Cire épicuticulaire

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Les gouttes d'eau ne mouillent pas la cuticule cireuse des feuilles de graminées. Ce phénomène résulte d'une propriété des cires épicuticulaires, la superhydrophobie (parfois associée à l'effet lotus), observée chez la plupart des familles de plantes vasculaires, notamment chez les 12 000 espèces de graminées (à l'exception du maïs) qui dominent les plus grands biomes terrestres : le tapis herbeux des prairies, savanes, champs de blé et de riz couvrent 52,5 millions de km2. D'après un calcul approximatif, au moins 250 millions de km2 (incluant d'autres familles de plantes) sont superhydrophobes, ce qui correspond à plus de la moitié de la surface terrestre (chiffre probablement sous-estimé)[1].
La présence de cires épicuticulaires peut donner un aspect glauque aux organes (ici les feuilles vert poireau d'Allium porrum). La composition et la structure de ces cires se caractérise au niveau microscopique par une grande diversité de structures cristallines qui forment un filtre optique permettant de réfléchir de manière plus efficace les UV et le bleu au niveau de la surface des feuilles soumises à un stress abiotique que sont les radiations ultraviolettes[2].

La cuticule des plantes et des insectes est couverte par une cire épicuticulaire, constituée de composés appartenant à un vaste groupe de substances lipophiles, qui diminue la mouillabilité de la surface et réduit la perte d'humidité. La forme de ces sécrétions cireuses qui donnent à la surface de la cuticule un aspect luisant est un important caractère systématique ; des excroissances cireuses plus massives, appelées pruine, donnent à la cuticule un aspect givré ou poussiéreux.

Composition et analyse

La cire épicuticulaire est constituée principalement d'hydrocarbures aliphatiques à chaîne droite avec une variété de groupes substitués. C'est ainsi qu'on peut observer[3],[4] :

Des composés cycliques, comme les phytostérols, les triterpénoïdes pentacycliques et des flavonoïdes peuvent aussi être présents[5].

Ces composés sont pour la plupart solubles dans des solvants organiques comme le chloroforme et l'hexane, ce qui permet leur analyse chimique, mais chez certaines espèces l'estérification d'acides et d'alcools en étholides ou la polymérisation d'aldéhydes peuvent donner naissance à des composés insolubles. Les extraits obtenus par des solvants contiennent des cires épicuticulaires mélangées à des cires cuticulaires, souvent contaminées par des lipides des membranes des cellules sous-jacentes. La cire épicuticulaire a pu être isolée par des méthodes mécaniques[6] qui ont permis de la distinguer de la cire cuticulaire constituant le polymère cuticule et de démontrer qu'elles sont chimiquement distinctes et organisées en deux couches[7].

Ultrastructure

Cristaux de cire épicuticulaire entourant un stomate sur une feuille de rosier

Les cires épicuticulaires se présentent généralement sous la forme de cristalloïdes microscopiques en écailles ou en tubules dont l'orientation et l'ultrastructure sont un important caractère systématique[5]. La forme des cristaux dépend des composés présents : les alcools secondaires asymétriques et les ß-dicétones forment des nanotubes de cire creux, alors que les alcools primaires et secondaires symétriques forment des plaques planes[8].

Ces cires sont responsables des reflets bleutés ou glauques des nombreux épidermes (effet de diffraction sur leur ponctuation cuticulaire) et constituent la pruine des fruits[9].

Rôles

En augmentant la réflexion et la diffusion, les projections cristallines des dépôts cireux protègent la plante du rayonnement incident et réfléchissent les rayonnements UV ; grâce à leur faible mouillabilité, elles augmentent l'imperméabilité et créent une propriété d'auto-nettoyage connue comme l'effet lotus[10] ; enfin elles accroissent la résistance aux agents pathogènes en diminuant le risque de contamination par des poussières, des spores et autres microrganismes[5].

Les cires épicuticulaires étant très hydrophobes, leur destruction augmente l'absorption foliaire[11].

Chez les insectes

Notes et références

Voir aussi

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