Jean-Yves Camus
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Observatoire des radicalités politiques (d) |
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Les Droites nationales et radicales en France (d) |
Jean-Yves Camus, né le , est un journaliste et politologue français. Il est spécialiste de l'extrême droite.
Il est chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques et dirige depuis 2014 l'Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès. Il est expert auprès du Conseil de l'Europe et de plusieurs institutions européennes, et participe aux instances du Congrès juif européen. Il collabore à Actualité juive, à Charlie Hebdo, au Monde diplomatique et au Point.
Dans les années 2020, il est l'objet de critiques, venues notamment du monde universitaire et relatées par M, le magazine du Monde, pour ses prises de positions jugées comme complaisantes et contribuant à la normalisation de l'extrême droite.
Jeunesse et études
Issu d’une famille catholique pratiquante et gaulliste, avec des valeurs républicaines, patriotiques, sociales[1], il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (section Service public, 1982)[2], titulaire d’une maîtrise de science politique et d’un DEA d’histoire contemporaine de l'EHESS[3],[4].
Il a été l'époux d'Annie-Paule Derczansky, avec qui il a écrit Le Monde juif[5].
Parcours professionnel
En 1992, il publie avec René Monzat, Les Droites nationales et radicales en France, un ouvrage qui dresse un vaste panorama des franges radicales de l'ultra-droite.
Spécialiste de l'extrême droite française et des groupes radicaux islamistes, il est chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) depuis 2006[4]. Il a dirigé et collaboré à plusieurs ouvrages collectifs dans le cadre du Centre européen de recherche et d'action sur le racisme et l'antisémitisme (CERA) et a été expert pour le Conseil de l'Europe[4]. Entre 2002 et 2004, il collabore également au Programme national de recherche sur l'extrémisme de droite commandé par le Conseil fédéral suisse[4]. En 2008, il dirige des recherches sur l’islamophobie dans la presse française pour l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA)[4]. Il est à l'origine de la notion de populisme de prospérité.
Intervenant dans les médias, il publie des articles dans Charlie Hebdo depuis les années 1990[6] ou dans Le Monde diplomatique dans les années 2000 et a collaboré au journal en ligne Proche-Orient.info[Quand ?].
Jean-Yves Camus, qui s'est converti au judaïsme et qui est devenu observant[7],[6], collabore également à l'hebdomadaire Actualité juive. Il a participé à plusieurs conventions du Conseil représentatif des institutions juives de France et est membre de la task force sur l'antisémitisme du Congrès juif européen[8],[9],[4].
Depuis 2014, il dirige l'Observatoire des radicalités politiques (ORAP) de la Fondation Jean-Jaurès, un laboratoire d'idées proche du Parti socialiste[10],[11]. Le groupe de chercheurs avec lequel Camus cofonde l'ORAP s'éloigne progressivement de lui à partir de 2017, lorsque ses collègues quittent collectivement la Fondation pour protester contre l'accent mis d'après eux sur la médiatisation au détriment de la recherche et contre l'influence du Printemps républicain en son sein. Camus reste alors seul à la tête de l'ORAP[12].
Il est aussi chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques[13].
En , il publie avec Nicolas Lebourg un ouvrage sur Les Droites extrêmes en Europe. Pour Libération, ce livre montre que « loin d’être figée dans ses structures ou son idéologie, l’extrême droite forme une nébuleuse hautement adaptable »[14].
En , il est nommé membre du conseil scientifique de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (DILCRA), présidé par Dominique Schnapper[15]. Il est également membre du groupe Extrémisme et démocratie au sein du Consortium européen pour la recherche politique (ECPR)[4].
Il est titulaire depuis d'une chronique hebdomadaire dans Le Point[12].
Prises de position
Jean-Yves Camus adhère à 16 ans à l'UDR de Châtenay-Malabry pendant la campagne de Jacques Chaban-Delmas puis est présent à la fondation du RPR en 1976[1].
Au début des années 2000[16],[17], il a été le conseiller du chevènementiste Georges Sarre[18].
Le , Jean-Yves Camus signe un article sur le site Proche-orient.info prônant l'interdiction de la Ligue de défense juive (LDJ)[réf. nécessaire]. Dès 2002, il avance également que se répandrait « au sein d'une partie de la communauté juive un sentiment radicalement antiarabe »[19].
En 2008, il s'inquiète du recours par le Consistoire français à des rabbins étrangers peu ouverts d'esprit :
« On entend parfois des sermons où les non-Juifs sont décrits comme étant quelque part entre le règne animal et celui des citoyens de seconde catégorie[20]. »
En 2012, il compte parmi les signataires de la tribune Français juifs et de gauche publiée dans Libération le [21].
En 2025, il est présent à la cérémonie publique organisée le , la messe rendue en hommage à Jean-Marie Le Pen, fondateur historique du Front national à l’église Notre-Dame du Val-de-Grâce[22].
En , M, le magazine du Monde écrit que les interventions médiatiques de Jean-Yves Camus — pour certaines dans des médias d'extrême droite —, dans lesquelles il juge notamment qu'Éric Zemmour et Marine Le Pen ne sont pas d'extrême droite, ont conduit à de vives critiques de chercheurs, parmi lesquels les historiens Nicolas Lebourg et Laurent Joly et la sémiologue Cécile Alduy, qui ont pour certains d'entre eux travaillé avec lui par le passé. Ils lui reprochent une complaisance à l'égard de son objet d'étude, au détriment de la rigueur académique. Le magazine décrit également l'historien comme « réhabilita[nt] en partie le Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (Grece) » lors d'une interview au média d'extrême droite Livre noir en 2024 et voit des similitudes entre les positions de Jean-Yves Camus et celles du Rassemblement national. En défense, l'intéressé se dit « toujours social-démocrate », récuse toute droitisation, reproche à la gauche un « laxisme migratoire » et affirme que « l'hypertrophie des droits individuels [et] des minorités » conduit au « délitement »[12].
En , il affirme que La France insoumise représente davantage un « ennemi » que le RN, au motif que « la pression sur la vie juive en France émane de la gauche radicale ». À la suite de la mort de Quentin Deranque, militant nationaliste victime d'un traumatisme crânien suite à une rixe avec des militants antifascistes dont certains appartenaient à la Jeune Garde, Camus dénonce un « langage de guerre civile » qu'il attribue à « la gauche de la gauche ». Il contribue par ailleurs à l'ouvrage collectif LFI. Anatomie d'une perversion sous la direction de Pierre-André Taguieff, recueil qui, selon Le Monde, « réunit des intellectuels médiatiques ayant en commun l’obsession de « l’islamo-gauchisme », » dont Rachel Khan, Florence Bergeaud-Blackler, Michel Onfray et Alain Finkielkraut[12].