Complexe nuragique de Lu Brandali
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| Complexe nuragique de Lu Brandali | |
Vue aérienne de la tombe des géants. | |
| Localisation | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Sardaigne |
| Province | Province de Gallura-Sardaigne Nord-Est |
| Commune | Santa Teresa Gallura |
| Coordonnées | 41° 14′ 01″ nord, 9° 10′ 31″ est |
| Histoire | |
| Époque | Bronze récent à final |
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Le complexe nuragique de Lu Brandali est un site préhistorique situé à Santa Teresa Gallura, dans la province de Gallura-Sardaigne Nord-Est en Sardaigne. Le site comprend un nuraghe, un habitat nuragique et une tombe des géants. Le site n'a pas été complètement fouillé. Il a été fréquenté entre le Bronze récent (XIVe siècle av. J.-C.) et le début du Bronze final ( Xe siècle av. J.-C.).
Nuraghe
Le nuraghe a été édifié sur un promontoire granitique en forme de coupole, dont il exploite la morphologie en l’intégrant dans ses structures. Le site correspond à une terrasse naturelle qui domine la mer de l’ouest au sud et la plaine continentale jusqu’à l’est. La tour principale est située sur le point le plus élevé. Elle est entourée d'une courtine pourvue de plusieurs tours. On accède au bastion par une entrée monumentale, ouverte sur le versant nord‑ouest de la courtine qui englobe dans son tracé de larges affleurements rocheux, exploitant parfois les points les plus élevés pour y placer une tour de guet, comme celle visible à gauche de l’entrée[1].
Une seconde tour, située au sud de la précédente, a été réaménagée à l’époque post‑médiévale, avec l’ajout d’un parement extérieur et d’un autre intérieur, qui a transformé la construction en une chambre semi‑enterrée. La coloration rouge des parois du local, ainsi que l’aspect et la consistance du mortier d’argile utilisé comme liant, laissent supposer une exposition prolongée à la chaleur. Ces caractéristiques, associées à la grande quantité de pierres calcaires recouvrant la surface, constituent les témoignages de la transformation de la tour en four à chaux[1].
Le nuraghe n'a pas été dégagé de ses ruines. La planimétrie des espaces inclus dans la vaste zone comprise à l’intérieur de la ceinture de l’« avant-murs » est incertaine, leur existence est toutefois perceptible grâce aux portions de murs qui émergent des effondrements. Il semble que le bastion, en exploitant les différents niveaux de la formation rocheuse sous-jacente, devait se développer sur des plans décalés. Ceci pourrait expliquer la présence, sur le versant sud, d’un escalier ou peut‑être d’une rampe ascendante, dont on ne connaît ni le point de départ ni le parcours, en raison des éboulis qui les ont oblitérés. Côté ouest, on remarque également, à une altitude légèrement inférieure, quelques rangées de maçonnerie massive, indice de la présence originelle d’au moins une autre tour, presque entièrement effondrée[1].
Village
Habitats
Le village s'est développé le long des pentes de la petite hauteur, dans la zone plane comprise à l’est et au sud du complexe. Les cabanes en maçonnerie s’étendent sur le versant le plus ensoleillé, de l’est au sud. Certaines d’entre elles, situées à l’est de l’aire fortifiée, ont fait l’objet de fouilles archéologiques mais seule une partie est accessible et visible en raison de la végétation qui les recouvre, mais d’autres structures non documentées sont aussi visibles. Les prospections effectuées par Careddu en 1967 ont permis de documenter au moins 36 cabanes et 18 taffoni. Selon un usage propre à la Gallura nuragique, des taffoni (anfractuosités naturelles dans les amas granitiques), situés sur les versants escarpés ouest et sud‑ouest du promontoire ont également été utilisés comme abris et habitations[2].
Les simples constructions mises au jour sont organisées en petits groupements dépourvus de symétrie, les unes tangentes aux autres ou séparées par des passages étroits, parfois en impasse, selon un urbanisme déjà connu dans d'autres villages nuragiques. L'originalité de ces constructions tient à leur adaptation au relief du terrain : les constructions sont construites avec une maçonnerie à double parement, liée par un mortier de terre, appuyées aux affleurements rocheux naturels souvent intégrés aux structures. Des entailles orthogonales, parfois visibles sur le rocher naturel, indiquent les plans de détachement d’où furent extraits les blocs destinés à la construction des cabanes, en complément des blocs sporadiques, de tailles variées, ramassés sur place. En raison même de cette adaptation au relief, les cabanes n’ont pas de formes homogènes. À l’intérieur des cabanes, des sols en terre battue alternent avec des zones constituées des affleurements du banc rocheux sur lequel chaque bâtiment repose[2].
Plusieurs restructurations sont documentées par des superpositions de murs correspondant à une redistribution des espaces. Dans certains cas, il est possible d'y reconnaître de petits ateliers domestiques[2].
Vie domestique
Les activités agro‑pastorales devaient constituer la base des activités du village, garantissant au moins les besoins alimentaires. De grands conteneurs destinés à la conservation des denrées et la découverte d’éléments de faucilles en obsidienne, utilisées pour la récolte des épis, indiquent clairement qu'une petite activité céréalière devait être pratiquée dans les zones planes, de taille modeste, du territoire environnant. Les pratiques pastorales sont documentées par les récipients destinés à la transformation du lait pour la fabrication du fromage. Ces éléments doivent également être mis en relation avec la présence d’enclos pour animaux attenants au village[2].
L’alimentation devait être variée et complète. En témoignent les récipients destinés à la cuisson des aliments : des plaques pour les galettes, souvent décorées d’une impression destinée à laisser son empreinte sur le pain ; des poêlons de dimensions diverses ; des récipients à bouillir munis de larges anses et de prises opposées ; de grandes écuelles et des pots à feu attestant la cuisson et l’ébullition de certains aliments. D’autres supports de forme trapézoïdale, munis de trous, devaient soutenir les broches portant les viandes près du feu[2].
Les restes de repas accumulés dans de petites fosses‑dépotoirs identifiées à l’extérieur de chaque cabane ont permis de documenter les types d’aliments consommés : os de bovins, d’ovicaprins et d’oiseaux ; des valves de coquillages (surtout de patelles) et des restes osseux de poissons[2].
