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Frères de différentes confréries à leur passage Place de l'Université.
Sont considérées comme confréries pénitentielles historiques de Valladolid cinq fraternités, constituées entre la fin du XVesiècle et le XVIesiècle, chacune d'elles ayant des caractéristiques propres. À l'origine et pendant longtemps, elles avaient une mission sociale et religieuse. Mais le changement de pratiques, de politique et de normes, leur histoire a évolué dans le temps. Les cinq confréries sont connues plus communément sous les noms de Confrérie de la Vraie Croix, Confrérie de la Passion, Confrérie des Angoisses, Confrérie de la Piété, et Confrérie de Jésus de Nazareth.
Une confrérie est une congrégation, une communauté ou une association formée par des personnes pieuses et qui exercent une autorité sur les œuvres de piété et d'autres actes religieux. Les frères accomplissent trois appels indispensables: l'oraison, la pénitence et la charité. Certaines confréries très anciennes sont les héritières des fraternités du Moyen Âge. D'autres datent des XVeetXVIesiècles et ont répondu à un besoin d'assistance sociale aux déshérités, aux pauvres, aux malades et aux condamnés à mort.
À certains moments de l'histoire, les confréries ont perdu leur aspect social au profit d'une mission religieuse, et notamment celle de la vénération d'une image et l'organisation des processions, plus particulièrement celles de la Semaine sainte.
Difficultés et changements
Au XVIesiècle, les confréries, toujours existantes, ont organisé aux processions de la Semaine sainte de Valladolid. Pendant un certain temps, leur mission principale était d'aider les nécessiteux, mais, peu à peu, celle-ci s'est effacée de leurs objectifs officiels. En 1617, l'évêqueFrancisco Sobrino s'est chargé de l'assistance aux pauvres, aux désemparés et aux malades à travers l'Hôpital de la Résurrection. C'est ainsi qu'à partir de cette date, les confréries se sont réorientées vers le culte de la Passion du Christ, notamment lors des processions de la Semaine sainte.
Au XVIIesiècle, les processions atteignent leur plus grande splendeur, devenant les plus célèbres d'Europe, avec notamment de grands artistes baroques tels que Gregorio Fernández. Au siècle suivant, dès 1731 et en raison des changements politiques et culturels, on observe leur déclin jusqu'à une quasi disparition au début du XIXesiècle. Le premier tiers du XXesiècle, de nouvelles processions apparaissent, soutenues par l'évêqueRemigio Gandasegui, qui a remis en place une organisation toujours active et qui a formé de nouvelles confréries. Ainsi, en 1931, ont été créées la Confrérie du Saint Enterrement et la Confrérie du Christ des Charbonniers.
Quand est arrivée la Seconde République, de nouvelles normes sont apparues concernant la religion: "L’État, les régions, les provinces et les municipalités ne doivent pas maintenir, favoriser ou aider économiquement, les églises, les associations et les institutions religieuses."
Ces mesures ont directement touché les confréries et les processions qui, sans aide économique ni soutien officiel ne pouvaient subsister. Mais en 1935, l'évêqueGandasegui a obtenu une autorisation spéciale pour rétablir les processions de la Semaine sainte. La participation était gigantesque, notamment pour la Borriquilla du Dimanche des Rameaux, lors de laquelle défilèrent près de 3 000 enfants.
Lors de la Guerre civile, l'aide économique aux confréries a été rétablie, respectant la coutume du don de 300 pesetas. En 1946, la municipalité de Valladolid a proposé que les fêtes de la Semaine sainte ne soient plus dépendantes de la corporation, en créant le Comité Pro-Fomento ou Comité Pro-Semaine sainte, se chargeant alors de tout ce qui concerne les festivités et leur organisation mais également des archives du Comité des Confréries de la Semaine Sainte et de chacune d'entre-elles.
Il y a actuellement 20 confréries chargées de l'organisation de la Semaine sainte, de la coordination des processions et de l'organisation des différents actes religieux de l'année, tout en valorisant leurs œuvres artistiques mais aussi leur aspect social et la charité.
