Le nuraghe de Noddule a été construit sur un affleurement rocheux naturel, dans une zone parsemée de grands blocs erratiques de granite. Le nuraghe est du type complexe (trilobé) résultant de l’adjonction latérale‑frontale de trois tours à la tour principale (le mastio)[1].
Le mastio, de plan circulaire (diamètre 7,90 m au sommet), possède une entrée orientée au sud, accessible par un couloir rectangulaire comportant une niche sur le côté droit. La tour est conservée, côté nord-est, pour une hauteur maximale de 4,30 m sur neuf assises de blocs de granite taillés en queue d’aronde, incluant quelques assises de l’étage supérieur. Un cour en forme de demi-cercle, aux parois légèrement en encorbellement, relie les deux tours ajoutées au mastio sur le côté sud. La première présente un plan circulaire irrégulier (diamètre 3 m), avec des parois internes nettement en encorbellement dans leur partie supérieure. À droite, on aperçoit un tronçon de couloir à couverture ogivale, reliant la tour à un autre espace adjacent, aujourd’hui effondré et envahi par la végétation. La seconde tour est reliée à la tour principale par un remblai de pierres. Cette tour ouvre au sud-est : la porte est surmontée d'une architrave et débouche sur un couloir encombré de débris, permettant d’accéder à une pièce sub‑circulaire (diamètre 3,50 m) comportant deux niches presque contiguës sur le côté gauche. Sur le côté droit s’ouvre un accès à couverture ogivale, probablement en communication avec le cour reliant l’ensemble des espaces[1].
La source sacrée est située à quelques centaines de mètres du nuraghe. Elle a été fouillée au printemps 1961 par la Surintendance archéologique de Sassari et Nuoro. Le monument se compose d’un vaste vestibule quadrangulaire muni de banquettes, et d’un puits recueillant l’eau de source[1].
L’ensemble est entouré d’un enclos irrégulier, probablement destiné à délimiter l’aire sacrée des activités rituelles. L'entrée de l'édifice est orientée au nord, décentrée par rapport à l’axe du bâtiment. Le vestibule est précédé d’un hémicycle irrégulier, au sol partiellement recouvert de dalles en granite, Des sièges sont visibles à la base des murs du vestibule et sur le côté sud subsiste un foyer circulaire. On accède au puits par un portail rectangulaire, surmonté d’une architrave et d'une petite niche, précédant un escalier composé de quatre larges marches en granite et de trois petits degrés en trachyte. La rampe d'escalier est bordée par un mur en blocs granitiques irréguliers, délimitant un espace trapézoïdal (longueur 3,60 m ; largeur 1,70 m à l’entrée et 1,30 m au fond). Sur la gauche du mur, au troisième rang, s’ouvre une petite niche trapézoïdale. À la base du même mur, près du troisième degré, se trouvent deux banquettes en granite[1].
Le puits, de plan cylindrique, est construit en blocs de trachyte taillés au marteau et disposés en assises régulières parfaitement jointives. Le parement externe du puits délimite un espace rectangulaire avec un fond en forme d'abside, dont les assises supérieures présentent un léger encorbellement. La façade de l'édifice est rectiligne et conservée sur 3,30 m de hauteur. Elle est constituée, sur 1,60 m de hauteur, par huit assises de blocs trachytiques soigneusement travaillés, tandis que la partie supérieure est formée de blocs de granite de tailles variées, disposés en assises irrégulières. Le fond du puits comporte une fossette de décantation de forme circulaire. Le puits est couvert d’une « tholos », fermée par un bloc percé d’un orifice conique[1].
Sur le côté sud-est du nuraghe, subsistent les vestiges de trois pièces rectangulaires, construites avec des matériaux provenant de l’effondrement du nuraghe, attribuables aux périodes romaines et haut‑médiévales[1].
Autour du nuraghe sont visibles les restes de nombreuses cabanes nuragiques circulaires appartenant au village. La plus grande (diamètre 10 m) comporte un foyer central et devait comporter une couverture en encorbellement[1].
À environ 100 m du nuraghe, à l'ouest-sud-ouest, on peut voir les vestiges d’une tombe de géants mesurant 8,53 m de longueur, constituée d’une exèdre semi-circulaire (corde 7,15 m) et d'une chambre funéraire (longueur 4,90 m ; largeur 0,80 à 0,85 m). La chambre, fouillée par E. Castaldi, n'a livré que quelques céramiques[1].