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Cléo de 5 à 7

film d'Agnès Varda (1962) From Wikipedia, the free encyclopedia

Cléo de 5 à 7 est un film français réalisé par Agnès Varda et sorti en 1962.

Titre original Cléo de 5 à 7
Réalisation Agnès Varda
Scénario Agnès Varda
Faits en bref Titre original, Réalisation ...
Cléo de 5 à 7
Description de cette image, également commentée ci-après
Corinne Marchand « Cléo » en 1962, à l'époque du film.
Titre original Cléo de 5 à 7
Réalisation Agnès Varda
Scénario Agnès Varda
Musique Michel Legrand
Acteurs principaux Corinne Marchand
Dominique Davray
José Luis de Vilallonga
Michel Legrand
Dorothée Blanck
Antoine Bourseiller
Sociétés de production Rome-Paris Films
Pays de production Drapeau de la France France
Genre Comédie dramatique
Durée 90 min
Sortie 1962

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

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Synopsis

L'action se déroule en temps réel, le [1],[Note 1] à Paris. Cléo, une jeune et belle chanteuse plutôt frivole, craint d'être atteinte d'un cancer. Il est 17 heures et elle doit récupérer les résultats de ses examens médicaux dans 2 heures. Pour tromper sa peur, elle cherche un soutien dans son entourage. Elle va se heurter à l'incrédulité, voire à l'indifférence, et mesurer la vacuité de son existence. Elle va finalement trouver le réconfort auprès d'un inconnu à l'issue de son errance angoissée dans Paris.

Fiche technique

Distribution

Agnès Varda et Corinne Marchand en 1962 pour la Mostra de Venise.
Par ordre d'apparition à l'écran

Film burlesque muet : Les Fiancés du pont Macdonald

Chansons

1961 : BO Cléo de 5 à 7, quatre chansons écrites par Agnès Varda sur des musiques de Michel Legrand, interprétées par Corinne Marchand. Édition sur super 45 tours Philips 432-596 BE[2].

Première réédition en 1991 sur CD Le Mépris, compilation BO Hortensia (CD FMC 529), distribution BMG France (BNF 38197391).

Liste des titres :

  1. Sans toi[Note 4]
  2. La Menteuse
  3. La Joueuse
  4. La Belle P…[Note 5]

Production

Der Tod und das Mädchen (La Mort et la Jeune Fille) de Hans Baldung Grien (1517). Kunstmuseum (Bâle).

Genèse

La chanteuse Cléo, imaginée par Agnès Varda, déambulant dans les rues de Paris avec la peur au ventre d'être mortellement atteinte d'un cancer, a été fortement inspirée par les peintures de Hans Baldung « Grien » où de jeunes femmes sont enlacées par un squelette. La toile La Mort et la Jeune Fille où le squelette tire par les cheveux une femme blonde est notamment devenue, pour Agnès Varda, « Le sens du film »[3]. En effet, lors du tournage des scènes intérieures dans le loft de Cléo, la réalisatrice a punaisé une reproduction de cette peinture sur un pilier, car c'était « Une toute petite image à regarder, mais pour moi une très grande image mentale au centre de mon projet »[Note 6].

Histoire de saison : Agnès Varda voulait filmer le 21 mars pour « capter dans Paris le passage merveilleux de l'hiver au printemps avec les jardins passant du dessin à la plume à la peinture impressionniste ». Pour des raisons financières, le tournage ne put commencer que le 1er juin, pour s'achever huit semaines plus tard. Le film bénéficie quand même d'images d'un blanc cotonneux, lors des scènes tournées à 6 heures du matin au parc Montsouris, pour une action censée se passer à 18 heures.

Les Fiancés du pont Macdonald : pour ce mini-film dans le film, burlesque, mais néanmoins clé de voûte de l'histoire de Cléo, Agnès Varda a fait appel à des copains. Les Fiancés, c'est le couple Godard-Karina, vedette de la Nouvelle Vague et entouré de ses comparses. On aperçoit Frey et Brialy, le cinéma vétéran étant représenté par le couple Delorme-Robert. Pour Varda, cela reste « un souvenir qui symbolise la Nouvelle Vague telle que nous l'avons vécue, l'imagination au pouvoir et l'amitié en action. »

Scénario

Découpage en chapitres numérotés qui s’affichent avec leur minutage et le prénom du personnage moteur de la séquence. En même temps, ce décompte marque l’inexorable progression vers des résultats redoutés. Dans la Revue belge du cinéma[4], Bernard Pingaud écrit : « Je ferai une remarque sur la division, au premier abord irritante, du film en treize petits chapitres. […] L'ironie mathématique de ces annonces est une manière de nous avertir, par l'absurde, que le temps ne compte plus. C'est comme si nous voyions tomber un à un les grains du sablier, tandis que sur l'écran, dans l'attente de l’heure fatidique, se déroulait un spectacle destiné à distraire notre attention. Le minutage du drame accuse son inconsistance et l'apparente inutilité des gestes qui remplissent ce long entracte. […] Mais les noms que l'auteur place en tête des chapitres (Cléo, Angèle, Bob, Dorothée, Raoul, Antoine) veulent dire plus. Ils signifient que, pour un moment, nous allons adopter le point de vue de tel ou tel personnage. »

Tournage

Période de prises de vue : juin-juillet 1961.