Bâtiment de la Chancellerie royale.
Les confréries ont connu de grandes difficultés économiques au cours du XVIIIesiècle, les autorités réformistes ayant empêché leur développement en raison, selon elles, d'abus et de scandales, tels que de grands repas et fêtes leur rapportant de l'argent. Les frères protestèrent énergiquement, stipulant que cette interdiction serait désastreuse pour la gestion de leurs dépenses. Après l'intervention de la Chancellerie royale et de l'intendant-corrégidor de la municipalité, la bataille juridique prend fin avec la cédule royale de 1773 confirmant la mesure de suppression des confréries du 10 mai 1770. Elles ont alors eu l'obligation de transmettre leurs règles au Conseil de Castille et leurs biens réquisitionnés par un Comité de Charité. Toutes les confréries, pénitentielles et corporatives, sont supprimées.
Dès années plus tard, en 1797, l'existence légale des confréries pénitentielles est de nouveau reconnue. Vers le XIXesiècle, les autorités civiles, sous l'égide de la Chancellerie, prennent le commandement et l'autorité des processions. Dans des dispositions appelées "plan et visée", des normes ont été fixées par rapport aux itinéraires et aux horaires. Elles s'appliqueront en 1810, en pleine occupation française, sous le commandement du général Kellerman. Ces mesures politiques visaient à maintenir une paix sociale avec les habitants de Valladolid, en leur accordant de nouveau ces processions de la Semaine sainte. C'est ainsi que les rues de Valladolid ont pu retrouver une procession générale le 21 avril 1810, avec diverses confréries.
Pourtant et malgré cette impulsion en faveur des processions, un déclin des confréries s'observe tout au long du XIXesiècle, notamment pour des raisons socio-politiques.
Les charges
Il existait dans toutes les confréries les mêmes charges supérieures pour une bonne gouvernance: deux alcades de métiers mineurs et des intendants de diverses professions.
Deux propositions étaient faites pour leur élection: l'une pour les sortants, l'autre pour ceux qui présentaient leurs propres frères. Tous participaient au vote. Une fois l'élection faite, l'ensemble des membres de la confrérie se rendait, avec le clairon, au domicile de l'intéressé.
Pour devenir alcalde, il était nécessaire d'avoir exercé une profession mineure. Il avait pour obligation le bon soin de la confrérie, la convocation aux festivités de l'église, le paiement du repas pour la Fête-Dieu ainsi que les rafraichissements en limonade et gâteaux pour les députés lors de l'Octava. Il devait également s'occuper des commémorations pour les frères défunts en fournissant du vin, des beignets et le don de 15 reales pour le déjeuner aux intendants et officiels.
Les nouveaux frères
Selon Manuel Canesi dans son Histoire de Valladolid (1750), l'intégration de nouveaux frères au XVIIIesiècle se faisait selon une tradition ancestrale. Une fois réunis dans la salle capitulaire, en présence notamment des alcaldes et du chapelain, face à une table où trônaient les livres et statuts, les aspirants devaient payer une petite somme d'argent pour le déjeuner d'admission, symbole de leur adhésion comme frères.
Les corporations
Certaines corporations de métiers font partie des confréries. C'est ainsi que des sculpteurs et des peintres appartenant à la corporation de Saint Luc sont également inscrit dans la Confrérie de la Passion. Les membres de la curie, les greffiers, et plus largement les métiers de la Chancellerie, se retrouvent dans la Confrérie des Angoisses, tandis que celle de la Vraie Croix intègrent les bijoutiers et les orfèvres.
Les revenus pour l'entretien
Pour faire face aux dépenses des processions et autres devoirs, les alcaldes passent par plusieurs moyens, notamment des aumônes et des dons par les dévots et les autorités. Ainsi, il était de coutume d'envoyer aux députés et autres personnes généreuses, le jour de la Fête-Dieu, une ou deux tranches de lard galicien accompagnées de vin, en l'échange d'une centaine de reales.
