Complexe nuragique de Santa Cristina

From Wikipedia, the free encyclopedia

PaysDrapeau de l'Italie Italie
RégionDrapeau de la Sardaigne Sardaigne
ProvinceOristano
CommunePaulilatino
Complexe nuragique de Santa Cristina
Image illustrative de l’article Complexe nuragique de Santa Cristina
Vue aérienne du temple-puits.
Localisation
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Drapeau de la Sardaigne Sardaigne
Province Oristano
Commune Paulilatino
Coordonnées 40° 03′ 40″ nord, 8° 43′ 51″ est
Histoire
Époque Âge du bronze
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Complexe nuragique de Santa Cristina
Complexe nuragique de Santa Cristina
Géolocalisation sur la carte : Sardaigne
(Voir situation sur carte : Sardaigne)
Complexe nuragique de Santa Cristina
Complexe nuragique de Santa Cristina

Le complexe nuragique de Santa Cristina est un site archéologique de l'âge du bronze situé dans la commune de Paulilatino, dans la province d'Oristano, en Sardaigne, en Italie. Il comprend un petit nuraghe entouré des restes d'un village nuragique et un sanctuaire nuragique du type « temple de l'eau » bien conservé.

La première mention relative au puits de Santa Cristina est peut‑être due à Alberto La Marmora qui, dans son Voyage en Sardaigne de 1819 à 1825, en parlant du nuraghe Funtana Padenti de Baccai (Lanusei), « construit avec des blocs non travaillés », écrit « qu’il n’en allait pas de même d’une sorte de petit puits voisin, en forme d’entonnoir, construit avec des pierres volcaniques bien travaillées au ciseau et assemblées avec beaucoup de soin… » qu'il compare à « un puits à peu près similaire près de l’église de Santa Cristina, non loin de Paulilatino ; il était alors en partie encombré et plein d’eau »[1].

Puits sacré de Santa Cristina (dessin de Vincenzo Crespi).

En 1846, Vittorio Angius mentionne à l’entrée « Paulilatino » du dictionnaire de Casalis, « à deux grosses milles du village dans la direction du libeccio… se trouve l’église de S. Cristina. À proximité, on voit une construction singulière en forme d’entonnoir, au fond duquel on descend par un escalier conique formé de pierres bien travaillées, tout comme le mur qui entoure l’escalier et figure un entonnoir renversé. Aucun de ceux qui y sont descendus n’a jusqu’ici su expliquer à quoi servait une telle construction »[1]. En 1857, Giovanni Spano donne plus de détails sur le puits de Santa Cristina et présente le premier relevé graphique du monument (plan, section et élévation de l’escalier) réalisé par Vincenzo Crespi dans le Bullettino Archeologico Sardo. Il décrit ainsi la construction : « L’ouvrage est cyclopéen, construit avec de grands blocs de pierre volcanique noire extraits de la carrière voisine, et sans mortier, comme les nuraghes. On y entre par un souterrain dont la voûte est verticale, faite en gradins disposés les uns au‑dessus des autres en saillie, à la manière de créneaux. Une fois à l’intérieur, du fond à l’ouverture, il mesure plus de quatre mètres de haut. Il est de forme ronde, large à la base, où reposent les premiers rangs des gigantesques blocs ; au‑dessus est posé un second rang en saillie, puis un troisième de même type, et ainsi de suite jusqu’au dixième niveau ou ceinture, en diminuant progressivement, de sorte qu’il semble former un cône tronqué et l’ouverture d’un puits ordinaire ; de telle manière qu’un homme placé en bas ne pourrait en aucun cas sortir, car les blocs, disposés en gradins et verticalement, lui surplombent tous la tête ». Spano tente d’expliquer la possible fonction de l'édifice, qu'il estime aussi ancien que les nuraghes mais en raison de la présence d’une source voisine et de la maçonnerie sans mortier qui n’aurait pas retenu l’eau, il rejette toute fonction hydraulique et en déduit qu'il s'agissait d'une prison[1].

En 1860, La Marmora dans son ouvrage l’Itinéraire mentionne à nouveau le puits de Paulilatino : « Dans les environs de Paulilatino, outre les nombreux nuraghes, on trouve aussi des monuments très anciens, parmi lesquels je note celui que l’on appelle dans le pays Puttu de Santa Cristina, près de l’église du même nom. C’est réellement une sorte de puits souterrain conique, large au fond et étroit au sommet : il est formé de grosses pierres basaltiques bien taillées, et l’on y entre par un souterrain construit de la même manière, avec de grosses pierres bien travaillées et disposées en gradins ; l’intérieur du cône est construit avec la même technique, de sorte qu’il est impossible de monter de bas en haut, car les gradins empêchent de passer de l’un à l’autre ; c’est un type de construction qui rappelle les premières tentatives de voûtes ». La Marmora, pour y avoir trouvé « des pierres coniques qui, à leur sommet, avaient un logement pour soutenir des statuettes de bronze », fait un lien avec le sanctuaire nuragique d’Abini et en déduit qu'il s'agit « d'un temple ancien des premiers colons sardes »[1].

En 1900, Domenico Lovisato date la construction de l’époque carthaginoise et en 1904, A. Mayr, impressionné par les fortes analogies avec les tholoi mycéniennes, interprète le puits de Santa Cristina comme une tombe à coupole[2]. À partir de 1910, Antonio Taramelli, qui vient de fouiller le sanctuaire nuragique de Santa Vittoria, identifie clairement le site et écrit dans une note : « Le soi‑disant puits de S. Cristina, selon les observations récentes, doit être considéré comme un puits sacré, semblable à celui de S. Vittoria di Serri »[2]. En 1913, Duncan Mackenzie publie un nouveau relevé, plus précis, du puits sacré, ainsi que le plan du nuraghe et des cabanes voisines[2].

Les premières fouilles et restauration sur le site interviennent en 1953 et se poursuivent en 1967–1973 et de 1977 à 1983 sous la direction E. Atzeni. De nouvelles fouilles sont menées par P. Bernardini dans certains secteurs du village entre 1989 et 1990[2], et par Arnold Lebeuf entre 2005 et 2010.

En 2021, le site fait partie des 31 sites nuragiques sardes candidats à l'inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO[3].

Le site

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI