Conférence de Genève de 1905
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La conférence de Genève de 1905 (en russe : Женевская конференция 1905 года) est une conférence conjointe des partis révolutionnaires de Russie qui se tient en avril 1905, à Genève en Suisse.
Elle est convoquée à l'initiative du prêtre Gueorgui Gapone dans le but de préparer, conjointement avec les partis, un soulèvement armé en Russie.

Après les évènements du Dimanche rouge, le prêtre Gapone parvient à échapper à la police et à s'enfuir à l'étranger. En quittant son pays, il jure de venger les travailleurs tués lors de la fusillade de la pétition des travailleurs de Saint-Pétersbourg du 9 janvier 1905[1]. Arrivé à l'étranger, Gapone entame des discussions avec les leaders des principaux partis révolutionnaires. Il rencontre à Genève Gueorgui Plekhanov, Lev Deutsch, Vladimir Lénine, Viktor Tchernov, Boris Savinkov et d'autres acteurs en vue de la révolution [2].
Le 7 (20) , Gapone publie une Lettre ouverte aux partis socialistes de Russie, dans laquelle il les appelle à s'unir en vue d'un soulèvement armé. Dans cette lettre il écrit : «Je suis avant tout un révolutionnaire et un homme d'action, j'appelle tous les partis socialistes de Russie à conclure immédiatement un accord entre eux et de se lancer dans un soulèvement armé contre le tsar… Maintenant tout retard et toute agitation sont un crime contre le peuple dont vous défendez les intérêts»[3]. L'appel de Gapone est accueilli par la plupart des partis révolutionnaires avec grande sympathie. Lénine y répond par un article intitulé Sur un accord militaire pour le soulèvement, dans lequel il soutient cette initiative[4]. Au cours des négociations ultérieures, l'idée d'une conférence conjointe des partis révolutionnaires en vue d'arriver à un accord sur un plan de lutte, est avancée. En , Gapone, par l'intermédiaire du Bureau socialiste international envoie à tous les partis socialistes russes une invitation à se réunir en une conférence commune. Le début de cette conférence est fixé au mois d'avril de l'année 1905.
Par d'autres sources, on sait que l'idée d'une conférence commune est apparue avant l'arrivée de Gapone à l'étranger[5]. Les auteurs de cette idée étaient le révolutionnaire finlandais Konni Zilliacus (senior) (en) et le colonel japonais Akashi Motojirō, organisateurs en de la Conférence des partis révolutionnaires russes de 1904 à Paris (ru) sur les partis d'opposition et révolutionnaires de Russie. La nouvelle conférence devait être une suite logique de la première de 1904 et contribuer à l'approfondissement du processus révolutionnaire. Au début de 1905, cette idée est discutée lors de la rencontre à Paris de Zilliacus, Akashi Motojiro et du socialiste révolutionnaire Nikolaï Tchaïkovski. Lorsque Gapone arrive à l'étranger il décide de s'intéresser à l'organisation de la conférence comme homme doté d'un nom de révolutionnaire réputé et en même temps à l'écart des différents partis. La personnalité du prêtre révolutionnaire devait assurer une large représentativité des partis révolutionnaires, alors que les autres participants préféraient se tenir dans l'ombre. Pour ses frais d'organisation de la conférence Gapone reçoit 50 000 roubles sur les fonds de l'état-major japonais[6]. Sur la provenance japonaise des fonds Gapone ne savait rien parce qu'il avait reçu l'argent par un tiers [7].
Gapone tente également de s'introduire dans l'organisation de la conférence des libéraux de l'Union of Liberation (en), mais ce projet se heurte à l'opposition des représentants socialistes [8].
Participants à la conférence

La conférence commence à Genève le . Les représentants des mencheviks de la fraction du Parti ouvrier social-démocrate de Russie, avec à leur tête Gueorgui Plekhanov, refusent à l'avance de participer à la conférence. Plekhanov motive son refus en déclarant qu'une telle conférence devait être organisée par une personnalité plus compétente et plus expérimentées dans le domaine des affaires révolutionnaires que Gapone[2]. En l'absence des mencheviks la conférence réunit les représentants de onze partis révolutionnaires de Russie.
Selon les informations parvenues au département de la police russe, la conférence a réuni:
- Pour le parti socialiste révolutionnaire, Viktor Tchernov et Catherine Breshkovski.
- Pour le Parti socialiste polonais — Iodko-Narkevitch, Vitold, Stanisław Wojciechowski et Slavinski.
- Pour le parti de la Fédération révolutionnaire arménienne, Rousten, Safo et Oman.
- Pour le parti socialiste-fédéraliste géorgien, Gueorgui Dekanozov.
- Pour l'alliance sociale-démocrate lettone, Rollaou .
- Pour le parti finnois d'opposition, deux délégués en plus de Zilliacus.
- Un délégué de la communauté socialiste biélorusse[5].
En plus des précités, sont venus également à cette conférence de représentants des bolcheviks avec à leur tête Lénine, l'Union générale des travailleurs juifs, les partis sociaux-démocrates arméniens et lettons. Toutefois, dès le premier jour, ces partis ont quitté la conférence en signe de protestation contre la participation de l'Union social-démocrate lettone, qui était à leur avis une organisation révolutionnaire fictive[2]. La réticence des organisateurs de la conférence à écarter ce parti est considérée comme un signe de la domination des socialistes révolutionnaires. Dans son discours au IIIe congrès du Parti ouvrier social-démocrate de Russie, Lénine déclare que la conférence a connu une énorme prédominance des représentants des socialistes révolutionnaires[9].
Gapone participe à la conférence en tant que président des socialistes révolutionnaires et Shalom Anski en tant que secrétaire.