À ceux chargés d'allumer la fin des processions, il était donné une ou deux livres de pâtisseries, un gâteau aux olives, des gâteaux, du vin ou de la limonade, parfois même une poule. Les porteurs des étendards étaient aussi récompensés en cire, vêtements et chaussures.
Histoire ancienne des cinq confréries traditionnelles
Confrérie de la Vraie Croix
Il s'agit de la plus ancienne des cinq confréries historiques. Elle est citée en 1498 dans une demande faite par les frères pour la construction d'un calvaire hors de la Puerta del Campo. Elle disposait une chapelle de pierre et de chaux dans laquelle était vénérée un Christ et une relique d'un petit morceau de la Vraie Croix. Plus tard, un reliquaire a été créé pour la conserver et la porter en procession. Cette confrérie se donnait pour but le soin des contagieux et l'aide aux voyageurs sans-abri. Dès 1515, elle devient propriétaire d'un hôpital dans la rue de la Copera (actuelle rue du Comte Ansurez).
Par son ancienneté, la confrérie avait le privilège de choisir l'itinéraire et l'horaire le jour de sa procession.
Cette confrérie a des liens avec les franciscains du couvent Saint-François et avec ses confréries du tiers-ordre et de l'Ordre de Saint-François. Le paso le plus ancien, celui de la Borriquilla, partait du navire de Sainte Juana de l'église de ce couvent.
Lorsqu'au XVIIesiècle s'est construit le temple actuel rue de la Costanilla (aujourd'hui rue de la Platería), la confrérie avait l'habitude de porter en procession depuis cette église jusqu'au calvaire l'image dite Christ du Calvaire.
Confrérie de la Sainte Passion du Christ
Depuis l'origine, son patron a été Saint Jean-Baptiste égorgé, en harmonie avec la confrérie existante à Rome appelée Fraternité de la Miséricorde de la nation florentine de la Ville de Rome ou Saint Jean des Florentins de Rome, qui a été la première association dans l'histoire avec ce patronage. Grâce à ce jumelage avec les Florentins, la confrérie de la Passion a réussi à obtenir du pape les mêmes bulles et indulgences.
Confrérie pénitentielle de la Sainte Passion du Christ.
Depuis l'origine, son patron a été Saint Jean-Baptiste égorgé, en harmonie avec la confrérie existante à Rome appelée Fraternité de la Miséricorde de la nation florentine de la Ville de Rome ou Saint Jean des Florentins de Rome, qui a été la première association dans l'histoire avec ce patronage. Grâce à ce jumelage avec les Florentins, la confrérie de la Passion a réussi à obtenir du pape les mêmes bulles et indulgences.
Sa règle obligeait la confrérie à protéger les inculpés qui allaient être exécutés, les assister après leur mort et s'occuper de l'enterrement. Elle était également chargée de ramasser les cadavres trouvés sur les chemins et lieux proches de Valladolid ainsi que les noyés.
L'enterrement des pendus revêt tout un cérémonial qui débute la veille de l'exécution. En se dirigeant à la prison, en éclairant l'image d'un crucifié, la confrérie échangeait avec le détenu, lui apportant des mots réconfortants et l'habillant d'une tunique noire. Il est alors reçu comme un frère, bénéficiant des indulgences accordées par le pape. Les alcades lui offrent ensuite des pâtisseries et du vin. La cérémonie se poursuit le lendemain, jour de l'exécution: les frères circulent dès l'aube à travers la ville pour y recueillir l'aumône pour leur âme, et par conséquent celle du détenu, au son de clochettes tristes et prononçant une soniquette: "Faites bien, pour faire du bien à l'âme de cet homme qui va être exécuté"
Après l'exécution, les alcades de la confrérie demandent la permission pour descendre l'inculpé de sa potence et l'enterrer au crépuscule, passant par le chœur de l'église de Saint-Jacques, juridiction paroissiale de laquelle dépendait la Plaza Mayor. Si l'exécuté avait commis des faits très graves, son corps était démembré et répartis à travers les chemins. Pour ramasser ces restes, tout comme pour ceux morts sur les chemins, les frères de la Passion avaient une autre règle: la cérémonie dite "Dimanche de Lazare".
