Clémence de Grandval
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8e arrondissement de Paris
| Naissance | |
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| Décès |
(à 78 ans) 8e arrondissement de Paris |
| Nom de naissance |
Maria-Félicie-Clémence de Reiset |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Famille | |
| Père |
Léonard Jean Népomucène de Reiset (d) |
| Mère |
Adèle de Reiset (d) |
| Conjoint |
Charles Grégoire Amable Enlart de Grandval (d) |
| Mouvement | |
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| Tessiture | |
| Maîtres | |
| Distinctions |
Maria-Félicie-Clémence de Reiset, Madame de Grandval est une pianiste, compositrice et cantatrice française née le [1] au château de la Cour du Bois près du village de Saint-Rémy-des-Monts (Sarthe) et morte le à Paris.
Elle reçoit le Prix Rossini pour la Fille de Jaïre en 1880[2].
Fille du baron de Reiset, officier et de Louise Adèle du Temple de Mésières, elle étudie, dès l'âge de six ans, la musique. Vers l'âge de 12, 13 ans, elle se forme auprès de Friedrich von Flotow (un ami de la famille) et, plus tard, de Camille Saint-Saëns pour la composition. Elle prend, également, quelques leçons de piano auprès de Frédéric Chopin et est formée au chant avec Laure Cynthie Damoreau[3].
Elle épouse en 1851 le vicomte de Grandval, un officier et son aîné de quinze ans. Ils ont deux enfants : Thérèse et Isabelle. Thérèse qui est née en 1852 survit, tandis que sa sœur périt[4]. Elle reprend ses études de composition avec Saint-Saëns pendant deux années.
Elle commence sa carrière en présentant le Sou de Lise (1859) sous le pseudonyme de Caroline Blangy et les Fiancés de rose (1863) sous le pseudonyme de Clémence Valgrand. Elle doit lutter contre les préjugés liés à sa condition de femme artiste. Camille Saint-Saëns, écrit, en évoquant ses mélodies, « Elles seraient certainement célèbres si leur auteur n'avait le tort, irrémédiable auprès de bien des gens, d'être femme »[5]. En 1880, elle est, avec le librettiste Paul Collin, la première bénéficiaire du Prix Rossini pour sa scène religieuse La Fille de Jaïre.
Du fait de sa position sociale, elle a publié beaucoup de ses morceaux sous des pseudonymes comme Caroline Blangy, Clémence Valgrand (déjà cités), Maria Felicita de Reiset et Maria de Reiset Tesier.
Ses premières œuvres sont consacrées à la musique sacrée, notamment un STABAT MATER créé avec succès à Paris le , qui fut son œuvre la plus populaire puisqu'elle fut distribuée dans les conservatoires, maîtrises ou bibliothèques. Le STABAT va rapidement s'imposer au répertoire de nombreuses sociétés de concerts et de grandes églises à Paris et en Province.
Puis, elle écrit plusieurs opéras comme La Comtesse Eva, La Pénitente, Piccolino et Mazeppa. Elle compose des œuvres instrumentales, notamment pour le hautbois. Elle joue un rôle majeur auprès de la Société nationale de musique et, du fait de sa contribution financière demandée à plusieurs reprises, elle est la compositrice la plus jouée.
Le , elle se produit à la salle Pleyel, à Paris dans le cadre de la Société nationale de musique avec une œuvre Messe Benedictus en compagnie de Marie Trélat et M. Miquel.
Elle écrit également un oratorio Sainte Agnès, représenté le à Paris, ainsi qu'un poème lyrique pour solistes, chœur et orchestre La Forêt ().
Cantatrice, elle compose une soixantaine de mélodies. Elle s'entoure de librettistes célèbres : Michel Carré, Henri Meilhac, Georges Hartmann, Charles Grandmougin et Louis Gallet.
Après son ultime opéra Mazeppa créée en 1892 au Grand-Théâtre de Bordeaux et la représentation de l’œuvre accompagnée au piano par elle-même à la salle Pleyel en 1894, Clémence de Grandval prit doucement ses distances avec l’interprétation et la composition et décéda le à Paris[3]. Laissant derrière elle une importante production musicale dont peu d’œuvres symphoniques et lyriques nous restent à la suite de la perte de ces dernières[4].
Elle est considérée comme l'une des compositrices les plus prolifiques et, malgré la disparition de son époux en 1886, passe pour s'être totalement dédiée à son art. En 1890[6], elle reçoit le prix Chartier de composition musicale pour ses œuvres de musique de chambre.
