Collège grec orthodoxe de Phanar
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Le Collège grec orthodoxe de Phanar ou lycée orthodoxe grec de Phanar (en turc : Özel Fener Rum Lisesi, le mot Rum désignant les chrétiens orthodoxes en référence aux Romioi de l'empire romain d'Orient dont ils étaient les citoyens jusqu'à sa conquête et destruction par les ottomans au XVe siècle), connu en grec sous le nom de Grande École de la Nation orthodoxe ou Académie patriarcale de Constantinople (en grec moderne : Μεγάλη του Γένους Σχολή, Megáli toú Genous Scholí), est la plus ancienne et la plus prestigieuse école grecque orthodoxe d'Istanbul, en Turquie et faisait partie des écoles grecques les plus prestigieuses tout court à partir de la conquête de l'empire Romain d'Orient, sur un territoire englobant la Grèce et l'Asie Mineure, par les Ottomans au XVe siècle car c'était l'un des rares endroits où les conquérants ottomans avaient autorisé les Grecs, qui s'appelaient encore tous Romioi à l'époque, à avoir accès à une éducation supérieure dans le but de former les cadres religieux. L'école, comme toutes les écoles des minorités en Turquie, est aujourd'hui une école laïque.
Elle a été créée sous sa forme actuelle en 1454 par le patriarche Gennade II Scholarios qui nomma le Thessalonicien Matthieu Camariote comme premier directeur, à la suite de la conquête de Constantinople par les Ottomans en 1453. Son rôle original était de former les cadres ecclésiastiques de l'église orthodoxe, désormais sous le joug des autorités ottomanes, dans la continuité de l'académie patriarcale qui avait été fondée au IXe siècle. Ce faisant, elle est l'un des rares endroits, dans l'empire ottoman, où va pouvoir se maintenir une éducation de haut niveau pour les Romioi victimes de la conquête[1]. Elle devint rapidement l'école des éminentes familles grecques (Phanariotes) et d'autres familles orthodoxes de l'Empire ottoman, et de nombreux ministres ottomans ainsi que des princes valaques et moldaves issus de la communauté des Romioi et adoubés par l'État ottoman, comme Dimitrie Cantemir, en sortirent diplômés.
Le bâtiment scolaire actuel est situé à proximité de la cathédrale Saint-Georges, dans le quartier de Fener (Phanar en grec), qui est le siège du Patriarcat. Sa couleur ocre lui vaut des surnoms tels que Le Château Rouge et L'École Rouge.
Conçu par l'architecte grec Konstantinos Dimadis, le bâtiment actuel a été érigé entre 1881 et 1883 avec un mélange éclectique de styles différents et pour un coût de 17 210 livres d'or ottomanes, une somme énorme pour cette période. L'argent a été donné par Georgios Zariphis, un éminent banquier et financier grec appartenant à la communauté des Romioi d'Istanbul[2]. Malgré sa fonction d'école, le bâtiment est souvent qualifié de « 5ème plus grand château d'Europe » en raison de sa forme en forme de château. Le grand dôme au sommet du bâtiment sert d'observatoire pour les cours d'astronomie et abrite un grand télescope antique à l'intérieur. Aujourd'hui, l'école, qui est la « deuxième plus grande » école après le lycée Zografeion, compte six professeurs turcs, tandis que les quinze autres sont grecs[3]. L'école (comme toutes les écoles des minorités, car elle est obligatoire par la loi) applique le programme complet turc en plus des matières grecques : langue, littérature et religion grecques.
Suite à l'échange de population liée au traité de Lausanne de 1923, à la loi fiscale visant à dépouiller les communautés grecques de leurs biens en 1942 (Varlik Vergisi), au pogrom d'Istanbul ayant ciblé la communauté grecque d'Istanbul en 1955 et aux violences diverses ciblant la communauté grecque (service militaire dans des régions plus arides, etc.), la population grecque d'Istanbul s'est considérablement étiolée au cours du XXe siècle pour passer d'environ 206 000 grecs orthodoxes sur une population de 977 000 habitants à la veille de la Première Guerre mondiale[4] à 3,000 à 4,000 individus en 2008[5] sur une population avoisinant les 10 millions d'individus[6]. De ce fait, le lycée orthodoxe grec de Phanar a de moins en moins d'élèves et a considérablement perdu de son prestige passé de nos jours, mais ses anciens élèves en gardent une certaine fierté, associée à la renommée pluriséculaire de l'institution.
Galerie
Elèves prestigieux
De nombreux patriarches et diplomates sont aussi passés par la Megali Tou Genous Sxoli et l'école inclue de nombreux anciens élèves qui ont eu des carrières prestigieuses à travers le monde et notamment[7]:
- Dimitrios Kantemir (1673-1723), prince de Moldavie;
- Ioannis Gryparis (Γιάννης Γρυπάρης) (1848-1922), homme politique;
- Vlassis Gabrièlidès (Βλάσης Γαβριηλίδης) (1848-1920), journaliste considéré comme le père du journalisme en Grèce;
- Paul Karolidis (Παύλος Καρολίδης) (1849-1930), historien et politicien;
- Fokion Dimitriadis (Φωκίων Δημητριάδης) (1894-1977), dessinateur et peintre;
- Christos Clairis (1941-), linguiste parmi les premiers à étudier la langue kawesqar;
