Collision aérienne de Washington

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La collision aérienne de Washington est un accident aérien survenu aux États-Unis le , impliquant un avion de transport régional Bombardier CRJ700 de PSA Airlines et un hélicoptère Sikorsky UH-60 Black Hawk de l'aviation légère de l’armée américaine. La collision des deux appareils au-dessus du Potomac, à Washington, ne laisse aucun survivant parmi les 67 personnes à bord[1].

Date
CausesDéfaillances multiples dans la conception des itinéraires de vol et dans la surveillance de la FAA
Faits en bref Caractéristiques de l'accident, Date ...
Collision aérienne de Washington
L'épave du CRJ700, photographiée dans les eaux du Potomac le lendemain de l'accident.
L'épave du CRJ700, photographiée dans les eaux du Potomac le lendemain de l'accident.
Caractéristiques de l'accident
Date
TypeCollision aérienne
CausesDéfaillances multiples dans la conception des itinéraires de vol et dans la surveillance de la FAA
PhaseApproche finaleTransit à basse altitude
SiteAu dessus du Potomac, près de l'aéroport national Ronald-Reagan (Washington, D.C., États-Unis)
Coordonnées 38° 50′ 37″ nord, 77° 01′ 35″ ouest
Caractéristiques des appareils
Le CRJ700 impliqué, photographié en 2022.}}
Le CRJ700 impliqué, photographié en 2022.
Le Black Hawk impliqué, ici en octobre 2018.}}
Le Black Hawk impliqué, ici en octobre 2018.
Type d'appareilBombardier CRJ700Sikorsky UH-60L
CompagniePSA Airlines opérant sous la marque American Eagle12e bataillon d'aviation, United States Army Aviation Branch
No  d'identificationN709PS00-26860
Lieu d'origineAéroport national Dwight D. Eisenhower de Wichita (Kansas, États-Unis)Davison Army Airfield (en), Fort Belvoir (Virginie, États-Unis)
Lieu de destinationAéroport national Ronald-Reagan (comté d'Arlington, États-Unis)
Passagers600
Équipage43
Bilan
Morts643
Survivants00

Géolocalisation sur la carte : États-Unis
(Voir situation sur carte : États-Unis)
Collision aérienne de Washington
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Le CRJ700, qui effectuait le vol American Eagle 5342, en provenance de Wichita (Kansas) et à destination de Washington (district de Columbia), était à l'approche pour l'atterrissage à l'aéroport national Ronald-Reagan, lorsqu'il entre en collision avec l'hélicoptère militaire, en vol d'entraînement. Les deux appareils s'écrasent dans le Potomac, à moins d’un kilomètre du seuil de piste[2].

Il s'agit du premier accident mortel impliquant un CRJ700 et dans l’histoire de PSA Airlines. C'est également la première catastrophe aérienne majeure impliquant American Airlines depuis celui du vol 587 en 2001, et la première survenu à l’aéroport Ronald-Reagan depuis celui du vol Air Florida 90 en 1982, ainsi que le premier accident mortel impliquant un avion de ligne civil aux États-Unis depuis celui du vol Colgan Air 3407 en 2009.

En , le Conseil national de la sécurité des transports américain (NTSB) publie son rapport préliminaire, accompagné de recommandations urgentes en matière de sécurité aérienne, mettant en évidence la séparation verticale dangereusement faible entre la trajectoire d’approche sur la piste 33 et l’itinéraire des hélicoptères. À cette occasion, la présidente du NTSB exprime sa colère face à l’inaction de la Federal Aviation Administration (FAA), malgré des données montrant un nombre très important de quasi-collision au cours de la décennie précédente. Ainsi, au cours de l'enquête, plus de 15 000 incidents de rapprochement dangereux entre hélicoptères et avions commerciaux sont recensés entre 2021 et 2024 autour de l'aéroport[3].

