienne Mouthon ;
- 1592-1598 : Maître Pierre Hugon ;
- 1595 à 1608 : mandement aliéné ;
- 1608-1616 : Maître Daniel Silvent ;
- 1622-1628 : Maître Alexandre Morens ;
- 1628-1634 : Maître Alexandre Corajod ;
- 1634-1640 : Maître Urbain Paget ;
- 1640-1646 : Maître Michel Donnier ;
- 1646-1652 : Maître Louis-Philippe Joly ;
- 1652-1653 : Maître Pierre Déage ;
- 1653-1658 Maître Pierre Guilliet ;
- 1658-1659 : Maître Michel Donnier.
Voir aussi
Bibliographie
- [PDF] Nicolas Payraud, « Châteaux, espace et société en Dauphiné et en Savoie du milieu du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle », HAL - Archives ouvertes, no tel-00998263, (lire en ligne).
extrait de sa Thèse de doctorat d'Histoire dirigée par Etienne Hubert, Université Lumière-Lyon-II (lire en ligne). - Guy Gavard (préf. Paul Guichonnet), Histoire d'Annemasse et des communes voisines : les relations avec Genève de l'époque romaine à l'an 2000, Montmélian, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes », , 439 p. (ISBN 978-2-84206-342-9, lire en ligne).
. - Matthieu de la Corbière, L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève : Étude des principautés et de l'habitat fortifié (XIIe – XIVe siècle), Annecy, Académie salésienne, .
. - Pierre Duparc, Le comté de Genève, (IXe – XVe siècles), t. XXXIX, Genève, Société d’histoire et d’archéologie de Genève, coll. « Mémoires et documents » (réimpr. 1978) (1re éd. 1955), 621 p.

- Christian Regat et François Aubert, Châteaux de Haute-Savoie : Chablais, Faucigny, Genevois, Éditions Cabédita, , 193 p. (ISBN 978-2-8829-5117-5), p. 32-33.
. - Louis Blondel, Châteaux de l'ancien diocèse de Genève, vol. 7, Société d'histoire et d'archéologie de Genève (réimpr. 1978) (1re éd. 1956), 486 p., p. 86, 98, 102, 189.
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Articles connexes
Fonds d'archives
Série : Comptes des châtellenies (1339-1515). Fonds : Comptes des châtellenies, des subsides, des revenus et des judicatures; Cote : SA SA 11851-11901. Chambéry : Archives départementales de la Savoie (présentation en ligne).- Série : SA (XIIIe siècle-XVIe siècle). Fonds : Inventaire-Index des comptes de châtellenie et de subsides. Chambéry : Archives départementales de la Savoie (lire en ligne).p. 434-439, « Mornex »