Climat de la Drôme
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Le département de la Drôme est une zone climatique de transition, largement marquée par les différences d'altitude (46 m à 2454 m) et traversée par le 45ème parallèle (mi-chemin entre l'Équateur et le Pôle Nord).

Plusieurs formes climatiques se côtoient : le climat méditerranéen, le climat continental, le climat océanique et le climat montagnard. La Drôme est principalement soumis au climat méditerranéen (voir Climat de la France). Le nord du département connaît un climat méditerranéen altéré par des influences océaniques et continentales tandis que les massifs préalpins de l'est connaissent un climat montagnard, plus froid. Il existe une grande variabilité et un remarquable mélange entre ces influences en fonction de l'endroit où l'on se trouve dans le département. Si les influences méditerranéennes remontent facilement le couloir rhodanien, les influences continentales le redescendent avec la même facilité.

Le climat du département est régi par deux types de vents principaux : le mistral (vent du nord) et le marin (vent de sud). Le mistral assèche l'air tandis que le marin apporte de l'air doux et humide de Méditerranée. Ces vents peuvent être violents, notamment en vallée du Rhône. Leur présence se fait plus rare à l'est.
Malgré d'importantes différences intérieures et variabilité d'une année sur l'autre, l'ensoleillement annuel est estimé de 2000 à 2800 heures environ du nord au Sud[1]. Il est en moyenne de 2500 heures par an à Valence. En 2020, la Drôme occupe la 8e place des départements les plus ensoleillés de France, entre la Haute-Corse et la Corse-du-Sud[2].

La pluviométrie annuelle est assez importante : environ 750 à 950 mm pour les stations de plaine[3],[4]. Les pluies sont relativement bien réparties sur les 12 mois de l'année au nord et prennent de plus en plus d'importance en automne tout en devenant de plus en plus rares l'été et l'hiver (les deux saisons sèches) en allant vers le sud.
On compte environ 20 jours par an avec chutes de neige en moyenne sur le nord de la Drôme (bien plus en montagne) et de moins en moins en allant vers le sud (10 jours avec chutes de neige à Montélimar). Les épisodes neigeux importants (>10 cm au sol) ne sont pas rares en vallée du Rhône et même ces dernières années : novembre 2019, janvier 2017, février 2013, mars et , (par deux fois), , , , , , , etc.

La Drôme est un des départements les plus foudroyés par les orages avec le Vaucluse et l'Ardèche. Les orages sont intenses, surtout en automne, mais peuvent l'être également en été en cas de flux d'est avec un peu d'air frais en altitude (205 mm tombés en 2 heures lors d'un orage isolé à Montélimar le ).
L'amplitude thermique annuelle est importante (caractéristique du caractère continental) : température moyenne en plaine de 4 à 6 °C environ en janvier, contre 22 à 24 °C environ en juillet.
Le climat du département a connu une évolution caractérisée par une augmentation des températures et des épisodes de sécheresse depuis la fin du XXe siècle.
Les zones climatiques sont les suivantes[5] :
- Au nord et à l'est de la plaine de Valence, le climat est qualifié de climat méditerranéen dégradé ou altéré[5] car il est en partie soumis à des influences océaniques et semi-continentales, les pluies connaissent des maxima de printemps et d'automne d'importance à peu près similaire. La sécheresse d'été est plus modérée que dans le sud du département et le mistral (vent du nord) ne souffle pas aussi fort.
- La plaine de Valence est une zone de transition, le climat méditerranéen s'affirme, avec une sécheresse d'été plus intense, l'ensoleillement y augmente rapidement (2500 heures de soleil par an à Valence), et cela se traduit par l'apparition d'une végétation méditerranéenne typique. Valence a une température moyenne d'environ 4,5 °C en janvier et 22,5 °C en juillet (station Météo-France de l'aéroport de Valence-Chabeuil, à 160m d'altitude) [6]. Contribuant à assécher l'air et la terre, le mistral souffle fortement, le long de la vallée du Rhône surtout, son influence s'atténuant progressivement vers l'est. La pluviométrie est relativement élevée toute l'année, grâce notamment aux nombreux orages[7] engendrés par le vent du sud (marin). Valence a un moyenne de 870 mm de précipitation annuelle avec un minimum en février de 46 mm et un maximum en octobre avec 123 mm[6]. La végétation méditerranéenne (pin maritime, chêne vert, genêt, thym sauvage, immortelle, etc) se rencontre spécialement sur les adrets, sur les terrains pauvres comme la molasse (alentours de Mours-St-Eusèbe par exemple), calcaires (St Nazaire-en-Royans) ou granitiques (à Tain, où se cultivait autrefois l'olivier, remplacé depuis le gel de 1956 par la vigne et les arbres fruitiers). On y cultive la vigne ou les arbres fruitiers comme le pêcher (dont Châteauneuf-sur-Isère est la capitale nationale). Depuis quelques années, la culture de l'olive y fait sont retour aux côtés d'autres cultures méditerranéennes telles que la grenade ou la pistache [8]. La végétation continentale (hêtre, appelé localement fayard, châtaignier, etc) se trouve plutôt sur les hauteurs, les ubacs (Monts du Matin par exemple) ou les terres plus argileuses. On y cultive le noyer. Les deux influences s'entremêlent parfois sur de très courtes distances.
- Le climat prend un caractère méditerranéen plus franc à partir du sud de la plaine de Valence: on peut fixer une limite au niveau du défilé de Cruas-Meysse, frontière naturelle entre la plaine de Valence et le bassin de Montélimar à partir duquel apparaissent traditionnellement les premières cultures d'oliviers. C’est ensuite le défilé de Donzère qui marque l’ultime limite du climat méditerranéen franc: le sud du département subit un climat clairement méso-méditerranéen (culture de l'olivier omniprésente) avec renforcement du mistral et une sécheresse d'été encore plus affirmée, les orages d'été sont plus rares. Le maximum pluviométrique d'automne devient plus net et celui de printemps diminue. Les hivers sont plus doux que dans le nord du département. Pierrelatte a une température moyenne d'environ 6 °C en janvier et de 24 °C en juillet, avec des records compris entre -12°C et 41°C, et une moyenne de 795 mm de précipitation annuelle avec un minimum de 38 mm en février et un maximum de 111 mm en novembre (station Météo-France, altitude 50m)[9]. En retrait de la zone du mistral mais aérée par un vent local d'origine alpine (le Pontias[10]) qui "débouche" le ciel rapidement, la région de Nyons a le microclimat le plus ensoleillé du département, ainsi que les températures les plus douces. Ce climat est réputé pour le traitement des rhumatismes et a attiré des résidents du troisième âge, ce qui a contribué à valoir à Nyons le surnom de "petit Nice".
- À l'est, l'influence de la montagne s'affirme. À Lus-la-Croix-Haute à 1 060 m d'altitude la température moyenne annuelle est de 7,5 °C, avec des records compris entre -23°C et 35°C, et la pluviométrie annuelle moyenne est de 1 050 mm. Dans le Vercors, le climat est de type montagnard à influence océanique. La limite entre le climat des Alpes du Nord et celui des Alpes du Sud se situe au col du Rousset[11]. Le Sud du Vercors, le Diois et les Baronnies sont plus sèches, l'influence méditerranéenne s'affirme avec un minimum pluviométrique d'été plus accusé. Même à basse altitude, les températures minimales d'hiver sont plus basses que dans la vallée du Rhône mais le mistral y est beaucoup moins sensible.