Le rapport final d'enquête, publié le , conclut que les causes probables de l’accident incluent le positionnement inadéquat de l’itinéraire des hélicoptères par la FAA, des défaillances dans la supervision exercée par l’agence, ainsi qu’une dépendance excessive au principe de séparation visuelle. Le rapport identifie également comme facteurs contributifs une erreur de pilotage provenant de l’hélicoptère, une perte de conscience situationnelle du contrôle aérien en raison d’une charge de travail élevée, ainsi que l’incapacité de l’Armée de terre des États-Unis à garantir une compréhension adéquate par les pilotes des marges d’erreur liées aux altimètres.

Aéronefs impliqués

Avion

Le CRJ700 impliqué dans l'accident, alors qu'il opérait pour US Airways Express, photographié en mai 2008.

Le Bombardier CRJ700 de PSA Airlines impliqué, immatriculé N709PS, effectuait le vol 5342 d'American Eagle, la marque régionale d'American Airlines[4]. Il avait décollé à 17 h 22 de Wichita dans l'État du Kansas à destination de l'aéroport national de Washington Ronald-Reagan qu'il devait atteindre vers 21 h[5],[6],[7]. C'est un modèle d'avion couramment utilisé pour les vols court et moyen-courriers.

Immatriculé N709PS, il avait été livré à US Airways Express le et avait été exploité par MidAtlantic Airways avant d'être transféré à PSA Airlines le puis à American Eagle le , lorsque US Airways et American ont fusionné[2].

Il transportait 60 passagers et 4 membres d'équipage, dont le commandant de bord Jonathan Campos (34 ans), travaillant depuis 6 ans chez PSA Airlines, et le copilote Samuel Lilley (28 ans), employé depuis deux ans dans la compagnie aérienne[8].

Hélicoptère

L'hélicoptère militaire impliqué, un Sikorsky UH-60L Black Hawk[9] immatriculé 00-26860[10], appartenait au 12e bataillon d'aviation (12th Avn BN) de l'armée de terre américaine utilisé par le commandement de la région militaire de Washington, le United States Army Military District of Washington (en), pour le transport de hautes personnalités (mais aucune n'était à bord[11])[11],[12]. Basé à Fort Belvoir depuis [13], d'indicatif radio PAT25 (pour Priority Air Transport[11]), il avait décollé à 20 h 39 de Langley, au nord-ouest de Washington[5], et suivait un cheminement le long du Potomac, vers le sud, limité à une hauteur de 200 pieds maximum[14].

Il avait un équipage de trois militaires[15] :

Accident

Carte représentant la trajectoire des deux appareils à proximité de l'aéroport, et marquant leur point d'impact au-dessus du fleuve.
Trajectoire des deux appareils.

Le vol 5342 se présente cap au Nord pour une approche sur la piste 01 de l'aéroport national Ronald-Reagan. En vue de l'aéroport, à la demande du contrôle aérien qui lui prescrit d'atterrir sur la piste 33, il effectue un virage à droite puis un autre à gauche pour s'aligner sur celle-ci.

Le Black Hawk en vol à vue survole le Potomac cap au Sud à basse altitude. Les pilotes utilisent des jumelles de vision nocturne[19]. Par radio, la tour de contrôle leur signale un CRJ juste au sud du Wilson Bridge. Peu après, le contrôleur leur fait confirmer qu'ils ont le visuel sur le CRJ et leur demande de passer derrière lui, en séparation à vue[20],[5],[21].

L'accident capté par une caméra de vidéosurveillance.

À peine vingt secondes plus tard, à 20 h 47 min 59 s ET[17] (1 h 47 UTC le ), les deux aéronefs entrent en collision à une altitude d'environ 300 pieds (90 m), explosent et s'écrasent dans le Potomac. L'incident est capté par une webcam du John F. Kennedy Center for the Performing Arts[22],[23].

