Confusionnisme

tendance politique accidentelle ou intentionnelle entretenant la confusion entre des idées d'extrême-droite et d'extrême-gauche From Wikipedia, the free encyclopedia

Le confusionnisme est « la tendance à entretenir la confusion et empêcher l'analyse, ainsi que le résultat de cette attitude »[1],[2]. En politique, depuis les années 2010[3], Philippe Corcuff mobilise le terme pour qualifier un discours ou une stratégie entretenant la confusion entre des idées d’extrême droite et d’extrême gauche[4]. Selon le politologue Jean-Yves Camus, un brouillage « rouge-brun » date de l'époque moderne[5],[6]. Pour Philippe Corcuff, le discours confusionniste produit un brouillard, issu d'une ambiguïté autour des valeurs et des objectifs de ces deux tendances politiques[3]. La question peut se poser de savoir si ce brouillage est intentionnel ou pas[5].

Origines

Le confusionnisme apparaît relié à ce qui a été qualifié de rouge-brun, terme mobilisé pour évoquer une personne ou une mouvance politique qui prônerait un mélange entre des valeurs de l'extrême-droite nationaliste (le brun) et l'extrême-gauche communiste (le rouge). Pascal Ory identifie la crise boulangiste comme un premier exemple de mouvement « prôn[ant] le dépassement de la distinction droite-gauche »[7].

Dans son essai La grande confusion, l'essayiste de gauche radicale, Philippe Corcuff définit le confusionnisme comme « le nom actuel d’une désagrégation relative des repères politiques antérieurement stabilisés autour du clivage gauche-droite et du développement de passerelles discursives entre extrême droite, droite, gauche modérée et gauche radicale[4] »[8]. Selon Le Monde, l'ouvrage est « un méticuleux travail d’analyse dans lequel il dissèque les manquements, les incohérences et les errements de la gauche, dont la droite et plus encore l’extrême droite font leur miel[4] ».

Selon Philippe Corcuff, le confusionnisme est aussi une pratique de militants et penseurs d’extrême droite pour séduire et avancer leurs idées de façon dissimulée au-delà de leur cercle de sympathisants habituels[9][réf. non conforme],[10].

Corcuff cite ainsi Éléments, la revue d'Alain de Benoist[3], le mouvement Nuit debout et l'économiste Frédéric Lordon[11], Jacques Julliard, Jean-Luc Mélenchon, Daniel Lindenberg, Jean-Pierre Chevènement, Paul-Marie Coûteaux, Éric Zemmour ou Mathieu Bock-Côté, à ceux qui, en prônant une politique « national-souverainiste » participent à ce confusionnisme, qui, selon lui, est influencé par Antonio Gramsci, Ernesto Laclau et Chantal Mouffe[12],[13]. Selon Joël Gombin, Étienne Chouard, populaire au sein du mouvement des Gilets jaunes, est également souvent désigné avec ce label par des militants « pour le condamner »[14]. Corcuff évoque aussi Les Guignols de l'info comme contributeur à un complotisme ambiant[12] et cite jusqu'au président Macron comme participant à un « bricolage confusionniste »[11].

Notes et références

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