Un peu moins de deux ans après le Premier Congrès des Arméniens occidentaux, un Second Congrès a lieu du 6 au à Erevan[1] à l'initiative des autorités étatiques arméniennes[2]. Il rassemble une cinquantaine de délégués (peut-être 55), qui représentent différents centres de réfugiés, la rédaction de journaux arméniens de Van comme Achkhadank et Van-Tosp, mais aussi des organisations d'entraide patriotiques[1].
Le Congrès est béni par le catholicos Georges V Soureniants[1]. Parmi les intervenants, on compte par exemple Hovannès Katchaznouni, alors premier ministre de la Première République d'Arménie, qui les alerte contre les «excès du patriotisme local» et leur demande de mettre un terme à la distinction entre «nous» et «vous»[1], c'est-à-dire Arméniens occidentaux et Arméniens orientaux.
La préoccupation principale du Congrès est le sort des réfugiés arméniens ayant fui la Turquie pour échapper au génocide arménien[1]. Après leurs victoires face aux troupes ottomanes en à Karakilisa, Bach Abaran et surtout à Sardarapat, la proclamation de l’État arménien puis le traité de Batoum, les Arméniens estiment que le rapatriement des réfugiés sera rapide[3]. La question de la logistique et de la sécurité de ce grand mouvement de population est ainsi discutée[3], ainsi que celle de la nécessaire assistance des autorités arméniennes mais aussi des autorités alliées en Transcaucasie.
Les réfugiés arméniens de Turquie qui se trouvent sur le territoire de la République arménienne sont alors en partie dirigés par un Comité exécutif, sorte de contre-gouvernement les représentant face aux autorités arméniennes de la République et chargé de collaborer avec elles[3]. Cependant, comme le note Anahide Ter Minassian, le Comité exécutif place bien plus ses espoirs de salut dans la Délégation nationale arménienne de Boghos Nubar Pacha[3]. Lors de la dernière session du Congrès, le , le Congrès élit un nouveau Comité exécutif composé de neuf membres et chargé de veiller à l'exécution des décisions du Congrès[3]. Ainsi, ledit Comité fait pression auprès d'Hovannès Katchaznouni pour obtenir un Acte d'union entre Arménie occidentale et Arménie orientale[3].