Clarice Herzog
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Clarice Herzog, née le à Sao Paulo est une scénariste brésilienne. Elle est la veuve du journaliste et dramaturge Vladimir Herzog torturé et assassiné en 1975 dans le contexte de la dictature brésilienne (1964-1985). Clarice Herzog lutte pour la reconnaissance de l'assassinat de son mari, maquillé en suicide par les militaires. En 2009, elle porte plainte devant la Cour interaméricaine des droits de l'homme de l'Organisation des États américains et obtient que la vérité soit reconnue. En 2024, la Commission d'amnistie brésilienne reconnaît à l'unanimité son amnistie politique.

Clarice Herzog naît le à Sao Paulo. Elle est diplômée en sciences sociales et commence sa carrière dans les études marketing. Elle est critique du parti communiste, quittant une réunion comportant une séance d'autocritique qu'elle n'accepte pas. Elle rencontre Vladimir Herzog alors qu'elle est étudiante à l’université de Sao Paulo en 1962. Ils se marient civilement en [1]. À peine deux mois plus tard, le putsch militaire est mis en œuvre au Brésil et la dictature est instaurée. Le couple part pour Londres où Vladimir travaille pour la BBC. Clarice Herzog durant ces années accouche de ses deux enfants Ivo et André. Le couple rentre au Brésil en 1968, au début des années de plomb[2].
Vladimir Herzog est arrêté après une intense campagne de diffamation l'accusant d'être communiste, parti qu'il a rejoint alors qu'il travaille pour le magazine culturel Visao. Il y avait alors deux structures militant contre la dictature : l'église catholique et le parti communiste. En tant que juif il ne pouvait rejoindre l'église catholique[2]. Vladimir Herzog est arrêté par la Doi-Codi, organe de répression de l'armée brésilienne pendant la dictature militaire[1]. Le lendemain de son arrestation, on annonce à Clarice qu'il s'est suicidé en prison. Malgré les protestations de la famille et de Clarice Herzog, qui réfute la thèse du suicide, Vladimir Herzog est enterré dans la section juive réservée aux suicides selon les rites en vigueur dans la communauté juive[3].
Eunice, Clarice, Thereza (1979)
En 1979 le cinéaste Joatan Vilela Berbel réalise un court métrage documentaire intitulé Eunice, Clarice, Thereza (es)[4] relatant le calvaire de Eunive Paiva, Clarice Herzog et Thereza Fiel (veuve de l'ouvrier Manoel Fiel Filho assassiné en 1976), dont les conjoints ont été enlevés et assassinés durant la dictature. Walter Salles et Glênis Cardoso ont par la suite restauré le film[5].
Décisions de justice en 2024 et 2025
Durant des années Clarice Herzog se bat pour faire reconnaître l'assassinat de son mari. En 2009, elle porte l'affaire devant la Cour interaméricaine des droits de l'homme de l'Organisation des États américains (CIDH/OEA), avec l'appui du Center for Justice and International Law (CEJIL), créant un précédent pour les autres familles de victimes[1],[6]. Elle dénonce également l'impunité de ses tortionnaires, qui exercent ou ont exercé dans la fonction publique, en particulier José Maria Marin, 26e gouverneur de l'État de São Paulo en 1982 et président de la Confédération brésilienne de football (CBF) de 2012 à 2014[7].
Clarice Herzog a été persécutée pendant treize ans par l’État brésilien à cause des démarches qu'elle mène pour élucider les conditions du meurtre de son mari. En 2024, la Commission d'amnistie brésilienne reconnaît à l'unanimité son amnistie politique et ordonne le versement d'une indemnité[8],[9]. En 2025, la Cour fédérale lui octroie une pension à vie en reconnaissance des dommages subis par le meurtre de son mari d'un montant de 5 900 dollars mensuels[10].

Hommage et postérité

Une interview de Clarice Herzog est entreposée sur le site du musée virtuel Museu da Pessoa (pt) de Sao Paulo[11].
La présidente Dilma Rousseff lui remet le Prix des droits de l'homme 2011 dans la catégorie Droit à la mémoire et à la vérité à l'Institut Vladimir Herzog.