Tout d'abord, les frères parcouraient les chemins pour récupérer les os, élevant un monticule devant le calvaire que la confrérie possédait dans l'actuel quartier de la Victoria. Puis, ils participaient à des messes pour le repos de l'âme des défunts. Le soir, des frères, éclairés par des chandelles, ramassaient les os et les disposaient dans un drap noir porté par deux mules et amené au temple des Angoisses, où se trouvait un autre monticule. Le cortège passe ensuite par la cathédrale, l'hôtel de ville et enfin le couvent Saint-François. Les frères de la Passion portent ensuite le coffre-cercueil, laissant aux moines du couvent la charge de l'enterrement et des obsèques.
Sépultures des exécutés
Dans le couvent Saint-François, dans la cour qui se trouvait entre la nef de Sainte Jeanne et les maisons de Baltasar Paredes, on enterrait les os des exécutés dans ce qu'on appelle la chapelle de la Sainte Passion. On y trouvait une niche avec des portes grillagées et un autel avec un crucifix entouré des images de la Vierge et Saint Jean, une lampe brûlant en permanence. Au sol, de grandes dalles signalent l'emplacement des os. Dans la chapelle, à côté d'une peinture du Christ, est écrit: "Monseigneur l'évêque D. Juan Vigil de Quiñones a accordé 40 jours d'indulgences à tous ceux qui, devant ce Saint Christ, récitent un Notre Père et un Je vous salue Marie pour les âmes des exécutés dont les corps sont enterrés ici."
Déclin et récupération de la confrérie de la Passion
La confrérie avait son siège en l'église de la Passion, bâtie au XVIesiècle et reconstruite en 1672. Elle a connu le même déclin que les autres confréries. Leur église est dite délabrée en 1924, fermée au culte en 1926. Depuis 1921, seuls deux frères du commissariat du Très Saint Christ du Pardon, Roman Sanz et Candido Negro, gèrent les affaires de la confrérie. En attendant que l'archevêque leur accorde un nouveau lieu de culte, l'image du Christ du Pardon est déposée en l'église Saint Philippe Neri, avant d'être transférée au Sanctuaire national de la Gran Promesa puis à l'église de la Madeleine. Le commissariat du Très Saint Christ du Pardon devient, sous l'égide de l'évêque de ValladolidJosé Delicado Baeza, la Confrérie de la Sainte Passion du Christ en 1992, avec ses statuts propres. Son siège, l'année suivante, est fixé au couvent de Saint Quirce et Sainte Julita.
Vierge de la Passion, première image propriété de la confrérie de la Passion. Anonyme, moitié du XVIesiècle. Elle est conservée en l'église Saint Quirce, siège de cette confrérie. Selon l'historien Canesi, la sculpture est une donation de Diego Sanchez Pintado, député de la confrérie.
L’Élévation de la Croix, en bois nu, conservé au Musée national de la Sculpture. Le Christ de Francisco de Rincon est toujours conservé dans un cloître du monastère de Saint Quirce. Ce paso est sorti lors de la procession générale de la Sainte Passion du Rédempteur.
Tout comme les autres confréries, son origine se trouve en un ermitage, dans un endroit connu comme les quatre rues, correspond actuellement aux rues de Torrecilla, de la Rondilla de Sainte-Thérèse, de Gondomar et de Sainte-Claire. C'est à proximité que se trouvait la Chancellerie royale et, par conséquent, là où vivaient les fonctionnaires. C'est ainsi que nombre d'entre eux faisaient partie de la confrérie.
En 1569, les règles de la confrérie sont inscrites dans la Règle et Ordonnances, et où son nom complet est indiqué: Notre-Dame de la Cinquième Angoisse et Angoisses et Solitude de Notre-Dame des Désemparés. Une autre archive importante existe pour la confrérie: la bulle du pape Paul III du 7 janvier 1536 accordant des privilèges aux frères en récompense à leur charité et leur pénitence.
