Collectif Les Morts de la rue
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Forme juridique | Association loi de 1901 |
|---|---|
| But | Lutte contre la pauvreté |
| Fondation | 2003 |
|---|
| Siège |
Paris, |
|---|---|
| Méthode | Interpellations, études, actions de terrain |
| Financement | Dons, subventions |
| Site web | site web des morts de la rue. |
Le Collectif Les Morts de la rue est une association loi de 1901 créée en France en 2003.
Il mène des actions liées aux décès de personnes vivant ou ayant vécu dans la rue : recensement, accompagnement, hommages, sensibilisations, etc.
Le Collectif Les Morts de la rue a démarré par une action au sein de l'association Aux captifs, la libération sous le nom « Les Morts de la Rue ». En 2003, l'association est devenue le « Collectif Les Morts de la Rue »[1], refondation indépendante de l'association qui l'a vue naître, ouverte à des adhésions de particuliers et de personnes morales.
Confrontés à la mortalité des personnes sans domicile, ses membres ont décidé d'interpeller la société, de faire savoir ces décès, de refuser leur disparition et d'accompagner leurs proches. Pour cela, ils ont sensibilisé plusieurs associations proches des personnes sans domicile, pour mettre en commun les décès auxquelles elles étaient confrontées.
Les personnes de la rue se sont mobilisées sur le sujet, ainsi que des associations souvent non confessionnelles. Plusieurs associations ont adhéré : Aux captifs, la libération, ATD Quart monde, le Collectif Ivry SDF, Emmaüs Liberté, La Mie de pain ; rejointes par l'aumônerie du Chapsa, Autremonde, Les Compagnons de la nuit, Les Équipes Saint Vincent, Magdala, Les Restaurants du cœur, les Relais du cœur de Paris, puis en 2002 par Le Collectif Dignité Cimetière (Rennes), Cœur de femmes, le Centre Pastoral Halles-Beaubourg (Saint-Merry), Emmaüs France, La Raison du plus faible, le Sappel et le Secours catholique.
Les hommages publics aux Morts de la Rue ont lieu actuellement chaque année, il s'agit d'un hommage national, sans connotation religieuse.
Objectifs statutaires
Les objectifs, tels qu'ils sont définis par l'association[2], sont :
- « Faire savoir que vivre à la rue mène à une mort prématurée »
- « Dénoncer les causes souvent violentes de ces morts »
- « Veiller à la dignité des funérailles »
- « Soutenir et accompagner les proches en deuil »
Actions
Les différents objectifs de l'association se déclinent par différentes actions :
Faire savoir que vivre à la rue mène à une mort prématurée se décline par différentes actions, telles que les Hommages aux morts de la rue, bisannuels puis annuels[3],[4],[5] et la publication de faire-part[6],[7]. D'autre part, depuis 2015, des volontaires en service civique sont recrutés pour faire vivre la mémoire des morts de la rue, par un travail d'enquête et de sensibilisation. Mission des volontaires en service civique à la rencontre du voisinage des personnes décédées à la rue[8],[9].
Dénoncer les causes souvent violentes de ces morts est possible grâce au travail en amont de recherche et recueil des informations concernant les décès, et de l'étude épidémiologique Dénombrer et Décrire sur la mortalité des personnes sans chez soi[10],[11]. D'autres études complémentaires se font, en lien avec des partenaires associatifs ou institutionnels : Article signé conjointement avec l'observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (ONPES) et l'Inserm CépiDc, ou Étude Dénombrer et décrire la mortalité des personnes sans chez soi[12], en convention avec la DGCS (Direction générale de la cohésion sociale) comprenant notamment l'évaluation du nombre de décès[13],[14] mais aussi : Estimation du nombre de décès de personnes sans domicile en France, 2008-2010.
Le nombre de décès en France est évalué par une équipe d'épidémiologiste, du Collectif les Morts de la rue, de l'Inserm|CépiDc et de l'ONPES. 6730 personnes "SDF" seraient décédées entre 2008 et 2010[15]. Ces articles sont basés sur le travail de recueil et l'analyse des données faites par le Collectif Les Morts de la rue, et qui se perfectionnent et se professionnalisent en 2012 avec la convention avec la DGCS. On y retrouve des études épidémiologiques[16] et une réflexion éthique[17],[18],[19]. Ce travail avait commencé dans les années antérieures, esquissant des premières analyses sur les causes des décès[20]. En , la sortie du rapport sur les décès 2016 met en lumière plusieurs préjugés : seules 1 % des personnes SDF sont mortes d'hypothermie en 2015, l'alcool est rarement une cause de mortalité, les personnes sans domicile ne sont pas toujours isolées [21]
Les rapports se succèdent et sont publiés en ligne sur le site du Collectif Les Morts de la Rue[22]
Veiller à la dignité des funérailles est une nécessité pour les personnes sans ressources ou isolées. Le collectif y participe notamment en accompagnant les morts isolés en convention avec la ville de Paris depuis 2004[23],[24], mais aussi en partenariat avec des associations présentes dans différentes régions de France. Cette action se poursuit à la demande, par le soutien administratif et juridique apporté aux associations et structures qui en font la demande.
Soutenir et accompagner les proches en deuil est une action qui se développe depuis les débuts de l'association en 2002 par l'accueil des personnes endeuillées, le soutien administratif et humains aux associations, des groupes de parole, et des formations.