Le complexe de Sa Sedda ’e sos Carros est situé dans la vallée de Lanaitho. Il comprend un vaste habitat s’étendant sur plus de quatre hectares[1].
La rotonde avec son bassin central.Détail du bassin.
Rotonde avec bassin
En 1993, les fouilles ont révélé l'existence d’un espace circulaire d’environ 2,50 m de diamètre, avec une élévation conservée d’environ 1,80 m. Les murs sont constitués de blocs de basalte disposés en appareil isodome, à l’exception d’une assise située à 1 m au‑dessus du sol, composée de blocs de calcaire sculptés. Les sculptures, en haut‑relief, représentent sept protomés de bélier et/ou de mouflon, comportant chacun au niveau de la bouche un orifice relié à un canal annulaire intramural creusé dans l’épaisseur des blocs. La partie supérieure du mur est couronnée de petits blocs de basalte à face visible oblique, disposés comme des corbeaux[1].
Le pavement intérieur est constitué par le sol naturel en calcaire en légère pente, tandis que l’entrée, dont une partie des montants est conservée, est délimitée par un seuil en basalte. Un banc, formé de blocs basaltiques finement façonnés, épouse parfaitement la courbure des parois. Au centre de la pièce se trouve un grand bassin (diamètre 0,70 m; hauteur 0,45 m), taillé dans un bloc monolithique de grès, doté d’un pied annulaire et d’un orifice traversant. Sur le côté gauche repose une cuve rectangulaire bipartite en trachyte, reliée par un orifice au canal intramural, lequel débouche de l’autre côté dans une cuve formée de blocs de basalte. La présence de cet appareil hydraulique, l’important effort architectural consacré à la réalisation de cet espace, son emplacement par rapport au village, la présence de protomés zoomorphes et d’autres indices archéologiques de richesse ont conduit à interpréter le bâtiment comme un sacellum destiné à des pratiques religieuses liées à l’eau[1].
Au moment de la découverte, l’intérieur de la rotonde était encombré d’une grande quantité d’objets métalliques (surtout en bronze), entiers ou fragmentaires, peut‑être destinés à être refondus. Parmi ceux-ci, on dénombre des fragments de haches, de pics, de pointes et de talons de lance, de nombreuses bagues d’emmanchement d’outils divers, des anses de bassins, des fibules, des épingles simples ou à têtes élaborées, des fragments de lingots, ainsi que des objets de prestige tels qu’un askos en tôle de bronze à deux cols, dont l’un en forme de protomé de taureau, et des navicelles de divers types et dimensions[1].
Ce dépôt d'objets en bronze, qui encombrait tout l’espace utilisable, ainsi que certains effondrements anciens de l’appareil hydraulique, suggèrent que le bâtiment a subi, dans sa dernière phase d’utilisation, un changement de fonction. La rotonde étant incluse dans un îlot regroupant diverses pièces domestiques, l'hypothèse d'une fonction en lien avec des cultes de caractère domestique ou, en tout cas, associés à des groupes familiaux pouvait être envisagée mais les dimensions réduites de la pièce devaient en restreindre l'usage[1].
Autres bâtiments
Les fouilles menées à l’extérieur de l’insula ont mis au jour deux cabanes circulaires et un espace de forme rectangulaire, édifiés en réutilisant des portions de structures antérieures[1].
L'espace rectangulaire a été construit avec de petits blocs polygonaux de calcaire local et quelques blocs en basalte, probablement récupérés d’un édifice préexistant, comme le suggère leur disposition aléatoire. Dans l’angle du mur, une profonde niche a été aménagée. Elle contenait plusieurs fragments de vase (type dolium), un affiloir rectangulaire et un lissoir. À l’intérieur de la même pièce, posée sur la roche naturelle, a été retrouvée une tasse tronconique à anse[1].
À la base du mur du fond, on peut voir un bassin en basalte, similaire par sa forme à celui de la rotonde (71 cm de diamètre) avec un pied de soutien de 78 cm de hauteur. Au centre de la structure se trouve un foyer circulaire délimité par des fragments de basalte probablement réemployés. Dans l’angle opposé à celui où se trouve le bassin, on observe sept blocs travaillés, qui devaient à l'origine correspondre au siège d’une ancienne rotonde intégrée dans les murs. Le bassin en basalte, initialement placé au centre du siège circulaire de la rotonde antérieure, a été réutilisé et installé à la base du mur du fond du nouvel espace rectangulaire, sous la niche aménagée dans la maçonnerie. La présence de fragments de dolium à l’intérieur de la cuve a conduit à associer ce récipient en terre cuite à une fonction d’approvisionnement en eau[1].
Le matériel archéologique retrouvé dans l’aire immédiatement adjacente à l'espace rectangulaire a été daté de la fin du VIIesiècleav. J.-C. Cet espace rectangulaire présente de fortes similitudes avec l’édifice elliptique du village nuragique de Sirai (Carbonia), restructuré entre la fin du VIIesiècle et la première moitié du VIesiècleav. J.-C., en intégrant des portions de maçonnerie d’une rotonde dont subsistent, sous le pavement du nouvel espace, le siège périmétral et le sol dallé[1].
(it) Gianfranca Salis, «Le rotonde con bacile: un nuovo contributo dal villaggio nuragico di Sa Sedda ‘e sos Carros-Oliena», Fasti On Line Documents & Research, (lire en ligne[PDF])