Également, la confrérie avait des liens proches avec le couvent des Dominicains de Saint Paul de Valladolid, notamment via la signature d'une entente en 1563, autorisant les frères à disposer de l'église dominicaine pour les célébrations liturgiques et les fêtes telles que la Semaine sainte. La procession débutait ainsi depuis cette église.
Façade de l'église des Angoisses.
L'ermitage tombé en ruine, il a été nécessaire de construire une nouvelle église. Le mécène Martin Sanchez de Aranzamendi, marchand et ancien alcalde de la confrérie, et son épouse ont versé un don important pour l'édification d'un nouveau bâtiment. Les travaux débutent en 1613 sur la petite place de l'Amiral, face au palais de l'Amiral de Castille, à proximité de la collégiale de Sainte Marie.
Le XVIIesiècle a été la période la plus faste des confréries et de leurs processions, notamment avec la confection de pasos en bois, comme celui de Francisco de Rincon avec L'Élévation du Christ. La corporation des tailleurs, dite Corporation et confrérie du patriarche Saint Joseph, siégeait dans cette église. Parmi ses membres, on y retrouve les sculpteurs Jean de Joigny, Francisco de Rincon et Gregorio Fernandez, tous également frères des Angoisses.
Dans les années 1970 sont célébrés les 400 ans de la fondation de la règle de la confrérie de 1569. Ce fut l'occasion d'établir un programme de restaurations et de modification de l'organisation des processions. C'est ainsi que mardi Saint de 1991, cette confrérie a été la pionnière dans la procession avec sortie sur les épaules.
Après les images traditionnelles en carton sont arrivées celles en bois polychromes. L'une des premières est celle appelée Christ des Charbonniers, de Francisco de Rincon. La Vierge des Angoisses, œuvre de Jean de Joigny, a toujours suscité une grande vénération. À l'époque baroque, des couteaux lui ont été rajoutés, si bien qu'elle a été connue comme la Vierge aux couteaux. La confrérie avait également une image en papelon appelée Longin, remplacée ensuite par La Descente de Croix, comprenant six images, dans un paso créé par Gregorio Fernandez en 1615.
Confrérie de la Piété
Les origines de cette confrérie remontent au règne de Jeanne de Castille. La confrérie était surnommée confrérie des Génois, en référence aux commerçants et hommes d'affaires génois installés à Valladolid. Les frères étaient ainsi exclusivement d'origine génoise. L'un de ses principaux patrons était Saint Roch, que l'on retrouve dans le nom officiel: Confrérie de la Conception, Monsieur Saint Sébastien et Monsieur Saint Roch.
À l'origine, la confrérie n'avait pas de siège dédié mais était sous la protection du couvent des Mercédaires chaussés, qui lui a mis à disposition une chapelle en 1519. Lors du déclin politique de Valladolid, la colonie génoise a délaissé la ville et, par conséquent, la confrérie. Les frères avaient comme mission le soin des malades cancéreux et pestiférés au sein d'un petit hôpital.
La confrérie de la Piété, siégeant dans l'église Saint Roch, cohabitait avec ses voisins, les moines minimes de la Victoire, avant de rejoindre à nouveau le couvent des Mercédaires le 22 août 1578. Une nouvelle règle est alors fixée, insistant sur le fait qu'il s'agisse d'une re-fondation, afin de préserver les coutumes antérieures. Malgré tout, des dissensions ont eu lieu, entre nouvelle confrérie ou prolongement de celle des Génois.
Union avec la confrérie des Angoisses
Cinquième Angoisse de Gregorio Fernández, image attitrée de la confrérie de la Piété.
Par disposition de Francisco Sobrino, quatrième évêque de Valladolid, la confrérie de la Piété a du s'unir à la confrérie des Angoisses à partir de 1617. La cohabitation a alors été agitée, entre procès et autres oppositions, jusqu'à redevenir indépendants en 1630.