Les deux appareils avaient leur transpondeur en marche et étaient visibles sur les écrans radar[24]. Le CRJ-700 émettait de plus en ADS-B, ce qui n'était pas le cas de l'hélicoptère[25],[26]. Le système anti-collision qui équipait le CRJ aurait pu alerter celui-ci[26], mais en-dessous de 400 pieds toutes les alertes sont désactivées[27].

Opération de sauvetage

La collision est signalée à la police métropolitaine à 20 h 53 ET[15]. Quelques instants après l'accident, les contrôleurs aériens redirigent le trafic vers les aéroports voisins[28].

Photo de l'épave de l'hélicoptère. Un morceau de carlingue en partie arraché, une antenne, une roue et la dérive sont partiellement émergés. On distingue l'aéroport en arrière plan, au bord du fleuve.
Épave de l’hélicoptère UH-60 dans le Potomac ; l'aéroport national Ronald-Reagan en arrière-plan.

Le personnel d'urgence, y compris le District of Columbia Fire and Emergency Medical Services Department (en), est dépêché sur les lieux. Des bateaux-pompes sont déployés sur le site de l'accident dans le Potomac. Les premiers rapports des équipes de secours indiquent que des victimes de la collision sont localisées[2]. Les interventions d'urgence sont entravées par les basses températures et la glace, avec une température de l'eau enregistrée à 2 °C près du site de l'accident[29]. La Washington Metropolitan Area Transit Authority (en) envoie des « bus de réchauffement »[29],[12].

Le Federal Bureau of Investigation déclare qu'il participe aux opérations et affirme qu'aucun indice de terrorisme ou de criminalité n'a été mis en évidence[29].

Le chef des pompiers de la ville de Washington déclare que la collision n'a laissé aucun survivant[30].

Victimes

Le , Donald Trump lors d'une conférence de presse confirme le bilan de la catastrophe : aucun survivant n'est recensé parmi les 67 personnes à bord des deux appareils. À la fin de cette journée, quarante corps sont repêchés dans le fleuve Potomac[31],[32].

Des membres de l'équipe américaine de patinage artistique ainsi que les patineurs russes Evgenia Shishkova et Vadim Naumov se trouvaient à bord du vol 5342[32],[33].

Enquête

Carte aérienne montrant les routes pour hélicoptères au-dessus de Washington. La route 1 et la route 4 contournent l'aéroport Reagan, dont les pistes sont indiquées près du fleuve.
Itinéraires de transit suivi par l'hélicoptère (Routes 1 puis 4) - ces routes n'ont pas de limites définies[17]

Le , les deux boîtes noires de l'appareil peuvent être analysées par le Conseil national de la sécurité des transports (NTSB), chargé de l'enquête[34], qui prévoit de publier un rapport préliminaire de l'accident dans les 30 jours[32]. Celle de l'hélicoptère est retrouvée le [35]. Elle ne présente aucun dommage apparent et devrait être pleinement exploitable[35].

Selon un rapport interne de la Federal Aviation Administration (FAA), cité par des médias américains, un seul contrôleur gérait le trafic des avions et des hélicoptères au moment de l'accident, au lieu de deux normalement jusqu'à 21 h 30[36].

Les conditions météorologiques étaient « bonnes » au moment de l'accident[35].

Selon les données issues des enregistreurs de vol, dévoilées par le NTSB, le radioaltimètre du CRJ indiquait une altitude de 313 pieds (95 m) deux secondes avant l'impact, en descente à 448 pieds par minute (2,27 m/s). Une seconde avant la collision sont enregistrés une réaction verbale des pilotes et une augmentation de l'assiette de l'avion (la gouverne de profondeur braquée presque à fond à cabrer), sans qu'on sache s'il s'agissait d'une tentative d'évitement. Une alarme « Traffic, traffic » provenant de son TCAS avait retenti 19 secondes avant[17].

