Commission Wiesel
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Commission Wiesel est le nom informel donné à la Commission internationale d'études sur la Shoah en Roumanie (en roumain : Comisiei Internaționale pentru Studierea Holocaustului în România) mise en place par le gouvernement roumain entre 2003 et 2004 et chargée d'établir un rapport officiel sur la manière précise dont s'est déroulée la Shoah dans ce pays.
Mission
Créée par le président Ion Iliescu en afin d'élaborer un rapport sur l'histoire de la Shoah en Roumanie et de formuler des recommandations spécifiques pour éduquer le public sur la question, elle est dirigée par le prix Nobel de la paix Elie Wiesel et l'historien Jean Ancel ; son rapport est publié à la fin de l'année 2004.
Le gouvernement roumain en accepte les conclusions et reconnaît la participation active à la Shoah de la Roumanie dirigé par Ion Antonescu durant la Seconde Guerre mondiale. Le rapport estime qu'entre 280 000 et 380 000 Juifs ont été assassinés ou sont morts sous la surveillance et à la suite de la politique délibérée des autorités civiles et militaires roumaines. De plus, plus de 11 000 Roms ont également été tués durant cette période. Le rapport de la Commission Wiesel a également documenté un antisémitisme et une violence omniprésente contre les Juifs en Roumanie avant la Seconde Guerre mondiale, alors que la population juive de Roumanie était alors parmi les plus importantes d'Europe.
Influence
Le rapport est salué comme un développement historique du fait de l'occultation pendant la période communiste de la véritable histoire de la Shoah en Roumanie. En conséquence, peu de Roumains étaient conscients de l'ampleur de l'implication dans le génocide d'Antonescu, de l'armée, du gouvernement et de la société roumaine au sens large. En effet, la Commission Wiesel a été créée à la suite de déclarations faites en par le président roumain Iliescu et le ministre roumain de la Culture minimisant l'Holocauste et tendant vers la vision officielle, qui admettait alors que la SAhoah n'avait pas eu lieu en Roumanie. Iliescu a en conséquence créé la Commission Wiesel après le tollé international suscité par ces affirmations erronées[1].
En 2004, la Roumanie célébre sa première Journée nationale de commémoration de l'Holocauste, mis en place par le Parlement Roumain chaque année aux alentours du . Cette date marque spécifiquement la déportation en 1941 des Juifs roumains vers des ghettos et des camps de travaux forcés, bien qu'ils n'aient pas été envoyés en Allemagne comme le demandait Hitler. L'instauration d'une journée de commémoration figurait parmi les recommandations formulées dans le rapport de la Commission Wiesel. D'autres recommandations comprenaient la création d'un Institut pour l'étude de la Shoah en Roumanie (créé par la suite en 2005), l'inclusion explicite de la Shoah dans les programmes scolaires publics et la construction d'un monument national à ses victimes roumaines.
Depuis 2006, les études de la Shoah sont intégrées aux programmes des lycées de 10e année (correspondant à l'année d'entrée au lycée en France) et les projets d'un mémorial national pour les victimes roumaines de la Shoah ont été finalisés. Le (Journée nationale de commémoration de l'Holocauste en Roumanie), la première pierre du mémorial a été posée par le président roumain Traian Băsescu.