Clare Bronfman
héritière et criminelle américaine
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Clare Bronfman est une héritière et criminelle américaine, ancienne dirigeante de NXIVM, une organisation accusée d'être un système de vente pyramidale et une secte. Elle est la fille cadette de l'homme d'affaires canado-américain Edgar M. Bronfman, ancien président du groupe Seagram.
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Rita Webb (d) |
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Emprisonnement (), amende () |
Biographie
Famille et enfance
Clare Bronfman naît en à New York. Elle est la fille de Edgar Bronfman Sr. (1929–2013), président de l'entreprise canadienne Seagram, et de Rita Webb (plus tard rebaptisée Georgiana)[1],[2]. Ses parents se rencontrent à Marbella, en Espagne, et se marient en 1975[1],[3]. Clare est la petite-fille de Samuel Bronfman, fondateur de Seagram, et la demi-sœur de Edgar Bronfman Jr. (ancien PDG de Warner Music Group). Sa famille est une dynastie influente du monde des affaires et de la philanthropie juive[1],[4]. Elle a une sœur aînée, Sara Bronfman, née en 1976. Après le second divorce de leurs parents, elles grandissent principalement en Angleterre et au Kenya, auprès de leur mère. Elles rendent visite à leur père dans ses propriétés de Virginie, New York, et Sun Valley (Idaho)[1],[2],[5].
Carrière équestre
Entre 1999 et 2002, Clare Bronfman se distingue dans le saut d’obstacles à l’échelle internationale. En , elle participe au Millstreet Indoor International Horse Show en Irlande[6]. Ses performances incluent une 7e place en équipe lors de la finale mondiale de la Coupe des Nations Samsung (CSIO) le [7], ainsi qu’une victoire au Grand Prix de Rome le , où son équipe se classe 6ᵉ de la compétition[8],[9].
Elle participe aux qualifications pour les Jeux olympiques de 2004, mais n'est pas sélectionnée dans l'équipe américaine. Elle décide d'abandonner sa carrière sportive l'année suivante, en 2005[2],[9].
Implication dans NXIVM
Clara Bronfman rejoint NXIVM en 2003, peu après sa sœur Sara. Elle assiste à son premier cours intensif dans un des centres mexicains de l'organisation, à Monterrey[1],[9]. Les deux sœurs deviennent des formatrices et le principal soutien financier de NXIVM, investissant une partie de leur fortune, héritée de l'entreprise familiale, dans le développement des activités du groupe[1],[4].
Financement
En , lors d'un évènement célébrant l'anniversaire du leader Keith Raniere, Clare et Sara Bronfman effectuent un don de 20 millions de dollars pour la création d'une fondation « éthique », le World Ethical Foundations Consortium, ainsi que d'autres entités comme l'Ethical Science Foundation et le Rainbow Cultural Garden[1],[9].
Entre 2005 et 2007, les deux héritières couvrent les pertes financières de Raniere – estimées à 65,6 millions de dollars – à la suite de mauvais placements sur le marché des matières premières[1],[2].
En 2009, elles dépensent environ 1 million d'euros pour organiser la venue du Dalaï-lama à un évènement du World Ethical Foundations Consortium[10]. La visite du guide spirituel tibétain suscite une vive polémique dans la presse locale, conduisant à l'annulation de l'évènement. Il fait finalement une apparition aux côtés de Raniere lors d'une conférence à Albany, le [1],[10].
Elles financent également de nombreuses et couteuses poursuites judiciaires à l'encontre des critiques de Keith Raniere, principalement d'anciens membres ayant quitté NXIVM[3],[4],[11]. Selon des estimations, environ 150 millions de dollars sont dépensés par Sara et Clare Bronfman entre 2004 et 2010, dont 50 millions de dollars à cette seule fin[1],[2],[8],[12].
Conflit avec son père
Edgar Bronfman Sr. participe aux activités de NXIVM pendant plusieurs mois, multipliant les entretiens individuels avec Nancy Salzman (présidente de NXIVM). Il rompt tout lien avec le groupe après avoir découvert que sa fille avait accordé un prêt de 2 millions de dollars à un associé de Keith Raniere et Nancy Salzman[1],[2],[9]. En , le magazine Forbes publie une enquête révélant le fonctionnement de NXIVM et l'adulation de son fondateur, perçue comme une dérive sectaire[9],[13]. L'article cite Edgar M. Bronfman, qui qualifie l'organisation de « secte »[13]. Les critiques et l'attention indésirable suscitée par cet épisode médiatique sont reprochées à Clare Bronfman, et utilisées par Raniere et Salzman pour qu'elle se sente redevable[2],[4].
Selon des documents judiciaires, Clare Bronfman aurait installé un logiciel espion sur l’ordinateur de son père, permettant à NXIVM d’accéder à ses e-mails pendant des années[14],[15].
Arrestation et procès
Le , dans le cadre de l'enquête sur NXIVM, Clare Bronfman est arrêtée à New York par les autorités fédérales. Elle est accusée de blanchiment d'argent et usurpation d'identité, deux chefs d'accusation directement liés à son implication au sein de l'organisation. Son arrestation survient quatre mois après celle de Keith Raniere, et le même jour que Nancy Salzman, Lauren Salzman et Kathy L. Russell[16],[17]. Clare Bronfman est libérée contre une caution record de 100 millions de dollars et placée sous surveillance électronique avec assignation à résidence[4],[17].
Le , dans le cadre d'un accord, elle reconnaît avoir dissimulé et hébergé une étrangère en situation irrégulière, pour « du travail et des services » non rémunérés, ainsi que l'usage frauduleux de documents d'identité[8],[18],[19].
Elle n’est pas officiellement inculpée pour les crimes sexuels commis au sein de NXIVM, mais la justice estime que son soutien financier a facilité les agissements criminels de Keith Raniere[20].
Lors de l’audience, le juge Nicholas Garaufis souligne son rôle central dans la répression des opposants de NXIVM, déclarant : « Je suis troublé par les éléments qui suggèrent que Mme Bronfman a utilisé de manière répétée et constante sa richesse et son statut social comme moyen d'intimider, de contrôler et de punir »[21]. Dans une lettre adressée au juge, un mois plus tôt, Clare Bronfman refuse de désavouer Raniere, expliquant que les enseignements de NXIVM « ont grandement changé sa vie »[19],[20],[22].
Condamnation
Le , Clare Bronfman est condamnée à six ans et neuf mois de prison, 500 000 dollars d'amende et 96 605,25 dollars de restitution à une victime[19],[20],[21],[23]. Conformément à son accord de plaidoyer, six millions de dollars de sa fortune personnelle sont confisqués[19],[23]. Ses avocats dénoncent une peine disproportionnée, supérieure aux réquisitions du procureur, et font appel de la sentence[5],[21]. Le , la cour d'appel confirme la peine prononcée[24],[25].