Au moment de la collision, le Black Hawk était indiqué à une altitude-pression de 300 pieds (valeur arrondie aux 100 ft les plus proches), d'après les données affichées sur les écrans à la tour de contrôle locale et issues du Potomac Tracon, un système fusionnant diverses sources radar et l'ADS-B[37]. Son radio-altimètre indiquait 278 pieds. Mais les données d'altitude enregistrées sont contradictoires, et le NTSB souligne que ce n'est pas nécessairement ce qui était indiqué sur les altimètres des pilotes[17].

En raison de la nature du vol, son équipage a probablement utilisé les jumelles de vision nocturne pendant tout le vol[17].

Rapport final

Le rapport final, publié le , conclut que les causes probables de cet accident incluent le tracé de la route pour les hélicoptères, à proximité immédiate d'une trajectoire d'approche vers la piste 01, par la FAA. L'agence n'évaluait pas régulièrement les données de sécurité des différentes routes et n'a pas mis en œuvre les recommandations proposées pour réduire le risque de collision en vol près de l'aéroport national Ronald-Reagan. De plus, le système de contrôle aérien s'appuyait de manière excessive sur la séparation visuelle pour gagner en efficacité, négligeant ainsi les limites inhérentes à ce principe de « voir et éviter », et l'équipage de l'hélicoptère n'a pas appliqué la séparation visuelle requise, conduisant ainsi à la collision.

Parmi les facteurs supplémentaires importants, on peut citer :

  • La perte de conscience situationnelle et la baisse de performance de l'équipe de contrôle aérien, qui sont dues à la charge de travail élevée liée à la combinaison des postes de contrôle des hélicoptères et des postes de contrôle du trafic aérien local. L'absence de processus d'évaluation des risques pour identifier et atténuer les facteurs de risque opérationnels en temps réel a entraîné une mauvaise priorisation des tâches, des informations insuffisantes concernant le trafic et un manque d'alertes de sécurité pour les équipages.
  • L'incapacité de l'armée américaine à sensibiliser les pilotes aux effets des marges d'erreur des altimètres barométriques de leurs hélicoptères a conduit l'équipage à voler au-dessus de l'altitude maximale publiée pour les hélicoptères.

Réactions

Espace aérien

À la suite de la collision, l'aéroport national Ronald-Reagan a suspendu tous les décollages et atterrissages[2] et fermé l'aéroport jusqu'au lendemain à 5 h[38].

États

Le gouverneur du Maryland Wes Moore élève le statut du centre des opérations d'urgence du Maryland à « amélioré » pour aider aux opérations de récupération[29]. Le gouverneur du Kansas Laura Kelly déclare qu'elle est en contact permanent avec les autorités concernant la collision[15].

Autorités fédérales

Le président américain Donald Trump est informé de la collision peu après les faits et suit la situation[2]. Dans une déclaration, il qualifie la catastrophe de « terrible accident », remercie les secouristes et recommande l'âme des victimes à Dieu (« Que Dieu bénisse leurs âmes »)[29]. Selon lui, le drame aurait pu être provoqué par les politiques de diversité défendues par ses prédécesseurs démocrates Obama et Biden, qui auraient empêché d'embaucher des personnels compétents, les accusant d'avoir mis en danger la sécurité aérienne[39]. Ce qu'a démenti Pete Buttigieg, précédent secrétaire aux Transports, qui a qualifié de « méprisable » la réaction du président : « Alors que les familles sont en deuil, Monsieur Trump devrait montrer la voie à suivre, et non mentir »[39].

International

Le pape François a personnellement envoyé un télégramme à la Maison-Blanche exprimant ses condoléances aux victimes de la collision[40].

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a exprimé ses condoléances « aux familles en deuil » et le soutien du Bureau de la sécurité des transports du Canada pendant l'enquête[41].

Le ministère chinois des Affaires étrangères et l'ambassade de Russie aux États-Unis ont exprimé leurs condoléances aux familles des victimes de l'accident et ont exigé une enquête complète sur la catastrophe[42],[43].

Notes et références

Voir aussi

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