Son dernier opéra : Mazeppa
Le eu lieu la création de Mazzeppa au Grand Théâtre de Bordeaux. Sur un livret de Charles Grandmougin et de Georges Hartmann, qui est selon Florence Launay « certainement basé, […] sur des œuvres de Kondraty Ryleev (Voynarovsky) et de Pouchkine (Poltava). »[7]. Reprenant des éléments de la légende mais aussi des poèmes de Victor Hugo et de Lord Byron. C’est un opéra en cinq actes « durchkomponiert », reprenant un sujet russo-ukrainien, dans lequel divers thèmes populaires peuvent être entendus, surtout dans le Divertissement [Ballet] de l’acte IV où nous pouvons entendre plusieurs thèmes slaves. Florence Launay parle des meilleures pages comme étant « les sommets d’émotion vocale, autant les scènes de conflits et d’exaltation guerrière que dans les passages sentimentaux »[8], rappelant ainsi l’aisance d’écriture de Mme C. de Grandval pour la voix (à cette date, Clémence de Grandval avait déjà composé des oratorios et des mélodies). Grand succès, le Grand-Théâtre de Bordeaux décida de le rejouer l’année suivante[9]. Une représentation parisienne fut donnée à la salle Pleyel en , accompagnée au piano par la compositrice elle-même[3].
Œuvre
Opéras
- Le Sou de Lise (1859)
- Les Fiancés de Rosa (1863), livret d'Adolphe Choler
- La Comtesse Eva (Baden Baden, ), livret de Michel Carré
- Dona Maria Infante d'Espagne (1865), livret de Leiser
- La Pénitente (1868), livret de Henri Meilhac et William Busnach Bertrand
- Piccolino (1869), livret de Achille de Lauzières
- La Forêt : poème lyrique (1875), livret de Clémence de Grandval
- Atala : lyrique poème (c. 1888), livret de Louis Gallet
- Mazeppa (Bordeaux, ), livret de Charles Grandmougin et Georges Hartmann
- Le Bouclier de diamant, signalé en 1898 par Jules Huret, il n'a jamais été joué
Musique sacrée et vocale
- Messe pour chœur et orchestre (Paris, 1867)
- Stabat Mater (1870), cantate
- Agnus Dei
- Gratias
- Kyrie
- Pater noster, 1863
- O salutaris
- Jeanne d'Arc : scène (1862), livret de Casimir Delavigne
- Regrets : scène-mélodie (1866)
- Absents : scène-Mélodie (1866)
- Sainte-Agnès (1876), oratorio sur un livret de Louis Gallet
- Villanelle (1877), duo avec flûte
- La Ronde des songes : scène fantastique (1880), livret de Paul Collin
- La Fille de Jaïre (1880), oratorio sur un livret de Paul Collin
- Heures pour 4 voix
- Rien du tout, cantate
Musique orchestrale
- Une symphonie a été jouée en 1851 par la Société philharmonique de Berlioz
- Gavotte pour piano et orchestre (1885)
- Concertino pour violon et orchestre
- Concerto pour hautbois en ré mineur, opus 7, créé par le hautboïste Georges Gillet en 1878
- Esquisses symphoniques (1874)
- Ronde de nuit (1879)
- Divertissement hongrois (vers 1890)
- Callirhoé, ballet - symphonie
Musique de chambre
- Grande sonate pour piano et violon, op. 8 (1851)
- Suite de morceaux pour flûte et piano (1877)
- Chanson suisse pour violoncelle et piano (1882)
- 3 pièces pour violoncelle et piano (Andante con moto – Sérénade et Chant serbe) (1882)
- 2 pièces pour violon et piano (1882)
- Prélude et variations pour violon et piano (1882)
- Ronde de nuit (1883), arrangement pour 2 pianos
- 2 pièces pour hautbois, violoncelle et piano (Romance et Gavotte) (1884)
- Gavotte pour violoncelle, contrebasse et piano (1885)
- 2 pièces pour clarinette et piano (Invocation et Air slave) (1885)
- Andante et intermezzo pour piano, violon et violoncelle (1889)
- Morceaux pour cor anglais (ou clarinette) (vers 1900)
- 2 nocturnes pour piano, opus 5 et 6
- Sonate pour violon et piano, opus 8
- Mazurka du ballet pour 2 pianos
- Musette pour violon
- Offertoire pour violon, violoncelle, harpe et piano
- 4 pièces pour cor anglais et piano
- Romance pour violoncelle, contrebasse et piano
- Septuor
- Trio pour hautbois, basson et piano
- Trio pour hautbois, violoncelle et piano
- 2 trios pour piano, violon et violoncelle
- Valse mélancolique pour flûte et harpe
Mélodies
- Collection 50 chansons (c. 1860) : Trilby, texte de PS Nibelle
- L'Absence, texte de François de Malherbe
- Le Bohémien (1864), texte de Michel Carré
- La délaissée (1867), texte de Jean du Boys
- Avril (1869), texte de Rémy Belleau
- Éternité (1883), texte de Paul Collin
- Six poésies de Sully Prudhomme (1884)
- Noël! (1901), texte de Sully Prudhomme
- Menuet (1902), texte de Fernand Gregh
- Fleur de matin, en duo
- Les Lucioles, texte d'Ernest Legouvé
- Les Papillons, texte de Théophile Gautier
- Rose et Violette, en duo