Concetto Pettinato

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FidelioVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Concetto Pettinato
Concetto Pettinato vers 1940.
Biographie
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FidelioVoir et modifier les données sur Wikidata
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Autres informations
Parti politique

Concetto Pettinato, né le à Catane et mort le à Este, est un journaliste, écrivain et homme politique italien.

Reporter et journaliste de profession, il exerce de façon continue son activité sous le régime fasciste et durant la République sociale italienne (RSI) au cours de laquelle il adopte cependant une attitude critique vis-à-vis de Mussolini. Après-guerre, il s'investit en politique en devenant l'un des dirigeants du Mouvement social italien (MSI). Figure de l'aile « gauche » avec Giorgio Pini, il finit par quitter le parti avec ce dernier pour fonder le Regroupement social républicain (RSR).

Formation journalistique

Né en 1886 à Catane de Carmelo et Maria Biraghi, Concetto Pettinato part étudier à Rome, puis retourne dans sa ville natale pour obtenir un diplôme de droit. S'intéressant au journalisme, il collabore au quotidien milanais La Perseveranza et au Giornale di Sicilia de Palerme, avant d'entreprendre un voyage à travers l'Europe en 1910, qui le conduit à vivre en Russie, en France, en Pologne et en Turquie.

En tant que correspondant bénévole, il envoyait des articles depuis ces lieux à Alfredo Frassati, directeur et propriétaire de La Stampa à Turin. Devenu correspondant pour le journal piémontais, il s'installa à Paris en 1914, puis en Pologne. En , il participa à la Première Guerre mondiale comme sous-lieutenant au sein du Haut Commandement de l'Armée, responsable du bureau d'information [1]. En 1918, il fut réintégré au quotidien turinois et envoyé en Hongrie, au moment de la révolution de Béla Kun.

L'adhésion au fascisme

En 1920, il se trouve à Berlin comme correspondant spécial, avant de retourner à Paris, puis en Allemagne en 1926. Cette année-là, il adhère au Sindacato fascista dei giornalisti. En 1930, il est à Madrid pour couvrir, pour le compte de La Stampa, les premiers signes de la guerre civile espagnole puis durant la décennie de l'instauration du régime nazi, figure parmi les signataires des lois raciales fascistes. En 1941, il est appelé à collaborer avec l'Ente Italiano per le Audizioni Radiofoniche (EIAR).

Durant la République sociale italienne

Après la chute de Benito Mussolini le , l'armistice et la naissance de la République sociale italienne (RSI), Pettinato fut nommé directeur de La Stampa par Mussolini en [2]. Le , il publia dans le quotidien turinois le célèbre éditorial « Se ci sei, batti un colpo »[1], dans lequel il mettait directement en cause Mussolini dans la tournure des événements : les dernières actions militaires avaient abouti à un résultat désastreux et l'Italie de la RSI semblait désormais « saisie » par les Allemands, qui détenaient tous les pouvoirs. Le , il publia un autre éditorial, intitulé « L'assente »[3], dans lequel l'Italie était qualifiée d'« absente » en raison de son rôle de plus en plus modeste sur la scène internationale[4]. Cette fois, le régime ne tolère aucune critique : en mars, Pettinato est démis de ses fonctions et déféré devant la commission de discipline du Parti républicain fasciste (PFR)[2].

La période d'après-guerre : néofasciste de « gauche »

Après la Libération, Pettinato se cacha à Milan, mais fut arrêté le et jugé à Turin. Condamné à 14 ans de prison pour collaboration, il fut libéré suite à l'amnistie Togliatti, promulguée la même année. En , il rejoignit le Mouvement social italien (MSI), dont il devint membre du Comité central et promoteur de diverses initiatives. Avec Giorgio Pini et Ernesto Massi, il devint l'une des figures de proue de l'aile gauche révolutionnaire du parti. En 1948, il se présenta aux élections, mais ne fut pas élu.

Le , il fut condamné à quatre mois de prison pour apologie du fascisme par le magistrat de Syracuse, mais acquitté par le même tribunal en 1951. En 1952, Pettinato démissionna du MSI suite au changement de ligne politique impulsé par le secrétariat du parti, un changement qu'il considérait comme une dérive réactionnaire, conservatrice et pro-atlantique. Il participa, avec Giorgio Pini, à la fondation d'un nouveau mouvement politique , le Regroupement social républicain (RSR), se plaçant directement dans la filiation du « socialisme national » de la République sociale italienne (RSI) et du Manifeste de Vérone. Il collabora en outre au bimensuel du parti, La Prima Fiamma, puis participa, en 1957, à la fondation du Parti national du travail (Partito Nazionale del Lavoro), toujours avec Pini et l'ancien secrétaire adjoint du MSI, Ernesto Massi.

À partir de 1957, il devint un collaborateur régulier de la troisième page d'Il Tempo. Il mourut à Este le [1].

Postérité

C’est ainsi qu’Indro Montanelli se souvenait de lui dans la rubrique Opinioni - La Stanza di Montanelli du Corriere della Sera, le , suite au rappel d’un lecteur qu’il avait cité le célèbre article de Pettinato « Se ci sei, batti un colpo! »[1] :

« Cher Calero, je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de rappeler le souvenir de Concetto Pettinato, un nom totalement ignoré dans les annales souvent distraites du journalisme italien, mais qui correspond à celui d’un homme qui ne fut pas seulement un maître de notre métier, mais aussi un exemple de cohérence et d’honnêteté. Je prévois des réactions indignées de la part de certains collègues, étant donné qu’il fut directeur de La Stampa durant la période de Salò et de l’occupation allemande. À ce moment-là, j’étais en prison, vous imaginez donc si je pouvais — et si je peux aujourd’hui — éprouver la moindre sympathie pour l’attitude de Pettinato. Mais je dois reconnaître que toute son histoire passée le contraignait à cette attitude.

Pettinato n’était pas fasciste et ne reçut jamais aucun avantage du fascisme. C’était un nationaliste issu d’une école de pensée culturellement noble, celle de Gioacchino Volpe, Corradini et Federzoni. Il détestait les démocraties occidentales et était convaincu que la seule alliance possible pour l’Italie était celle avec l’Allemagne — non pas l’Allemagne nazie, mais l’Allemagne tout court. Lorsque la guerre éclata, nous étions tous deux à Berlin, où nous nous sommes violemment disputés. Mais lorsque, à la fin de 1943, il apprit mon arrestation, il fit tout — malheureusement en vain — pour venir à mon secours. Pour les articles qu’il écrivit dans La Stampa sur les misères du fascisme de Mussolini — jusqu’au dernier, magnifique, que vous citez — il dut entrer dans la clandestinité. […] »

Publications

Notes et références

Liens externes

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