Consistoire départemental de Vesoul

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Le Consistoire départemental de Vesoul est un consistoire départemental israélite qui exista de 1872 à 1896, créé suite à l'annexion de l'Alsace-Moselle en 1871. Cette circonscription s'étend sur plusieurs départements français de l'Est de la France.

Création du consistoire

Isaac Lévy est grand-rabbin du consistoire de 1872 à 1887.

Les consistoires départementaux sont des institutions israélites créés en 1808 par Napoléon Ier, en même temps que le consistoire central de Paris, afin de structurer les communautés juives en France[1]. En effet, les Juifs, à qui la citoyenneté française a été accordée en 1791[2], se font de plus en nombreux en France.

En 1871, l'annexion de l'Alsace-Moselle par l'Allemagne, conséquence de la guerre franco-prussienne, entraina le déplacement des Juifs, désirant rester français, dans le reste de la France. Un consistoire se trouvant à Colmar, dans le sud de l'Alsace, disparait ainsi avec l'annexion[3],[4]. Vesoul, petite ville d'environ 8 000 habitants de l'Est de la France, située aux portes de l'Alsace, accueille ainsi un nombre important de Juifs, s'ajoutant à la communauté existante. En 1872, on recense trente-trois à trente-quatre familles juives installées à Vesoul[5].

Parmi les Juifs s'installant à Vesoul, on compte le grand-rabbin de Colmar Isaac Lévy, arrivé à Vesoul le [6]. Il est ainsi proposé au gouvernement français par le consistoire central de transférer le consistoire de Colmar, récemment supprimé, à Vesoul, qui jouit d'une situation de proximité avec l'Alsace. Vesoul devient ainsi siège de l'un des huit consistoires israélites français et devient par consésquent un grand-rabbinat[7]. Le consistoire de Vesoul bénéficie d'un délégué au consistoire central de Paris chargé de représenter le consistoire de Vesoul, il s'agit notamment de Abraham Adolphe Sée, dans les années 1880[8]. Le nouveau consistoire de Vesoul couvre un vaste territoire comprenant la Haute-Saône, la Haute-Marne, la région de Belfort et les Vosges[9].

Institutionnalisation

Cependant, bien que Vesoul compte de nombreuses familles juives, il n'y existe pas de synagogue. La communauté, sous l'impulsion de son grand-rabbin Isaac Lévy, entreprend des démarches pour la construction d'une véritable synagogue. Un terrain situé rue du Moulin-des-Prés, en dehors de l'enceinte historique de la cité, est donné par la ville [5]. La construction de la synagogue, soutenue financièrement par le conseil général[10], démarre alors qu'un poste de ministre-officiant est créé à Vesoul par arrêté du [11]. La synagogue de Vesoul est ainsi inaugurée le , en présence du maire Alphonse Noirot et du rabbin Isaac Lévy[12],[13].

En 1887, Isaac Lévy quitte Vesoul pour devenir grand-rabbin de Bordeaux laissant le poste de rabbin de Vesoul vacant. Le rabbin de Belfort Moïse Metzger y vient assurer l'intérim pendant six mois, en attendant l'élection d'un nouveau grand-rabbin[14]. Le , c'est finalement Moïse Schuhl, ex-rabbin de Saint-Étienne, qui est nommé grand-rabbin de Vesoul[15],[16].

Fin du consistoire

Vers 1890, la communauté juive de Vesoul décline progressivement au profit de plus grandes villes. Ainsi, dans une lettre datée du , le Consistoire central de Paris annonce au consistoire de Vesoul son choix de transférer le siège consistorial à Épinal « pour des motifs d'intérêt général qui ne peuvent en aucune façon porter atteinte au bon renom de la communauté de Vesoul »[9].

Par décret du , le consistoire de Vesoul est finalement déplacé à Épinal, ville dont la communauté juive est plus importante. Cette même année, Vesoul compte 126 Juifs, sur une population d'environ dix mille habitants[9].

Organisation

Références

Voir aussi

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