Combat aérien du 5 octobre 1914

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Date
Lieu Région de Reims (France)
Issue Victoire française
Combat aérien du 5 octobre 1914
Description de cette image, également commentée ci-après
Un Duel dans les airs, estampe française de 1914.
Informations générales
Date
Lieu Région de Reims (France)
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau de la France France Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Forces en présence
Drapeau de la France 1 avion Voisin III Drapeau de l'Empire allemand 1 avion Aviatik B.I
Pertes
Drapeau de la France Aucune Drapeau de l'Empire allemand 2 morts
1 avion Aviatik B.I détruit

Première Guerre mondiale

Coordonnées 49° 17′ 13″ nord, 3° 48′ 56″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Combat aérien du 5 octobre 1914
Géolocalisation sur la carte : Grand Est
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Combat aérien du 5 octobre 1914
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(Voir situation sur carte : Marne)
Combat aérien du 5 octobre 1914

Le combat aérien du 5 octobre 1914 est l'un des premiers combats aériens de l'histoire à se conclure par la victoire d'un des protagonistes. Il se déroule dans la région de Reims, en France, au début de la Première Guerre mondiale. Ce jour-là, le caporal français Louis Quenault, embarqué comme mitrailleur à bord d'un Voisin III piloté par le sergent Joseph Frantz, abat un avion Aviatik allemand.

L'aéronautique militaire est encore une idée nouvelle au début de la Première Guerre mondiale. L'avion lui-même est d'invention récente : le premier vol du Flyer des frères Wright ne remonte qu'à 1903. Les progrès sont toutefois rapides et, dès 1909, la France se dote d'avions destinés à la reconnaissance militaire. Le en Libye ottomane, pendant la guerre italo-turque, l'aviateur italien Giulio Gavotti réalise le premier bombardement aérien en lançant à la main quatre grenades depuis son appareil. L'année suivante, le premier avion abattu  un Nieuport italien  est détruit par des tirs de mitrailleuses.

Au début du conflit mondial, aucun combat aérien entre avions n'a donc encore eu lieu.

Le premier combat aérien de l'histoire a lieu le lorsque le caporal français Joseph Thoret, de l'escadrille BL 10, se lance à la poursuite d'un Aviatik et l'attaque à coups de revolver, sans toutefois parvenir à l'atteindre[1].

Le , l'aviateur russe Piotr Nesterov projette volontairement son Morane-Saulnier Type G contre un Albatros B.II austro-hongrois dans la région de Jovkva, sur le front de l'Est. Cette manœuvre particulière, appelée « taran », entraîne la destruction des deux appareils et la mort de leurs occupants.

Le , au-dessus de Suippes, le Blériot blindé surnommé « la Vache », piloté par le caporal Jules Védrines avec René Vicaire comme mitrailleur, réalise la première interception de la guerre. À l'aide d'une mitrailleuse Hotchkiss, l'équipage parvient à toucher un Etrich Taube ennemi après avoir tiré trois bandes de vingt-cinq cartouches ; l'appareil, endommagé, se pose en fumant dans les lignes françaises[2].

Protagonistes

Joseph Frantz et Louis Quenault.

Joseph Frantz, né le à Beaujeu (Rhône), obtient son brevet de pilote en 1911. Il travaille d'abord comme pilote d'essai chez Savary tout en participant à divers concours, notamment le concours militaire du camp de Châlons. En , il réalise l'exploit de faire passer son avion entre les deux tours de la cathédrale de Chartres[3]. Appelé au service militaire l'année suivante, il continue à voler pendant ses permissions. Le , au début de la Première Guerre mondiale, il est affecté à l'escadrille V.24, où il est promu sergent le .

Louis Quenault, né de père inconnu le à Paris, est élevé par sa mère, cuisinière, dans un milieu modeste. À l'âge de treize ans, il est reconnu par Eugène-Léon Quenault, dont il prend alors le nom. Pendant la guerre, il est affecté comme mécanicien aviateur auprès de Joseph Frantz.

Avant le combat du , les deux hommes ont déjà engagé le combat à onze reprises sans parvenir à abattre leurs adversaires[4], la puissance de feu de leur revolver étant très limitée.

L'équipage allemand opposé à eux est composé du sergent Wilhelm Schlichting, pilote, et du lieutenant Fritz von Zangen, observateur.

Combat du 5 octobre

Un Voisin III français.

Le matin du lundi , Joseph Frantz et Louis Quenault reçoivent pour mission de mener une opération de bombardement contre les lignes allemandes dans le secteur du fort de Brimont[5]. Leur appareil emporte six obus de 75[4] ou 90 mm empennés[6], selon les sources, destinés à être largués sur l'ennemi. À la demande de Frantz, leur biplan Voisin III est équipé d'une mitrailleuse Hotchkiss. L'installation est réalisée sur un trépied par le constructeur de l'avion lui-même, Gabriel Voisin, ami du capitaine André Faure, commandant de l'escadrille[4]. Cette initiative reste toutefois privée, la hiérarchie militaire n'ayant pas donné son accord[6]. Le Voisin III, dont le premier vol ne remonte qu'à quelques mois, est alors un appareil de conception récente. Ce biplan à hélice propulsive se distingue notamment par sa structure en acier, qui lui confère une grande robustesse.

Après que Quenault s'est installé derrière lui avec les obus et la mitrailleuse, Frantz fait décoller l'appareil vers 8 heures du matin depuis le terrain de Lhéry et prend de l'altitude jusqu'à environ 2 000 m. Une fois la mission accomplie, il met le cap sur le Chemin des Dames[5]. Alors qu'ils survolent les lignes françaises, les deux hommes aperçoivent un Aviatik allemand. L'appareil est piloté par le sergent Wilhelm Schlichting, accompagné du lieutenant observateur Fritz von Zangen, qui n'est armé que d'une simple carabine[4].

Frantz décide de l'attaquer. Son expérience, jusque-là infructueuse, du combat aérien lui a appris que seule une approche à très courte distance  moins de 10 mètres de l'appareil adverse  peut permettre d'abattre l'ennemi. En raison du manque de fiabilité de la mitrailleuse, qui a tendance à s'enrayer, Quenault doit en effet tirer presque coup par coup, ce qui rend toute tentative à plus longue distance très aléatoire[4].

Un Aviatik B.I allemand.

Frantz place son avion derrière l'Aviatik, légèrement au-dessus de lui afin de faciliter le tir de son coéquipier. Quenault ouvre alors le feu et, pendant près d'un quart d'heure, tire régulièrement sur sa cible, qui tente de lui échapper en décrivant une large spirale. Après quarante-sept coups tirés[7], la mitrailleuse Hotchkiss s'enraye et Quenault commence à démonter la culasse pour tenter de la remettre en état. À ce moment-là, l'appareil allemand se cabre, s'abat sur son aile gauche puis plonge brusquement vers le sol en prenant feu. Il s'écrase à proximité de Jonchery-sur-Vesle (Marne) sous les yeux du général Franchet d'Espèrey[4] et de nombreux soldats de la 5e armée attirés par la scène.

Le général ordonne que les deux aviateurs allemands soient inhumés avec les honneurs militaires[5].

Conséquence

Références

Voir aussi

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