Collégiale Notre-Dame de Lamballe
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| Collégiale Notre-Dame de Lamballe | |||
Collégiale Notre-Dame-de-Grande-Puissance. | |||
| Présentation | |||
|---|---|---|---|
| Culte | Catholique romain | ||
| Type | Collégiale | ||
| Rattachement | Diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier | ||
| Protection | |||
| Site web | Paroisse ND de Grande Puissance de Lamballe | ||
| Géographie | |||
| Pays | |||
| Région | |||
| Département | |||
| Ville | |||
| Coordonnées | 48° 28′ 16″ nord, 2° 30′ 45″ ouest | ||
| Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor
Géolocalisation sur la carte : France
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La collégiale Notre-Dame de Lamballe (autrement appelée Notre-Dame-de-Grande-Puissance) est une ancienne collégiale située à Lamballe dans le département français des Côtes-d'Armor. Elle est classée au titre des monuments historiques en 1848 et par la liste de 1862[1]. Cette église, fortifiée au XIVe siècle, présente l'intérêt de juxtaposer des éléments romans, gothiques rayonnants et gothiques flamboyants. Les fortifications sont situées au chevet de l'église et le long de la façade sud, l'église était en effet intégrée au système de défense du château de Lamballe maintenant disparu. Ce château occupait l'emplacement du parc situé au nord de la collégiale.
L'histoire de la collégiale Notre-Dame de Lamballe est étroitement liée à celle du château de Lamballe, principale forteresse du comté de Penthièvre.
En 1083, Geoffroy Botterel, comte de Penthièvre, fait don du prieuré Saint-Martin de Lamballe à l'abbaye de Marmoutiers, la charte de donation indique que son chapelain est présent à cet événement (Eudo capellanus ejus)[2]. Une chapelle attachée au château de Geoffroy Botterel devait donc déjà exister à cette époque (le château est en effet mentionné plusieurs fois dans une charte de 1084[3]).
Les premières traces écrites mentionnant Notre-Dame n'apparaissent qu'au début du XIIIe : elle est dédicacée aux environs de 1202 par Geoffroy Hernon, évêque et seigneur de Saint-Brieuc[4].
Geoffroy Botterel III, puis le comte Alain de Penthièvre, auraient poursuivi la construction de l'église au début du XIIIe siècle (J.H. Geslin de Bourgogne et A. de Barthélémy leur attribuent les portails nord et ouest : architecture romane et début du gothique)[3].
Puis Pierre Mauclerc, duc de Bretagne[5], prend possession du Penthièvre au détriment d'Henri Ier d'Avaugour et on ne retrouve plus de témoignage de travaux à Notre-Dame avant le XIVe siècle.

En 1317, le Penthièvre est repris par Guy de Bretagne grâce à son mariage avec Jeanne d'Avaugour, la construction de l'église se poursuit (collatéral et chapelles nord, ils seront repris au début du XVIe siècle). Sa fille Jeanne de Penthièvre, héritière du comté, épouse Charles de Blois en 1337. Ils continuent la construction du côté sud de l'église (collatéral et quatre premières chapelles en gothique rayonnant)[5] et élèvent les piliers supportant la tour[3].
À la mort du duc de Bretagne Jean III de Bretagne en 1341, Jeanne de Penthièvre et Jean IV de Montfort prétendent tous deux à la couronne ducale, c'est le début de la guerre de Succession de Bretagne qui aura des conséquences importantes sur l'architecture de Notre-Dame. Charles de Blois renforce les défenses du château, l'église Notre-Dame y est intégrée. Le chœur fortifié de l'église date de cette époque : tourelles, courtines crénelées au-dessus du chevet et du collatéral sud, casemate sous le chœur, escaliers externes et internes aux murs[3]. Les pèlerinages à Notre-Dame, importants durant les siècles précédents sont dorénavant interdits pour éviter l'espionnage[4].
À la fin du XIVe siècle, Jean Ier de Châtillon, fils de Charles de Blois et de Jeanne de Penthièvre se marie à Marguerite de Clisson. Celle-ci va prendre en charge l'entretien et l'amélioration de l'église Notre-Dame. Elle fait reconstruire le collatéral sud (gothique rayonnant) au début du XVe siècle, exécuter le jubé en 1414-1415 et installer la grande verrière du chœur (détruite au XIXe siècle)[5].
