Contre-illumination
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La Contre-illumination ou Contre-éclairage, est une méthode de camouflage actif utilisant une source de lumière pour éclairer une surface à contre-jour afin d'en réduire le contraste avec l'arrière-plan. Cette méthode est observée dans la nature chez les animaux marins, notamment des crustacés, des céphalopodes et des poissons.
La contre-illumination a été testée à des fins militaires au cours de la Seconde Guerre mondiale, mais n'a jamais été déployée à grande échelle.
Variation de couleur et intensité

Les animaux marins de la zone mésopélagique (entre 200 et 1 000 m de profondeur), lorsqu'ils sont vus par en-dessous, présentent une silhouette sombre devant la surface plus claire de la mer. Certains animaux sont capables de générer de la lumière grâce à des photophores bioluminescents et de reproduire aussi bien la luminosité que la coloration de la lumière ambiante, et ainsi de réduire le contraste avec la surface de l'eau, ce qui leur permet de se cacher des prédateurs et des proies[1]. Les motifs formés par les photophores pourraient également servir à briser le contour de la silhouette, de façon similaire aux rayures et autres stratégies de coloration disruptive, mais aucun résultat expérimental ne vient confirmer cette hypothèse[2].
La capacité à se dissimuler dans l'eau est primordiale en l'absence de tout refuge à proximité[3]. La contre-illumination fonctionne de façon optimale lorsque la lumière ambiante est faible et que la seule lumière provient de la surface de la mer[4]. Cependant, elle ne rend pas complètement invisible. Un animal avec une assez bonne vision peut toujours détecter la différence avec la luminosité venant de la surface, ou peut même distinguer les photophores individuels. Cette méthode reste néanmoins très efficace[2] : chez le poisson-crapaud (Porichthys notatus), l'utilisation de la contre-illumination réduit de moitié les risques liés aux prédateurs[5].
La contre-illumination est également utilisée par les prédateurs pour surprendre leurs proies, comme le sagre commun (Etmopterus spinax)[6], le squalelet féroce (Isistius brasiliensis), la hache d'argent (Sternoptychidae) ou la seiche Euprymna scolopes[4].

La lumière générée par les photophores peut varier en intensité et en couleur pour s'adapter aux conditions environnementales[7].
La seiche Euprymna scolopes fait varier l'intensité lumineuse en modifiant la forme de l'iris du photophore, et ajuste la couleur avec des filtres jaunes[4]. L'encornet de Verany (Abralia veranyi), qui migre quotidiennement entre la surface et les profondeurs, possède plus de 550 photophores qui émettent une lumière variant du bleu dans les eaux froides au vert dans les eaux chaudes[8].
Bioluminescence
La bioluminescence utilisée peut être soit autogène (produite par l'animal lui-même), comme chez les céphalopodes tels que les vampires des abysses (Vampyroteuthis infernalis), les poulpes Stauroteuthis et les octopodes Bolitaenidae[9], soit bactériogène (produite par des symbiotes bactériens). La bactérie luminescente est souvent Aliivibrio fischeri, comme chez la seiche Euprymna scolopes[4]. Plus de 10 % des espèces de requins connues sont bioluminescentes, et certaines espèces comme les sagres (Etmopterus) utilisent cette lumière pour se camoufler ainsi que pour communiquer[10].