L'église pénitentielle a été bâtie rue Pedro Barrueco en 1662. Lorsque l'église a été démolie pour des raisons d'urbanisation, la confrérie s'est installée en l'église Saint-Antoine abbé. Le déclin de la confrérie s'est accentué tout au long du XIXesiècle. Pour subsister et rapporter de l'argent, elle a tenté de copier les moines de Saint-Antoine abbé en mettant chaque année un cochon à la loterie mais sans véritable succès.
L'église Saint-Antoine abbé est démolie le 28 avril 1939 afin de construire un parc municipal.
Disparition et réorganisation
Au temps de l'évêque Gandásegui, au début du XXesiècle, la confrérie, entièrement disparue, renaît grâce à l'institution Maison sociale catholique, groupement basé en l'église du Rosarillo et chargé d'illuminer l'ancien paso de la Sixième Angoisse de Gregorio Fernandez. Depuis, cette image a été remplacée par la Piété, également de Gregorio Fernandez, qui faisait partie d'un retable du couvent Saint-François. La confrérie siège désormais dans l'église Saint-Martin.
Confrérie de Jesus de Nazareth
Cette confrérie est née au sein du couvent des Augustins chaussés de Valladolid, sous l'influence de dévotions déjà existantes. Mais l'entente entre les Augustins et les membres de la confrérie n'a jamais été parfaite. La confrérie avait son siège dans le couvent, depuis lequel la procession du Vendredi saint commençait. Les frères étaient chargés par les Augustins de fournir les rubans de Saint Augustin, éléments dévotionnels et source de revenus. La dénomination de la confrérie a été Confrérie du Ruban de Notre Père Saint Augustin, ce à quoi a été ajouté Saint Nicolas de Tolentino et Notre Père Jésus de Nazareth, complété de nouveau par Sainte Monique et, en 1616, Notre-Dame de la Consolation de Bologne.
La règle de la confrérie a été donnée par l'évêque Bartolomé de la Plaza et s'est appliquée dès 1599. Elle l'oblige à "suivre fidèlement Jésus avec la croix à leurs côtés".
Les premières réunions des frères s'appelaient Conseil des officiels, puis Chapitre du Gouvernement, dont la première réunion a exclu le représentant des moines. La distance avec eux se manifeste de plus en plus, les réunions se déroulant en l'église Saint Julien avant, en 1651, de réfuter le lien temporel avec les moines. Le lien est définitivement rompu en 1663 lorsque la confrérie, lors de la procession du Vendredi Saint, décide de ne pas rentrer au couvent. La rupture finale est actée en 1684.
Après un procès avec les Augustins qui réclamaient notamment les images des processions, les frères ont fait établir de nouvelles œuvres, dont La Dépouille de Juan d'Avila et le Christ de l'Agonie de Juan Antonio de la Peña (1684).
En 1627, le conseiller municipal Andrés de Cabezon a offert à la confrérie un terrain dans la Rinconada, nettoyé dès 1663. La construction de l'église commence en 1665 et s'achève en 1676. Une nouvelle règle de la confrérie est établie à l'occasion de ce nouveau siège.
Le culte a commencé le 13 juin 1697. Dès le lendemain, une procession avec l'image de Jésus de Nazareth a été organisée, de l'église Saint Jacques jusqu'à la cathédrale. Chaque confrérie a levé un autel devant lequel la procession s'arrêtait. Des festivités ont ensuite eu lieu les jours suivants (courses de taureaux, châteaux de feu, etc.).
(es) Mariano Antonio García Gutiérrez-Cañas, Esplendor, ocaso y resurrección; las procesiones vallisoletanas de Semana Santa. Siglos XVI al XX, Ayuntamiento de Valladolid, (ISBN84-95389-11-8)
(es) Manuel Canesi Acevedo, Historia de Valladolid (1750), t.II, Edita grupo Pinciano, (ISBN84-87739-59-8)
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(es) María Antonia Fernández del Hoyo, Patrimonio perdido. Conventos desaparecidos de Valladolid, Ayuntamiento de Valladolid, (ISBN84-86808-72-3), p.272.