Condition masculine

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La condition masculine décrit la place des hommes dans l'organisation sociale comme dans ses représentations culturelles. Pendant masculin de la condition féminine, la notion de condition masculine regroupe les problématiques que l'aspect physiologique, psychologique, social, légal, économique, culturel ou sexuel rendent spécifiques aux hommes.

La préoccupation d'une amélioration de la condition masculine fonde des mouvements tels que le masculinisme, la libération des hommes, ou l'hominisme.

Description de la condition masculine dans la littérature

Si l'anthropologue Odile de Roynette déplore que la condition masculine eut été un thème trop absent des études précédant le vingtième siècle, elle note la catégorisation presque médicale qui fut employée à la fin du XIXe siècle pour juger de l'aptitude d'un homme à partir à la guerre. Son perçu est que les attributs physiques masculins caractérisent le conscrit capable de contrôle sur les flots de sang, là où périodiquement la femme se doit de les subir. Aux yeux de la chercheuse ce pouvoir exclusivement masculin créa une fracture entre les hommes et les femmes, celles-ci étant écartées progressivement des champs de guerre alors que jusque-là elles avaient encore eu leur place au front dans des fonctions logistiques ou de combat. La fin de la première guerre mondiale attribua un statut de héros viril aux hommes faisant œuvre de sacrifice, jusque sur des stèles érigées en leur honneur et cachant une réalité bien plus sombre, faite de souffrance physique pour l'homme agonisant et de larmes pour son épouse qui le pleure. Mais cette perception de l'homme plus humain que héros, meurtri et traumatisé fut aussi exploitée pour donner aux désordres psychiques des rescapés des conflits guerriers un facteur de virilité justifiant la place de l'homme au front[1].

La littérature donne accès à une forme de représentation de l'homme et de la condition masculine. De héros d'épopée à personnage en crise, la description de l'homme montre une évolution historique[2]. À propos du roman Le Rouge et le Noir, Gilles Aerts remarque : "Il semble que l'homme soit quantitativement plus violent que la femme parce qu'il est plus exposé à la violence, en tant que bourreau et vïctime, à cause des rôles que lui dévolue la société traditionnelle décrite ici. En bref, la condition masculine, qu'elle soit sociale, économique ou politique, conditionne l'individu mâle à l'agressivité, à la violence."[3]. Au XXe siècle, la Première Guerre mondiale puis Seconde Guerre mondiale changent durablement la vision de la condition masculine. Ce changement est particulièrement visible dans la littérature française de la première moitié du XXe siècle où l'homme est représenté comme fragile ou souffrant[4], ce qu'Éric Zemmour explique par l'humiliation de la guerre de tranchées[5].

Représentations usuelles

Représentation du statut de victime masculine

Le statut de victime masculine reste de l'ordre du tabou[6],[7].

Violences conjugales

En France, les premières enquêtes nationales qui ont tenté de dresser un bilan statistique des violences conjugales en France datent de 2000, elles ne recensaient alors que les victimes féminines[8]. Si au Canada, l'Enquête Sociale générale (ESG) a évalué les victimes des deux sexes dès 1999, en France, c'est seulement en 2007 qu'une évaluation quantitative des hommes violentés a été produite une première fois par l'Observatoire national de la délinquance. La violence féminine, notamment à l'égard des hommes, restant de l'ordre du "tabou social"[9].

Certains auteurs déplorent la prévalence d'une doctrine qui réduit invariablement les problèmes sociaux à une dialectique manichéenne où les femmes sont des victimes et les hommes des oppresseurs, à l'exclusion d'importantes autres variables systémiques[c 1],[c 2],[c 3],[c 4],[c 5],[c 6],[c 7],[c 8] ,[c 9],[c 10] ,[c 11],[c 12],[c 13]. Un pionnier de la recherche sur la violence conjugale comme Murray A. Straus, par exemple, déplore[c 14] l'obstruction politique et intellectuelle qu'a entrainée, au cours de 30 dernières années, la prédominance de la théorie féministe explicative de la violence conjugale. À la suite de Graham-Kevan[c 15], Straus observe que malgré une masse écrasante de recherche empiriques contraires (« fully documents overwhelming evidence »), les milieux politiques continuent à croire à l'axiome féministe voulant que la domination patriarcale (« "patriarcha dominance" theory of partner violence ») soit l'explication primale de la violence conjugale.

Selon l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, qui a réalisé des statistiques à partir des plaintes déposées, 149 000 hommes et 398 000 femmes ont été victimes de violence dans le cadre du couple[10]. 25 des 146 décès liés aux violences conjugales ont été provoqués par des femmes en 2013. La reconnaissance[11] et surtout la prise en charge des hommes battus reste problématique[12].

Violences au sein de couples d'hommes homosexuels

Selon la mission interministérielle pour la protection des femmes contre la violence et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF), en 2016, 3 hommes ont été tués en France par leur partenaire ou ex-partenaire au sein d'un couple homosexuel[13].

Agressions sexuelles

En France, contrairement au Canada où le viol sur les hommes et les garçons fait l'objet d'une ample communication de la part de l’État[14],[15], les statistiques, études et plaquettes informatives spécifiquement dédiées aux hommes victimes de viol resteraient très peu nombreuses en France, voire totalement absente concernant toute communication spécifiquement orientée vers les victimes homme[réf. souhaitée]. De plus, aucun centre d’accueil de victime en France ne serait dédié aux victimes hommes, contrairement au Royaume-Uni ou à l'Allemagne. Les associations qui aident les victimes de viol, telles que Collectif féministe contre le viol, Stop violences femmes ou encore SOS femmes, tendraient à exclure par leur nom les hommes, même si elles leur sont ouvertes[16].

Sur internet, on trouve un grand nombre d'associations d'aide aux victimes de harcèlements sexuels au travail, mais aucune ne serait dédiée exclusivement aux hommes victimes[17].

Condition masculine au XXIe siècle

Références

Voir aussi

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