Extérieurs à Paris dans l'ordre chronologique du scénario[5] :

Extérieurs pour Les Fiancés du pont Macdonald : 19e arrondissement (quartier de la Villette).

Intérieurs (loft de Cléo) : 10e arrondissement (quartier de la Fontaine-au-Roi)[Note 7],[1].

« J'ai tourné Cléo, dit Agnès Varda, pour prouver à Beauregard (le producteur) que je pouvais faire un film de moins de 50 millions d'anciens francs »[7] (500 000 nouveaux francs). En 1962, le coût moyen d'un film français était de 2,37 millions de francs, alors qu'en 1969 il était de 2,58 millions de francs[8].

Restauration

En 2012, 50 ans après sa sortie, le film est restauré : numérisation 2K (formats DCP et 35 mm) par les Archives françaises du film/CNC, les laboratoires Digimage et Elude pour le son[9]. Agnès Varda en a supervisé l'étalonnage en précisant « conformément aux désirs et aux choix de Jean Rabier, chef opérateur, et de moi-même »[10].

Accueil

  • Jean-Yves Bloch[11] : « Intégrant les apports du « cinéma-vérité », mais ayant d’ores et déjà conscience de ses limites, Agnès Varda a bâti une œuvre qui, par ses méthodes de tournage et sa construction, résout avec le plus grand art l’une des interrogations brûlantes du cinéma de son époque. […] Par cet état de synthèse entre objectivisme et subjectivisme déjà précédemment recherché par l’auteur dans La Pointe courte et dans L'Opéra-Mouffe, la cinéaste nous livre, en 1962, un film qui conserve aujourd’hui toute sa force. »
  • Télérama[Note 11] :
    — Marine Landrot : « Avec intelligence, Agnès Varda canalise les battements d'ailes de son papillon angoissé par la mort. Pariant sur l'infini des miroirs et des arrêts sur image, elle lui offre des secondes d'éternité, tout en orchestrant violemment la vie autour d'elle et sans elle. La cinéaste regarde Paris tendrement et sauvagement : elle ausculte la capitale, lui fait ouvrir grand la bouche pour montrer ses mangeurs de grenouilles, ses parcs, ses autobus à plate-forme, ses potaches des Beaux-Arts, ses passants curieux. « Tant que je suis vivante, je suis belle », semble crier la ville, inversant avec insolence l'hymne de survie de Cléo. Un film fragile et léger, qui cherche à aider les hommes à supporter leur aveuglante condition de mortels. »
    — Louis Guichard : « Cléo attend confirmation d'un diagnostic médical des plus angoissants. La mort plane sur les deux heures à tuer avant le rendez-vous à l'hôpital parisien de la Salpêtrière. [...] Elle [Agnès Varda] filme d'abord un compte à rebours. Elle explore la dictature banale et fantastique des minutes, marquée en surimpression, ou bien sur les horloges et les montres, partout. Et, miracle, la rigueur du style, la contrainte du chronomètre et la possibilité du pire libèrent le personnage : on croirait assister à l'invention de l'héroïne moderne. La jolie chanteuse yéyé (métier de Cléo) égocentrée et narcissique des premières scènes cède peu à peu la place à une autre femme, non plus objet mais sujet, qui regarde, qui écoute, qui se laisse enfin atteindre par les autres. C'est l'histoire inoubliable d'une transfiguration. »
  • AllMovie 4,5/5 étoiles[12] : « Le film propose le méticuleux dossier de la capacité d’une femme à observer, rêver, et sentir. En temps quasi réel, nous suivons la chanteuse pop Cléo (Corinne Marchand) qui attend le verdict de son médecin après la recherche d'un possible cas de cancer ; bien que le sujet soit déchirant, l'efficace direction de Varda empêche le film de devenir pathétique. Au cinéma de la Nouvelle Vague, elle intègre toutes les techniques qui lui conviennent : une bande sonore ondoyante qui capte les conversations de personnages secondaires ; des prises de vue subjectives ; des titres qui découpent le film en chapitres ; et des bribes de scènes de rue de style documentaire. Au lieu d’encombrer le film, les parements de Varda sont d'une brièveté qualité existentielle qui souligne l'attente des résultats imminents par Cléo sans banaliser sa situation. Corinne Marchand aide considérablement la réalisatrice : son interprétation intuitive évoque l'intelligence d'une Marilyn Monroe affligée d'un malaise spirituel. »

Distinctions

Récompenses

Nomination et sélections

Notes et références

Voir aussi

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