Marguerite de Clisson essaiera sans cesse d'imposer ses fils en tant que Duc de Bretagne, allant jusqu'à enlever et séquestrer le duc Jean V lors du guet-apens dit attentat de Chantoceaux. Après avoir été libéré par son armée, le duc ordonne le démantèlement complet du château de Lamballe. Celui-ci est totalement détruit en 1420 mais Notre-Dame de Lamballe reste intacte, y compris ses parties fortifiées. Jean V prend possession de Notre-Dame et y crée, en 1437, un collège de six chanoines, l'église devient alors une collégiale[4].
Seul évènement notable avant le XVIe siècle, le clocher, endommagé par la foudre, s'écroule. Il est reconstruit avec une flèche recouverte de plomb en 1459[4].
Au début du XVIe siècle, des travaux sont réalisés dans le collatéral nord (dont deux chapelles au nord-ouest) à l'initiative de Jean de Châlons, Prince d'Orange et seigneur de Lamballe[4]. L'inscription sur le contrefort nord-ouest mentionne la date de 1514.

À partir de 1555, le duc d'Étampes, nouveau comte de Penthièvre, fait reconstruire le château mais n'apporte aucune amélioration à Notre-Dame[6].
À la fin du XVIe siècle, se déclenche la guerre de la Ligue. Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, est en possession du château par le biais de son mariage avec Marie de Luxembourg, duchesse de Penthièvre. Gouverneur de Bretagne et chef de la Ligue dans cette région, il s'oppose à l'arrivée d'un roi protestant, Henri IV, à la tête de la France. Lamballe est une de ses principales places fortes, elle lui permet de résister aux armées royales du Prince de Dombes, envoyé d'Henri IV. Le château de Lamballe est attaqué plusieurs fois par les armées royales, la place résiste mais Notre-Dame de Lamballe ressort abîmée par ces attaques successives[6].
Au début du XVIIe siècle, la haute noblesse se révolte contre le roi. César, duc de Vendôme, gendre du duc de Mercœur, est duc de Penthièvre. Il prend parti contre le roi. Le château de Lamballe, reconstruit par le duc d'Étampes, puis fortifié par le duc de Mercœur est de nouveau détruit en 1626, il ne sera jamais reconstruit[6]. La collégiale Notre-Dame n'est pas touchée par cette destruction mais elle est néanmoins dans un état inquiétant[4].
À la fin du XVIIe siècle, le clocher de nouveau endommagé est reconstruit, un étage lui est ajouté mais sa flèche ne sera jamais remplacée, une terrasse supportée par une voûte la remplace[5].
Les experts se succèdent durant tout le XVIIIe siècle pour évaluer l'état des piliers de la nef qui ont tendance à se pencher sous la poussée des voûtes des chapelles nord. Des solutions sont proposées mais aucun travail de consolidation n'est entrepris[4].
La période révolutionnaire apporte son lot de dégradations à l'intérieur de l'église, les statues et l'orgue sont détruits. Notre-Dame devient temple de la Raison[4].
La collégiale continue de se dégrader et il faut attendre l'intervention de l'historien Geslin de Bourgogne[7] auprès du Ministre pour que des travaux soient envisagés. Le ministre demande à M. Guépin architecte du département de diriger les réparations. Les travaux sont décidés, la nef est déconstruite, puis rebâtie dans son état original, les travaux de réhabilitation sont terminés en 1857, ainsi qu'en témoigne l'inscription apposée au-dessus du portail nord[4].
Divers travaux sont également entrepris côté sud, où l'exploitation d'une carrière avait affaibli le rocher sur lequel repose la collégiale. Un mur de soutènement surmonté de créneaux y est construit durant la deuxième moitié du XIXe siècle. Une nouvelle sacristie est bâtie en 1885, l'ancienne sacristie s'étant écroulée à la suite d'éboulements rocheux[4].
L'édifice a été classé au titre des Monuments Historiques le [1].
Chronologie des comtes et ducs de Penthièvre ayant eu une influence sur le château et la collégiale Notre-Dame


